‹ Histoire de Lorraine (volume 2)Chapitre 15 sur 20 · BARROIS · texte numérisé non relu

BARROIS

Bailliage de Bar vii«. ix*. xxxiv (7934).

Bailliage de Clermont ii°>. iui«. uii". xvij (2497).

Bailliage de Bassigny iûï"L xix (4019).

Bailliage de Sainct-Mihiel x°>. v<=. Uvi (10566)

Somme toute pour le Barroia. . . . x%vm. y\ (2j006).

Somme toute lin». vi«. xxxvij,

couiprins les franches g«i*.

Ainsi, sous le régne d'Antoine, les duchés de Lorraine et

(1) V., aux archives du dép. de la Meurtbe, le compte du domaine de Nancy pour l'année 1521-1822.

(2) V. notamment, aux même* archives, le compte des Deux- de-ville de Nancy pour 1541-1342, et le compte du receveur de la même ville pour

(3) Layette, Etais- Généraux, /, n- 21.

de Bar ne contenaient que cinquante-trois mille six cent trente -sept conduits imposables ; en multipliant ce nombre par six, qui est une moyenne convenable pour le XVI* siècle, on obtient trois cent vingt-un mille huit cent vingt-deux habitants ; et si on y joint , comme on le doit , les clergés séculier et régulier, la noblesse et les indigents, on arrive à peine à quatre cent mille âmes (1).

Ce que nous savons relativement à -la population de différentes villes lorraines est entièrement d'accord avec le document officiel dont l'extrait vient d'être produit. Nancy était toujours une petite ville, et son enceinte n'avait reçu aucune augmentation depuis les sièges de 1475 et 1476. Vers l'année 1540, Mirecourt, chef-lieu du bailliage de Vosge, n'avait que trois cent cinquante feux, c'est-à-dire un peu plus de deux mille habitants (2). Il est bon de rappeler, en passant, que la faiblesse de la population ne peut être attribuée à la misère et à l'émigration, qui en est la compagne; la paix fut rarement troublée pendant la seconde partie du règne de René , et pendant les régnes d'Antoine et de François Ier, et les Lorrains n'eurent pas ou presque pas à souffrir des maux que la .guerre entraine à sa suite. D'un autre côté, Volcyr affirme que le pays se suffisait à lui-même, et l'historiographe présente, à l'appui de son assertion , un tableau complet des productions de la Lorraine.

Une des causes qui empêchèrent la population urbaine de prendre un grand accroissement fut une déclaration d'Antoine, lequel, pour ne pas mécontenter la noblesse, défendit de recevoir les vassaux de celle-ci dans les villes, à moins qu'ils

(1) Il est boa cependant de faire observer que fréquemment on réunissait deux ou trois familles peu aisées pour former un conduit. Mais aussi un homme opulent payait seul plusieurs cotes.

(2) C'est ce qui résulte d'une lettre du B. P. Fouricr, en date du 20 septembre 1620. V., à la bibl. publ. de Nancy, le recueil ms. des lettres du B.,vol. III, t. U.

ne demeurassent sujets de leurs seigneurs (4). Toutefois, et malgré ces obstacles, plusieurs villes et bourgs virent augmenter considérablement leur importance, et, en 1519, l'électeur-palatin Louis-le-Pacifîque fonda, sur la frontière orientale du duché, Phalsbourg (2) , qui fut plus tard réuni à la Lorraine (5). D'autres villes s'embellirent et améliorèrent leur police ; en 1506 , on pava les rues de Pont-à-Mousson pour la première fois (4); -en 1495, on agrandit la place Saint- Epvre de Nancy, et Ton établit au milieu une belle fontaine, environnée d'un bassin de forme hexagone, et surmontée de la statue équestre de René II (5). En 1497, les Quatre-de-ville , qui étaient, concurremment avec le prévôt, chargés de la police dans la capitale de la Lorraine , mirent à exécution un règlement assez étendu et renfermant des dispositions fort sages, dont quelques-unes sont malheureusement tombées en désuétude, sur la taxe du pain, sur la vente et la sophistication des vins, l'achat du blé , de l'avoine, du poisson , des œufs, du fromage et des autres victuailles, la garde des portes , le guet , l'arrosement et le balayage des rues , la surveillance des hôtelleries , l'entretien des fortifications, etc. Un des articles du règlement, et ce n'est pas le moins curieux, concerne le droit de havage perçu par le bourreau sur les denrées que l'on apportait au marché de Nancy , droit dont l'acquittement se constatait au moyen d'une marque à ia craie tracée par le maître des hautes-œuvres sur l'épaule des vendeurs. Un autre article confiait aux Qualre-de-ville « le » régime et gouvernement de l'hospital Saincl-Julien », dont ils devaient toucher < les cens et rentes, tant de bled et d'ar-

(1) V. Layette EtaU Généraux, II, n° 33 B.

(2) Ou bourg du Pila tin.

(3) V. Calract, Notice, t. II, col. 193.

(4) V. idem, ibîd. , col. 224.

(5) V. la continuât, de la chron. de Lorr., dans Calmct, H»t., t. III. preuv., col. cxv.

* genl que d'où lires biens, pour les despart ir à l'usaige des » pauvres, selon la fondation ». Nous ferons remarquer , à celte occasion , que le XVIe siècle vit naître bien peu d'hôpitaux, et nous ne pourrions guère citer que celui de Blénodlès-Toul, doté par l'évéque Hugues des Hazards (1) ; mais les anciens hospices furent maintenus et reçurent une organisation plus régulière. On avait même conservé les léproseries construites pendant les siècles précédents, et Ton y enfermait encore les lépreux, dont le nombre était assez considérable (2). Enfin , un troisième article du règlement de 4 497 attribuait aux Quatre-de-ville la surveillance des corps de métiers (3). Ces associations avaient fini par embrasser la généralité des arts mécaniques, et même les professions libérales. Il n'est pas jusqu'aux ménétriers qui ne formassent une corporation, et, en 1490, René II, ■ sur les plaintes qui lui avoient esté faictes » des abus glissez dans ses estais et pays par l'ignorance des

• temps dans l'art et mestier de joueur de violon et aultres » instruirions, desquels il arrivoit tous les jours de grands in- ■ convéniens » , avait établi « ung maistre dudict mestier, » avec pouvoir de créer des lieutenans particuliers partout où m besoin seroit , pour réprimer les abus et les mulcler d'une » amende de quarante sous » ; et le même édft défendait aux joueurs de violon, elc., de jouer sans* avoir été hantez (4) par le maître ou un de ses lieutenants , à peine de vingt sous d'amende et de confiscation des instruments , et fixait le droit de han à sept florins du Rhin , moitié pour la corporation , et moitié pour le duc (5).

(1) V. Notice sur le bourg de Blfaod-les-Toal, ptr M. l'abbé Guillaume, p. 102.

(2) V. Cabnet, Notice, t. Il, col. 236.

(3) V. le texte du règlement, «Uns Lionnois , Hist. de Nancy , t. II,

(4) Hanté signifie admis dans le han ou la corporation.

(5) V. Essai chron. sur les mœurs, coutumes et usages anciens, etc., |»ar M. Hichard, p, 44.

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