‹ Histoire de LilleChapitre 15 sur 47 · VI. LES RUES DE LILLE · texte numérisé non relu

VI. LES RUES DE LILLE

Abattoir (de 1'). — Lorsqu'en 1826 on inaugura l'abattoir public, qu'on venait d'élever sur l'emplacement de la Cense-du-Metz , on songea à convertir le nom de la rue qui y conduit, en celui de rue de l'Abattoir. Il parait que cette dernière dénomination n'a pu prévaloir, car l'usage et la plaque officielle ont maintenu le nom primitif de rue du Metz. — (Voyez Metz).

Abbaye-de-Loos (de 1').— Voyez J.-J. Rousseau.

Abblette (de 1').— Voyez Tournai.

A* B, C (de 1').— Elle a été en partie tracée, lors de l'agrandissement de 1604 r sur l'emplacement de l'ancien rempart. Son nom peut porter à croire qu'ellepossédait, dans son origine, des écoles pour l'enfance : on n'a aucun document a cet égard. Elle fut fort long-temps et presqu'entièrement occupée par un grand nombre de bouchers qui, ayant chacun un abattoir, y faisaient, à la vue des passants, toutes les opérations de leur état. L'abattoir de la ville a fait disparaître ce qu'offrait de désagréable un pareil spectacle. Cette rue n'a toutefois rien gagné à ce changement; elle a vu depuis s'installer chez elle un genre d'établissement dont gémit la morale publique et que l'autorité devrait reléguer loin du centre de la cité.

Abreuvoirs. — II y avait autrefois, dans divers quartiers de la ville, des abreuvoirs qui n'existent plus. Par exemple : près de l'Hôtel-de-Ville , sur la place de la Mairie; dans la rue des Bouchers; dans la rue de Paris; près de la porte de Fives; dans la rue de la Monnaie, près du moulin; rue de la Piquerie, etc. Aujourd'hui on n'en compte plus que trois.

Abreuvoir de la Basse-Dcûle. — En amont du Pont-Neuf, il ne peut être plus ancien que lui.

Abreuvoir de l'Hôpltal-Mllltalrc . autrefois des Jésuites. — Il existe depuis 1604; mais ce n'est qu'en 1706 qu'on songea à le rendre plus commode. On y mit alors le garde-fou et les deux rampes qui y sont aujourd'hui. En 1692 on y établit la Jauge à l'eau.

Abreuvolr-Sfetacques. — Situé dans la rue de ce nom , il y fut étabU lorsqu'en 1621 on démolit la porte de la ville qui existait au Pont-St^acques. Cet abreuvoir vient d'être considérablement amélioré.

Américains (des).— Voyez Sainte-Catherine.

Amiens (d'). — Il n'en est pas de cette rue comme de quelques autres rues de Lille qui portent le nom des villes vers lesquelles elles conduisent; celle-ci doit le sien à une cause différente que nous ne connaissons pas.

Les Rues de Lille

trouve actuellement le cabaret sous l'enseigne de la Cave-St-Paul. — St-Thomas,de Cantorbéry, étant venu logerdans une maison de cette rue, elle a pris le nom de rue d'Angleterre.

La maison construite sur l'emplacement de celle qui reçut l'Archevêque offre extérieurement une niche, maintenant vide , dont nous donnons ici le dessin avec l'inscription qu'elle porte.— En 1793 c'était la rue des Républicains; sous

Ce ne fut qu'en 1 814 qu'elle reprit la dénomination actuelle.

(d'). — En 1361 , Jean , de Tourcoing, et Marie Dubois, sa femme, avaient fondé l'hôpital des Marthes qui donna son nom à cette partie de la rue qui s'étend de la rue Royale à la rue des Trois-Mollettes.

La ligne des maisons, à gauche en suivant cette direction, est postérieure à 1670. Auparavant c'était le rempart. — L'hôpital des Marthes était situé vers le lieu qu'occupe aujourd'hui la maison au N° 63. — Les Celliers du Comte de Sawcto Thom* Saint- Pol, connétable de Cantyrbiensis

r. (wWiUlll- . 1M HVJVS «DIS QVONDAM

France, existaienten 1400 H0spm m

a l'endroit même où se lavs hohor et gloria.

Angouleme (d'). — Voyez Voltaire.

Anjou (d*).— Tracée vers 1670.— Elle doit son nom à la caserne qui y existait. Antolng (d'). — Pavée en 4531. — Elle tire son nom du fief d'Antoing auquel elle aboutissait.

Arbalète (de Y). — En 1686 cette rue était fermée à ses deux extrémités, à cause des soldats. — En 1699, le Magistrat de Lille fit avec la Prévôté d'Esquermes un traité pour une nouvelle rue de YArbalestre qu'on traça sur le terrain du jardin réservé aux Arbalestriers ; une caserne y fut construite; la rue fut ensuite appelée du Nouveau-Siècle, parce qu'elle avait été tracée la première année du WliL siècle.

Arbrc-d'Or (de Y). — Nous voyons dans les chroniques locales, qu'en 1700 cette rue fut relevée de deux pieds. Mais où était-elle située? nous l'ignorons.

Arc (de 1'). — Compries dans l'agrandissement de 1603 et jointe alors à la paroisse Ste-Catherine. Son nom provient, selon toute apparence, de Y Arque ou arche qui y donne entrée aux eaux de la Deûle, alors très-rapides et très-profondes en cet endroit. A cette époque le canal de l'Esplanade n'était pas creusé, et toutes les eaux , aujourd'hui détournées, passaient en ville.

Art» (des). — D'abord rue des Foulons, puis des Récollets, du nom des religieux qui y avaient un couvent, sur l'emplacement du collège actuel, et enfin rue des Arts, en 1793. Elle fait partie des six rues de Lille qui ont conservé l'appellation qu'on leur a donnée alors. Les cinq autres sont Jemmapes, Thionville, J.-J. Rousseau, Voltaire et du Bombardement. En 1685 une fontaine, qui gênait la circulation, y fut remplacée par une pompe. Trois ans après on supprima aussi la fontaine de la rue de la Quennette. —L'église des Récollets, bâtie en 1687, fut

démolie au commencement du XIX* siècle. — Le chœur a servi , jusqu'ici , pour la Bibliothèque et le Musée des tableaux. — Tout étroite que se trouve cette rue du côté de la place des Patiniers, elle y a pourtant été élargie en 1735.

Augustin* (des) . — En 1304 c'était la rue de Jurie; en 1450, de la Juifrie, probablement parce que les Juifs y avaient choisi leur résidence. Quelques annotateurs lillois, lisant mal le mot Jurie, en ont fait le mot Saree, par lequel ils la désignaient. Lorsque, en 1614, les Augustins y eurent bâti leur collège, elle changea de nom et devint la rue des Augustins; en 1793, c'était la rue de l'Égalité; quelques années après elle avait repris sa précédente dénomination. —En 1686, le puits de la rue des Augustins, dit le Puits-de-Bois , fut démoli et remplacé par une pompe aspirante. C'était peu de temps après que Pascal eût expliqué l'ascension des liquides dans les tuyaux vides. Le registre aux résolutions porte cette mention : • Vu que nous avons aujourd'hui l'usage des puits • forés et des pompes , et qu'il y a un puits à la Housse... » —Le cabaret d'Amsterdam est antérieur à 1718.

Bai g ne rie (delà). — Autrefois des Baigneries, du nom de ce lieu alors extra-muros et où les Lillois allaient se baigner, comme ils vont aujourd'hui au Grand- Tournant.

Ban-de-Wedcle(du). — La Wcdde était une plante tinctoriale dont on faisait grand commerce à Lille. Le marché de la Wcdde se tenait dans cette rue où l'on en proclamait peut-être le cours officiel. — A la Révolution cette rue porta le nom de Barra. — C'est, sans aucun doute, par erreur que la plaque officielle offre actuellement le mot Weppe au lieu de Wedde.

Barre (de la). — En 1471 elle s'appelait la Grande-Bue. Son nom actuel provient, selon quelques personnes, d'une barrière ou barricade mise à la maison d'un pestiféré. — En 1793 c'était la rue de Dunkerque. — Madame de Semeries

y fonda une maison pour les orphelines nobles. Cette maison fut connue sous le nom de la Noble-Famille. — On voyait dans la rue de la Barre une maison de filles repenties, dites Sœurs de la Magdeleine; une nielle, aujourd'hui suppri-

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mée, longeait leur maison et conduisait a la rue de la Halloterie.— En 1618 les Minimes y bâtirent un couvent où ils entrèrent en 1622. — En 1760 une image, de la Vierge y fut solennellement posée dans une niche encore subsistante , mais vide. — Non loin de là se trouve également, sur la façade extérieure, l'enseigne sculptée des Quatre-Fils-Aymon, dont nous reproduisons ci-contre le dessin. — En 1718, le sol de la rue de la Barre fut baissé de plusieurs pieds.

Baxse. — Autrefois Basse-Rue. Une partie fut appelée rue des Grimaretz; puis rue des Dominicains. Le premier nom dérive de celui d'un hospice bâti en 1343, du côté de la rue Esquermoise ; l'autre d'un couvent dont l'emplacement est aujourd'hui occupé par la fabrique de M. Ovigneur.— Ce couvent, dont la première pierre fut posée en 1588, contenait un mausolée du prince de Helun, mort en 1726.— Millin nous en a donné le dessin.— En 1644 la voûte de l'église s'écroula. — Cette rue doit son nom à sa situation , relativement à la Motte-Madame qui est plus élevée et qui est aujourd'hui cachée derrière les maisons. — En 1793 c'était la rue des Intrépides et de la Fédération.

Batelier» (des). — Cette rue, voisine du rivage de la Basse-Dcûle, est principalement habitée par les ouvriers employés au chargement et au déchargement des bateaux. C'est ce qui lui a probablement valu son nom.

Berry (de). — Voyez Thionville.

Bé thune (de). — Autrefois Notre-Dame, ainsi nommée parce qu'elle conduisait à une chapelle très-fréquentée. — La porte de Béthune fut construite en 1607. Sur la balustrade du pont , on lit : Je svù faite m la cité de Liège par la main de Dirich Goyens l'an 1607.

Bleu-Galon (du).— Rue mentionnée dans certains titres, mais dont nous ignorons l'emplacement.

Bleu-non ton (du). — Rue qui a tiré son nom de l'enseigne d'un cabaret qu'on y voit encore aujourd'hui. — (Voyez rue du Court-Debout).

Bleuets (des). — Elle existait sur l'emplacement de la place aux Bleuets. — En 1489 on achetait, pour les orphelins dits de la Grange, ou Bleuets, une maison du faubourg de Courtrai, dite Y Abbaye du Pau-de-Sens (du peu de sens). La rue qui s'y forma fut appelée , dès le principe , rue des Bleuets. — Ce n'est qu'en 1685 qu'elle fut pavée.

Bols- S t-É tienne • Bols-St-Sanveur (du). — Elles doivent leurs noms aux bois qui couvraient le terrain sur lequel on les a tracées.

Bombardement (du). Le siècle dernier c'était la rue de Muy, ainsi nommée en l'honneur du maréchal de ce nom qui gouverna quelque temps la ville.

Bonaparte* — Voyez Angleterre.

Bonnes-Filles (des).— On appelait ainsi la partie de la rue Royale qui s'étend de la rue d'Angleterre à la rue Esquermoise. Elle devait ce nom à un hospice pour des orphelines, fondé par les seigneurs, dames, bourgeois, damoiselks et autres gens de bien qui fournirent les premiers fonds pour recueillir un grand nombre d'orphelines jetées dans la ville par les malheurs de la guerre. Grart- Ledru, nommé administrateur de cette institution naissante, y consacra la plus

grande partie de sa fortune et mérita d'en être réputé le fondateur (1). — On trouve cette rue désignée aussi sous le nom de rue des Poupliers ,des Peupliers, de la Conception. — En 1795 ce fut la rue des Indemnités. Bonnes- Bapp«N (des).— Happes, en patois de Lille signifiant raves, navets, peut-être cette rue a-t-elle été établie sur un terrain qui portait ce légume quand on la traça.

Bouclier* (des). — Cette rue fut long-temps très-malpropre, ce qui lui a valo le nom de Trou, Trou-Ponelle ,Trou-Ponet , Pau-Net (peu net). —Il s'y trouvait un abreuvoir qui subsista jusques vers 1815 et qu'on appelait Abreuvoir-des- Bouchers , Abreuvoir-Ste-Catherine. - Le Pont-d' Amour fut construit en 1604.

Souffler* (de). - Ainsi nommée en l'honneur du célèbre maréchal qui défendit la ville en 1708. Elle fut tracée en 1717 sur un terrain appartenant au prieuré de Fives. Huit ans après il ne s'y était pas élevé de maisons, et les propriétaires riverains reçurent l'ordre d'y bâtir.

Bourdeau (du).— D'abord rue de la Chaude-Fosse on de la Grande-Fosse. Elle doit son nom actuel à un mauvais lieu qui s'y établitpar la suite. Elle est parfois nommée, sur des plans, rue des Testus , rue des Pucelles. — On songera probablement à donner à cette rue un titre plus décent.

BrlglUlnes (des). — Tracée sur l'emplacement d'un couvent bâti en 1603 et supprimé à la Révolution.

Suisses (des). - Elle doit son nom à des tuyaux de conduite ( buisses en langage du pays), qui amènent en ville les eaux de Fives, et sont situés vers la caserne , contre le rempart. - C'est sur l'emplacement d'une partie des maisons de cette rue, de la caserne et du magasin à poudre , en démolition dans le moment, que va être établi le Débarcadère intérieur du chemin de fer.

Canonnters (des).— L'hôtel , dont le premier Consul dota en 1801 nos canonniers sédentaires, ayant été érigé au lieu où était autrefois le couvent des

(1) Nous devons cet article ainsi qu'un très-grand nombre de renseignements précieux k l'oblige""* M. Brun-Lavainne qui , après avoir travaillé avec persévérance b recueillir des matériaux pour l'hu* notre ville, nous les o communiqués avec un désintéressement dont nous ne saurions trop lui

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Urbanistes, a donné le nom a cette rue qui, avant cette époque, s'appelait rue des Vieux- Hommes.

Capucin» (des). — Du nom d'un couvent bâti aux frais du Magistrat et terminé en 1594. L'église fut inaugurée le 4 Avril. L'éveque d'Ypres en avait posé la première pierre en 1593. — Le canal qui longeait le couvent fut, en 1610, appelé Canal-des-Capucins. — En 1729 le jardin du couvent fut augmenté. — Au XVI» siècle les Pères de cette maison avaient la dangereuse mission de porter les secours de la religion aux pestiférés. — En 1793 la rue des Capucins devint momentanément la rue de la Liberté.

Carme» (des). — Voyez Thionwlle.

Caserne-St-André (de la). — Elle aboutit à la caserne de la cavalerie. — C'est dans cette rue que se trouve rétablissement du gaz pour l'éclairage de la ville.

Cèles tl ne» (des). — Du couvent qui existait dans cette rue. — La rivière qui en suit la longueur fut couverte d'une voûte en 1682. — Elle fut pavée l'année suivante. — Une partie de la rue avait le nom de rue des Maldisants. — A la Révolution ce fut la rue de la Paix.

Chanoine* (des). — Voyez Pont-Neuf.

CtaatM-BoHsns (des). — Tire son nom d'une enseigne qui était sculptée dans la façade de la maison N° 2, à l'angle de la place des Patiniers, et qui représentait une famille de chats atteints de gibbosité.

Cirque (du). — Jadis ruelle de Sailly , des Dominicains et de Roubaix. Quoique bien étroite encore elle a été élargie plusieurs fois. — On y voyait la façade de la belle église des Dominicains. — Sur l'emplacement du jardin des religieux, on établit le Cirque dont le nom a été donné à la rue qui y conduisait.

Claque» (à). — Nom mal sonnant et qui provient probablement des premières habitantes de la rue. — On sait qu'à Lille on appelle claques des femmes malpropres, paresseuses, des filles perdues du plus bas étage.

Clef (de la). — Pendant la Révolution , rue Marat. — On y voyait, il n'y a pas bien long-temps , sculptées sur la façade de la maison N« 22 , portant le millésime de 1733, deux clefs posées en sautoir. Ces clefs sont d'une époque trop moderne pour qu'on puisse penser qu'elles aient donné le nom à la rue ; elles auront peutêtre remplacé l'enseigne qui a contribué à la qualiûer. — Une maison de cette rue présente encore , en saillie , une clef sous la dénomination de la Clef-d'Or.

Cloître-St-Plerre# Clo»-<le-la-IIéTorme. — Voyez Place-du-Concert.

ComteMse* — Doit son nom à l'hôpital que Jeanne de Constantinople , comtesse de Flandre, y fit bâtir. Cette maison, contiguë au palais de la princesse, fut d'abord appelée Hospital Notre-Dame en costé de le Salle; ensuite Hôpital-Comtesse. — La rue est postérieure à 1621. — Après 1793 ce fut pour quelques années seulement la rue de la République.

Conception (de la). — Voyez Royale.

Constitution (de la). — Voyez Princesse.

Contour du Bastion. — Il longeait le rempart à partir de la rue du Pont- I. 7

Neuf à la rue Maingaugue. 11 consistait »»n quelques maisons que vient, en partie, de remplacer un magasin de la Manufacture royale des Tabacs.

Contour de la Mairie. — Passage étroit et sombre dont le nom est assez significatif. — Par suite de la reconstruction, qui se fait dans le moment, de l'aîlc gauche de la Maison-Communale , la cour Du Fresne a été élargie et aura une issue dans la rue du Palais : nous ne savons quel nom sera donné à cette nouvelle rue qui enceindra aussi la Mairie.

Contour de St-Maurlce* — M va de la rue du Noir-Moreau à la rue St- Genois. — On a eu plusieurs fois le projet d'abattre le massif de maisons compris entre ce contour et la rue de Paris , pour rendre les abords de l'église plus faciles et en démasquer la façade.

Contour de la Pluuerle* — Voyez la rue de ce nom.

Contour de la Trinité* — Voyez la rue de ce nom.

Coquelets (des), c'est-à-dire de* Petits-Coqs. — C'était le nom d'un fief voisin.

Coquerez. — Rue étroite donnant communication de la rue des Vieux-Murs à la rue d'Angleterre. Située dans l'un des quartiers les plus anciens de la ville, elle a, sans doute, le même âge que lui.

Cordwannerle (de la). — Voyez Paris.

Court-Debout (du). — Cette rue n'a acquis sa longueur actuelle que lorsqu'on diminua l'étendue du Vieux-Marché-aux-Chevaux en y élevant le massif de maisons qui forma la rue du Bleu-Mouton. Avant cette époque elle n'allait que de la rue d'Amiens à ce marché; elle était, par conséquent, très-courte, ce qui la fit nommer du Court-Debout , c'est-à-dire du bout court ; le peuple employant le mot debout pour bout.

Conrtral (de). — Avant 1610 cette rue faisait partie du faubourg et suivait les larges fossés de la forteresse du château de Courtrai.— La porte de la ville était à l'emplacement du pont St-Jacques. En 1617 elle fut transférée au lieu où est aujourd'hui la porte de Gand.

Croquet (du). — L'une des rues qui ont le plus souffert au siège de 1792. — Tirerait-elle son nom d'une espèce de pain d'épice nommé croquet et dont le fabricant y aurait établi son domicile ?

Cure»*t-Étlenne (du).— Avant la destruction de l'église St-Ëtienne, le curé de la paroisse habitait cette rue : de là son nom. Le presbytère y subsiste encore; il est actuellement affecté, temporairement, à divers services publics.

Cnré-St-Sauveur (du). — A proximité de l'église à laquelle elle communique par une ruelle ; le curé de la paroisse y a sans doute eu originairement sa demeure. — La maison pastorale est maintenant rue St-Sauveur.

Daupnlne* — Voyez Jemmappes.

Déliris-St-Étienne. — Passages tracés depuis 1792 sur l'emplacement du cimetière St-Êtienne et de l'église de ce nom qui fut incendiée par les boulets des Autrichiens.

Détournée»— Tient-elle son nom , ainsi que le prétendent quelques personnes, des ouvriers tourneurs qui l'habitaient?... ou ne le doit-elle pas à la bifurcation

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qu'elle forme avec la rue du Sec-Arembault qui semble avoir été détournée pour aboutir au centre de la rue des Tanneurs?

Deule (de la). — Ouverte en 1821 , elle fut d'abord appelée rue du Duc-de-Bordeaux, et il avait été question, après la révolution de 1830, de lui donner le nom d'Ovigneur (1). — La municipal i té y a fait construire des écoles mutuelles, une salle d'asile, etc., sur l'emplacement qu'occupait autrefois, dans l'église St-Pierre , la chapelle Notre-Dame de la Treille.

Deux-Épee« (des). — Fut percée après la rue du Marché-au-Verjus pour faire communiquer celle-ci avec la rue St-Étienne. Il s'y trouvait un puits dont les eaux étaient réputées pour la guérison des maux d'yeux. — On l'appela aussi rue du Papegai.

Diable* (à). — Située en face de l'Hospice-Général , elle joint le quai de la

Basse-Deûle au Canal-dcs-Araignées. L'origine de son nom n'est pas connue. Dominicains (des). — Voyez Basse.

Doudln, autrefois (THoudain, d'un fief de ce nom. — Elle est nommée, sur quelques anciens plans, rue des GrousMeurs, des Groseillers, probablement à cause des jardins qui s'y trouvaient. Elle fut pavée en 1331 . — Il y a environ 150 ans qu'il s'y maintient un cabaret sous IVnscigne du Galion , aujourd'hui ridiculement orthographiée Gayon!

Douze-Apôtres (des).— Fut d'abord formée de deux lignesde maisons en bois qui ne furent démolies qu'en 172-1.

Dragon (du). — Ouverte, dans le XV* siècle, sur l'emplacement d'un ancien hôtel de ce nom. — Une maison , à l'angle de la rue des Augustins , a encore pour enseigne un dragon sculpté dans la façade. Nous avons donné, page 54, le dessin de ce dragon. — Cette rue fut pavée en 1531 .

Duc-de-Bordeaux (du). — Voyez Deûle.

Dtinkerque (de). — Voyez Barre.

Érluaes (des). — Voyez Jean-Jacqtuss-Housseau.

Écoles (des). — Voyez Préfecture.

Egalité (de 1'). — Voyez Augustins.

Ensagnles (des). — Mentionnée dans un cerquemanage de la ville, en 1446,

mais dont nous ignorons l'emplacement.

Éperon-Doré (de 1'). — Rue irrégulière, étroite et sombre , ouverte à l'un des

angles du Marché-aux-Poissons qu'elle fait communiquer aux Ponts-de-Comines. Éplnette (de 1'). — Voyez Tanneurs.

Esplanade (de Y). — Nom que portait encore en 1671 la rue du Gros-Gérard

(1) Voici ce que non» lisons dan* le journal VArgu» du Nord , du 6 Mars 1831 : « L'administration muni- » pale désirant consacrer la mémoire de la belle défense de Lille en 1791, avait l'intention de donner a l'une » des rues de la ville (celle qui conduit de la place du Concert an quai de la Basse-Deûle), le nom du brave

> Oviçneur qui , a cette glorieuse époque , « était distingué par son courage et son patriotisme. Mais ce citoyen • modeste s'est refusé a un hommage qui ne serait point commun a ses anciens compagnons de gloire. L'ad-

> ministration ayant vainement tenté de te faire revenir de cette dernière résolution, a dû renoncer a un projet » qu'elle ne s'est pas cru le droit de réaliser sans l'assentiment de H. Ovignenr. »

et qui appartient actuellement à la rangée de maison!» Taisant face à l'Esplanade.

Eftqiiermolfte* autrefois Eskelmoise. — Tire son nom du village d'Esquermes. — En 1600 on y établit la Croix-St-Étienne , sorte de- calvaire à l'extérieur de l'église et qui fut démoli en 1770. — La porte de Wcppes se trouvait à l'endroit où l'on voit aujourd'hui le Pont-de-Weppes , ainsi nommé parce qu'il conduisait à ce quartier de la châtellenie. — Un auditoire de la Gouvernance fut établi dans l'hôtel de la Poterne, aujourd'hui maison de M. André Charvet. Les archives de la Chambre des comptes y furent déposées. — Lors des guerres de 1793, une partie immense de parchemins en fut enlevée pour faire des gargousses, et placée au couvent des Cannes. En 1837 il en restait quelques voitures que M. Méchin , alors Préfet, fit rentrer au dépôt général des Archives, sur la demande de M. le Docteur Le Glay, archiviste du département du Nord. — Au XIII* siècle il y avait encore dans la rue Esquermoise des prés où l'on faisait paître les bestiaux.

É laques (des) ou des Attaques. — Suivant quelques personnes, ce dernier nom viendrait de ce que c'était toujours dans cette rue que la peste commençait à sévir et à attaquer la ville; suivant d'autres, étaque, qui sign iûe poteau , barrière , aurait servi à indiquer les barres qu'on mettait devant les maisons des pestiférés. — Toujours est-il que cette rue , encore renommée pour son insalubrité , doit son nom aux invasions d'un fléau analogue au choléra. — C'était autrefois la rue St-Denis.

Fédération (de la). — Voyez Basse.

Flen-d*Antolng(du). — C'est pent-ètre une corruption du nom du fief d'Antoing qui, en efiet, était contigu à ce terrain. — Voyez Antoing.

Flens (à), c'est-à-dire rue aux Fumiers. — C'était là que se trouvait le dépôt des immondices en dehors de la porte des Reigneaux.

Fives (de). — Du nom de Fives , village auquel elle conduisait. — Une porte , à l'extrémité de cette rue, bâtie en 1536, fut supprimée en 1673 et transférée au lieu où est aujourd'hui la porte de Tournai. — Ce n'est qu'en 1684 que les ingénieurs français, ayant nivelé et abaissé le sol de cette rue, y firent des aqueducs pour déverser les eaux pluviales dans le Becquerel. — En 1787 on y tenait le marché aux friperies. — Dans la rue de Fives on voit, au N° 61 , la dernière maison de bois qui subsiste actuellement en ville.

Fleuri» (des). — En 1279, rue de* Sœtirs-Noires , du nom d'un couvent bâti contre les remparts dont la rivière baignait alors le pied. — En 1689 elle fut nivelée et abaissée. — En 1713 une partie du jardin des Récollets fut vendue à des particuliers pour y bâtir. C'est de là que date le rang de maisons qui longe le jardin botanique.— En 1795 la société populaire , qui tenait ses séances dans l'ancien couvent, donna à la rue le nom de rue des Sans-Culottes.

Fossés (des). — Rue tracée en partie sur les fossés qui entouraient le jardin du Palais et qu'on avait presque comblés en 1606, ce qui a diminué considérablement le cours des eaux de ce côté. — En 1609 il y existait, en face de la rue d'Amiens, un emplacement qu'on appelait la Place de la rue des Fossés.

Fossés-IVeufS (des). — Lors de l'agrandissement ordonné par Louis XIV, les remparts qui allaient de la porte St-Picrre {aujourd'hui hôtel des Archives) à la

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porte de la Barre , furent abattus et les fossés comblés. La rue tracée sur ce terrain prit le nom de rue Neuve-des- Fossés , puis des Fossés-Neufs, quoiqu'il eût été plus vrai de dire des Fossés-Vieux. L'épithète Neufs lui aura été donnée pour la distinguer de la rue dont nous venons de parler.

Foulon» (des) , aujourd'hui rue des Arts. — Sur des cartes gravées en Angleterre, cette nie est désignée comme la rue des Fétus ; ne serait-ce pas une transcription maladroite de son véritable nom ?

Française* date de 1670. — En 1686 les propriétaires durent y établir, à leurs frais, des flégards ou trottoirs larges de cinq pieds. — Lors de la construction du Pont-Neuf, le sol de la rue fut exhaussé de 20 à 25 pieds (7 à 8 mètres). Les tours de la porte St-Pierre furent enfouies de moitié comme nous le montre encore la tour qui reste enclavée dans la maison rue St-André, N« 1.

Franklin* — Voyez Pénitentes.

Frênelet (du). — Ce n'est qu'une ruelle qui longe le rempart, entre la porte de Tournai et la rue de Fives.

G and (de). — Cette rue a porté, dans son origine, le nom de St-Vital, puis celui de la MagdeUine. C'est une portion de la chaussée de Lille à Menin , comprise dans l'agrandissement de 1617. — En 1621 l'église des Carmes y fut bâtie; elle dépendait de la paroisse St-Vital, placée au milieu du cimetière, près du couvent des Célestines. — Une partie de la rue fut pavée en 1531. — Une autre partie était comprise dans le fort ou cbAteau de Courtrai, depuis le moulin dit du Château jusqu'au Pont-de-Flandre. — En 1678 un séminaire fut érigé près des Carmes, mais la destination en fut encore changée. — En 1795 le couvent des Carmes était un abattoir public. — Depuis il est devenu dépôt d'artillerie.

Gard (du). — Tire son nom d'un Ilot de la Deûle sur remplacement duquel elle a été tracée. — Gard dérive de Garde , Garder, et ne doit pas s'écrire Gars comme le font quelques personnes et la plaque officielle.

Gland* — Voyez Préfecture.

Grande-Chaussée (delà). — Doit son nom à la chaussée qui y existait à l'époque où la plupart des rues de la ville en étaient encore privées. Le fond du terrain y est tourbeux et peu solide. — Lors du sac de Lille, par Philippcle-Bel , l'incendie y décomposa le sol qui fuma long-temps. — Les chroniques locales mentionnent un autre incendie qui, en 1645, y brûla 213 maisons. — En 1630, 1707, plusieurs habitations s'y affaissèrent et il fallut les démolir.

Grand-Magasin (du). — Fut désignée sous les noms de rue Rompue, rue St-André : elle porta aussi le nom de rue St-Sébastien comme s'appelle encore celle dont elle est le prolongement vers l'Esplanade. — Le remarquable édifice qui s'y trouve est de 1730.

Grande-Fosse (de la). — Voyez Bourdeau.

Grande-Rue. — Voyez Barre.

Grlmuretz (des). — Voyez Basse.

Groaelllers, Grousllleurs. — Voyez Dowlin.

Gros-Gérard (du). — Gérard signitte Manchon, c'est donc la rue du Gros-

Manchon. D'où lui vient ce nom? nous ne le pouvons dire ; ce que nous savons c'est que sur des plans officiels de 1671 elle est appelée rue de l'Esplanade. — On voit dans les titres de la même époque que le Roi abandonnait aux adjudicataires des terrains de cette rue les matériaux des tours et des remparts qui se trouvaient compris dans leurs lots; il n'en exceptait que les grès. Guerre (de la). — Voyez Tournai.

Cuet (du). — C'est une impasse dont l'entrée se trouve dans la rue St-Sébastien. On ne sait d'où lui vient son nom qui semble indiquer la place d'un poste militaire.

Halloterle (de la).— Nom tiré des hallots (saules) qui y abondaient et qui couvraient toute cette partie du territoire jusqu'au faubourg de la Barre, où était la célèbre fontaine Del Saulx (du saule) et le moulin Del Sauck.—De 1804 à 1816 la synagogue des juifs fut tenue dans la rue de la Halloterie.

Hamerfe ou II al merle (de la). — Voyez Tournai. Ce mot parait venir de heaume , casque , les fabricants d'armures s'étant concentrés dans cette rue.

Hôpltal-HUltalre (de Y). — Autrefois des Jésuites, parce que ces religieux y avaient un superbe collège; puis de l'Humanité, en 1793. — Le collège des Jésuites, commencé en 1605, fut bâti en grande partie aux frais de la ville dont il resta la propriété; il est maintenant à usage d'bôpital militaire. — En 1740 l'église fut presqu'entièrement consumée. — En 1697 les Pères avaient fait couvrir d'une voûte le canal qui s'étend de la rue au rempart. — En 1795 l'église , rendue au culte, devint une paroisse en remplacement de St-Étienne, détruite par le bombardement.

Houdaln (d'). — Voyez Doudin.

Humanité (de Y). — Voyez Hôpital-Militaire.

Hynernols (des). — Voyez Vignette.

Impériale. — Voyez Royale.

Indemnités (des). — Voyez Bonnes-Filles.

Intrépides (des). — Voyez Basse.

Jacobins (des). — Voyez Canonniers.

«I ardlns (des). — Ainsi nommée parce qu'elle traversait les jardins épars dans le faubourg des Reigneaux avant l'agrandissement de 1621 .

Jean-Jacques Rousseau» — C'était autrefois une impasse appelée Trou- Madame, traversée par un petit ruisseau qui se rendait dans la Deûle par une ruelle, dite Ruellette-à-l'Eau , encore subsistante. Le saut de la Deûle, qui se fait actuellement au moulin Comtesse , avait lieu à une écluse près de la tour Isambard ; de là le nom de rue des Écluses donné à notre impasse. On l'appela rue de l'Abbaye-de-Loos lorsque cette abbaye y eut établi un refuge. — Les maisons n'y étaient pas alignées. En 1685 on y mit ordre en abattant à l'entrée tout ce qui dépassait l'alignement jusqu'à l'hôtel Mariembourg. — En 1742 il se trouvait encore à l'entrée de la rue un puisard.— Il y a environ un siècle que la partie qui la fait communiquer avec la rue Doudin a été ouverte.— En 1777 le sol de la rue fut rehaussé.— M. de Sombreuil , qui périt si malheureusement à Paris , logea au refuge de l'abbaye de Loos aussi long-temps qu'il commanda la place de Lille.

Les Rues de Lille

JemmappM (de). — Ainsi appelée en mémoire de la bataille de ce uoid. — Autrefois c'était la rue Dauphine, dénomination qu'elle recouvra de 1814 a 1830. Depuis ce temps elle a repris sa seconde appellation.

Jésalte* (des). — Voyez Hôpital-Militaire.

Joséphine. — Voyez St-André.

Jnirrle, Jurle (de). — Voyez Augustin.

Lannoy (de). — Voyez Sans-Pavé.

Lepelletler* — Voyez Prêtres.

Liberté (de la). — Voyez Capucins.

Lobel, De Lobel ou de l'Aubel. — Voyez Vieux-Marché-aux- Moutons. Lombard (du). — Une maison de change et de prêt sur gages , qui a été ensuite

le dépôt des Archives, a donné son nom à cette rue. Lottln* — C'est la cour de ce nom qu'on a élargie et à laquelle on a donné un<*

issue par la rue St-Sauveur, à l'époque où fut ouverte la rue Wicar. M atily. — Voyez Quinze-Pots.

u agdelelne (de la). — Voyez Gand.

H ah I eu. — Ne porterait-elle pas le nom de la personne qui , à l'origine , a fait

construire la plus grande partie de ses maisons?.... Maillard* est mentionnée dans un acte de 1629. — H y est dit : « A faire une

» rue nommée Maillard , de la largeur de seize pieds , allant vers le jardin des

» archers et le rempart, entrant dans la rue du Pont-à-Raines. » Haiiiguugue* — Elle est attenante à PHospice-Général. Lors de l'achèvement

de l'aile droite de cet édifice, on a dû empiéter sur cette rue; ce qu'il en reste

disparaîtra bientôt pour être aussi joint à l'hospice. Maire (du). — Tracée, en 1789 , sur le terrain du couvent des Annonciades , les

religieuses ayant dû quitter le couvent où elles ne pouvaient plus vivre. On

songea d'abord à y bâtir une halle au blé ; mais, à cause de la pénurie des fonds ,

on se borna à faire une rue.

Malades (des). — Voyez Paris.

Maldisants (des). — Voyez Célestines.

Malpart (de). — Elle fait face à la rue des Étaques et conduit de la rue de Paris à la Caserne. — On pourrait traduire son nom par de mauvaise part.

Mannellers (des). — Elle a pris naissance lorsqu'en 1651 on éleva la Bourse. Son nom lui est venu des fabricants de mannes ou paniers d'osier qu'on y voit encore aujourd'hui occuper quelques caves et maisons du rang opposé à l'un des côtés de cet édifice.

Marais. — Tire son nom de la nature du terrain. Avant 1670 c'était en dehors de la ville et il y coulait un ruisseau nommé Mesplaux.

Harat. — Voyez Clef.

Marcné-anx-Bêtes(du).— Tient son nom de ce marché auquel elle aboutit.

Harché-aux-CheYRUX (du). — C'est dans cette rue qu'avait lieu la vente des chevaux tout le temps que le Marché-aux-Bêtes était occupé par le charbon de bois , les boues de la ville et, enfin , les écuries provisoires de la cavalerie.

TOPOGRAPHIE DE LA VILLE l>E LILLE.

Mur thés (des). — Voyez Angleterre.

Miuigrê. — Cette rue n'est qu'une impasse parlant de la rue de Courtrai pour aboutir au rempart. —Tiendrait-elle son nom de la seigneurie de Maugré dont il est fait mention dans des actes de 1230? — On peut remarquer que sa dénomination de rue est aussi gravée dans la pierre de la façade du cabaret formant l'un de ses angles ; laquelle façade porte le millésime de 1782.

Metz (du). — Ce nom de Metz signifiait ferme, métairie. Au XIII» siècle il s'en trouvait là une que la bonne Jeanne donna à l'Hôpital-Comtesse : de là le nom de la rue. — Voyez Abattoir.

Mol fonda (des). — Des fonds moue, de la nature du terrain qui y est peu consistant. — En 1609 on Ût au Pont-des-Moifonds un abreuvoir qui a disparu depuis long-temps.

Molinel (du). — Ainsi nommée d'un moulin qui se trouvait sur le rempart à l'extrémité de cette rue. Elle ne s'étendait d'abord que jusqu'au Pont-Bruyant qui nous révèle l'emplacement de l'ancienne porte du Molinel. Le canal des Hybcrnois nous montre la direction des remparts de la ville à cette époque. — La ruelle des Clarisses menait de cette rue à la rue des Malades.

Molln-PolMon. — Rue que nous trouvons citée dans quelques titres, mais dont nous ignorons l'emplacement.

Monnaie (de la). — Autrefois rue St-Pierre. Elle commençait au Moulin-Comtesse et aboutissait à la porte dite des Bues , appelée aussi porte St-Pierre. — En face de l'Hôpital-Comtesse se trouvait un abreuvoir aujourd'hui comblé. — Son nom lui vient de l'Hôtel-des-Monnaies établi par Louis XIV et qui vient d'être supprimé. — Sous l'Empire, c'était la rue Napoléon , en y comprenant la rue St-Pierre.

Mont-de-Plété (du). — C'est là qu'existe l'établissement de prêt sur gage dont l'institution a été fondée en 1609, par Barthélémy Masurel.

Morts (des). — Ainsi nommée parce qu'elle fut tracée sur le cimetière St-Maurice. — En 1722 elle fut élargie d'un pied et demi; ainsi le porte le Registre aux résolutions du Magistrat.

Moullns-de-Ciarance (des). — Son nom indique bien le lieu qu'occupaient les moulins employés à la pulvérisation des racines de garance, au temps où la culture de cette plante tinctoriale était répandue dans la châtellenie de Lille, si renommée alors pour ce produit.

Moulln-Delvallée (du). — Elle comprend toute la partie longeant le rempart depuis la rue des Coquelets jusqu'à la rue du Prez, et elle fait face au bastion sur lequel existait un moulin qui lui a donné son nom.

May (de). — Voyez Bombardement.

Napoléon. — Voyez Monnaie et St-Pierre.

Nationale. — Voyez Boy aie.

Nef (de la). — Doit ce nom à la voûte ou nef qui en recouvre l'entrée du côté de

la Grande-Place. — Elle ne fut pavée qu'en 1602. Neuve.— Tracée en 1535 sur le terrain de la maison de l'Épinette , afin d'ouvrir

les Rues de Lille. 105

un débouché à la foule qui encombrait souvent la rue des Malades. — Sou pont date de 1538.

\olr-Moreau (du). — Ce nom est probablement dû à une enseigne qui s'y trouvait. — II a été souvent question d'élargir cette rue, surtout a partir de 1730.

Xord (du). — Rue transversale faisant communiquer l'extrémité de la rue de la

Caserne-St-André avec la rue St-André.

Notre-Dame» — Voyez Bé thune.

Nouveau-Siècle (du). — Percée en 1700 sur l'emplacement du jardin des arbalétriers (Voyez Registre aux résolutions, tome XVI, p. 121).

OB-Iloiigéa (des). — Elle porta, dit-on, le nom équivoque d'Os-Rangés (Orangers), changé depuis eu celui d'Os-Rongés qui exprime mieux l'état des restes mortels gisant en ce lieu. Mais, pour concilier toutes les exigences, on a pris un terme moyen assez bizarre , en inscrivant à chaque extrémité de cette rue le titre d'Os-Rongés , et à son centre celui d'Orangers.

O* tende (d*). — Doit, sans doute, son nom au cabaret : J/x ville d'Ostende.

Oyer* (des). — Cette manière d'écrire le nom de la rue a fait croire a quelques personnes que c'était le quartier des éleveurs d'oies; mais les anciens titres écrivent Eauvciers; or Eauwe signiûant Eau , ce serait donc la rue des Fontainiers ou quelque chose d'analogue.

Paix (de la). — Voyez Célestines.

Palais (du). — Tracée en 1664 sur le terrain du jardin du palais des Ducs de Bourgogne; toutefois il s'écoula plus de quarante ans avant que les maisons fussent bâties, et les constructions qu'on y voit ne sont pas antérieures à 1708. — En 1793 elle devint pour quelque temps la rue de Dunkerque.

Palal»-de-«Iutttlce (du). — Ouverte après l'érection du palais auquel elle

conduit et dont elle découvre la façade postérieure. Papegal (du). — Voyez Tenremonde et Deux-Épées.

Parla (de). — Une des plus longues et des plus commerçantes de la ville. — D'abord on l'appelait rue de la Cordwannerie. Le cordwan était une sorte de cuir que l'on travaillait à Cordoue; de même que nous nommons maroquin le cuir façon de Maroc. Les artisans qui employaient le cordouan étaient les cordwanniers, d'où est venu cordonniers; c'était donc la rue des Cordonniers. — Lorsque le Magistrat eut fait construire dans le faubourg une maison pour les lépreux, la rue prit le nom de rue des Malades , qu'elle conserva jusqu'à la Révolution ; elle devint alors la rue de Paris. — On y voyait autrefois plusieurs hospices ou maisons religieuses. — L'Hospice-Gantois, fondé en 1-46G, par Delecambe, y subsiste encore. — La chapelle de la Trinité, fondée en 1556, fut démolie en 1843. — Plus loin était le couvent des Pauvres-Claires ; l'Hôpital-St-Nicolas, pour 32 lits; l'Hôpital -St-Nicaise, pour 16; le refuge de l'Abbaye- de -Cysoing; la maison des Jésuites, bâtie en 1590, dont l'église fut inaugurée en 1594.

Cette rue a bien changé d'aspect. — Jusqu'en 1520 le pont de la porte fut un simple passage en bois; ce fut alors seulement qu'il fut fait en pierre. — La

maison concédée aux canonniers bourgeois, par le roi d'Espagne, porte aujourd'hui le No 246 ; on y voit incrustés dans la façade des boulets des divers sièges soutenus par la ville ; toutefois c'est par erreur qu'un de ces boulets porte la date de 1214 ; à cette époque la poudre à canon n'était pas en usage en Europe.

— En 1687 il se trouvait dans cette rue un abreuvoir.— En 1695 on y voyait un arsenal. — C'est en «682 que fut érigé le bel arc de triomphe en l'honneur de Louis XIV. — A cette époque les maisons de la rue n'étaient pas alignées et formaient les saillies les plus irrégulières. — En 1688 on travailla activement à les régulariser; les propriétaires s'y opposèrent de toutes leurs forces, mais ils furent déboutés. — En 1682 on élargit la rue du côté de la Place du Théâtre et on lui donna la dimension qu'elle a conservée depuis.

Patriote* (des). — Voyez St-É tienne.

Pénitente* (des). — Du nom d'un couvent. — En 1793 elle reçut le titre de

rue Franklin.

Perdue. — Voyez Prisons.

Péterlnclc (au).— Antérieure au XlVe siècle et remonte probablement à l'origine même de la ville. On écrit aussi Pèlerin , Pétrin.

Petit-Paon (du). — Passage étroit donnant communication du centre de la rue des Trois- Couronnes à la Grande-Place. Il n'y existe pas d'enseigne de boutique à laquelle on puisse attribuer ce nom.

Peuplier*, Ponpllers (des). — Voyez Royale. On nommait aussi rue du Pouplier le tronçon de rue qui conduit de la rue Royale à la terrasse Ste-Catherine.

Plqnerle (de la). — Ce mot est une corruption de l'ancien nom pecquerie (pêcherie). — En effet, il se trouvait là une vaste pièce d'eau et un moulin à foulon (1634); le droit d'y pêcher était concédé à part et faisait partie des revenus de la ville.

Plat (du).— Ainsi nommée d'un platz ou d'une mare qui se trouvait à l'extrémité. Poids (de) ou de Pois.— Cette rue ne fut pavée qu'en 1513, deux tiers aux frais

de la ville, un tiers aux frais des riverains. Pol««onceaux (des), c'est-à-dire des Petits-Poissons.— Vue maison contiguë

au pont porte dans ses ancres le chiffre 1575; le pont est de la même époque.

— Lors de la Révolution , elle reçut le nom de Vandatnme. — Quelqu'étroitc que soit cette rue, elle a néanmoins été élargie une première fois en 1737 et une seconde fois en 1768.

Pont-a-Balnes (du). — Dans le patois du pays raine (du latin rana) signifie grenouille; on peut donc bien croire que cette rue , qui touche au rempart, a été établie là où se trouvait une mare analogue à ce que nous appelons aujourd'hui Poste-à- Grenouilles.

Ponls-de-Comlnea (des). — Dénomination provenant probablement des ponts en bois qui servaient , lors de l'agrandissement de la ville du côté méridional, à faire communiquer la rive gauche du bras de la Deûle, qui coule en cet endroit, avec les deux places Comines. Ce n'est que depuis vingt ans environ que les propriétaires riverains ont fait couvrir d'une voûte, et à leurs frais, la partie du canal comprise entre le marché au fil de lin et la grande-place Comines.

Les Rues de Lille.

Une amélioration pareille est réservée à l'autre partie : elle ne tardera pas à être effectuée.

PODt-Nenf (du). — Elle porta d'abord le nom de rue des Chanoines, parce qu'elle suivait l'emplacement des vieux remparts auquel touchaient les maisons des chanoines de St-Pierre. — En 1793 elle devint la rue de la Révolution. — Depuis elle a reçu son nom actuel.

Pont-de-Roubalx (du). — Ce pont, qu'on appelait autrefois ruelle de Sailly, était étroit et tortueux ; il livrait à peine passage à deux personnes marchant de front. Il était peu fréquenté le soir et les passants y étaient exposés à être dévalisés par les malfaiteurs qui s'y tenaient en embuscade et jetaient les victimes dans la rivière. Après que quelques crimes y eurent été commis, on établit à l'une de ses extrémités un corps-de-garde pour la sûreté publique.

Ce pont devint, en 1432, la propriété de Jehan , seigneur de Roubaix, comme partie du don que lui fit le Magistrat, d'un hôtel dans la rue Basse, au lieu où est actuellement la maison de M. A. Lefebvre, d'un terrain au-delà de la Deûle et derrière cet hôtel , et de la tour d'isambart; le tout moyennant un arrentement de huit sous six deniers. Le nom de son nouveau propriétaire lui fut sans doute dès lors acquis. — En 1840 on le reconstruisit pour lui donner ses dimensions actuelles.

Préfecture (de la).— Autrefois des Écoles, parce que c'était là que se trouvait la sortie du collège St-Pierre ; du Gland, à cause d'une porte à claire-voie qui fermait la rue du côté du rempart et empêchait l'accès à la rivière ; de la Préfecture , lorsque le siège de la Préfecture du département fut porté rue Française, dans l'hôtel où est aujourd'hui le Quartier-Général de la 16» division militaire.

Prêtre» (des). — Passage très-ancien et toujours très-fréquenté ; aussi le Conseil municipal s'est occupé souvent de le rendre d'un accès facile et commode. — En 1836 il était question de faire une place publique à l'endroit de la jonction des rues des Prêtres, du Curé-St-Étienue et des Débris. — Dans cette rue se trouve une enseigne sculptée dans le mur, le Sacrifice d'Abraham , qu'on trouve citée dans d'anciens titres et que nous reproduisons ci-dessous. — En 1793 elle devint la rue Lepelletier, en mémoire de Lepelletier de St-Fargeau , assassiné à Paris.

Près (du). — Autrefois du Pré, probablement à cause de la nature du terrain sur lequel elle a été tracée.

Pries (du). — Son nom lui est venu, suivant quelques personnes, d'un calvaire qui était établi derrière l'église St-Maurice et qui fut supprimé en 1770.

Princesse.— Tracée lors de l'agrandissement de 1670.— En 1779 le Magistrat émettait le vœu d'y avoir un abattoir public; mais ce ne fut qu'un demi-siècle après que ce vœu fut entendu et qu'on construisit cet établissement dans le voisinage de cette rue. — En 1793 c'était la rue de la Constitution.

Prison* (des). — Autrefois rue Perdue. Elle conduisait à une chapelle dédiée à St-Michcl et qui, à la Révolution, fut transformée en loge maçonnique.

Pucclles (des). — On nommait ainsi une rue alors écartée qui suivait le canal depuis le pont tournant de la rue de la Barre jusqu'au bassin de la Haute-Deûle. A cette époque le bassin était une impasse et le canal de l'Esplanade n'était pas encore creusé. — Le nom de cette rue a aussi appartenu à la rue du Bourdeau.

Quai (du). — Elle donne issue à la rue de la Baignerie vers le quai de la Haute- Deûle.

Qual-de-la-Rasse-Deûle, Quai-de-la-Haute-Denle (du).— Ces dénominations n'ont pas besoin de commentaires. Nous dirons cependant que le quai de la Haute-Deûle a long-temps été connu sous le nom de Rivage-du-IIaut qui s'écrivait primitivement du Waut à cause d'un fief situé près de là.

Qnennette (de la). — Établie à l'endroit où se trouvaient les Ponts-Maugré et une fontaine, la Sotterecque; elle est postérieure en date à la rue des Arts dont elle forme le prolongement jusqu'aux Ponts-de-Comines. — La quennelte était une mesure de capacité en usage dans le pays et qui équivalait à peu près au litre.

<|ulnzc-Pots (des). — Autrefois des Quinze-Pisse-Pots , nom que la plaque officielle a pudiquement privé de sa seconde partie. — En 1793 ce fut la rueUIably.

Rapine (de la). — Voisine du Monl-de-Piété. — Était-ce là une prophétique flétrissure pour le changement fait au XVIII e siècle à une institution de bienfaisance (le Mont-dc-Piété) , qui n'est plus aujourd'hui qu'une maison autorisée à exercer légalement l'usure la plus révoltante? — (Voyez page 85, 2e §).

Récollets (des). — Voyez Arts.

Rempart (du). — Ouverte presqu'à l'extrémité de la rue St-André, dont elle

semble être le prolongement; elle aboutit au rempart. Républicains (des). — Voyez Angleterre.

République (de la). — Voyez Comtesse.

Révolution (de la). — Voyez t Pont-Neuf.

Robleds (des). — Cette rue, quoique très-étroite, a été élargie en 1760. — Auparavant c'était une sorte de sentier que suivait probablement un champ autrefois fertile d'où vient son nom [roids blés) qui signifie blés raides.

Romarin (du). — Voyez Ropra.

Rompue. — Voyez Grand-Magasin.

Itopra. — Autrefois du Romarin. — Son nom actuel est destiné à perpétuer le

Les Rues de Lille, 109

souvenir de la noble résistance qu'opposa l'archiviste Ropra aux ordres de la Convention, en refusant de livrer, pour en faire des cartouches, le dépôt qui lui était confié.

Ro«ler (du). — Nom que portait autrefois la ruelle située entre la Grande-Plaee-

Comincs et les Ponts-de-Comines.

Bofcftlgnol (du). — Rue assez mal famée qui se trouve à droite, en entrant,

de la porte de Béthune et longe le rempart jusqu'à la rue des Coquelets. Roubulx (de) . — Autrefois du Vieux-Scel; puis de St-Maurice.—Gesl en 1808

qu'elle reçut le nom de rue de Roubaix , parce qu'elle conduit vers cette ville. Rouge- De bout (du). — Continuation de la rue du Bois-St -Sauveur jusqu'au

rempart; elle est réduite à un seul rang de quelques maisons. — Ce nom lui

vient peut-être de ce que le bout de la rue était un mur rouge. Bouge-Lion (du). — Citée dans des actes des XVI« et XVlIe siècles. — Elle

semble avoir existé pour faire communiquer la rue de Tenremonde avec la rue

St-É tienne, près de la rivière.

Royale. — Tracée en 1670; pavée en 1684. — Elle comprend une partie plus ancienne qui porta successivement les noms de rue des Peupliers , rue de la Conception, rue des Bonnes-Filles.— El\e changea elle-même plusieurs fois de nom : en 1793 elle devint rue Nationale; en 1804 rue Impériale; en 1814 elle redevint rue Royale ; dans les cent jours rue Impériale; et après les cent jours rue Royale.

— En 1767 elle fut pour la première fois éclairée par des lampes à réverbères.

— En 1785 la ville y érigea l'Intendance, aujourd'hui la Préfecture. Sahoteanx (des).— Communication entre la rue de Paris et la place du Réduit.

Le sureau étant appelé par le peuple de Lille sahut , les sahuteaux pourraient bien être de petits sureaux.

Saint- André. — D'abord St-Pierre-Neuve; sous l'empire rue Joséphine; en 1814 elle recouvra le nom qu'elle porte aujourd'hui. — En 1675, elle était un simple chemin que les ornières rendaient inabordable pendant l'hiver; elle ne fut pavée qu'en 1712. Le cimetière qui se trouvait dans cette rue futfermé après le siège de 1708. — Voyez Grand-Magasin.

Saint- Denis. — Voyez Êtaques.

Salni-Ébtlenne.— Percée en 1592 sur l'emplacement de l'hôtel de Beaurepairc. Elle devait, suivant les premiers plans, avoir à l'entrée une voûte comme la rue de la Nef en a une. — Les restes de l'hôtel de Beaurepaire ont été mis pour la dernière fois au jour dans des constructions modernes. — Nous avons profité de l'obligeance de M. Desbouvry pour en prendre un dessin que nous donnons ci-joint. — C'était le seul édifice du style Renaissance qui existât à Lille. — On remarquera la devise SANS REFAIRE qui se trouve répétée en deux endroits ; la date de 1572 au-dessus de la fenêtre, et, ce qui n'est pas sans intérêt, le chiffre 1279 inscrit dans la maison voisine, parmi les restes d'ogive. — La tradition suppose qu'il y existait une maison de l'ordre du Temple, mais aucun titre certain ne se montre à l'appui. — Pendant la Révolution ce fut la rue des Patriotes.

Saint-François. — Lorsqu'un décret de la Convention eut aboli le nom des saints, cette rue s'appela la rue François , comme d'autres rue Pt«r«,rue Sauveur, etc. — Le couvent sur l'emplacement duquel a été érigée la caserne de la gendarmerie lui a donné son nom.

Saint-Génois. — Elle prend naissance à l'église St-Maurice et se termine à la rue du Dragon.

Saint-Hubert. — Passage transversal à l'extrémité de la rue du Vieux-Faubourg pour aller de cette rue à la porte de Roubaix.

Saint-Jacquea. — Ainsi nommée d'un hôpital fondé en 1225 par Roger, châtelain de Lille. — En 1619, lorsque la rue actuelle des Jardins fut tracée, on voulait la nommer rue St-Jacques. — En 1621 la porte qui se trouvait au Pont-St-Jacques fut démolie. — En 1843 ce pont fut restauré et l'abreuvoir notablement amélioré.

Salnt-«IOMepn. — Elle part du quai de la Basse-Deûle, en face du pont de Flandre, et se termine au carrefour des rues à Claques et des Bonnes-Rappes.

— On appelait ainsi une rue qui faisait angle avec la rue de la Rapine. (Voyez le Registre aux Résolutions du Magistrat, tome XXVII, p. 37.)

Saint-Martin. — Rue voisine du quai de la Haute-Deûle et qui nous marque

l'emplacement de la porte de la Barre avant l'agrandissement de 1670. Saint-Maurice. — Voyez Roubaix.

Saint -11 le bel. — Elle va de la rue de la Vignette jusqu'à la caserne qui est contre le rempart.

Salnt-Nlcalae.— D'un hôpital qui y était si tué .—En 1793 c'était la rue Viala.

Salnt-Wlcolaa^-Remonte aux premiers temps de la ville , ainsi que l'auberge du Mouton-Bleu qui s'y trouve aujourd'hui.— Il y avait contre cette maison une impasse qui n'existe plus.

Saint-Pierre. — Prolongement de la rue de la Monnaie jusqu'à la rue Saint- André. Ce nom lui vient de la collégiale St-Pierre qui s'étendait sur le terrain où l'on voit la Place-du-Concert , le Palais-de-Justice , etc. — La porte St-Pierre ou des Rues se trouvait à l'emplacement de l'Hôtel-des-Archives. — En 1670 deux des quatre tours de cette porte furent démolies; une des deux autres subsista jusqu'en 1835; la dernière est enclavée dans la maison N° 1 de la rue St-André.

— Ces tours , fort remarquables, ont été décrites par M. de Contencin dans le bulletin de la Commission historique du département du Nord.

Saint-Sauveur. — Ainsi appelée de l'hôpital de ce nom bâti par la comtesse Jeanne. — A l'extrémité de cette rue se trouvait une des portes de la ville. Elle fut fermée en 1595 et démolie en 1674.— C'est en 1620 que les trottoirs de cette rue furent pavés. — En 1645 les Bleuettes établirent leur maison dans cette rue.

— En 1651 les Récolkctines d'Hesdin, dont le couvent avait été saccagé, y bâtirent le leur près de l'église. — En 1682 les Conceptionistes. — En 1684 les CoUectines. — En 1793 c'était la rue Sauveur.

Salnt-Sébafttlen. — C'est à son extrémité contre le canal et le rempart qu'est situé l'Abattoir. — Son nom a aussi appartenu à la rue du Grand-Magasin qui forme son prolongement jusqu'à l'Esplanade.

Saint-Vital. — Voyez Gand.

Les Rues de Lille. m

Sainte-Anne. — Ouverte au centre de la rue du Vieux-Marché-aux-Moutons jusqu'à l'église St-Maurice.

«atnte-Catnerlnc. — Du nom de l'église à laquelle elle aboutit.— En 1793 c'était la rue des Américains; sous l'Empire rue Joséphine; en 1814 elle prit le nom qu'elle porte aujourd'hui. — En 1728 la partie de cette rue qui longeait le cimetière et qui s'étend de l'église à la rue des Fossés-Neufs, s'appelait rue du Citnetière-Ste-Catherine.

Salnte-M arle-Magdelelne* — C'est par elle qu'on parvient de la rue de Tournai au centre de la rue des Buisses. — Une partie en a été tout récemment démolie pour l'établissement du Débarcadère.

Sans-Culottes (des). — Voyez Fleurs.

Sans-Pavé* — D'abord rue de Lannoy; elle ne fut pavée qu'en 1670. Saree (de). — Citée dans plusieurs titres, mais que nous pensons être la rue de Jurie (Voyez Augustins).

Sec-Aremnault (du). — Dans les divers titres où elle est mentionnée, cette rue est appelée tantôt Segar-Rabaut , Segar-Rimbaut , Segard-Rai mbaut; tantôt Segarambaut , Saint-Carembault , Sec-Arembault ; lequel de ces noms est le véritable?— Raimbaut est un nom de famille assez commun dans le pays;Carembault est un des quartiers de la Chitellenie. — Il n'y a pour fixer toutes les incertitudes que la plaque officielle posée par l'administration à l'angle de la rue. — Le nœud gordien s'est trouvé coupé; peut-être un jour on le déliera. —L'entrée du côté de la rue Notre-Dame, aujourd'hui rue de Béthune, avait, en 1728, 2 mètres 60 centimètres de plus en largeur qu'à l'autre extrémité du côté de la rue des Maintes, aujourd'hui rue de Paris. — En 1760 et 1768, il fut question de l'élargir pour en rendre les abords plus faciles et y procurer une libre circulation.

Sept-Agaches (des) , ou des Sept-Pies. — Elle a été tracée vers 1650 et doit son nom à une enseigne qui y était appenduc.

Sept-Honalnes (des). — Elle longe le rempart entre la rue du Plat et la rue du Prez. — Honaine signifiant chenille dans le langage du peuple et encore maintenant dans celui des gens de la campagne, ce serait donc la rue des Sept- Chenilles.

Sept-Sauts (des). — Ainsi nommée parce que son étendue n'excède pas celle qu'on peut mesurer en sautant sept fois.— Elle a été élargie à plusieurs reprises. — On voyait, il y a deux siècles, la chapelle dite des Pommes-Pourries.

Sœurs-Grises (des). — Voyez Trois- Mollettes.

Sœurs-Boires (des). — Voyez Fleurs.

Sots (des). — Existait près du réduit.

Sotterecque ou Sotte-Rue* — Petit espace où se trouvait une fontaine dans la partie de la rue de la Quennette qui touche aux Ponts-de-Comines.

Suaires (des). — Peut-être par corruption de Sueurs , en mémoire d'une terrible maladie, la suette, qui exerça ses ravages à Lille. — En 1450 elle avait ce dernier nom.

jj2 TOPOGRAPHIE DE LA VILLE DE LILLE.

Table-Ronde* — Carrefour qui joint la rue de Bétonne à la rue' de la Vieille- Comédie et qui se trouve devant l'estaminet de la Table-Ronde qui , probablement, lui a donné son nom.

Tanneur* (des). — Autrefois de l'Épinette. — En 1690 la rivièrette de la cour Dassonville fut couverte d'une voûte, moyennant une redevance annuelle de 12 sous parisis. — En 1791 la plupart des caves de la rue des Tanneurs et de la rue de Paris furent inondées par une éruption des eaux qui semblaient sourdre de terre. — Des cinq tanneries qui y étaient établies le long des deux cours d'eau, le Becquerel et la Rivièrette, il n'en subsiste qu'une, et c'est même la seule qui soit maintenant dans la ville.

Tenremonde (de). — Du nom d'une ancienne et noble famille qui y avait un hôtel. — Il y exista deux ruelles qui n'ont plus de traces : celle du Papegai , tracée par Carlicr, en 1593; et celle du Rouge-Lion, élargie en 1610.

Terrasse-Ste-Catnerlne. — Elle forme le contour de l'église de ce nom. La partie qui va joindre la rue Royale s'appelait autrefois rue du Peuplier.

Testas (des). — Voyez Bourdeau.

Tnlonvllle (de). — Autrefois des Carmes. — Tracée sur le ries du château de Courtrai, en 1621. Le nom deThionville lui fut donné en 1792. — En 1815 c'était la rue de Berry. — En 1830 elle reprit son titre précédent.

Tournai (de).— Autrefois de la Hamerie, Halmerie; ensuite de l'Âbbiette.— ED 1793 elle devint la rue de la Guerre, et enfin rue de Tournai.— On y voyait, le siècle dernier, l'hôtel du Gouverneur, dit le Gouvernement, dont les matériaux furent vendus à l'encan en l'an IX. — Dans celte rue était la Bleue-Fontaine , ■ près de laquelle s'établit le premier teinturier en coqsenil (cochenille). — 11 y a près de deux siècles que le cabaret de la Grasse-Vache y a pendu son enseigne.

Tours (des). — Sur l'emplacement des remparts et des tours du château de Courtrai, en partie démolis en 1572. — Cette rue ne fut pavée qu'en 1629.

Trinité (de la). — Une chapelle, dont l'entrée se trouvait dans la rue de Paris et que remplace aujourd'hui une maison particulière sous le N° 166, lui a donne son nom.

Trols-Angullles (des).— Voyez Voltaire.

Trols-Couronnes (des). — Elledate.de 1650 et a été tracée sur le lieu qu'occupaient de misérables maisons de bois. On peut, comme pour d'autres rues, attribuer son nom à l'enseigne d'une boutique.

Trois- Mollettes (des). — Tracée en 1545 sur un terrain échangé par le Magistrat et le chapitre de St-Pierre.— Cette partie s'étend de la rue des Vieux- Murs à la rue d'Angleterre; l'autre partie est antérieure et portait, en 1238, le nom de rue des Saurs-Grises.

Urbanistes (des). — Impasse aboutissant au rempart. — Son nom lui vient du couvent de religieuses sur l'emplacement duquel a été érigé l'hôtel des Canonniers.

l andumniCi — Voyez Poissonceaux.

Vert-Bols (du). — Ainsi appelée du nom d'un fief contigu qui avait cette désignation.

Les Rues de Lille. 113

Ylala* — Voyez St-Nicaise.

Vlellle-Comédle (de la).— Ainsi nommée d'une petite salle de théâtre construite vers 1700 sur remplacement du vaste abreuvoir de Ribour; c'était alors la rue de la Comédie. Voltaire , à son retour de Prusse, y fit jouer, en 1741 , sa tragédie de Mahomet. Ce fut, disent les biographes, pour obtenir plus facilement ensuite de la faire représenter à Paris. — Vers 1780 un nouveau théâtre ayant été élevé sur la Petite-Place, l'ancien devint la Vieille-Comédie et la rue prit son nom actuel. — Ce n'est qu'en 1700 que la rivière qui coupe cette rue fut couverte d'une voûte et bordée des maisons qui la surmontent.

Vieux-Faubourg (du).— En 1617 la porte des Reigneaux,qui était contiguë à la place du même nom , fut transférée au lieu où est aujourd'hui la porte de Roubaix; l'ancien faubourg fit partie de la ville; de là, le nom de la rue.

Vieux-Hommes (des). — Maintenant rue des Canonnière. Son nom primitif lui est venu d'un hospice fondé en 1622 pour d'anciens bourgeois de Lille déchus de leur chevanee.—Vae dame Duhot, veuve de Jean Mahieu, y possédait un pré appelé la Verte-Cave; elle donna ce terrain et légua des fonds pour bâtir une prison pour les débauchés.

Vleux-Marcné-aux-Houtoiui (du). — Autrefois rue Lobel ou De Lobel. Quelques personnes prétendent que l'on écrivait de l'Aubel , et elles rapprochent ce nom de celui du fief des Obeaux ou Aubeaux. Le sire des Obeaux avait son tombeau dans notre collégiale St-Pierre.

Vieux-Mur» (des). — Doit ce nom aux premières murailles de la forteresse élevée par Bauduin V. — Ce quartier est un des plus anciens de la ville.

Vleux-Scel (du). — Voyez Roubaix.

Vignette (de la). — Pavée en 1405. — Le pont de cette rue ne fut construit qu'en 1610 et sa dénomination lui est restée de la maison que les Ily bernois ouvrirent, près de là , dans la même année.

Voltaire. — Autrefois des Trois-Anguilles tld'Angoulême sous la Restauration. —Son nom actuel est postérieur à 1792. — Tracée sur un terrain que le chapitre de St-Pierre donna en 1224 aux Dominicains. — En 1593 l'évêque de St-Omer y consacrait l'église des Jacobins. — La courette ou passage qui, sous l'ancien nom , faisait communiquer cette rue avec la rue Française , se fermait et , dit-on , se ferme encore tous les soirs. Autrefois les habitants ne pouvaient ni entrer ni sortir pendant la nuit.

Wlcar* — La plus récente des rues de Lille; ainsi nommée en mémoire de J.-B. Wicar, peintre lillois, qui sut, par son talent, acquérir une honorable renommée et dota la ville d'une précieuse collection qu'elle a réunie dans un musée qui porte son nom.

Si l'on cherche à grouper les divers noms donnés aux rues de Lille , on remarque que l'influence religieuse y a eu la plus grande part. Ce I. 8

sont des noms de saints : André , Anne , Catherine , Denis , Etienne , François, Génois, Hubert, Jacques, Joseph, Magdeleine, Martin, Maurice, Michel , Nicaise , Nicolas , Pierre , Sébastien , Vital ; ou de malsons religieuses : Abbayc-de-Loos , Abbiette, Augustins, Brigittines , Capucins , Carmes , Célestines , Chanoines , Conception , Dominicains , Pénitentes , Récollets , Sœurs-Noires , Urbanistes , Trinité. — Les noms des personnages historiques y sont bien moins nombreux ; et si Ton veut y regarder de près , on n'en trouvera pas plus de trois : Boufflers , Muy et Comtesse ; car nous ne mettons pas sur la même ligne Péterinck, Lottin , Mahieu. — Les modernes ont voulu, en 1795, consacrer les

noms de Mably, Marat , Vandamme , Lepelletier, Francklin puis

Bonaparte , Napoléon , Joséphine puis du Duc-de-Berry, d'Angou-

léme , de Bordeaux. Aucun n'a pu se maintenir, si ce n'est Rousseau et Voltaire , et , plus récemment , Wicar et Ropra. — Quelques noms de pays, de villes et de localités ont traversé les siècles, comme on peut le voir dans les rues d'Angleterre , d'Amiens , d'Antoing , de Courtrai , de Fives. D'autres , plus récents , auront probablement la même per- ; stance, comme : rue de Paris, de Roubaix, de Tournai; même de jemmappes, deThionville, d'Ostende.

Les noms politiques , au contraire , sont sujets h des vicissitudes continuelles , comme le montrent quelques rues que nous venons de citer et auxquelles on pourrait joindre la rue Royale.

Quelques professions ont donné leurs noms à une rue ; exemple : les Bateliers , les Bouchers , les Canonniers , les Manneliers , les Eauwiers (Oyers) , les Tanneurs*, les Foulons , les Cordwanniers. — Quelques enseignes sont dans le même cas : la Clef, le Bleu-Mouton , les Chats-Bossus , le Petit-Paon , les Sept-Agaches , les Trois-Couronnes. Les édifices publics , comme : Caserne , Hôpital , Magasin , Marché , Monnaie , Mont-de-Piété , Palais , Préfecture , ont surtout ce privilège. — Les noms de nombre se font remarquer dans la rue des Deux-Epées, des Quinze -Pots, des Sept-Honaines , des Sept -Sauts , des Trois - Anguilles , des Trois-Mollettes.

Les Places de Lille. 115

yn. places.

Il y a dans la ville une vingtaine de lieux décorés du titre de place , dont deux au plus mériteraient d'être citées : la Grande-Place et la place du Théâtre.

Amoureux (des). — Voyez Reigneaux.

Arbalète (de Y). — Voyez Arsenal.

Arsenal (de V). — Autrefois place de l'Arbalète , à cause du jardin des arbalétriers ; ensuite place de l'Arsenal , lorsque , en 1733 , le temple protestant eut été converti en magasin d'artillerie.

thune (de). — Là se trouve la porte à qui elle doit son nom, comme elle lui dut aussi celui de Notre-Dame qu'elle porta autrefois.

Bleuet» (aux). — Jeanne Maillotte occupait, en 1582, le cabaret de l'Arc qui se trouve sur cette place, qui, à la Révolution, reçut le nom de place des Droitsde-l'Homme. — La maison des Bleuets fut élevée au XVI» siècle; en 1740 on y établit le bureau de poinçon de la ville ; en 1752 elle devint un hôpital militaire; en 1767 un collège ; en 1790 un magasin d'effets militaires, et aujourd'hui , pour quelques années seulement, un collège royal.

Carme» (des). — Voyez Gand.

Château (du). — Sur l'emplacement de l'ancienne forteresse, dite Château-d*'- Courtrai. — Cette citadelle avait été bâtie en 1500 par Philippc-le-Bel , roi de France, pour châtier au besoin les Lillois; ceux-ci démolirent les remparts du côté de la ville (1577). — Ce ne fut qu'une cinquantaine d'années après que le Magistrat, ayant acheté le terrain , fit abattre le restant des murailles.— Pour la première fois en 1730 la maison où se trouve un moulin fut bâtie ; depuis elle a bien changé d'aspect.

Comlnes (Grand'Place , Petite-Place). — Existaient en 1424, mais elles n'ont aucun droit à la désignation qu'on leur a consacrée.

Concert (du). — Autrefois Clottre-St-Pierre , puis, à la Révolution, Clos-de-la Réforme.— En Février 1831 fut violemment renversée la statue du Duc de Berry érigée sur cette place après l'assassinat de ce prince. — C'est là que se tient le marché aux fruits.

Drolts-de-l'Bomme (des). — Voyez Bleuets.

Gand (de). — Autrefois place des Carmes, du nom d'un couvent dont on a fait un arsenal. —En 1793 c'était la place des Électeurs.

Grand' Place» — A 155 mètres sur 72; autrefois elle comprenait de plus toute la place du Théâtre et l'emplacement des maisons qui la séparent de cette dernière ; elle portait alors le nom de place du Marché. — C'était là qu'avaient lieu les célèbres joutes de l'Epinette où se rendaient les plus illustres seigneurs et chevaliers. — On ignore l'époque précise où elle fut partagée ; mais la Bourse et les maisons voisines sont du XVII" siècle. — On voyait sur la place : l'église

Saint-Etienne qu'il était question de rebâtir en 1684 et 1696, et qui fut détruite par les Autrichiens en 1792; la chapelle dite du Joyau ou des Ardents, et dont quelques chroniques locales voudraient faire remonter l'origine à Tan 800 ; et la Fontaine-au-Change , à peu près à remplacement de la Bourse actuelle. — On y voit encore la Bourse, édifice d'un style remarquable bâti en 1651 et 1652, qui avait deux tourelles élégantes, dont l'une fut démolie par mesure de sûreté et l'autre fut sapée par les boulets au dernier bombardement : Tune d'elles vient d'être relevée. —Les ingénieurs français venus à Lille avec Louis XIV voulaient décorer la Place de deux fontaines jaillissantes et d'une statue équestre du grand Roi ; mais la guerre vint mettre obstacle à l'exécution de ce projet dont les devis avaient été faits et les fonds en partie votés. — En 1700 le sol y fut relevé de deux pieds. — Le corps de garde de la Place est de 1717 ; celui qu'il a remplacé était de 1550. — En 1845 on érigea au centre de la Place une colonne obsidionale surmontée de la statue de la ville de Lille , œuvre du statuaire Bra. C'est un monument commémora tif du fameux siège de 1792. Gard (du). — Carrefour où aboutissent les rues du Gard, des Pénitentes et des Célestines.

Gulngans (des). — A la jonction des rues de la Clef, des Oyers et des Suaires. — C'est un souvenir du moyen -âge et qui nous révèle peut-être le lieu où le pape des G uingans exécutait les parodies, fort peu religieuses, dont nous parlerons par la suite.

Hôpital-Militaire (de 1'). — Autrefois des Jésuites.

Housse (delà), que le peuple désigne ordinairement par Louche. — C'était en 1465 le marché aux porcs.

Llon-d*Or (du). — Cette place est celle qui précédait la porte de Courtrai. La poste aux chevaux y est établie depuis long-temps.

Uni rie (de la). — En 1793 place de la République. — Autrefois place de Rihour ou de Rihoult du nom du palais des Ducs de Bourgogne que Philippe y fit bâtir au commencement du XV« siècle (1430).— Lorsque Charles-Quint y eut séjourné quelque temps , ce palais fut nommé Cour Impériale , cour de l'Empereur. — La façade portait des lions qu'on y posa en 1534. — L'abreuvoir de Rihour fut supprimé en 1630 et couvert en 1700 seulement. — Le palais de Rihour fut acheté par le Magistrat , en 1652-1660 , de Philippe IV, roi d'Espagne , qui , ayant besoin d'argent, le céda pour 100,000 florins. — L'incendie dévora des parties plus ou moins considérables de cet édifice en 1700, 1736 et 1756. — En 1759 la façade était encore peinte en rouge vif. — En 1767 une des tours fut démolie ; le jardin intérieur fut ensuite supprimé et pavé. — Un beffroi y fut construit en 1826. — L'histoire détaillée de cet édifice et l'appréciation de ce qu'il renferme exigerait un volume tout entier (1). — En 1815 on procéda à une reconstruction générale.

Notre-Dame. — Voyez Béthune.

Oignons (aux). — Petit espace entre la rue au Péterinck et la rue des Vieux-

(1) Voyez le Palais ie Rihour, p»r M. Bun-Lurtiaxi , brochure in-8. Lille, 188s.

Les Marchés de Lille. f 17

Murs. Elle est connue sous le nom de Placette-auxOignon» et a été occupée, de tout temps, par la classe ouvrière.

Pa tinter» (des). — Est antérieure à 1400.

Réduit ( du )- — Elle n'existe que depuis la construction du fort St-Sauveur. — 11 fut un temps où on y voyait un grand nombre de poteaux auxquels étaient, chaque jour, accrochées les chaînes en fil de laine pour la fabrication des camelots qui avait particulièrement lieu en cet endroit.

Relgneaux (des). — Autrefois place des Amoureux, d'après un plan de 1708, gravé en Angleterre et que possède notre concitoyen, M. Mahieu. — Suivant d'anciens titres, elle est aussi appelée le Diergnau. - Elle doit son nom à un fort bâti par Philippe-Auguste sur le terrain compris entre la rivière et les rues du Priez, des Os-Rongés, des Morts, et qui fut détruit lors du sac de Lille. — Dans des fouilles récemment faites on a découvert quelques débris de sculpture qui paraissent appartenir à l'époque de Philippe-le-Bon. M. Gentil-Descamps en est possesseur.

République (de la). — Voyez Rihour.

Blhour, Rlhoult (de). — Voyez Mairie.

Saint-André. — Cette place, qui précède immédiatement la porte d'Ypres, anciennement St-André , en a pris et conservé le nom primitif.

Sainte-Catherine. — C'est l'espace compris entre la rue de la Barre et le petit portail de l'église.

Saint-Martin* — Sur l'emplacement d'une esplanade en avant du château de Courtrai. Elle prit son nom actuel lors de la démolition que les Lillois jugèrent à propos d'exécuter de la menaçante citadelle de Philippe-le-Bel.

Théâtre (du), autrefois Petite-Place. — En 1426 le nom de Beau-Regard fut donné à un rang des maisons qu'on désignait aussi sous le nom de Gamet.—Ea 1524 le poids public y fut établi par les économies faites sur les jeux de l'Epinette, momentanément suspendus. — En 1585, la nouvelle halle ou maison échevinale,y fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne; le seigneur de Schoonvelde, Michel Gomer, en posa la première pierre ; elle fut terminée en 1595. — Sept ans après, le beffroi , qui menaçait ruine, fut démoli; la cloche Vigneron fut portée à St-Etienne etla Bancloche à St-Maurice. — On voit les derniers vestiges de cette construction dans le café Lalubie et les maisons voisines. Le grenier présente encore, dit-on, quelques dorures de l'ancienne chapelle échcvinale.— En 1785 l'architecte Lequeux bâtit la salle du théâtre que M. Benvignat vient d'agrandir et de restaurer. Elle occupe l'emplacement de l'ancien pilori et le lieu où l'on exécutait par le feu les hérétiques, sorciers et autres criminels.

Vffl. MARCHÉS.

Aucun des marchés de Lille ne mérite une mention particulière. Ce sont des points de la voie publique désignés pour lieu de réunion aux

marchands de certaines denrées. — Le Marché-aux-Poissons et le Marché-St-Nicolas ont seuls des étaux couverts.

Bétett (aux). — Se tenait en 1531 rue de Fives; en 1608, le 24 Septembre, il fut transféré rue du Molinei. — Les annotateurs lillois nous apprennent que la première vache y fut payée 6 livres 1/2 de gros (48 fr. 75 c). — En 1670 on l'établit près du quai de la Bassc-Deôle, sur cette place qui en porte encore le nom et dont une partie formait le Marché-au-Charbon (de bois).— Aujourd'hui la vente des bestiaux se fait dans l'Abattoir.

Beurre (au). — Ouvert en 1810 sur l'emplacement d'une partie du couvent des Récollets. — Il a également servi, tout à la fois et pendant long-temps, à la vente de la volaille qui a lieu maintenant au Marché-St-Nicolas. — Il s'y tient aussi, dans la matinée du Dimanche, un marché institué en faveur des ouvriers qui n'ont pas de loisir pendant la semaine; on y voit des hardes et autres objets. — Une partie de cette halle vient d'être démolie; le reste ne tardera pas à subir le même sort, pour faire place aux bâtiments du Collège royal et des Musées qu'on va élever en cet endroit.

Ente» (aux). — Voyez Vieux-Marclié-aux-Poulets.

Fll-de-Un (au). — Ainsi nommé de la vente que venaient y faire les fileurs de l'arrondissement avant l'introduction du fil anglais et l'établissement des filatures de lin. — Le Pont-de-Comines était autrefois le Pont-de-PMn. Selon la tradition populaire, ce serait là que Lydéric aurait vaincu Phinaert. — Le Pontde-Phin fut construit en 1263; il indique quelles étaient autrefois, de ce côté, les limites de la ville. Le canal baignait alors le pied des murailles. — Le Marcbéau-Fil-de-Lin fait maintenant partie de la rue des Ponts-de-Comines et en porte la dénomination.

Fleur» (aux). — Il se tenait au Marché-au-Fromage , et lorsqu'au printemps l'abondance des plantes, amenées par les jardiniers , exigeait un plus grand espace, il s'étendait jusques dans la rue des Prêtres. 11 a lieu actuellement derrière le Théâtre.

Fromage (au). — Trois plaques officielles indiquent que ce marché comprend toute la partie qui va de la Grande-Place à la rue des Prêtres. La vente de ce comestible n'y a plus lieu; elle se fait près du Marché-au-Beurrc.

Oiseaux (aux). — Se tient le Dimanche sur la place aux Bleuets.

Polsion (au). — Depuis un temps immémorial existe au lieu où il se voit aujourd'hui : toutefois ce n'est qu'en 1809 qu'il fut couvert. L'institution du MiM k est mentionnée dans les pièces du XlVe siècle. — On y voit aujourd'hui un passage a l'instar de Paris sur l'emplacement de l'ancienne halle des bouchers. — CeN* halle avait au-dessus de ses portes un relief encastré dans le mur et qu'on a

Salnt-TVIcola».— Bâti , en 1828 , sur l'emplacement des anciennes boucheries,

lesquelles dataient de 1531 .

Vendredi (au). - Institué en 1688 par le Magistrat, à l'instar de ce qui se &»'

Les Cour* de Lille. 110

sait dans les principales villes de Flandre et de Brabant. On y vendait des vêlements, des meubles, des dentelles d'or et d'argent, soit en fin , soit en faux, de la guipure, etc. Cet usage a cessé depuis long-temps.

Verjus (au). — A proprement parler c'est une rue. Tracée en 1603, elle sert de débouché à la rue de Tcnremonde et à celle de la Nef restées jusques-là à l'état d'impasse. On voyait encore, il n'y a pas bien long-temps, à l'extérieur de la maison formant fangle de ces deux rues, un pressoir dont on se servait a une certaine époque de l'année pour exprimer le jus du raisin vert (verjus).

Vleox-Marcbé-aox-Clievaox, près la porte de Bétliune.— Comprenait d'abord tout le terrain jusqu'à la rue d'Amiens. — C'était là qu'avait lieu le marché aux chevaux. — Après que l'on eut bâti les maisons qui formèrent la rue du Court-Debout et celle du Bleu-Mouton , et que la place se trouva réduite à ses dimensions actuelles, le marché fut transféré ailleurs et cette place prit naturellement le nom de Vieux-Marché.

Vleax-Marché-au xt-PouleUi. — Autrefois Marcké-aux-Entes , Marchéaux-Pommes , ente signifiant pomme , ainsi que nous l'avons dit à la note 5 de la page 78. — En 1682 il y existait encore un puisard. C'est seulement alors qu'on couvrit une partie du canal jusques vers la rue de Roubaix.

On appelle à Lille cours certains passages étroits et malsains ; le plus souvent ce sont des impasses où logent de pauvres ouvriers qui ne peuvent payer un loyer un peu considérable. L'administration municipale travaille à les assainir et à en diminuer le nombre : on en compte actuellement jusqu'à 90. — On retrouve dans les noms des cours ou courettes quelques mots patois qui ont presque tous disparu de la langue ; tels que la cour du Haut-Ballot (tuyau de cheminée) ; la cour Gha (sans doute altération de Gars , luron) ; la cour des Lites ou Élites (lites , nom d'une longue bande d'étoffe , sorte de ceintures que les seigneurs faisaient mettre parfois autour de l'église aux jours de fêtes et que Ton a donné , par extension , aux pièces de bois sur lesquelles nos drapiers faisaient sécher leurs étoffes. On voit sur d'anciens plans qu'avant la construction de la caserne St-Mauricc , il y avait en cet endroit beaucoup de Lites) ; cour du Bateleur (sonneur); cour Funqueriau (tison fumant) ; cour des Bourloires (jeux de boule) ; cour à Fient (aux fumiers) , etc. Nous n'avons rien à en dire , si ce n'est d'exprimer le vœu de les voir bientôt supprimées.

Nous parlerons , toutefois , de la cour Gilson (ou Gilleson) qui peut

offrir un certain intérêt. Cette cour est ainsi appelée du nom d'un chanoine de St-Pierre qui y fit bâtir quelques maisons. On en commença le pavage le 16 Brumaire an V. — Plusieurs personnes pensent que c'est là le berceau de la ville; c'est une erreur. La Motte-Madame, le monticule sur lequel existait le Château du Bue, aurait , suivant la tradition populaire , porté un fort élevé par Jules-César ; mais la ville , proprement dite , s'est groupée à l'extérieur autour du Château de • l'îlot où se trouve la cour Gilson (1 ) .

En 1793 la cour du Roi de Pologne devint cour des Marseillais.

La cour du Comte de Flandre cour de la Patrie.

La cour du Papegai cour du Geai , puis cour de la Loi.

La cour de l'Union cour du Principe-Humain.

La cour du Comité cour de la Fraternité.

La cour des Fondations cour de la Justice.

La cour de Castille cour Imprenable .

La cour des Quatre-Couronnés cour du Moulin.

En général nos rues sont larges , bien alignées ; et , ainsi que nous l'avons dit , elles sont bordées de trottoirs qui donnent à la ville un air de propreté qu'elle n'avait pas jusqu'ici. Les constructions des particuliers sont soumises à un plan général d'alignement , fort sagement conçu ; mais les monuments d'architecture n'y abondent pas. C'est une des conséquences de la guerre : les bombes et les boulets , l'incendie sont venus successivement réduire nos richesses. Cependant, on peut citer, comme dignes d'attention , quelques églises , surtout celle de St- Maurîce, la porte de Paris (arc de triomphe élevé à Louis XIV); puis l'Hospice-Général dont la façade vient d'être achevée ; le Grand-Magasin dont les fenêtres , dit-on , égalent en nombre les jours de l'année ; le Théâtre , nouvellement agrandi par les soins de l'architecte Benvignat ; la Bourse , édifice très-curieux du XVII* siècle et qui vient de recevoir du même architecte une restauration intelligente. Parmi les constructions nouvellement terminées ou en voie d'exécution , nous citerons le Palais-de-Justice , l'Hôtel-des-Archives , l'Hôtel-de-Ville, l'Abattoir, le

(1) Voyez notre notice sur la Motte-Madame dans le Bulletin de la Commission Historique du i)épartement du Nord , tome II, page 78.

Considérations sur les Rues. 121

Monument t mmémoratif du siège de 1792 , ainsi que le nouveau Collège que noi s devons à la sollicitude du Conseil municipal.

Il est peu de maisons particulières qui soient anciennes. Il existe néanmoins rue St-Etienne , un reste de bâtiment qu'une tradition sans autorité signale comme ayant appartenu aux Templiers (1) ; à côté se trouve un fragment de l'hôtel de Beaurepaire , portant la date de i572. C'est le seul édifice qui présente , à Lille , le style de la Renaissance.

Une maison de la rue des Poissonceaux porte la date de 1575 ; c'est tout ce qu'elle a d'intéressant. Les maisons à l'angle de la rue de la Barre, de la rue Royale et quelques autres, ont des détails d'architecture fort remarquables et qui se rattachent à l'époque de la domination espagnole.

Dès lé commencement du XIX e siècle, on eût dit que la rue de l'Hôpital-Militaire était exclusivement dévolue aux gens de loi : on n'y trouvait que juges, notaires, avocats, avoués, huissiers , etc. La rue d'Angleterre semblait appartenir aux marchands de dentelle ; alors , comme aujourd'hui , les orfèvres s'étaient concentrés dans les petites rues situées entre la Grand'Place et la place du Théâtre ; aux marchands d'étoffes et de merceries , la rue de Paris ; à l'aristocratie , la rue Royale ; aux filtiers et aux fileurs de coton , le quartier St-Sauveur, etc.

Pour terminer cette rapide revue, il suffira sans doute de dire que la rue Royale est la plus longue de toutes les rues de la ville ; la rue St-Sauveur la plus large ; la rue du Petit-Paon la plus courte et la plus étroite ; la petite place Comines la plus sale et la plus obscure ; la rue Esquermoise la plus somptueuse et la plus brillante ; la rue du Grand- Magasin la plus paisible; la rue de Paris la plus commerçante ; la rue de la Monnaie la plus ancienne; la rue Wicar la plus moderne ; la rue Royale celle qui a le plus souvent changé de nom ; la rue de la Grande- Chaussée une de celles qui a toujours conservé le sien.

A l'extérieur, le point où la ville se présente de la manière la plus pittoresque et la plus générale à la fois , c'est la maison , à Fives , près du calvaire appelé le Dieu-de-Marcq. De là , le regard peut embrasser la ville dans sa plus grande longueur ; l'œil parcourt sans obstacle tout l'espace depuis la caserne St-André jusqu'au fort St-Sauveur. Ses huit à

(1) Par suite de cette tradition , le cabaret qui s'y était établi prit renseigne du Templier.

neuf mille maisons se dessinent et se groupent d'une manière intéressante. Deux autres points de vue sont encore à recommander aux amateurs : c'est celui dont on jouit au sommet de la route , partant de l'Amiteusc à Wattignics et venant vers Lille ; l'autre , en se plaçant sur la motte du moulin situé vers le milieu de la route qui joint la chaussée de Béthune à celle d'Ârras.

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