IX. DES EAUX DE LA VELE
e département du Nord compte 170 cours d'eau plus ou moins considérables (1). La châtellenie de Lille en comptait i de navigables : la Lys , la Scarpc , la Deûle et la Marque , canalisée depuis peu. La Deûle , dont nous parlerons avec plus de détail , parce qu'elle passe à Lille , prend sa source à Ablaing , près de Lens ; elle tire ses eaux des fontaines de Carency et de Bénifontaine ; elle est nourrie par les eaux du canal de La Bassée et par celles des petits fossés et des marais qui l'avoisinent ; elle parcourt environ quarante kilomètres , passe à Pont-à-Vendin , à Haubourdin et à Lille , reçoit la Marque , à Marquette , et se jette dans la Lys , à Deulémont.
Le lit de la Deûle présente une différence de niveau assez considérable : à Don , elle fait un saut de près de trois mètres ; à son entrée à Lille il y en a un de deux mètres , et un pareil à sa sortie ; à Wambrechies , la chute est d'environ un mètre ; à Deûlémont de quatre ; total . huit à neuf mètres.
Au moyen de la Deûle et des embranchements qui s'y rattachent , Lille communique avec tous les pays voisins. La Lys et la Haute-Deûle nous apportent les blés et les farines de l'Artois ; la Scarpe , les blés , les foins , la houille , la tourbe du Hainaut ; la Basse-Deûle , les vins , les denrées coloniales en transit par Dunkerque , etc.
Le canal qui joint la Deûle à la Scarpe fut creusé en 1681 par Vauban ; il a un mètre trente centimètres de profondeur ; l'eau qu'il apporte supplée aux pertes occasionnées par les saignées faites à la Deûle et
(1) De ces i70 cours d'eau, 2 ont la terminaison de leur nom en riez, U en becque, 31 n'ont pas encore de dénomination. — Voyez le travail de M. Th. Lestiboudois sur les Canaux, Mnurire$ de la Société royale des Sciences de Lille, années 1831 ,1832, troisième partie.
Des Eaux de la ville.
par la diminution progressive de ses eaux. Les écluses sont au fort de Scarpe à Douai , à Don , à Lille , à Wambrechies ; d'autres écluses existent sur la Lys : à Houplines , à Comines , à Menin , etc.
Le système des canaux intérieurs de la ville mérite d'être signalé (1). Il serait difficile d'en imaginer un qui fut plus funeste et plus irrationnel.
La ville reçoit ses eaux de deux sources : la Deûle et le Becquerel ; mais ce dernier ruisseau est peu considérable.
Avant de parvenir à Lille , la Deûle arrivée à Loos , au lieu nommé le Fourchait, se divise en deux branches; l'une d'elles parcourt des fossés nombreux; et, à la hauteur d'Esquermes , elle forme deux bras dont l'un a le nom d'Arbonnotse et s'avance vers le faubourg de la Barre, où il se confond avec les eaux de la rivière môme qui y arrive par la branche principale.
L'autre bras qui s'est séparé au pont de l'Arbonnoise , est moins considérable que les autres. 11 passe dans le faubourg où il prend le
(1) Un arrêté du ÎO Février 1804 compte 19 canaux navigables et 4 non navigable* : De la grille de l'Hôpital-Militaire à l'abreuvoir des Jésuites. Le canal des Molfonds.
— des Hybernois.
— de la Vieille-Comédie au pont de Rihour.
— de la rue Neuve au pont de Phin.
— des ponts de Comines.
— de la Quennette , traversant les rues de Roubaix , des Fleurs et le pont
Saint-Jacques.
— des Sœurs-Noires.
L'abreuvoir Saint-Jacques.
Le canal de la rue des Tours , sous le pont de Flandre Jusqu'au Pont-à-Coquards.
— de l'abreuvoir Saint-Jacques au moulin du Château. De la grille de l'Aro au pont de Weppes.
Du pont de Weppes au pont de Rihour.
Du pont de Weppes au pont de Roubaix.
Du pont de Roubaix, par le Cirque , jusqu'au moulin de Saint-Pierre.
Le canal de la Basse-Deûle en deux branches au Ponua-Coquards.
Le canal de la Citadelle, en remontant le rivage de la Basse-Deûle, jusqu'à la prison militaire, originairement la tour SaintrPierre et sur le terrain de laquelle vient d'être édifié l'hôtel des Archives du département.
Le canal des Araignées, autour du Magasin aux fourrages.
Le grand canal de la Basse-Deûle.
— Les canaux non navigables sont : le Trou-aux-Anguilles, la Rivièrette, le Becquerel et le Buquet de l'Esplanade à l'hôtel des Archives.
nom de Fossé des Stations, fournit l'eau à l'avant-fossé de la porte de Béthune, s'avance vers la porte de Paris et entre en ville par le canar des Hybernois. Celui-ci se bifurque sous la rue du Molinel , près la rue de l'A-B-C ; une partie va joindre ses eaux , près du pont des Molfonds , à celles que fournit la Deûlc, proprement dite; l'autre se dirige vers le Becquerel.
Après s'être divisée à Loos en deux bras , la branche principale de la Deûle continue son cours vers Lille ; entre le Fourchon et la ville , elle passe sous le pont de Canteleu , puis forme un coude connu dans le pays sous le nom de Grand-Tournant. Arrivée au point où elle coupe la route de Dunkerque, elle se divise , fait tourner un moulin, tombe dans les fossés où coule l'Arbonnoise et inonde ceux de la porte de Dunkerque ; la rivière , proprement dite , a une écluse au pont de la Barre ; et non loin de là se trouvent les trois entrées de la Deûle dans Lille.
La première de ces entrées a lieu au rivage du haut (1) ; la deuxième au canal de la Baignerie; la troisième sous l'arcade de l'Hôpital- Militaire.
L'entrée du rivage du haut absorbe la plus grande partie des eaux; elle les dirige par le canal de l'Esplanade et les fossés de la porte St- André , au sas qui est près de la porte d'Eau ; elle prive la ville d'un courant soutenu et de l'avantage qu'en retirerait le commerce. De cette façon toute la navigation de la Deûle est extérieure a la ville.
Avant le canal de jonction, achevé en 1751, les deux branches de la Deûle formaient deux impasses qui ne se communiquaient pas directement. M. Arnould Van der Cruysse s'opposa autant qu'il le pût à l'exécution de ce canal. Il adressa à la cour un mémoire raisonné sur ce sujet ; mais , nonobstant ses sages observations , on passa outre. Le canal n'était d'abord entouré ni de haies , ni de garde-fous ; aussi plusieurs personnes y périrent-elles. On se décida alors à planter les haies d'épines qu'on y voit aujourd'hui.
L'entrée de la Baignerie conduit les eaux au pont de Weppes , au pont de Roubaix, à la Monnaie, et, un peu plus loin, une écluse les
(1) Voyez ci-joint le plan des canaux de la ville de Lille que nous avons fait .exécuter d'après celui contenu dans les Mémoires de la Société royale des Sciences de cette ville, années 1831 , 1832, troisième partie.
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