‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 97 sur 232 · La Vie antiijiie, t. It, p · texte numérisé non relu

La Vie antiijiie, t. It, p

COLOniAGES, TATOUAGES, l-AUDS, TEINTLUES lOO

pas sur les expcdienls de la cocpieltcric féminine pour cacher des délauls trop apparents et faire illusion par des agréments fallacieux. Lucilius dit dans une épigramme de l’Anthologie : « Vous avez acheté des tours de cheveux bien frisés, du fard, de la pommade, de la cire, des dents... Un masque vous aurait coûté moins ». « Pendantque tues chez toi, dit Martial à Galla, on frise tes cheveux chez un coiffeur de la rue Suburrane qui, chaque matin, t’apporte tes sourcils. Chaque soir, tu ôtes les dents ' comme ta robe. Tes attraits sont enfermés dans cent pots divers et ton visage ne couche pas avec toi “. » « Ucs deux

tiers de Messaline, dit-il encore, sc trouvent enfermés dans des boites. Sa table de toilette est composée d’une centaine de mensonges, et, lorsqu’elle vit à Home, ses cheveux rougissent aux bords du Rhin. Un homme n’est pas en état de lui dire qu’il l’aime, car ce qu’il aime en elle, ce n’est pas elle, et, ce qu’elle est, on ne peut pas l’aimer. » — « Si quelqu’un, déclare Lucien, pouvait voir ces dames au saut du lit, il se croirait en présence d’une guenon ou d’un babouin. »

Les moralistes chrétiens font écho par leurs invectives aux railleries des satiriques. « 11 y a des femmes, écrit saint Jérôme, qui se peignent le visage de vermillon et les yeux de fard, dont les faces plâtrées, hideuses de hlancheur, les font ressembler tà des idoles et qui se fourbissent sous leurs rides une tardive jeunesse. ôlais qu’une larme mal surveillée vienne à tomber sur leurs joues, elle y creusera son sillon '. » Saint Cyprien assure que Dieu enverra en enfer les femmes rpii se fardent, l'ante de pouvoir les reconnaître sous leurs masques de peinture ; mais peut-être fait-il ainsi l’éloge de l’habileté des femmes à se déguiser plus que de la sagacité divine à les découvrir. Saint Clément d’Alexandrie se plaît à reproduire un fragment du poète comique Alexis, également cité par Athénée, pour reprocher aux femmes leurs artifices sans fin : « Elles mettent sous

1. Dès t’epoque cte ta toi des \II lahtes, les ttoinains savaieiil poser des dénis en ivoire altacliccs avec des lits d’or. Un arlicte (téfendail d’ensovetir tes défunts avec de t’or, sa\if cetui qui avait pu servir à fixer de fausses dents.

Page 1