‹ Histoire de Loius XII (volume 2)Chapitre 11 sur 24 · LI7TTE CONTRE MAXIMTLIEN · texte numérisé non relu

LI7TTE CONTRE MAXIMTLIEN

de leur rendre les pièces qui établissaient les droits de la maison de Rloîs à la couronne de Bretagne, droits acqiiis par Louis XI, et que le triumvirat avait reconnus à Montargis. Les barons avaient passé, à Monlargis, sous les fourches eaudines : ils soutinrent que le dernier traité de Bourges abrogeait le précédent. Ils voulaient bien détruire Landois, mais non leur nationalité. L'exercice du pouvoir, les préoccupations résultant de la mauvaise santé du duc, le souci de l'avenir, les ramenaient peu à peu à des sentiments tout bretons. La cour de France prit les choses de haut : elle refusa de casser les arrêts du parlement de Paris qui touchaient la Bretagne, et de payer 40,000 livres dues au gouvernement breton. On s*émut, à Nantes : pour affirmer Tindépendance du pays, une ordonnance décréta rétablissement d*un parlement sédentaire à Vannes. Les Etats de Bretagne se réunirent et approuvèrent, par un vote unanime, les 8 et 9 février, une déclaration, instituant héritières du duché, par ordre de primogéniture, les deux filles du duc. Le 10 février, les Etats prêtèrent un serment solennel. On procéda à des armements considérables, on fortifia Dinan, Rennes, toute la frontière : la Bretagne tendit la main à Maximilien, qui, malgré les intrigues de révoque de Verdun, ambassadeur de France, venait de se faire élire roi des Romains ; d'après Molinet, on lui offrit, pour lui, la jeune Anne de Bretagne, et la seconde fille du duc, Isabeau, pour Tarchiduc Philippe * ; un traité d'alliance fut signé le 15 mars.

Dès le mois de juin 1486, sans aucune déclaration de guerre préalable, Maximilien entra en campagne contre la France, sur la frontière du nord, et enleva Thérouanne. De là, sous

de désirer la guerre ; mais, en même temps, ils feront un tableau de la forro de Tarmée française, qui en dégoûtera l'assemblée. 1) Dupuy, II, 91.

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prétexte des fiançailles intervenues entre Charles VIII et sa fille Marguerite, il adressa au roi, au parlement de Paris, à rUniversité, au prévôt des marchands, de violents manifestes, pour dénoncer la violation des décisions des États généraux, l'oppression du peuple et de la noblesse. Les armes à la main, Maximilien protestait de son amour pour la paix : il n'attaquait point la France, disait-il , il attaquait les Beaujeu ; il se proposait de les écarter et de convoquer à nouveau les États généraux (31 juillet 1486) *. Un de ces manifestes parvint naturellement au duc de Bretagne. L'historien Jaligny , toujours bien informé, estime que Maximilien entretenait des intelligences avec les grands seigneurs français, qu'en entrant en France, il comptait sur la guerre civile. Il faisait fonds évidemment sur la Bretagne, dont les armements n'étaient plus un mystère. On réparait le château de Nantes, on hérissait ses tours et ses murs, on remplissait ses chambres de coulevrines, de canons et de serpentines '. La France, il est vrai, ne se préparait pas moins bien à l'ère de paix annoncée par l'Allemagne. Pour remplacer les milices suisses, tombées en discrédit et licenciées, l'administration royale venait, à la fin de 1485, de lever de nouvelles bandes d'hommes de pied* : peut-être même ces enrôlements hàtèrent-ils Tattaque de Maximilien.

On ne peut douter, aussi, que Maximilien comptait sur la rancune de Louis d'Orléans*. Les agents royaux arrêtèrent à Chartres, le 23 juin 1486, un courrier breton de vingt-trois lettres, pour Blois, pour le sénéchal de Normandie, pour l'ambassade bretonne près de TarchiduC) et, à Reims, un agent de

1) Champollion, Rec. de Documents inédits, VI, 463.

2) Inventaire du 18 octobre 1486 (Bougouin, Notice sur le château de Nantes, p. 82-83).

3) V. notre notice, Pierre de Rohan, p. 30. A) Policier, p. 107, note.

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rarchîdac, qui essayait de débaucher un serviteur de Louis d'Orléans*. La cour put donc se rendre compte que la Bretagne et le roi des Romains cherchaient à entraîner le duc. Mais le duc d'Orléans n*hésita pas ; il ne quitta pas la cour pendant le printemps de i486*.

Au moment des premières difficultés avec la Bretagne, Louis avait bien éprouvé la tentation de reprendre ses projets. Un breton émigré sous Louis XI, Olivier de Coetmen, ancien gouverneur d'Arras ', actuellement gouverneur d'Auxorre et pensionnaire du roi, était venu, fort secrètement, trouver à Senlis Gilb. Bertrand, et lui faire ses offres de services. Louis autorisa Bertrand à accepter. Coetmen fut voir aussi Georges d*Amboise, pour lui parler de ses relations en Bretagne, notamment avec Lescun, et offrirégalement son intermédiaire : il avait mis Georges d'Amboise en rapport avec Lescun*. Mais Louis, découragé, méfiant, ne poussa pas bien activement ces négociations, et l'intervention de Farchiduc y mil fin.

Au mois d'avril, il se trouva mêlé à un accident dramatique. Le roi donnait, à Paris, un tournoi en Thonneur de son hùte Alexandre Stuart, duc d'Albanie ; le duc d'Albanie voulut servir de second à M. d'Orléans, dans une passe contre M. de Vendôme; la lance de Vendôme, après avoir touché le duc d'Orléans^ glissa si malheureusement par derrière, qu'elle atteignit M. d'Albanie au front et lui fit une profondiî blessure. Le malheureux prince expira deux heures après. Dans cette même joute, M. d'Orléans avait blessé le duc de LorraiiK».

1) Fr. 20492, ^ 89 : Pélicier, p. 258.

2) Il fonde une messe aux chartreux de Vauverl, près Paris, le l**^ avril i486 (R* 581, f. 244 ; Moreau, 405, ^ 82), il fait donner à une pauvre femme un écu d'or pour des pots de terre cassés chez elle par ses officiers {Joursanv, , 727).

3) Fr. 26098, 2020.

4) Procès de divorce, déposilionde Bertrand.

On enterra solennellement le duc d'Albanie à Téglisc des Célestins; Louis d'Orléans scfitun devoir d'assisteràsesobsèques*et lejeuneroi,fortému,déclara qu'il ne voulaitplusreveniràParîs. Louis no quitta pas le roi, pendant les mois de mai et de juin. Il passa ainsi, fort inaperçu, à Troyes, oîi Charles VIII fit, le 12 mai, une entrée solennelle* ; il revint avec la cour à Vincennes, vers la fin de juin. 11 ne se préoccupait que de régler ses affaires privées. La dot attribuée à sa sœur, M** de Foix, pesait lourdement sur son budget. On se rappelle, peutêtre, que Marie de Clèves, en promettant à sa fille 60,000 écus d'or, avait dû réserver l'approbation de son fils à sa majorité : cette approbation, malgré son amitié pour son beau-frère, Louis ne le donna pas : il se contenta de continuer provisoirement à M. et M"" de Foix une pension de 2,500 livres*. Lorsque la fatalité des événements lui fit des loisirs, le duc se retrouva en face de cette question si délicate qu'on pouvait craindre d'en voir naître un procès. La bonne volonté des deux parties y pourvut : on se mit d'accord de convertir les 60,000 écus d'or promis en 60,000 livres. Pour solder cette somme, Louis donna à sa sœur les biens d'Olivier le Daim, estimés 33,000 livres, 5,000 livres comptant, et des engagements pour le reste (20,000 livres) à des termes spécifiés. La transaction reçut la signature de MM. d'Orléans et de Foix, à Paris, le 29 juin 1486, celle de M"' de Foix, au château de Masières (dans le pays de Foix), le 24 juillet suivant*. Nous

1) Mémoires de Jean Foulquart {Revue de Champagne,,. ^ III, 289) : Beurrier, Hist, lies Cdestins^ 387.

2) Cérémonial français t 675 : Patentes de Troyes, 3 juin 1486, pour Macé de Villebresme, TiL Villebresme, 90 : Godefroy, 523, 517,537; Assier,^ntTôe et séjour du Charles Vlll dans la capitale de la Champagne en 4486 (Paris, 1874, S**).

3) Cf. tome I, p. 393.

4) K. 553, XVII, 6 : KK. 897, 209 v. Les bases de l'arrangement ressortaient d'un premier contrai, passé il Troyes, le 30 mai 1486. Les biens

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septembre. Jeanne de France restait au Plessis-les-Tours ; la sagesse de son mari lui rendait quelque crédit ; au mois de mai, elle obtient une petite place à Amboise pour Tun de ses valets de chambre *.

Le gouvernement français avait vigoureusement répondu à Tattaque du beau-père du roi, par un ordre du 12 juin i486, qui prescrivait une levée immédiate de douze mille hommes de pied ', et Ton pensa m^me, un instant, faire revenir six mille suisses. Les troupes nouvelles se mirent en ligne avec une rapidité qui déconcerta Tadversaire. Le vieux maréchal des Querdes se multipliait, au point qu'on dut presque modérer son ardeur juvénile ; un mois après, il proposait encore de lever quatre mille hommes en trois ou quatre jours ; comme cette précaution coûtait 20,000 livres, on le pria de n*en rien faire, à moins de nécessité urgente *.

Au manifeste de Tarchiduc, le roi riposta par un contremanifeste du 31 août, où il ne donnait même pas au prince son titre de roi dos Romains*; puis on attendit. A la tête de leurs recrues, des Querdes et Gié parvinrent à fatiguer rennemi de marches et de contre-marches incessantes, et à gagner Thiver.

Rassurée de ce chef, la cour n'en retrouva pas moins à l'intérieur tous ses soucis. Le duc de Lorraine se lassait de ne recevoir, en échange de ses revendications, que de vagues promesses ; il s'inquiétait de voir s'opérer, sur le vœu des populations , la réunion définitive de la Provence à la

1) Fr. i0237, 82. — Elle continuait à toucher 2,000 fr. en dehors de sa pension (fr. 0990, f 114).

2) Fr. 2571G, n» 58.

3) Autographes de Saint-Pétersbourg (I), t. I, n° 9.

4) ChampoUion, p. 4G7 : réponse du conseil de Maximilien, Godefroy, 541.

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France ^ Pour se défaire de lui', on lui abandonna les prétentions de la maison d'Anjou sur la couronne de Naples ; le roi l'autorisa , le 4 août , à traverser le royaume pour organiser sa lointaine expédition, et lui promit même une compagnie d'ordonnance. Le 7 août , il le nomma grand chambellan '. Lorraine partit , sans enthousiasme ; il ne manqua pas d'aller rendre visite à Moulins, « soy doutant » du gouvernement , et de faire grande chhe aux ennemis de la cour^. Le connétable de Bourbon se plaignait qu'on osât procéder à la refonte complète de l'administration militaire et entamer une campagne , même défensive, sans recourir à ses lumières. On ne lui demandait pas son avis ; il l'envoya. Anne de Beaujeu se préoccupait des intrigues de Moulins ; elle savait qu'on no pouvait les rompre qu'à coups d'argent. Elle fit faire des offres à Commines'. Elle chargea un de ses tenants les plus dévoués, François de Bourbon, comte de Vendôme*, et le sénéchal de Périgord, François d'Escars^ d'aller flatter le duc de Bourbon^ le remercier de ses avis, lui exposer l'état des affaires, le prier de venir à la cour même éclairer le roi, qui le recevrait à merveille '.

1) ProDODcée par ordonnance, rendue à Compiègne en octobre 1486, et contresignée du duc d'Orléans.

2] Anne de Beaujeu avait repris ostensiblement Texercice du pouvoir. Le 2 juillet, la ville de Reims lui offre une toile de trente écus et deux douzaines de serviettes, et au général Gaillard deux douzaines de servielles de vingtquatre écus, pour obtenir Texpédilion de ses afTaires (Mi!moires de Jean Poulquart).

3) Ms. Dupuy, 590, f^ 13 : Godefroy, 535.

4) Commines, II, 299.

5) Kervyn de Lettenbove, op. cit., II, 49.

6) Aïeul de Henri IV et de Louis XIV. Pierre de Beaujeu remployait volontiers en missions. La Bibliothèque de Saint-Pétersbourg possède un rapport de lui sur les événements de guerre en Picardie (n. acq. fr. 1232, 229).

7) Godefrov, 531,

Le duc (le Bourbon se fil prier : peut-êlre même eûl-îl parlé plus haut, si l'armée française eût éprouvé des échecs. Il demanda pour Commines, nominativement, un sauf-conduit. qu'on lui accorda. Le chroniqueur Jaligny, ami des Beaujeu, croit retrouver la main de Louis d'Orléans dans celte petite comédie ; nous ne savons si Louis y fut pour quelque chose, nous constatons seulement qu'elle se continua en dehors de lui, à la cour, quand le duc de Bourbon voulut bien se décider à paraître, vers la fin de septembre. Le noble prince arrivait, plein de son importance, et cuirassé de mauvaise humeur : « Toutes les difficultés, disait-il, venaient des Beaujeu; heureusement, lui, connétable, allait en Picardie prendre le commandement de l'armée, traiter et tout régler. » On eut beau s'empresser, le supplier de rester, il partit; à la première étape, il se laissa rattraper... Il voulait, dit Jaligny, juger de rimpression produite par son départ sur la cour et sur le duc d'Orléans. La cour étouffa ce petit scandale, en quittant ellemême Beauvais le 16 septembre; elle rejoignit, à Clermonl (chez M. de Beaujeu), M. de Bourbon, et, le 26 septembre, le roi, escorté dos ducs d'Orléans, de Bourbon et du sire d'Albret, fit àCompiègne une entrée solennelle au milieu des feux de joie * ; Compi^gne, ville-frontière, ne manquait jamais l'occasion de témoigner ses sentiments royalistes. Le lendemain, 27, M. de Bourbon, après de laborieuses conférences, conclut sa paix avec M. et M°" de Beaujeu, et chassa, sans scrupule, M. de Culant et Commines.

Sur ces entrefaites, on apprit à Compiègne que l'état du duc de Bretagne, depuis longtemps précaire, venait d'empirer, et que le duc touchait à sa fin. Cette nouvelle bouleversa tout. Anne de Beaujeu résolut d'aller en Touraine, à portée des événements. Personne ne fut aussi ému que Louis

1) Arch. fie Compiègne.

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d'Orléans, qui se vit brusquement acculé à un parti décisif. Son chancelier Le Mercier essaya de calmer un peu une si vive émotion; il fit valoir mille motifs qui imposaient la tranquillité, nnolifs résumés dans ce syllogisme : Pour agirefficacemenl,il fallait, de suite, épouser Anne de Bretagne ; pour Tépouser^ il fallait être libre ; or, Louis ne Tétait pas, « il avait toujours une femme ». C'était le point criant... L'idée d'épouser Anne de Bretagne étreignait Louis; il voulait absolument partir, coûte que coûte. Quant à Jeanne de France, disait-il, c'était si peu sa femme qu'il ne pouvait pas arriver à la considérer comme telle ; il gagerait bien toute sa fortune qu'on ne lui prouverait pas qu'elle l'était*. A onze heures du soir, dans son angoisse, il manda son ami Georges d'Amboise. évéque de Montauban; Georges récitait encore les Heures près du roi ; il se rendit chez le duc d'Orléans, qu'il trouva dans son lit. Le duc lui confia ses pensées, lui dit son intention de partir pour la Bretagne et d'épouser l'héritière du duché; il lui demanda son avis. La conversation fut longue ; Georges d'Amboise exprima un avis nettement contraire, si bien que le duc et lui se séparèrent sans pouvoir s'entendre et que Louis évita, par la suite, de lui en parler. Le roi revint donc à Amboise et à Tours. Louis ne partit point pour la Bretagne ; il resta à Orléans, anxieux^ hésitant, occupé de joutes et de tournois'. De part et d'autre, des indiscrétions, les excès de zèle de quelque serviteur maladroit, vinrent encore aigrir une situation déjà si pénible. A son passage à Paris, la cour crut se rendre populaire en publiant ostensiblement le but de son voyage. Vers le môme moment, on interdit rEchiciuier du duc d'Alençon '.

1) Procès de divorce, déposition de Le Mercier.

2) Barthélémy de Loclies : N. Gilles : Bouchet.

'A} Bry de la Clcrgerie, llialoire.,. du IVn7t ..., |* Iiô2.

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Sans les prétenlions de Maximilien à la main d'Anne, Louis d Orléans aurait pu prendre patience ; mais, sachant ce qu'il savait, il n*y tint pas, et rentra en rapports avec Nantes ^ Dunois ne put davantage se contraindre. Louis fit demander pour lui, par M. de Montmorency, Tautorisation de revenir à ChAteaudun. « Pourquoi M. d'Orléans ne la demande-t-il pas lui-même, répondirent d'une commune voix le roi, M. et M"**" de Beaujeu. Il ne vient pas à cause de sa femme? i> Montmorency allégua ce qu'il put... Louis le pria de renouveler sa démarche, tout en avouant que la présence de sa femme à la cour Téloignait en efifet : « U aimerait mieux avoir pour femme la plus pauvre demoiselle du royaume, pourvu qu'elle lui donnât du plaisir et des enfants '. » Faute d'autorisation, Dunois rentra subrepticement. Au mois de novembre 1486| la cour apprit avec colère sa présence à Parthcnay. Dans cette place-forte, voisine des frontières bretonnes, défendue par une double enceinte de remparts, Dunois rassemblait des troupes et des approvisionnements. Malgi*é plusieurs sommations du roi, il refusa énergiqucment d*en sortir; la cour lui fit proposer de résider à son domaine de Longueville, en Normandie ; il refusa non moins nettement *.

La pénurie du trésor, depuis la campagne du printemps» obligea encore le gouvernement à établir d'office, par ordonnance du 11 octobre 1486 \ une augmentation de 300,000 livres, en sus des 1,500,000 livres déjà maintenues

1) II semble qu'il reprit son ancienne vie, d'après diverses quittances: 13 octobre, reçu de 20 écus d'or pour ses menus plaisirs; 28 octobre, 5 écus d'or, même motif. I^ 23 novembre, le chirurgien du roi Jean d'Orléans reçoit 20 livres pour w agréables services rendus au duc le niois précédent » (Orléans, 857, 858, 859).

2) Procès de dkorce, déposition de G. de Montmorency.

3) Jaligny : Bouchet, Annaks d'Aquitaine.

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malgré les cngagcmenls envers les Etals, c'est-à-Jire que la taille alteignit 1,800,000 livres, au lieu de 1,200,000. 11 est vrai que Thorizon se chargeait : Maximilien n'attendait que rheure de rentrer en campagne; la Bretagne, momentanément sortie de ses angoisses, armait avec activité; les Etats de Nantes avaient, dès le mois de septembre, voté des subsides'... L'ordonnance, malgré son caractère défensif, produisit une véritable commotion; le 15 décembre 1486, le duc d*Orléans envoya au duc de Bretagne son scellé pour une nouvelle ligue, afin de maintenir en Bretagne les droits d'Anne, en France les ordonnances des Etats, malgré Tentourage du roi, dont régoïsme repoussait les grands seigneurs et provoquait Maximilien. Dunois^ MM. de Lorraine, d'Albret, d*AngouIéme envoyèrent leur adhésion, avec promesse de défense réciproque. Le 22 décembre, le prince d'Orange, le maréchal de Rieux et Françoise de Dinan, comtesse de Laval, se lièrent aussi par un serment. Le 27, le gouvernement breton donna une pension de 4,000 livres au vicomte de Rohan '. Quant à Alain d'Albret, il offrit à François II un fort secours de Gascons et de Navarrais, sur la promesse écrite, que lui fit passer sa sœur utérine, Françoise de Dinan, de la main d'Anne de Bretagne. Père de huit enfants et d'assez nombreifx bâtards, âgé de quarante-cinq ans, laid, boiteux, vaniteux, il se jugeait l'homme de la situation; peut-être espérait-il ainsi rétablir ses finances compromises. Le roi des Romains adhéra, lui aussi, à la ligue, par une déclaration solennelle du 16 mars suivant. Le gouvernement français envoya, au mois de décembre, une ambassade, dirigée par André d'Ëpinay, archevêque de Bordeaux, demander, au nom du traité de Bourges, des explications sur les relations de la Bretagne avec Maximi-

i) Dupuy, II, 93 et suiv.

2) Ms. de dom Morice.

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lien, cl, spécialeincut, réclamur coulrc les facilités de ravitaillement données à Maxiniilien par la marine marchande bretonne, contre le projet de mariage d'une des filles du duc avec lui. Fort des vœux de son pays et des appuis qu*il attendait, le gouvernement breton répondit, celte fois, avec une apparente fermeté. Il décida pourtant, pour gagner un peu de temps, d'envoyer à Amboise, sous la direction de Tévêque de Nantes, une autre ambassade... La lutte allait s'engager.

Vainement M"* de Beaujeu avait épuisé tous les moyens dilatoires et pacifiques : un duel s'imposait, implacable, irrémissible. La froide raison, la ténacité, la modération, le génie de la sœur du roi ne pouvaient pas concilier une antinomie radicale : d'un côté, la politique de Louis XI ; de Taulrc, la passion de Louis d'Orléans, sans cesse rappelé vers la Bretagne par Tappàt d'un changement de femme. Brantôme, qui ne voit partout que des joyeusetés ou des misères, a atlribué au duel de M"' de Beaujeu et de Louis d'Orléans un caractère bien différent. D'après lui, Anne se serait éprise de Louis, et de son amour, repoussé, serait née la haine, qui allait faire couler du sang. Pour la gloire de Louis d'Orléans, nous voudrions pouvoir admettre un instant une thèse de vertu si angéliquc; malheureusement, elle ne cadrerait pas très bien avec la réputation du prince, qui, malgré ses agrémenls physiques, ne passait même pas pour irrésistible. Plus tard, Louis XII, dans une circonstance solennelle, dans son procès de divorce, a très franchement déclaré que, s'il avait eu pour femme Anne de France, il se serait tenu très satisfait. A la lin du xv* siècle, on passait de Pérugin à Raphaël, on commençait à revenir de l'idéal éthéré, on ne dédaignait plus le culte de la forme réelle et palpable : la beauté, un peu massive peut-être, d'Anne de France; ne trouvait guère de conlempteurs. Quelques années après, du resle, vers 1500,

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