DÉNOMINATION PROVINCES
Le Brabim
La Guetdre «t Znlpbeo.
Le Luxembourg..
La Hollande...
La Zélande
La paya d'Clrecfcl
L'Arioia
Le Hainaut .
La Flandre. .
(3) Annuaire statiili> { ue du département du Nmrt : 1350, page 13
Le Département du .Xi>rd. 61
rondissement de Lille, dans la nouvelle circonscription. Â partir de 1783 , les villages et territoire de Dechy , Erchin , Férin , Fletquières, Guesnain, Lallaing, Loffre , Masny, Roucourt , qui faisaient partie de la châtellenie de Boucha in , furent réunis à la Flandre wallonne , ainsi que les terres qui en dépendent et qui sont enclavées dans les villages de Waiiers, Sin-le-Noble, Montigny, Lewarde et Gœulzin; par contre, Erre, Abscon , Marquette forent cédés à la châtellenie de Bouchain. Ainsi réduite , elle contenait 64,223 bonniers(l). Elle se divisait en deux parties; Tune au Midi : sèche, marneuse , produisant de bons grains ; l'autre au Nord : plus grosse et fertile, donnant toute sorte de récoltes.
Outre la capitale, on y comptait quatre villes : Lannoy, Gomines, La Bassée , Armentières ; et environ 189 bourgs et villages.
Le département du Nord fut formé de la Flandre française, d'une partie du Hainaut français et du Cambrésis. Ces portions de territoire étaient, autrefois, partagées entre l'arche vêché de Cambrai et les évêchés d'Arras , de Tournai , dTfpres et d'Aire. Aujourd'hui , ce département ressort tout entier du siège de Cambrai, qui, après les quarante années de l épiscopat de Mgr Belmas, décédé en 1841, reprit le titre d'Archevêché et fut occupé par son titulaire actuel : Mgr Pierre Giraud.
Ce département a 200 kilomètres de longueur, de Dunkerque à Baives, près de Trelon; sa plus grande largeur est de 64 kilomètres de Gouzeaocourt à Condé ; sa moindre , de 4 kilomètres, près d'Armentières. Le mont Cassel , est de 1 10 mètres au-dessus du niveau de la mer; Bonavis, le point culminant du département, est encore plus haut de 35 mètres. A l'origine, il comprenait 671 communes, dont 22 villes et 12 bourgs; il était divisé en quatre cantons , formant 8 districts , ayant chacun un tribunal de première instance; il comptait 91 justices de paix. Le 2 Septembre 1791, il s'augmenta du hameau de Gourgouche et de Boi?~l' abbaye. Aujourd'hui , il compte 7 arrondissements, 661 communes, dont 32 villes, 56 communes de plus de 3,000 ames , et renferme une population totale de plus d'un million d'habitants (2).
Nous avons exploré le sol de la Flandre à l'intérieur et à la surface ;
(1) Le bonnier est une mesure agraire du pays, dont l'équivalent eat d'un hectare, 41 ares, 77 centiares.
(3) Voir la Carte, ci-jointe, du département du Nord.
(>2 ÉTUDE DL' SOL DE LA FLANDRE
nous avons circonscrit la chùtellenie de Lille , le département et lar rondissement dans leurs limites actuelles. Jetons un dernier coupd'œil sur la ville de Lille , elle-même , objet principal de l'histoire que nous allons bientôt narrer. Parlons de ses commencements , de «es enceintes successives , parcourons-en les remparts , les rues , afin de donner au lecteur une idée suffisante des lieux où se passeront les faits que nous aurons à lui raconter.
En recherchant l'origine de Lille , on rencontre les noms de Jules* César, d'Alexandre Sévère, de Flandbertus ( 1 ), de Lydéric , deBauduin, que les auteurs citent comme les fondateurs de cette ville. Des opinions si divergentes sont nécessairement, pour la plupart, éloignées de la vérité.
Malheureusement, de Jules- César à Clovis, notre pays a peu de souvenirs. La chronique de Jean dTpres , dite de Saint-Berlin, va de 590 à 1294 ( 2). Ce qui précède est inconnu et ne s'éclaire que par de vagues données tirées des actes des martyrs de ce pays. Flandbert est une épithète qui signifie illustre fugitif; ce n'est pas, précisément, un nom propre : ce surnom aura été donné à un chef en même temps que le nom de Flamands à ses compagnons de voyage. Les aventures de Lydéric sont même considérées comme des fables : Il semblerait donc que ce point important est livré à l'incertitude des conjectures.
VItinéraire d'Antonin, la carte de Peutinger, ne parlent pas de notre cité; on en a conclu , mal à propos , qu'elle n'existait pas alors. Le silence de ces documents est purement négatif. D'ailleurs , ces pièces, si souvent invoquées, n'ont pas l'autorité qu'on leur suppose; l'Itinéraire d'Antonin est une compilation d'OEthicus et un mauvais abrégé d'un ouvrage original (3). La carte de Peutinger n'a été gravée qu'en 1753, d'après une copie du XIII* siècle, qui avait été prise sur le document primitif de l'année 230. Assurément, ce serait aller trop
(1 ) Voyez Bexjzeuw et Oodbghmst.
(2) Wabjîkxemg : I, 31.
(5) Malte-Bmk Traité d« Gèotjraphù) I, 287.
Origine de Lille. (J3
loin que de nier l'existence de toutes les localités dont il ne donne pas le nom.
Sur l'Itinéraire d'Antonin figurent Bavai, Cambrai, Fa mars, Escaupont, Somain, Hargnies, Wervick , Estaires et Cassel. Lille n'est pas nommée, non pins que La Bassée (1); on y a pourtant trouvé des débris qui accusent la présence des Romains. Ce qui est devenu , par la suite, la ville de Lille, pouvait n'être alors qu'une simple bourgade, un hameau innommé ; plusieurs raisons très-plausibles, autorisent à penser qu'à une époque encore incertaine, les Romains ont fréquenté notre territoire. Les fouilles de notre palais de justice (2), les voies romaines qui se croisent dans les environs de Lille (3), les vases trouvés à trois mètres du sol dans l'ancien hôtel Marierobourg ,à l'entrée de la rue Royale, et d'autres trouvailles plus ou moins importantes (4), les traditions elles-mêmes qui rapportent à César et à Alexandre-Sévère la fondation de Lille, sont des arguments qu'on ne saurait rejeter et qui tendent à établir la réalité du séjour des Romains chez nous.
D'ailleurs, le nom de la rivière sur laquelle Lille est assise, et le noni de cette ville, sont empruntés au Celte, qui est, lui-même, antérieur ou au moins contemporain des Romains. Deûle indique un lieu propre au pâturage; Bucq signifie entouré d'eau. Les noms germains Ryssel (oseraie) lieu où croît l'osier, Rùseïle , Risle sont, bien certainement, antérieurs à ceux qui lui ont été donnés sous l'influence latine ; laquelle ne remonte pas au-delà du IX' ou du X e siècle (5) ///a, lnsula, hla, d'où est venu Liste et enfin Lille.
Rien ne s'oppose donc à la présomption d'une antiquité assez reculée? Dès le III* siècle, notre territoire était parcouru par St-Fuscien ; Saint Chrysole fut martyrisé à Verlinghem , de l'an 287 à 303. Lorsque, de toute part , s'élevaient autour de nous des monastères, à
(1) Revue du Nord, I, 307. — (S) M*- , V, 509.
(5») Wattignies, du canton de Maubeuge, est proche de la voie romaine qui va d'Estaires à Tournai. (Annuaire statistique du département du Nord , 1850 , page dlO.)
(4) A Tourmignies, à Dellignies , sur le mont de Lille , près de la motte du château, (Ibtd. 1854, page 40).
(5) Dans l'acte de i066, pour la fondation de St-Picrre , on lit : » Locum a progenitoribus Ma nuncupatam.... » Progenitoribus reporte au moins l'époque de cette origine à cent cinquante ans de là, ou vers 900.
54 rruDK du sol de la flan due.
Marchiennes, Hasnon, Denain, qui se rapportent à l'époque Carlovingienne, puis à Anchin, St.-André, Vaucelles , etc. , lorsque tant de localités environnantes, moins favorisées que lui, auraient été habitées et cultivées , pourrait-on admettre que notre fertile terroir fût resté désert? On peut donc, sans témérité, affirmer que notre canton a été occupé de "bonne heure, et il semble superflu de s'arrêter d'avantage à le démontrer, quand on a vu Lille porter un nom emprunté à une langue qui n'a pas survécu aux Romains et qui s'est même retirée devant eux. Lille est donc de beaucoup antérieure au XI" siècle, époque assignée par plusieurs auteurs à son origine.
Mais si , restant dans un doute légitime , on voulait ne s'en tenir qu'aux titres écrits déposés dans nos archives, il faudrait du moins placer cette origine avant 875 , où des actes passés à Lille , désignent la mesure des terres par bonniers et par mantes ( 1 ) ; avant 822 époque de la mort d'Enguelrand , sixième forestier et qui était nommé seigneur de Lille (2 ) ; avant 801 où l'on sait que St.- Saulve vint prêcher sur son territoire (3); avant 800 où fut bâtie la fontaine des Ardents qui subsista si long-temps sur la place du marché à Lille. L'an 660 est la dernière limite à laquelle se soit arrêté le judicieux M. Lebon (4) et cependant Lydéric, dont on ne saurait contester l'existence, puisque son tombeau est à Aire (5), qu'il avait bâtie en 631, est venu à Lille sous Clotaire, plus de vingt ans auparavant....
Tous ces documents , de nature diverse , nous autorisent donc à avancer que Lille a une origine ancienne qui remonte aux Celtes ou aux Romains ; qu'elle resta probablement longtemps à l'état de simple bourgade; quand elle se développa, ce furent les nations germaniques qui la nommèrent. Devenue plus considérable, elle eut, pour marraine, la langue latine. Le nom qu'elle en reçut , poli et usé par le frottement des siècles, se résume enfin en celui de Lille, qui, probablement, est le dernier qu'elle portera.
(1) Gcilmot: Mémoire sur les habitations rurales du département du Nord.
(2) Bévue du Nord: V, 205.
(5) Ibid. 202.
(4) Ibid.
(5) Mémorial historique et archéologique du Pas-de-Calaie. — Haimvili.b, page* 168 et 169.
Topographie de la ville de Lille.
étrécissa nt le cercle de nos excursions, nous allons , cher lecteur, nous occuper de la topographie de notre ville.