Hisl. nat.. XXXIII
AI'PI.ICATION DES COULEURS A l.’ll ABILLEMEAT
Xénoplion, voyant le vieil Aslyagc bien paré, les yeux peints, le visage fardé, avec des cheveux postiches, toutes choses accoutumées chez les Modes, s’écria: — Il est beau mon grand père'. » — Comme les Grecques, les Romaines mettaient du rouge C
Quand on lait son teint, il est naturel d'avoir le désir d’en changer. Ihi caprice de coquetterie porta les femmes à rechercher des fards blancs et cà les combiner avec les rouges, de manière à mêler sur leurs figures « les lis et les roses », suivant une métaphore dont les poètes ont abusé. Alors que les peuples sauvages se badigeonnent avec des couleurs simples et criardes, les civilisés, |)lus artistes et maîtres de i)lus de ressources, cherchent à produiredes teintes nuancées. Les Romaines se servaient de terre d’un blanc de lait, qu’on tirait do Chio, ou d’oxyde de [)lomh (céruse) dont on connaissait la préparation. Sous Auguste, ces fards blancs^ étaient encore le privilège des patriciennes; mais il n’y a point de privilège qui tienne contre l’envie de paraître belle, et, toutes les femmes étant égales au point de vue de la vanité, l’emploi do ce badigeon devint bientôt général. iNIaitial raille la coquette Fabidla qui redoutait d’exposer aux risques d’une averse son visage enduit de craie, tandis que Sabella évitait do compromettre sa couche de céruse aux rayons ardents du soleil l’étrone, parlant do la mésaventure d’un galant dont le fard avait coulé sous la sueur, compare sa ligure dévastée à un crtq)issagedél;iit par la pluie". Déjà Cicéron avait signalé et llétri, comme étalant les marques de leur dépravation, les compagnons pommadés et parfumés de Catilina. Les femmes abusèrent de ces artifices sous les Césars. Elles y employaient toutes les couleurs, des fards blancs et rouges sur les joues, du noir pour teindre ou pour simuler les cils et les sourcils, du bleu pour se dessiner aux tenqies un fin réseau de veines". Les .satiriques latins no tarissent