‹ Histoire de LilleChapitre 18 sur 47 · I. il · texte numérisé non relu

I. il

plus volontiers sa bourse que son salon ; mais c'est déjà quelque chose que de savoir ouvrir à propos sa bourse. On lui reproche généralement de n'être sociable et hospitalier que dans les circonstances exceptionnelles ; c'est encore une suite de sa constitution : c'est une économie de plus , une géne de moins. Ici , comme en beaucoup de lieux, le meilleur titre qu'un homme puisse apporter pour se faire bien accueillir, c'est une grande fortune ; on oubliera ce que ses principes ont de dangereux ou de répréhensible , ce que ses mœurs ont

d'irrégulier ou même de scandaleux On oubliera rarement qu'il

est pauvre; ou, si l'on feint de l'oublier, on se surprend bientôt à s'en ressouvenir.

Le goût des beaux-arts qui s'infiltre journellement dans tous les rangs de la société tend à modifier d'une manière heureuse ce que le sentiment de l'importance pécuniaire a de choquant dans ses allures. Les personnes adonnées au négoce ne dédaignent plus les livres (i); les productions du burin ou du pinceau trouvent des amateurs parmi les Lillois aisés. La musique surtout s'y est fait de nombreux amis. Il n'est plus de maison où l'on ne cultive cet art éminemment civilisateur. Dans tous les rangs que la fortune a établis , on s'associe pour faire de la musique. Depuis le riche salon jusqu'aux rangs les plus simples de la société, on chante, on fait de l'harmonie, des chœurs, de la symphonie. Mais la musique de chambre , où le violon , l'alto et la basse marient si heureusement les diverses nuances de leur timbre et de leur diapason , cette haute et sévère musique perd journellement de son empire ; le piano , dont les accords nombreux et variés donnent à un seul exécutant une puissance d'harmonie qui semble réservée à une nombreuse réunion, a obtenu une vogue irrésistible ; c'est presque le seul instrument qui soit permis aux dames.

Dans les réunions que fait naturellement naître le besoin d'entendre et d'être entendu , dans les études qui doivent nécessairement les précéder, dans les émotions douces qu'on y rencontre , émotions qui se confondent parfois avec celles des plus nobles et des plus chaleureuses

(1) Les Lilloises d'aujourd'hui ne méritent plus le reproche que Tiroux faisait à leurs grand'mères, lorsqu'il disait , en 1730 : t Les Lillois ne s'appliquent pas beau-

• coup aux sciences, encore moins aux belles-lettres; et la plupart des Lilloises

• aiment si peu à lire que le caractère d'amateur de livres est suffisant auprès d'elles » pour ne point vouloir écouter un amant. »

Charité, Bienfaisance. 163

inspirations du cœur et de l'intelligence , la morale et ia dignité humaine trouvent un heureux auxiliaire, et il faut applaudir aux efforts de ceux qui cherchent à répandre cette salutaire influence.

L'amour du positif avait fondé chez nos ancêtres une foule d'établissements de piété et de charité ; ils croyaient avec raison que la foi doit se manifester par des œuvres. Notre ville abondait en églises , chapelles, hôpitaux, fondations , asiles pour toutes les misères; elle était hérissée de clochers , de tourelles , dont l'ensemble récréait au loin la vue du voyageur et d'où s'élevait , à l'heure de la prière , un concert de voix argentines qui lui rappelaient que les temples s'ouvraient pour recevoir les habitants de cette vaste communauté.

Aujourd'hui ces pieuses retraites ont disparu ; le goût du positif s'est surtout porté vers l'assurance delà vie matérielle comme but, et sur une instruction solide et variée comme moyen. Nulle cité , sous ce rapport , n'est , peut-être , comparable à Lille. Nulle part ailleurs, à notre avis , on ne rencontre une charité volontaire si prévoyante , si généreuse , si dévouée ; une ingénieuse activité semble deviner les plaies sociales et s'occuper à les guérir. Là , une société assure à des enfants à naître une famille , un nom légitime ; à peine sont-ils aux portes de la vie, une autre société s'empresse de pourvoir à leurs besoins (1). Ont-ils grandi, des salles d'asile leur sont ouvertes ; ils y reçoivent des soins nombreux , éclairés, gratuits. Doivent-ils franchir le seuil de ces maisons , voici des corporations religieuses rétribuées par des cotisations particulières ; voici des instituteurs , rétribués par la commune, qui leur offrent l'instruction et assurent à l'ame aussi bien qu'à l'esprit la nourriture nécessaire.

Sortis de ces heureuses demeures , yont-ils exercer une profession , voilà que des sociétés s'organisent pour leur procurer des récréations honnêtes et préservât! ves - y les ouvriers ont aussi leurs séances académiques , littéraires et scientifiques, leur salon de jeux (2) et non pas dejcu.

(1) On parle de fonder à Lille une crèche à l'instar de celles qu'une tendre sollicitude vient de créer à Paris pour les enfants des pauvres.

(2) Il existe une société dite de St. -Joseph, qui compte plus de huit cents membres appartenant à toutes les classes de la société. Des négociants , des personnes haut placées favorisent cette œuvre. La cotisation annuelle est de six francs. Pendant l'été, la société occupe, dans la commune d'Esquermes, un vaste terrain où tous les exercices gymnastiques sont préparés ; des salles spacieuses sont disposées

Aussi voit-on la raison publique progresser ; aussi tombent pca à peu dans un juste oubli ces contes ridicules de fées , de revenants, de sorciers , à l'aide desquels on faussait l'intelligence des enfants ; ainsi s'effacent peu à peu de l'affection populaire ces représentations grotesques dont les longs cortèges excitaient à si haut point l'admiration de nos aïeux , ces légendes apocryphes qui occupaient leurs loisirs à la veillée.

Nous aimons encore la pompe des cérémonies , mais nous voulons y trouver à satisfaire quelque noble sentiment ; nous aimons à Ure,à raconter, mais les vieilleries féeriques ont fait place à des lectures raisonnables. Des gens de cœur et de raison ont cherché à donner entrée dans notre esprit à des notions vraies , utiles , et tout aussi attrayantes que l'était ,1e mensonge. Ce n'est pas que le goût delà lecture n'ait aussi ses abus ; ce n'est pas que ceux qui l'exploitent n'offrent pas matière à de justes censures ; mais c'est le sort des choses humaines d'osciller sans cesse entre deux points extrêmes. Comme la lentille d'un pendule, elles ne peuvent garder le juste milieu qu'en cessant tout mouvement.

Du moins , pour nous dédommager de ces écarts , nous avons de consolants spectacles : la bibliothèque publique est fréquentée comme

pour les assemblées. A certains jours de fête, les membres font des concerts, exécutent des motets à la messe, etc. Des rafraîchissements sont servis avec une parfaite convenance.Tel négociant s'y livre au jeu de boule, de ballon, au tir, etc., avec les plus simples artisans. Pendant l'hiver, la réunion a lieu en ville. C'est on touchant spectacle que celui de l'égalité parfaite qui y règne. Là , jamais de contestations, de jurements, ni d'ivresse. Chaque Dimanche une prière de quelques instants termine la journée. Les villes voisines ont déjà imité cet exemple : Tourcoing a aussi une société de St.-Joseph.

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un lieu de chastes et silencieux plaisirs ; ailleurs , des collections particulières offrent les livres gratuitement , les autres à peu de frais , de* ouvrages excellents et nombreux. Plus éclairés , les ouvriers deviennent plus religieux, plus moraux. Une économie prudente leur permet des épargnes dont ils n'avaient pas autrefois l'idée ; déjà , en France , leurs caisses de prévoyance ont entassé les millions par centaines. Puisse-t-il n'en pas résulter de nouveaux dangers ! Ce n'est pas , d'ailleurs , ici le lieu de les prévoir.

Dans notre belle et bonne ville , des bureaux de bienfaisance , des hospices, les plus riches et les plus nombreux peut-être de la France (1 ) , distribuent aux pauvres des secours de tout genre, des secours à domicile , leur assurent des consultations gratuites , des bains de santé et autres. Personne n'est exclu des largesses de la charité publique ; les misères étrangères viennent en foule recevoir cette rosée bienfaisante. La charité particulière ne s'y montre pas moins généreuse. Les entreprises pieuses trouvent de quoi s'y alimenter ; les temples s'ornent et s'élèvent; des religieux soignent les sourds-muets, les aveugles, les aliénés; les prisonniers de tout sexe semblent avoir reçu un droit de famille; les malheureuses victimes que le vice a marquées de ses plus hideux stygmates ne sont pas même abandonnées sans secours. 11 ne reste à exprimer qu'un vœu , c'est de voir les efforts individuels se réunir, s'associer, se coordonner pour opérer l'effet dont ils sont susceptibles.

C'est peu d'avoir prévu les misères du corps et celles de l'ame ; le soin de nos magistrats assure à l'intelligence une large part. Où reçoit-on ailleurs une éducation gratuite plus complète , plus étendue ? Aux asiles de la première enfance et aux écoles élémentaires succèdent des écoles mutuelles , un enseignement primaire supérieur , un enseignement secondaire qui compte la philosophie , l'étude des langues mortes , des langues vivantes , des sciences naturelles , physiques ,

chimiques , mathématiques , chirurgicales les arts industriels , le

dessin , l'architecture la musique et la peinture y ont des cours

publics et entièrement gratuits , pour tous les âges , pour toutes les conditions , et répartis aux divers moments du jour et de la soirée, de manière à ce que chacun y vienne sans trouver d'obstacle que celui de sa propre volonté. On peut, sans craindre de le déclarer, se trouver

(l) En 1831 l'Hospicc-Genéral a fait une recette de 4 à 500,000 francs.

heureux d'appartenir à une telle association, à un ensemble de si belles et si bonnes choses.

Et pourtant , à côté de tant de bonheur, il y a des infortunes grandes, lamentables.... S'il y a une face à cette médaille , il y a aussi un revers; ayons le courage de le regarder fixement. Près de trente mille pauvres inscrits sur les registres de la bienfaisance publique , sont une frappante préface à ces considérations sur la misère du peuple.

On nous pardonnera le mot peuple que nous venons d'employer; beaucoup de gens rougiraient de faire partie du peuple ou de la nation. Ils sont honteux de ce nom, comme d'autres le paraissent du titre de patriote, de philosophe ou de chrétien.

Ami lecteur, que vous fassiez partie de ce peuple ou que vous tiriez d'ailleurs votre origine , vous êtes homme , cela suffît. Si votre cœur n'a jamais senti l'étreinte pénible , mais féconde , de la compassion , venez avec moi , venez un instant , suivons cette ruelle étroite , dont une boue fétide obstrue les abords ; voyez ces soupiraux , ces portes de caves d'où s'exhalent des miasmes , des gémissements , des imprécations : voilà l'entrée de la demeure d'une foule de malheureux qui ne sont coupables que de pauvreté ; jamais le soleil ne leur y glisse un rayon consolant. Des voûtes noircies par la fumée , des ouvertures fermées par la toile des araignées , la poussière , des haillons qui s'opposent à l'entrée de la brise; voyez.... tel est le séjour destiné à des hommes comme nous , à des hommes qui n'ont pour expectative qu'un labeur sans fin, des fatigues sans consolation..., puis , après que leurs forces sont épuisées, l'abandon, la souffrance, une misère encore plus affreuse , s'il se peut, que celle qui les domine aujourd'hui. Pénétrons , la nuit , dans ces galetas où , sur une paille infecte , tous les membres d'une famille sont étendus , parfois sans vêtements ; détournons les yeux des honteux mystères qui s'y accomplissent et où tout ce qui leur reste de santé , de force, de moralité , s'éteint peu à peu. Suivons à son atelier ce malheureux qui , avant que le soleil soit levé, doit sortir de ce que nous appellerions son nid, si son habitation en méritait le nom. Voyons-le pâle, étiolé, sous l'empire d'une lente asphyxie, se rendre à la cantine , y verser dans son estomac vide une liqueur falsifiée , corrosive , qui hâte , de ses ravages , les ravages journaliers de la mort.Voyons-le , dans ces ouvroirs , respirer une atmosphère chargée de corpuscules filamenteux qui obstruent, peu à pc«>

Misère et Travail du Peuple. i 67

les voies aériennes , ou dont les gaz délétères attaquent les sources mêmes de la vie ; voyons-le prendre une nourriture insuffisante et malsaine , et , après quelques instants d'un avare repos, s'adjoindre à une machine , ne plus faire qu'un avec elle pendant des heures , des jours ,

des semaines On lui comptera alors le moins de gages qu'il se

pourra ; heureux si on ne lui annonce pas le chômage de la semaine suivante , ou la diminution du prix de ses journées ; heureux encore si les roues des machines ne l'ont pas broyé , en tout ou en partie , et n'ont pas jeté ses membres hachés sur quelque lit de l'hôpital , où la place n'est pas toujours vacante. Concevez-vous le sentiment qui doit s'emparer de celui qui n'a pas dans le cœur l'espoir des choses de la terre , qui ignore trop souvent ou qui oublie presque toujours celles du ciel?... Faudra-t-il s'étonner qu'il tombe dans une indifférence stupide? qu'il cherche dans l'ivresse un moyen de perdre de vue tous ses maux ? Ah ! qu'il est à plaindre ! à plaindre bien plus qu'à blâmer ; car la plus grande partie de ces maux sont dus a notre inexcusable immobilité. C'est à de généreux et constants efforts , à une distribution rationnelle des ressources , à l'organisation du travail, en un mot, qu'il faudra s'adresser pour les faire disparaître.

Cette organisation qui compte tant d'adversaires n'est pas du tout ce que pensent la plupart de ceux qui en parlent. Meure une juste proportion entre la consommation et le produit ; assurer aux hommes qui travaillent une sécurité qui leur manque presque toujours , ce n'est point une innovation sans motif , une utopie sans fondement ; c'est encore moins une entreprise hostile à la religion et à la morale. L'une et l'autre sont en dehors de ces sortes de considérations , comme elles sont étrangères à la distribution des cadres d'une armée ou à la disposition méthodique des pièces d'un appareil.

Aujourd'hui que les chiffres ne sont déplacés nulle part , permetteznous , lecteur, d'en grouper quelques-uns qui intéressent directement la population d'une ville que nous aimons. Vous en déduirez des explications inattendues d'un fait signalé par les statistiques aussi bien que par l'histoire : l'appauvrissement physique et intellectuel de la race indigène , double effet qui résulte de la désorganisation du travail et des vices du régime alimentaire insuffisant d'un côté et excessif d'un autre.

Dans l'histoire , nous rencontrerons souvent la peste sortant des marais de la Flandre et faisant , au sein des populations , d'effrayants

ravages ; nous verrons fréquemment aussi la lèpre s'y réserver une part trop considérable... Malgré ces fléaux , malgré la guerre qui ne quittait jamais long-temps notre pays ; malgré la famine et la disette, ses compagnes ordinaires , la génération vivace s'accroissait , et notre province est devenue le point le plus peuplé de toute l'Europe.

Depuis le XIX e siècle , la population lilloise indigène diminue de 4/500» par année (1). Si, à partir du règne de Jeanne de Constantinople , cette loi eût continué de régner, Lille aurait cessé d'exister.

Àu commencement de ce siècle on signalait un certain nombre de communes où les décès excédaient les naissances (2). Lille, qui n'y Ggurait pas , peut aujourd'hui y prendre place ; mais , outre la morta-

(1) Depuis cinquante ans le chiffre de la mortalité commune est, à Lille, de 2600 par an; le chiffre moyen des naissances, pendant le môme espace, est de 2470. — Différence en moins 430. —Soit i/19«. En déduisant même du chiffre des morts l'excédant de 1815, pour la guerre, et de 1832, pour le choléra, il ne faudrait retrancher que l/60 e .

En 1784, en se basant sur la mortalité de Paris (l/23 e ) , Lille aurait dû n'avoir que 56000 habitants. Or, elle dépassait de beaucoup ce nombre; la mortalité y était donc moindre que dans la capitale.

En 1801 , la mortalité commune, en France, était 1/35*; celte du département du Nord l/37 e . (Voyez le Tableau suivant et la Statistique du département du Nord, par Dieudonné.) A ce taux, Lille aurait eu 87 à 88000 habitants; elle ne les avait pas. La situation était donc changée et avait pris une marche inverse.

(2) En 1841 , la mortalité, en France, est 1/41 <?. Nous devrions à ce taux avoir plus de 100000 ames; nous avons à peine 72000. A Paris même la mortalité est 1/38», ce qui exigerait pour Lille 95 à 9G000 habitants. La mortalité relative est donc plus considérable à Lille qu'à Paris.

On conçoit qu'il faut ne tenir en ceci aucun compte de l'augmentation apparente occasionnée par le concours des étrangers qu'appelle la richesse du pays. C'est un embonpoint factice qui ne doit pas nous abuser.

Dieudonné (Statistique du département du Nord) nomme 34 communes où les décès surpassaient les naissances, et 523 où le mouvement était inverse. L'excédant des naissances qui était de 1/3 pour les campagnes, n'était déjà que de ijiO 1 pour les villes. Ces 34 communes formaient dans le département trois groupes compris en une zone circulant aux limites des pentes du Mont-Cassel. Le premier comprend Dunkerque , Petite-Synthe, Grande-Synthe , Loon , Bourbourg, Steene, Bierne , Bergues , Varbem , Coudekerque ; le deuxième Hazebrouck , Sercus , Blaringhem, Tbiennes, Haverskerque, Vieux -Berquin, Morbecq et Moeris; le troisième, enfin, comprend Armentières, Aubers, llaubourdin, Herrin, Capclle, Lannoy, Verlingbem; à quoi nous ajoutons Lille.

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Dépopulation. 169

lité , il y a une autre cause qui tend à diminuer notre population. Le nombre des mariages augmente , mais leur fécondité diminue , et le nombre des naissances s'abaisse en proportion inverse de l'élévation du nombre des mariages (1).

A un semblable résultat , il y a un grand nombre de causes ; il ne nous appartient pas d'exposer ici pour combien y entre le libertinage anticipé de la jeunesse , ni quel contingent y apportent les mauvais lieux qui se multiplient à l'ombre , ni la misère des travailleurs dont le sort est soumis à tant d'affreuses vicissitudes : nous ne parlons que des choses patentes et que chacun peut vérifier.

(1) Depuis quatre-vingts ans environ, les mariages, à Lille , sont en moyenne de 529; ils offrent un minimum de 270 en 1800, et un maximum de 720 en 1816. Or, d'après les chiffres que nous avons relevés, le nombre des mariages, à Lille, était par année, à partir de 1766 à 1780, de 176 , si nous admettons que le nombre des enfants, pour cent ménages, soit de 519.

De 1780 à 1800 sur 519 mariages il y avait 488 naissances. De 1800 à 1820 sur 480 > > 497 >

De 1820 à 1840 sur 555 » 461 Etenfin,De 1840 à 1843 sur 656 » » 348 »

Ces naissances sont calculées en raison du nombre des mariages de l'anuée. Mais comme on peut, sans excès, supposer que la diminution de fécondité des ménages anciens a sa compensation dans les ménages nouveaux , nous avons cru pouvoir ne pas tenir compte du nombre absolu. Disons aussi que les conscrits de 1836 et 1837, conçus dans les années de disette, 1816 et 1817, et à une époque où le chiffre des mariages s'élevait, à Lille, jusqu'à 720, les conscrits de ces années étaient, pour la plupart, impropres au service. Le Cateau, cette localité remarquée par la beauté des hommes qu'elle fournissait a l'armée , a vu diminuer cette distinction depuis l'établissement d'une immense manufacture, et, en 1840, elle n'a pu compléter, en hommes valides, le contingent qui lui était assigné. Déjà plusieurs départements sont dans un cas analogue.

(Voyez le Tableau ci-après.)

Mouvement de la population de Lille de 176U à 1845.

Années.

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il (Mo

sances.

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nages.

Décès.

UOo&nVAllUflo.

Moyenne des années de 1766 h 177s.

Moyenne.

Moyenne.

En calculant suivant la mortalité de Pari», 1/13 , la popu-

î lation aurait A& n'Alrp an* d« "ifi h 17000 habitants ; 1*

l« Il VJI I il ll| Il 1 1 V1H II litlC U U V Kl\* 'J'i M O t VV*J U4U/I • •** |

mortalité était donc moindre u Lille que uanb le resic uu

F Nous n'avons pu nous procurer le chiffre officiel de l'état-

/ civil pendant cet espace de temps.

Huit divorces.

D'apis la mortalité commune do la France, 1/M» 1* P*P°"

lation de Lille , calculée sur le nombre des morts , aurait

dû être d'environ 9O000 habitante. La mortalité y éuit

L'arrondissement do LiUe fournissait 7J73 conscrit* wr

■24300 individus.

Population de Lille de 1765 à 1845. 171

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