‹ Histoire de Lorraine (volume 5)Chapitre 18 sur 23 · SOT · texte numérisé non relu

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ou altribués aux seîgueura hauls-juslkicrs, selon la couJilion des personnes (1).

Charles III savail, dj reste, qu'il ne sufiisalt pas Je promulguer des ordonnances sévères pour arrêter les progréa des novateurs, et que, pour leur enlever un des principaux sujets de leurs déclumalions, il fallail Iravailler ii la réforme ydes mœurs du clergé. Il y avait beaucoup de relâchement dons la plupart des monastères au commencement du XVI* siècle, et l'imminence du danger n'avait pas sulfi pour rétablir partout Tordre et la discipline. La plupart des grandes abbayes ne renfermaient, comme dans le siâcic précédent, qu'un petit nombre de moines, et ceux-ci ne faisaient pas, engendrai, un emploi convenable de leurs revenus. Ainsi, l'abbaye de Senones, qui ne comptait que six religieux en 1420, n'en avait que neuf en l^Gi, et comme la recette excédait la dépense, l'abbé, Jean Durand de Crévic, n'avait pas craint d'accorder une prébende a une de ses nièces (3). Le clergé séculier, quoique mieux réglé, ne l'était pas parfaitement ; et on voyait à Nancy même , sous les yeux des ducs, les nouveaux chanoines de la collégiale Saint-Georges donner !i leurs confrères des banquets < co tavernes et lieux pit- • blieques » (5).

Bien que ce qui regarde la réformalion de la discipline et des mœurs soit cxciusivemenl dans les attributions de l'Eglise, Charles III trouva le péril si pressant qu'il jugea indispensable de mettre lui-même la main à l'œuvre ; nous avons analysé, plus haut, quelques-unes des ordonnances qu'il publia dans ce but, et nous eu mentionnerons ici deux ou irois autres. Comme le moment approchait où une partie des biens ecclésiastiques devait recevoir une destination plus appropriée aux

(1) V. cet édit, ilaus RogtSville, Mi., I. 1 , p- SG» et S70.

(2) V. Calmet, Ilitl. de l'abbiye de Senones, ch. 37.

(3) V. 1b notice de H. 11. Lepiige sur U collégiale Sslnt-ncorges, iktu te Bullelii) de la wciité d'trcMal^ie tomino, 1. I, p. 179.

besoins de TEglise, le duc Youlat connaître Fétal des domaines qu*e]le possédait en Lorraine, et , le 25 septembre 4573, il prescrivit c aux gens ecclésiastiques d'apporter i » MM. de la chambre des comptes déclaration , attestée de » chacun chapitre ou de personnes publicques , de toutes les B rentes et revenus à eux obvenus depuis trente ans, tant 9 d'acquest el aumosnes qu'autrement > (1). Le 13 jantier 1585, il promulgua une ordonnance très-sévère contre les < femmes el filles mal faméez d'incontinence », qui fréqueatoient les maisons c d*aucunes personnes ecclésiastiques, » chose qui redondoit au scandale public, YÎlupère de la » qualité et condition desdits gens d'Eglise, et opprobre de » leur Ordre > (2). Celte ordonnance n'ayant pas immédiate* ment produit les fruits que Ton en espérait, le duc signa, le 14 février 1600, une seconde ordonnance plus rigoureuse qne la première, cl qui, pour c retrancher et extirper choses de 9 si mauvais exemple, comme aussi les grands abus et turpi- 9 tudes el insupportables malversations en revenant », disposait que c toutes filles el femmes Yagabondes et autres qui » s'abandonnoient et se prostituoient publiquement ou en » secret, après informations sommaires et conviction, seroieiH 9 battues de verges et fouettéez par les mains du bourreau, • et de suite bannies à perpétuité, et leurs biens acquis eC » confisquez à qui il appartiendroit ». Les femmes et filles qui < auroient abusé de leur corps secrètement et en parti- » culier » devaient être pour une première faute punies d'une amende de vingt-cinq francs barrois ; pour la seconde, d'une amende deux fois plus forte, et en cas d'insolvabilité d'nn emprisonnement de quinze jours ; pour la troisième, du bannissement temporaire, el pour la quatrième, de la fustigatiou

(1) V. le texte de l'ordonnance, dans le recueil do Chàteanfort, 1. 1.

(2) L'ordonnance est iuipriraée dans RogéTiUe, ibid., p. SOS.

eldu bannissemeal k perpétuHé. Les pcrâonDcs convaiiicuts

■ de produire et prostituer filles et remmes • pouvaienl *lre frappées de chAiimenls arbitraires , cl l'urdonDance menaçait de la straDguhtlou ii de la conGscalioD de leurs biens les individus * i\m di^baucliaient ou vendaient femmes

■ ou Glles >, et les pères el maris (|ui prostituaient leur* Gllcs ou leurs épouses. Ces dispositions, dirigées moins contre les concubines de ccrtaius ecclésiastiques que contre la débauche eu générut, devaient être publiées de nouveati, chaque année, le jour du samedi-saint (1). Elles avaient été précédées d'un règlement relatif aux Glles qui suivaient Im troupes, et la lettre de ce règlement, destiné à établir un pea d'ordre au milieu du dè^iordre, contraste singulièrement avec les ordonnances de 11183 et de ttiOO ; le duc interdisait à tout soldat de mener une femme avec lui, à moins qu'elle ne fdt son épouse légitime , et prescrivait qu'il y aurait huit femmes publiques et communes dans cliaquc compagnie ou cornette, équivalant à un faible bataillon.

Un édit contre les blasphémateurs, promolgiié le 7 mat 1S76 (3), se rattachait à l'ensemble des mesures prises pv Charles III sinon pour améliorer les mœurs et l'esprit des Lorrains , au moins pour diminuer le scandale et bire disparaître les désordres les plus affligeants.

Il comprenait parraitemcnt que les décrets et le* prcAibîlions de la puissance séculière n'ont que peu d'efficacité, parce qu'avec de l'habileté ou de l'argent on trouve souveal moyen de les éluder, et il eut soin de falr* intervenir, aulml que possible, l'autorité religieuse et de doOHr force de M aux décisions du concile de Trente, dont les Anons lui fareoi: présentés par un des membres de cette assemblée illustre (5).

;l) Elle est imiiriiDde ibid., p. HO?.

(â) il csi imprimé ibid., p. t(U-106.

3) V. Abram, itrid.

Il fut secondé, dans son œuvre de réfonnation, par les é?èques de Metz, de Toul, de Verdun, et par un grand nombre d'ecclésiastiques distingués , cntr*autres par Jacques Tigeoo, chanoine de Metz et célèbre prédicateur. Mais c'est principalement la compagnie de Jésus qui lui fournit des coopé» rateurs dévoués et infatigables. A peine installés en Lorraine, ils s'occupèrent, avec une ardeur que rien ne put refroidir, à défricher les parties incultes du champ confié à leurs soins. Quoique Thérésic eût été proscrite à Pont-à-Mousson , comme nous l'avons dit, elle avait jeté de profondes racines dans plusieurs familles de la meilleure bourgeoisie ; les pratiques pieuses étaient complètement négligées ; on ne pouvait s'approcher de la sainte table plus d'une fois par ao sans s'exposer à mille désagréments, et les ecclésiastiques, surtout les chanoines de la collégiale Sainte-Croix et les Antonistes, étaient traités avec le dernier mépris. Les choses changèrent de face quelques années après l'arrivée des Jésuites, et la bourgeoisie de Pont-à-Mousson devint, grâce à leurs eiforts, aussi catholique qu'elle l'était peu précédemment. Lears succès ne furent pas moins remarquables à Saint-Nicolas-de- Port ; trois pères qui s'y fixèrent pendant un certain temps ramenèrent au Catholicisme les bourgeois qui l'avaient abandonné ; d'autres jésuites convertirent les calvinistes de Gondrecourt ; enfin, deux pères se rendirent à Sainte-Marie* aux -Mines et persuadèrent aux habitants d'abjurer le luthéranisme. Cependant, quelques-uns de ces derniers s'y refusèrent avec opiniâtreté , et reçurent ordre de quitter h ville pour s'établir dans le faubourg, qui n'appartenait pas au duc de Lorraine (1).

Quels que fussent les succès des Jésuites auprès des lorrains séduits par les novateurs, Charles III n'était pas rassuré ; il devinait , en eflet , que le péril y un moment

(1) V. idem, ibid.

conjuré, ne tarderait pas à renaitre , si on laissait h jeunesse aller puiser au dehors, et à des sources empoisonnées pour la plupart , l'instruction qu'elle ne pouvait trouver dons sa patrie. La Lorraine et le Barrois étaient alors presque complètement privés d'établissements scientifiques ^ et pour remédier au danger d'un semblable état de choses, le duc entretint d'abord quelques étudiants dans des universités étrangères (1) , tandis que Warry de Lucy , seigneur de Dombasle^ fondait pour les jeunes gens de son pajs deux nouvelles bourses dans le collège de la Marche (2). Mais ces bourses et les pensions payées par le prince n'étaient rien pour tant de monde , et il fallut recourir à un remède plus efficace. Pseaume , administrateur de l'évèché de Verdun, avait créé dans cette ville, dès l'année 4558, une espèce d'université où les Jésuites devaient professer ou faire pror fesser les humanités, la philosophie, la* théologie, le droit et la médecine. L'insuffisance des ressources ayant contraint l'évéque à restreindre son plan et à n'établir qu'un collège d'humanités (5) , Charles III reprit , pour son propre compte, les projets de Nicolas Pseaume, et pendant que Gilles de Trêves, doyen de la collégiale Saint-Maxe, dotait à Bar-le-Duc un collège, ou la jeunesse devait < estre » instruite et enseignée en toutes mœurs et littératures » (4), le prince se concertait avec le cardinal de Lorraine, administrateur-perpétuel de l'évèché de Metz et légat à latere du Saint-Siège dans les duchés de Lorraine et de Bar. Quand ils eurent réglé tout ce qui se rattachait à la fondation de

(1) V. Calmet, Bibl. lorr., col. 763.

(2) V. idem, Notice, t. I, col. 55i.

(3) V. Roussel, Hist. de Verdun, p. xxxviij.

(i) Les lettres- patentes de Charles III qui autorisent rétablissement de ce collège sont datées du 12 janvier 1571 [2]. On peut les voir dans Rogéville, ibid., p. 338-3il ; v. aussi au Très, des ch., layette Fondatiant, n"» 121, une pièce relative à la création du collège de Bar.

l'université nouvelle, ils s'adressèrent au pape Grégoire XIII et le prièrent de concourir à Texécution d'aoe entrepri» aussi utile. Le souverain-pontife encouragea dans leur desscii Charles et le cardinal et Gt expédier y le 5 décembre 4572; une bulle qui donnait à l'université l'institution canonique (f )• Le duc choisit pour siège de cet établissement la ville de Pont-à-Mousson, située à proximité de Nancy, de llels, de Toul et de Verdun, et dans laquelle on trouvait à bon marché toutes les choses nécessaires à la vie. Il décidi que la faculté de théologie, la faculté de philosophie ou des arts et le collège des humanités seraient confiés à la compagnie de Jésus; mais les facultés de droit et de médecine, qae l'on n'organisa pas immédiatement, furent réservées à des professeurs laïcs. Il fut stipulé que soixante-dix jésuilei résideraient habituellement a Pont -à- Mousson ; on letr assigna, tant pour leur logement que pour leurs cours, la commanderie de Saint-Antoine, et- les religieux qui occupaical antérieurement cette magnifique maison furent placés daai l'hôpital Notre-Dame, sur la rive gauche de la Moselle, ei reçurent une indemnité suffisante. Pour doter l'université, oa préleva mille écus d'or sur les revenus de l'abbaye de Gone, et on créa une rente de quinze cents écus d*or, à prendre pour un tiers sur la manse épiscopale de Metz, et pour les deux autres tiers sur les abbayes et prieurés des diocèses de Toul et de Verdun, charge dont les monastères eurent permission de s'exonérer en cédant des bénéfices simples d'au revenu équivalent. Charles III, de son côté, accorda des privilèges de toute nature aux maitrcs et aux écoliers par lettrespatentes des 7 avril 1571), 20 juillet 1580, 26 juin 1588, 17 février et 15 septembre 1589, 15 mai 1590, etc. (2).

(t) La bulle est imprimée dans Calmel, llist., t. 111, pmiv., eiL dclxxxviij bis-dcxcv.

(2) Toutes CCS lettrcs-pateiUcs sont imprimées dint RogéfiUe, Mt t. Il, p. 499 ci suiv.

D*après le plan primitif, FuniTersité devait compTendre, oulre les facultés de droit et de mëdecine, ane faculté de théologie, dans laquelle deux professeurs enseigneraient la théologie dogmatique^ un troisième la théologie morale, et nû quatrième TEcrilure Sainte; une faculté des arts comptant trois professeurs de philosophie, un de rhétorique, et un de mathématiques ; enfin, un collège destiné à renseignement de la grammaire latine, des humanités et des langues grecque et hébraïque (1). Les difficultés qui assiègent les établissements récents ne permirent pas de réaliser d'abord ce programme dans son entier. On ne possédait pas les fonds nécessaires, et il fallait mettre la commanderic de Saint-Antoine en état de recevoir Funiversité ; toutefois, Tingl jésuites se rendirent à Pont-à-Mousson dès le mois d'octobre 1574^ et ouvrirent provisoirement des classes de grammaire dans une maison située sur la place de la ville neuve, et que Ton nommait le Château-d*amour. Le 5 mars 1575, Nicolas Pseaume publia la bulle de Grégoire XIII, et le P. Edmond Hay fut choisi pour recteur. Le célèbre P.'Maldonat séjourna à Pontà-Mousson pendant quelque temps pour surveillei; les détails derorganisation,etpeuà peu on inaugura les différents cours mentionnés plus haut. Un règlement rédigé en 4604, et indiquant le rang que les maîtres et les écoliers devaient tenir dans les processions, nous fait connaître, d'une manière précise, la composition de l'université. Les corps et personnes dont elle était formée marchaient dans l'ordre suivant : les élèves de sixième, de cinquième, de quatrième, de troisième, de seconde^ de première, accompagnés de leurs maîtres, les élèves de la faculté des arts ou de philosophie, les bacheliers et les maitres-és-arts, les étudiants en médecine, 'les étudiants en droit, les étudiants en théologie, les bacheliers en médecine, les bacheliers en droit, les bacheliers en

(1) V. la bulle de Grégoire XIII.

théologie, 1^ professeurs de la faculté des arls, les bedeau de la faculté de médecine, les licenciés eo raédedoes les docteurs non -professeurs, les docteurs professeurs , le doyen , les bedeaux de la faculté de droit » les licesciés en droit, les docteurs non-professeurs, les docteurs professeurs, le doyen, les bedeaux de la faculté de théologie, les licenciés en théologie, les professeurs non-docteurs (1), les docteurs professeurs et non-professeurs, k doyen, le chancelier de TuniTcrsité, le recteur, le ficeconservateur, le promoteur, les notaires, les questeurs, Tinprimeur, les libraires-jurés, le peintre, le graveur et les appariteurs (2).

L'université de Pont-à-Mousson jeta, presqu*au8sitèt après sa création , un éclat extraordinaire. « Les Jésuites, dont » Tordre commençait, dit Chevrier, à devenir le berceau des » grands hommes, envoyèrent en Lorraine l'élite de leur » compagnie, et Charles Gt venir des universités étrangères

> tous les savants que sa réputation et son or avaient pu dé-

> tacher (5). » Le P. Guignard, qui devait être, en 1595, la victime d'une condamnation aussi injuste que barbare, fut ua des premiers professeurs de philosophie de l'universilé lorraine, et ses savantes leçons contribuèrent a. y attirer des élèves (4).

La faculté de droit n'eut d'abord qu'un seul professeur, l'écossais William Barclay, maître des requêtes de rhôtd, qui ouvrit son cours en 1578 ; mais le nombre des chaires fot

(1) 11 sofTisait d*élrc licencié pour pouvoir enseigner dans la bcullé dt théologie.

(^) V. ce règlement, dans Rogéville, ibid., p. 962 et 505.

^3) Ibid., p. 211.

{i) On lisait sur un des registres de TuniTersilé la mentîoo u Anuo Doroiiii 158i, nonum philosophie cursum iniit dÎYv H Pater Joannes Guignardus, qui dcindc ParisiîSf anno IkNoini 1805, et •• septima Januarii, in cruccm actus, lum excuasof hBretioonni M glorioso dcdecorr, ut s|)cran]us, in rœlum abiit w.

bientôt porté à quatre, et Charles III confia les fonctions de doyen à Grégoire de Toulouse, un des meilleurs élèves de Cujas. Les professeurs de Toulouse étaient fort mal payés, et le duc profita de cette circonstance pour engager Grégoire à s'établir en Lorraine par Foffre d'un traitement de mille écus (i). Malgré le mérite de ce jurisconsulte, sa nomination causa, d'après Chevrier (2), de violents murmures parmi les Lorrains, qui pensaient probablement que Ton aurait pu trouver sans sortir de notre pays un homme capable d'occuper le poste de doyen. Chevrier ajoute que Bardin, maître des requêtes de Thôtel, se donna beaucoup de mouvement pour écarter les obstacles qiii s'opposaient à l'installation de Grégoire, et que la Lorraine doit à ce magistrat d'avoir possédé un savant aussi illustre.

Malheureusement, Grégoire avait un esprit inquiet et remuant ; à peine fixé à Pont-à-MoussoUy il s'engagea contre les Jésuites dans une interminable querelle, dont l'exposé ne peut trouver place dans cet ouvrage, et qui faillit amener la dislocation de l'université lorraine, peu d'années après sa fondation.

Les cours de médecine commencèrent en 4592, et la faculté ne fut complètement organisée qu'en 1598 ; eHe eut pour premier doyen Charles le Pois, un des meilleurs médecins de la fin du XVI® siècle.

La réunion de ces hommes distingués, la sagesse des principes qui servaient de base à leur enseignement, et la paix dont jouissait la Lorraine firent affluer à Pont-à-Mousson les étudiants étrangers ; on y venait de France, d'Allemagne, des Pays-Bas et même de contrées plus éloignées. La présence

(1) V. le discours prononcé par Cabot, recteur et docteur-régeot eu la faculté de droit (de Toulouse), dans la séance du conseil général de lliôtel de ville, le i juillet 1598 ; Bulletin des comités historiques, Histoire, sciences, leUres, t. l«', p. 75.

(2) V. ibid., p. 212.

de tant d*écolierfi, dont plosiears appartenaient à des fcmilles opulentes, répandit l'aisance dans la ville de Pont-è* Mousson, qui vit sa population augmenter considérablement pendant les vingt dernières années du XVI* siècle. Cependant, ce concours de gens d'origine et de mœurs si différenies ne laissa pas de donner lieu à quelques désordres, el Charles 111 fut obligé de promulguer des règlements destinés à y mettre un terme. Le 23 mars 1584, il défendît « à to«s » manans et habitans la ville du Pont n'estans de profession • de porter les armes, comme semblabiement à tous escho-

> liers et estudians en l'université, de quel estât et conditM» ji ils fussent, soit qu'ils fissent profession des facultés des 9 arts, de philosophie ou théologie, ou de la jurisprudence, » ou aultrcs facultez, de porter à l'advenir aucunes armes » défensives ou offensives, après que la cloche qui soonoit » ordinairement pour la retraite auroit sonné, à peine contra

> les contrcvenans , sçavoir : contre les bourgeois de

» vingt francs d'amende et confiscation de leurs armes, el 9 pour lesdicts escholiers d'emprisonnement de leurs per- » sonnes et confiscation desdictes armes ». « Les voyesde » faict et desbauches d'aucuns escholiers, mal affectez au bien » de leur cstude et repos du publicque », n'ayant pa être complètement réprimées, Charles III ordonna, le 15 février 4587, qu'ils seraient tenus, aussitôt après avoir € priai » logis ez maisons bourgeoises ou au collège des Jésuites,.... » de meure el de poser les bastons à feu qu'ils auroient ap- » portez ez mains de leurs hostes ou principal dudict collège, » pour estre portez par eux au conservateur des privilèges » de ladicte université ou son lieutenant », lequel devait ks garder soigneusement cl les rendre aux étudiants, quand ils se disposaient à partir. Le duc interdit aussi aux bourgeois cl à tontes personnes « d'admettre ni recevoir les escholiers » aux.... jeux publicques, dVscrimes , jeux de paulffles, p danses et auhres telz exercices pendant le sainet servire

> divin du sainct jour de dimanehe, et aultres festes solen-

> nelles gardéez et commandéez par l'Eglise, i peine d*a- 9 mende arbitraire et de prison , ou aultres plus grands » chastois^ selon que le cas le requerroit, tant contre ceulx 9 qui les auroient receus , qu*escholiers et aultres contrete- 9 nans de ceste.... ordonnance » (1).

Le 10 janvier de la même année, le duc de Lorraine , voo-* lant porter son ouvrage au point de perfection nécessaire , avait conflé la rédaction des statuts de l'université i François de Rosières, grand-archidiacre en l'église cathédrale de Tool et grand-vicaire du cardinal de Yaudémont , évèque de cette ville ; à Nicolas Marins , doyen de la cathédrale de Verdun et grand- vicaire de Févèque, et à maître Jean Annet, doctear en théologie et chantre de l'église cathédrale de Metz. En suite de cette désignation et en vertu d'une bulle de Sixte Y, qui avait autorisé les évèques de Metz, Toul et Verdun & composer les statuts de la nouvelle université, les trois commissaires se réunirent à Nancy, et, dès le 24 janvier, publièrent leur travail (!2), qui est beaucoup trop étendu pour être inséré dans une histoire générale de Lorraine, et trop semblable aux règlements des universités déjà existantes pour que son analyse offre un véritable intérêt.

La grande majorité du peuple lorrain applaudit aux efforts de Charles III pour maintenir la religion catholique , et témoigna sa reconnaissance autrement que par une approbation stérile. Le 6 août 1569, le clergé des duchés de Lorraine et de Bar accorda au prince un don gratuit (?) , et le 17 août 1572, il lit un nouveau don s'élevant à cinq cent mille francs barrois et payable en six années, c à cause des frais supportez

(1) V. CCS deux règlements, dans Rogéville, ibid., p. 513-815 et

(2) V. l'ordonnance de Charles III et les statuts, dans Rogérillo, ibid., p. 528-539.

(5) V. Layette Etals-Généraux, Fiefn et DénombretnenU, n9 S7.

» par ledict duc Charles coDtre les hérëticques » (I). Les £tals-Généraux , de leur côté, volèrent libéralement des aides extraordinaires chaque fois que les besoins de TElal Texigérent ; en 41)69, ils consentirent à la levée d*an aide de trois francs sur chaque conduit pendant six ans (2), et ea 1 572 ils accordèrent un aide général pour fournir au dnc les moyens de mettre ses frontières à Tabri d*une invasion (3).

La conduite de Charles III ne lui procura pas moins d'applaudissements au dehors. On commença à le regarder eonune un des plus fermes soutiens de la foi ; la plupart des souverains catholiques s'empressèrent de resserrer leur alliaaee avec lui, et le duc cultiva soigneusement leur amitié, q« pouvait lui être bien précieuse. II se lia notamment avec ceai des cantons suisses qui n'avaient pas embrassé le calvinisme; en 1579, il chargea Paul frère du comte de Salm d*ane mission prés d'eux ; en 1581 , 11 leur envoya Claude de Reinach, seigneur de Saint-Baslemont , un de ses conseillers, et, pour témoigner aux Suisses combien il estimait leur fidélité^ il fil lever chez eux une compagnie d'infanterie à laquelle il confia, concurremment avec les arquebusiers à cheval, la garde de sa personne (4).

Le pape Grégoire XIII, qui appréciait, comme tous la contemporains, le caractère et les talents du dnc de Lorraine, le pria de prendre part à un dessein qui devait avoir pour résultat la restauration du catholicisme en Suède. Le raî Jean III travaillait depuis longtemps dans ce but, mais Frédéric IL roi de Danemark, menaçait de profiter du mécoatea* tcment qu'éprouvait une partie de la nation suédoise potf rétablir, sous son sceptre, l'union des trois royaumes du nord.

(1) V. ibid., n- «3.

(2; V. Layette Etati-Cénéraux, II, n« li. (5) V. Layette Etait-Généraux, Additions, u« 11. (i) V. Hugo, Traité hisl. et crii. sur Torigine et [m géDéulogie écb maison de Lorr., p. 227.

Jean III^ que les projets de son ambitieux voisin inquiétaient beaucoup, supplia le pape d'engager Charles 111, qui avait, du chef de sa mère, des prétentions sur le Danemark,, et le duc de Brunswick Othon-Henri, lequel venait de rentrer dans Féglise catholique, et dont la famille était alliée à la maison de Lorraine, à susciter des embarri^s à Frédéric, afin de le mettre dans Timpossibilité de tenter une descente en Suède. Le souverain -pontife s'eibpressa de faire ce que Jean III demandait, et, le 28 avril 4581, il écrivit au duc de Brunswick^ à Christine de Danemark, duchesse douairière de Lorraine, et à Charles III^ près duquel devait se rendre Pontus de la Gardie, confident et plénipotentiaire du roi de Suéde ; mais ce pays est tellement éloigné du nôtre, et Charles avait alors tant de fâcheuses affaires, qu'il ne put rendre à Jean III le service que celui-ci requérait, et on ne voit pas que les lettres de Grégoire XIII aient produit aucun effet 0).

Malheureusement pour la tranquillité de Charles, les rois de France Charles IX et Henri III , qui étaient alliés de fort près au duc, puisqu'il avait épousé leur sœur, ne lui témoignèrent ni la même amitié, ni la même confiance que les souverains étrangers. En 1565, Charles IX, qui prenait, comme protecteur des Trois-Evéchés, le titre de vicaire du saintempire, cassa une transaction que le duc avait conclue avec révêquc de Verdun, parcequ'elle était favorable au premier (2). L'année précédente, au mois d'avril, le roi s'était rendu dans la ville de Bar pour être parrain du fils aine de sa sœur, et le grand-aumônier, Jacques Amyot, ne craignit pas de faire ouvrir les prisons de la ville. Cet acte de souveraineté offensa

(1) V. la Suède et le Saint-Siège sous les rois Jean 111, Sigismond 111 et Charles IX, d'après des docaments trouvés dans les archives du Vatican, par Augustin Theiner, trad. Tranç., t. II, p. 138-iii. L'appendice contient, sous les numéros 22 à 25, les quatre lettres de Gi'égoire Xtll.

(2) V. Calmel, Notice, t. Il, col. 5li.

le duc, qui se plaignit vivement à Charles IX» el le roi sipi, le 9 mai , un acte dans lequel il déclarait que l'ouTertare des prisons ne pourrait être regardée comme préjudiciable à h régaie prétendue par son beau-frére, et que l'acte lui-même ne devait porter aucune atteinte aux droits de la couronne de France (1). Cette réserve captieuse indiquait assez qae Foi se proposait de susciter à Charles III des difficollés semblables à celles qui avaient troublé les dernières années da règne de son grand-père, et que Ton avait même renouvelées depuis h mort du duc François I". Le 22 juillet 4548, Henri II avait autorisé les régents de Lorraine à jouir des droits réplicti dans le Barrois-mouvant , tant que durerait la minorité de Charles III; mais, le 30 janvier suivant, le parlement de Paris avait ordonné que les régents produiraient les titres sw lesquels Antoine et son fils s'étaient appuyés pour user de droits. Christine et le prince Nicolas, comprenant qu*ott lait les amener à procéder devant le parlement poar tirer ensuite conlr'eux avantage de cette démarche , avaient refusé de déposer les titres, et obtenu que les prétentions respectives seraient examinées par des commissaires. Ces derniers s'étaient assemblés, aux mois de juin et de juillet 4551 , dans la petite ville de Sainte-Menehould. Les commissaires franfaii soutenaient que la souveraineté du Barrois-mouvant appartenait au roi , et que par conséquent les appels des jugencali rendus par les juridictions ducales devaient être portés ai parlement de Paris. Les commissaires lorrains disaient , ai contraire, que la souveraineté n'avait pas cessé de résider daas la personne des comtes et ducs de Bar, et des ducs de Lorraine leurs successeurs ; que , à la vérité , certains habilaati du Barrois-mouvant avaient parfois interjeté appel devant le parlement de jugements prononcés par les tribunaux de kv pays^ mais que Ton pouvait établir par une multitude de

(1) Mémoires de Tliicrriat cili» |Mir Clicvrier, ibid., p. 181 et Itt.

pièces conservées aux archives de Bar, et remoolanl & ia période comprise enlre les années 1402 et 1935, que les ducs avaient souvent jugé en dernier ressort les procès de la Mouvance ; que beaucoup d*autres affaires avaient élé terminées de la même manière par ia cour des Grands-Jours de Saint- Mihiel , pendant les XI V et XV* siècles, et particulièrement en 1385, 1584, 1591, 1596 et 1418; que les baillis de Bar et du Bâssigny avaient toujours été appelés , comme les autres, aux sessions de la cour; que le règlement adopté par elle, le 2 mars 1450, pour la forme d*y procéder en cause d*appel, avait été adressé au bailli de Bar comme à celui de Saint* Mihiel, et qu*cnGn divers actes, des années 1485, 1498 et 1552, prouvaient que les ducs René II et Antoine avaient continuellement dénié aux habitants du Barrois-mouvant la faculté de porter les appels devant le parlement de Paris (1). Les prétentions des deux parties étaient trop absolues pour que les conférences eussent un résultat satisfaisant. On laissa les choses dans Tétat où elles se trouvaient, et, modérant le zèle des baillis de Sens et de Chaumont,qui voulaient lever des contributions sur le Barrois-mouvant, Henri II consentit à ce que la décision du litige fût ajournée. François II, qui désirait mettre fin à ces contestations, proposa à Charles III d^ouvrir de nouvelles conférences ; le duc y donna son assentiment ; mais on ne commença à traiter Taffaire qu*en 1565, sous le règne de Charles IX. Les délégués de ce prince reproduisirent les demandes faites autrefois par Henri II, et les commissaires lorrains y opposèrent les mêmes réponses ; ils déclarèrent cependant que, si le roi promettait de laisser porter directement les appels devant le parlement, sans obliger de plaider d*abord devant le bailliage de Sens, comme Fentendaient quelques-uns de ses officiers , Charles III ne ferait plus aucune difficulté au sujet des juridictions. Les

(1) V. Rogévillc, ibid., t. I, p. 376 et 577.

commissaires français prirent acte de la concession, et Taffaire traîna encore durant plusieurs années (1).

En 1569, le roi, qui, selon Chevrier, ne pouvait pardonner au duc de Lorraine d*avoir voulu rester neutre pendant ks premières guerres de religion (2) , souleva de nouveau la question des régales du Barrois, et le duc de Lorraine chargea le chef de son conseil, Pierre du Châtelet, évéque de Tod; Jean d'Anglure , grand-maltre de Thôtel ; Thierry Alîi , président de la chambre des comptes ; Biaise l'Escnfer, lieutenant au bailliage de Saint-Mihiel , et Jacques Boumoo, procureur-général au bailliage de Clermont , de se rendre i Paris pour y défendre ses intérêts. Les conférences eurent lieu, en 1570, devant le roi, la reine-mére, les princes el quantité de seigneurs, de conseillers d'état et de membres dn parlement. Les détails de ces pourparlers sont tellement fastidieux que Ton nous approuvera, sans doute, de les omettre (5), et de nous borner à transcrire quelques passages du concordat qu'enfantèrent d*aussi longues négociations. Le 25 janvier 1571, Charles IX, assisté de sa mère, des prineei et de plusieurs gentilshommes , et le duc de Lorraine comparurent devant Martin Roussel et Claude BarreH, notaires au Ch&ielet, et flrent la déclaration suivante : c Ccst » à sçavoir que , pour pacifier et mettre fin à tous procès et » différends, tant meus qu'à mouvoir, à raison des... droits » de régale et souveraineté, ledict Seigneur Roy a accordé et 9 octroyé, accorde et octroyé, pour luy et ses successenn » Roys de France, audict Sieur Duc de Lorraine et de Bir, > son beau-frère , que tant luy que tous ses desccndans qai » tiendront les pièces cy -après déclarées, soit masies a*

(1) V. Calmct, flist., t. II, col. 1556-1558.

(2) V. ibid., p. 192 et 195.

(5) L« procôs-vorbal des confcrciici*», ilrossé |Mr Jacquet RonniMt* d ailleurs été publié pur Bl. H. Lepage dans le Recueil de docunenU sv riiistoire de Lorraine, l. I, p. i9-8r».

» femelles, puissent jouir et user librement et paisiblement » de tous droits de régale et souveraineté ez terres du

> Bailliage de Bar , Prévostez de la Marche , Chastillon y

> Conflans et Gondrecourt, tenuz et mouvans dudict^igneur • Roy , et dont ledict Sieur Duc luy en a fait la foy et » hommage-lige, fors toutesfois et excepté que, pour le regard » des sentences et jugemens donnez par le Bailly de Bar ou 9 par le Bailly du Bassigny ez dictes terres mouvantes dudict

> Seigneur Roy, les appellations ressortiront immédiatement » €n la Cour de Parlement de Paris, sinon que ponr les » petites causes n'excédantes la somme dont les Juges » Présidiaux ont accoustumé de connoistre, lesquelles appeU » lations, soit dudict Bailly de Bar, ou dudict Bailly du » Bassigny, en ce qui est mouvant dudict Seigneur Roy, » ressortiront au Bailliage et Siège Présidial de Sens , » nonobstant que celles qui provenoient cy--devant de la » Prévosté de Gondrecourt ressorlissaient auparavant au.... » Bailliage de Chaumont, dont la connoissance et ressort luy 9 est ostée et attribuée auxdicts Juges de Sens ; Et

> moyennant les choses dessusdictes , sont tous lesdicts

> procès et différends, meus et à mouvoir, demeurez et 9 demeureront terminez et assoupis ; et à Tentretenement de 9 ce présent contract se sont lesdicts Seigneurs Roy et Duc » volontairement condescenduz , et promis iceluy exécuter

> selon sa forme et teneur.... (1) 9

Charles III s'imaginait qu'il allait enfin goûter quelque repos de ce côlé^ mais il avait compté sans l'esprit tracassier des officiers français. Les termes généraux du concordat de 1571 furent soumis à mille interprétations, lesquelles étaient toute sa valeur à l'espèce de concession faite par le roi, et le duc

(1) Le concordat de 1571 est imprimé intégralement dans Calmet, Bbt., t. III, preuv., col. ccccxxxvj-ccccxxxviij, et dans Rogéviile, ibid., 1. 1, p. 72-7i.

fut contraint de recourir, à di? erses reprises, à Charles IX cl à son successeur Henri III, qui, les 13 février 4573, 8 aoit 1575 et 3 mai 1578, signèrent des lettres-patentes desliaécs à préciser les expressions du concordat (1).

Cette occasion ne fut pas la seule où la cour de FraDce

qu'elle conservait du ressentiment contre le duc de

£n i 580, François de Rosières, grand-archidiacre de Toal,

publia un volume in folio intitulé : Stemmatum Lotkarimgîm

et Barri Ducum tomi septem^ ab Antenore, Trafi

reliquiarum ad paludes Moeotidaê reye, ad hœe

lUustrimmiy Potentissimi et Sereniitimi CaroU Itl^

LotharingicBy temporoy et dans lequel on trouve la reprodi^

tion des fables qui couraient alors relativement à la généakgii

de la maison de Lorraine, que Ton faisait descendre de Ckar-

lemagnc. En 1582, Henri HI ordonna d*arréter cet ecdésîas-

tique et le fil interroger par deux commissaires : Jacqnes

Viart, président à Metz, et Nicolas Brularl, conseiller ai

parlement de Paris. François de Rosières soutint inutilcTil

qu*il s'était borné à copier des auteurs qui étaient entre ki

mains de tout le monde ; on l'enferma à la Bastille, d 1

n'obtint sa liberté qu'après une détention assez longnnj^el

qu'après avoir, à genoux, demandé pardon an roi < d%fsir

» mal et calomnieusement escrit plusieurs choses.

» contre.... la vérité de l'histoire,.... prenant Dieu à

» qu'il avoil en cela failli plus par imprudence qne ptf

» malice » (2).

Le duc de Lorraine ne manifesta aucune colère an sujet da mauvais procédés des rois Charles IX et Henri HI , et il vial

aussi

(i) V. ces lettres, dans Rogcvillc, îbid., p. 76-83. On peoc CMMdtor issi, relativement & toutes ces affaires, le volume du cartulaîn dcitfchives qui porto le litre suivant : France pour les réffaleê du Bm§ rm$.

(2) L'interrogatoire de François de Rosières est imprimé dans (Mmt Hist., 2^^ édiUon, t. Vil, col. ixxvij-xcvj. V. aoMi coL xevj-c. Os m dire à l'arcliidiacre qu'il avuit uiiîrité le dernier suppliée.

même plus d'une Tois à leur aide. En 15G8, Charles IX avait prié les bourgeois de Toul de se rendre caulions, à la Toire de Francforl, pour dix mille écns qu'il devait aux rcllres et aux lansquenets licenciés; tes bourgeois y consentirent, mais comme leur caution ne fut pas admise , ou que l'on exigea de l'argent comptant, Charles III avança la somme promise par le roi (1). En 1S73, il reçutavec mngnîfîcence le duc d'Anjou, depuis Henri lil, qui allait prendre possession du Irdne de Pologne, ainsi que Catherine de Médicis et les seigneurs dont ce prince était accompagné (3). Enfin , dans le courant de l'année li)7G, il engagea tes pierreries et les plus riches joyaux de sa couronne pour le service de IleDri 1)1, qui voulait payer les troupes étrangères sans lever de nouvelles impositions. Arricon d'IIuussonville , maréchal de Barrois, porta à Paris ces objets précieux, qui furent estimés cent douze mille écus; on oblinl la somme, et te doc la laissa au roi pour deux années, sans demnnder aucun intérêt (3).

(I) V. BcddU, nint. de Toul, p. Ciô.

(S) V., dam le rcracîl de Ch&kaurorl , 1. I", r> 86 r" , un «irjld du <l octobre 1 S7^ qui ili^ff nd u à lous les eujcl! des pr6vAlts de vpiiclrc aucun n^ier, ni poubillcs, que le marchand baucfaer n'aîl pris ce qui auroîl

(3) V., BU Tr<9or des chsrles, le Comple sixième rendu à la chunhre des coro|ilra de Lorraine, k Pîaney, iisr le sieur Eslieune de Poggio,.... tréwrier et receveur-géndrll des damoiDes de Son Allesse eo Fraoee, pour les nnaies 1^91) et 1600; t. sussi Calmel. îhid., i'* «dit., I. II, col. 1378.

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