ZA
(1) La convention fut datée du 11 avril, afin que l’on ne parüt pas avoir méprisé la protestation du duc da Lorraine. V. le texte de la première, dans Calmet, Hist., t. VII, Preuves, col. cecclxxiv et cecclxxv.
qu’une cession aussi funeste. me combloit de douleur et d'amertume; mais que, le mal étant fait, je prenois la liberté de lui déclarer, avec le plus profond respect, que, en ma qualité de son procureur-général, ayant fait serment de défendre jusqu’au dernier soupir les droits de sa couronne, de sa maison et de ses sujets, il ne m'’étoit pas possible, sans une prévarication formelle, de concourir à la conclusion d’un traité qui contiendroit son dépouillement, de même que celui des princes de son sang, la dispersion de sa maison qui régnoit sur nous depuis sept cents ans, et la privation éternelle de nos légitimes souverains ; c’est pourquoi je prenois la liberté de lui demander mon congé, en l’assurant que le respect infini que j’avois toujours eu pour sa gloire ne me permettroit jamais de prêter mon ministère pour y donner une atteinte irréparable. »
Cette généreuse protestation toucha le duc. il jura qu'il n'avait fléchi qu’en se voyant dans l'impossibilité d'agir autrement, et il ajouta qu’il perdait les plus fidèles sujets qui fussent au monde, mais que, toute sa vie, il se ferait un plaisir etun devoir de leur prodiguer les marques de sa tendresse et de sa gratitude. Il refusa à Bourcier l'autorisation de partir, dans la crainte que les Lorrains, avertis de la manière dont on avait disposé d'eux, sans même les consulter, ne prissent une résolution extrême ; appréhension qui n’avait, du reste, aucun fondement, car, malgré leur aversion pour la France, nos ancêtres connaissaicent trop bien leur faiblesse et leur isolement, pour tenter une résistance dont les suites ne pouvaient manquer d’être désastreuses (1).