‹ Histoire de LorraineChapitre 4 sur 16 · IN. HONOREM. D. NICOLAI. NATIO. LOTHARINGORVM. P · texte numérisé non relu

IN. HONOREM. D. NICOLAI. NATIO. LOTHARINGORVM. P

Ajoutons que les travaux, exécutés an moyen des faibles res- (1) V. Benoît, Hist. de Toul, p. 695.

sources de la confrérie et de quêtes faites en Lorraine, ne se terminèrent qu'en 1636 (1).

Ce fut aussi pendant les premières années du règne de Charles IV que Ton mit à exécution certains projets conçus par Charles III ou par Henri. En 1630, on fonda à Nancy un montde-piété organisé comme ceux d'Italie ; on n*y prêtait que sur nantissement, et les théologiens permirent d* élever provisoirement rintérêt à quinze pour cent, attendu les grandes avances qu'avait entraînées la création de cette institution utile au commerce (2). En 1626, le duc établit, dans les bâtiments de la plus ancienne des deux batteries de cuivre, Thôpital Saint-Charles, destiné à loger trois cents enfants, auxquels on devait apprendre des métiers lucratifs (3). En même temps, il ordonna que, sur les certiGcats des curés, les pauvres de la capitale seraient secourus et soulagés par les médecins, chirurgiens et apothicaires, aux frais de Faumône publique ; que les mendiants étrangers seraient hébergés pour une nuit et conduits hors des murs le lendemain matin (k) ; et, comme il en résulta une augmentation considérable de dépense , le duc autorisa la levée d'une contribution sur les vins et bières que Ton introduirait dans la ville de Nancy (5).

Le 18 mai 1628, il promulgua un édit qui contenait de sages prescriptions pour la réparation et Tentretien des chemins, négligés depuis plusieurs années. Ils étaient en si mauvais état dans certains endroits, que les commerçants n'osaient plus les

(1) Il est bon de faire observer que la décoration intérieure ne fut achevée que beaucoup plas tard. V. la Lorraine chrétienne et ses monuments à Rome, par Mgr Pierre Lacroix, clerc national de France.

(2) V. Lionnois, ibid., t. III, p. 144 et 145.

(â) Les bâtiments de la batterie furent donnés à cet effet par Pierre de Stainville, doyen de la Primatiale.

(4) V. idem, ibid., t. II, p. 512 et suiv.

(5) y. le Recueil de Chftteaufort, t. II, f> 278 r«.

fréquenter, et que les marchés devenaient déserts. L'édit enjoignait de procéder à une nouvelle visite des chemins ; d'y poser des bornes de distance en distance, afin d*empècher les usurpations; de dresser un devis des réparations nécessaires; de faire exécuter par corvées les travaux de terrassement, et de jeter nu aide sur toutes personnes,privilégiées ou non, pour acquitter la dépense des ouvrages d'art, le prix des bois, pierres et fascines, et le salaire des ouvriers proprement dits. L'édit avait aussi pour but de réprimer les exactions commises par les fermiers des bacs et des poftts (1). Charles tâchait également de favoriser l'industrie et le commerce. En 1626, il renouvela l'ordonnance qui permettait aux artisans d'exercer librement leurs professions dans les villes, à charge de payer un droit d'entrée fort modique. La même année, sur la demande des États-Généraux, il décida que la mesure de Nancy serait employée seule pour les boissons, comme elle l'était déjà pour les grains, et il déclara que l'aune de Lorraine aurait partout une longueur de deux pieds, deux pouces et trois lignes. Et, chose extraordinaire, si l'on peut s'en rapporter au préambule de l'ordonnance, la réforme était désirée et réclamée par les vendeurs et les acheteurs, ordinairement attachés à d'anciens usages souvent favorables à la fraude (2). Nous rangerons encore au nombre des règlements utiles une taxe des vivres publiée, au mois d'août 1624, dans un moment de cherté (3); une ordonnance qui interdisait de vendre les laines à d'autres qu'aux drapiers (4); un édit prohibant la culture du tabac, mais laissant chacun libre d'en prendre, c selon qu'aul- € cuns en peuvent ressentir du soulagement » (5); et d'autres

(1) V. le Recueil de Franc, de Neufch,, seconde partie, p. 4-7.

(2) V.Rogéville, ibid., t. II, p. 67-70.

(3) V. lo Recueil de François de Neufch», première partie, p. 222-227.

(4) V. ibid., p. 227 et 228.

(5) L'éditestdu 12 février 1628. V. Rogéville, Dtc^ (to Ordonn.^ p. 443.

édits qui défendaient le duel ; prononçaient des peines sévères contre les duellistes, leurs seconds et leurs témoins ; obligeaient de soumettre aux maréchaux, baillis, gouverneurs ou capitaines des places le jugement des affaires d*honneur (1); fixaient les salaires des gens de justice, retiraient aux juges subalternes le droit de prononcer contre les coupables des peines plus élevées que ne le conseillait le tribunal des échevins (2), et statuaient sur les récusations, Tinstruction des procédures au Conseil et diverses prrties de Tadministration judiciaire (3).

Malheureusement, Charles IV dédaignait de prendre pour guides les règlements qu'il imposait aux autres. Déterminé à ne plus recourir à Toctroides États pour obtenir Targent nécessaire aux dépenses, il ne mit aucune borne à ses profussions; la dette publique, déjà considérable à la mort de Henri II, ne s* élevait pas, en 1626, à moins d*un million trois cent quatrevingt-onze mille huit cent cinquante francs barrois (&), c'està-dire environ deux millions quatre cent trente-cinq mille huit cents francs de notre monnaie ; et, selon toutes les probabilités, cette dette ne cessa d'augmenter pendant les années suivantes.

(1) V. le Recueil de François de Neufchdteau^ premiéfe partie, p. 266-278.

(2) V. ibid., seconde partie, p. 11, 20 et 30.

(3) V. Rogéville, BicU des Ordonn., t. I, p. 616-618, t. II, p. 354-3f0.

(4) V. le manuscrit n» 27 C, pièce 16. Charles IV emprunta encore hypothécairement douze mille francs barrois au sieur de Blockenheim, capitaine de Siersberg, le 15 février 1628, et cent mille francs barrois au marquis de Mouv, le 5 avril de la même année. M. Justin Lamoureux possède les grosses des deux contrats.

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