THIERRY
. Ce ne fut pas sans difficulté que Thierry recueillit héritage de son père ; une des filles du dernier duc bénéficiaire de la maison de Bar, Sophie, avait épousé Louis comte de Montbéliard et de Ferrette, et lui avait transmis la possession du comté de Bar. Ce prince, aussitôt après la mort de Gérard, réclama le duché de Lorraine (4) ; et, si l’on ne consultait que l'intérêt de deux pays longtemps rivaux, on devrait regretter que leur union sous un même souverain, accomplie seulement au XV° siècle, ne se soit pas effectuée dès le XF. Il est impossible de savoir sur quels titres Louis appuyaïit sa réclamation. Soutenait-il que la donation de la Lorraine faite à Gérard d'Alsace était purement viagère? Disait-il, au contraire, que le duché devait ètre remis à sa femme Sophie, comme à la plus proche parente et à l’héritière du duc Frédéric IL ? Dans ce cas, la demande du comte prouverait que les ducs bénéficiaires de la maison de Bar avaient, sans les exprimer nettement, quelques prétentions à posséder la Mosellane à titre héréditaire ; et la demande de Louis donnerait également à penser que, dès cette époque, les femmes pouvaient, en Lorraine, succéder à leurs pères, comme-nous verrons qu’elles en eurent le droit plus tard.
Le roi des Romains, Henri IV, tout occupé à préparer la
(1) V. Jean de Bayon, lib. Il, c. 64.
ruine des Saxons, ne devait pas prêter beaucoup d'attention à ce qui se passait de ce côté-ci du Rhin, et ne semble avoir . pris aucune part directe dans la querelle de Louis et du fils de Gérard. Celui-ci eut alors recours à un moyen qui lui assura la victoire, mais pouvait lui être funeste ; il assembla la noblesse de son duché et lui soumit la question de succession. Les seigneurs lorrains s'étaient plaints souvent des entreprises de Gérard ; cependant ils déclarérent que la Lorraine devait appartenir à Thierry (1). Il est bien probable que ce dernier , pour obtenir une décision favorable, fut obligé de faire de grandes concessions à la noblesse et promit de gouverner autrement que son père. Il est vraisemblable aussi que les Lorrains craignirent de rencontrer un maitre encore plus redoutable dans le comte de Bar, qui, déjà possesseur d'états considérables, aurait pu bien aisément, avec le secours des Barrisiens, réprimer toutes les révoltes de la noblesse de son nouveau duché. Quoiqu'il en soit, il faut noter ici eette réunion des seigneurs lorrains, que l’on donne pour la première assemblée des états ; terme impropre, puisque les nobles seuls et peut-être l'évèque de Toul composaient ce corps délibérant.
La difficulté que Thierry rencontra pour succéder à son père aurait pu venir en aide à l'opinion des écrivains qui ont soutenu que Thierry n’était pas le fils de Gérard, et qu'il appartenait à la maison de Boulogne ; mais nous ne croyons pas que l’on ait songé à user de cet argument, et ce que nous disons, dans l’appendice, relativement aux descendants de Gérard nous dispense d’entrer ici dans aucun détail. Rappe- . Jons seulement que plusieurs titres, entr’autres un diplôme de l’année 1176, établissent clairement que Gérard avait donné le jour à Thierry ; et Florentin le Thierriat lui-même, tout favorable qu’il paraisse à la généalogie adoptée pendant le . XVI siècle, fait remarquer que l’abbaye de Bouzonville avait
(4) V. Jean de Bayon, ibid.; Chevrier, ibid., p. 76 et 77.
| — 296 — été fondée et dotée par les ancêtres de Thierry (4) ; ce qui démontre que ce prince appartenait à la maison ages et non à celle de Boulogne.
Un historien lorrain du XV° siècle, Louis d'Haraucourt
évêque de Verdun, raconte qu’il avait vu (2) une copie du L
testament du due Gérard, sur laquelle on avait annoté que ce testament n'avait pas été exécuté, parce qu’il confiait à la duchesse Hadwide ladministration provisoire des affaires , quoique Thierry eût alors vingt-cinq ans environ. Louis d'Haraucourt ajoute que le prince refusa d’acquiescer au testament et de laisser l'administration à Hadwide, disant que « oncques » n'avoit besoin de. mainbornie, li estant major d’ans lors- » qu'avoit eu son dix-sept an, ensuivant l’usaige-» (3). Le fait, s’il est vrai, prouve qu’au moyen-âge les dues de Lorraine étaient majeurs à dix-sept ans ; mais il est bien possible que Louis d'Haraucourt ait êté induit en erreur dans cette circonstance. - UE -. Les premières années du règne de Thierry furent trèsie: >; plusieurs seigneurs n'avaient pas donné leur assentiment à la décision prise par la noblesse, et ne pouvaient se résigner à reconnaître l'autorité de ce prince. En 1075, ils se révoltérent contre lui ; mais ils furent vaincus, et Thierry, obligé de ménager la noblesse et craignant que la rigueur ne fit plus de mal que de bien, les traita avec douceur et parvint à rétablir la paix. pour quelques années (4). Il avait été contraint d’avoir aussi recours à un accommodement pour terminer une autre guerre, qui causa bien des désordres en Lorraine. Gé-
(4) V. les extraits des mémoires de Thierriat dans la Notice de quelques manuscrits qui ont rapport à l’histoire de Lorraine, par Mory d’Elvange, Bibl. publ. de Nancy, ms. n° 27.
:: (2) Dans les papiers de son grand-père. | (3) V. Mémorial des grands gestes et faicts en la province de Lorhaine, dans le recueil de Mory d’Elvange cité ci-dessus. Il ne reste pie malheureusement que des fragments du Mémorial.
(4) V. Chevrier, ibid., p. 87 et 88. | é
— 997 — . | rard, frère de Thierry, prétendit qu’il n'avait pas reçu une just suffisante dans l'héritage de leur. père, ët comme le duc refusait de lui accorder davantage; il rassembla un grand nombre d’aventuriers et commença à ravager les campagnes. Les Lorrains dévastérent, de leur côté, les domaines de Gérard ; mais comme la guerre ne paraissait pas sur le point de finir, Henri IV intervint et conseilla au duc de céder à Gérard une petite partie de ses états. Thierry, qui était d’un caractère assez indolent et assez faible, ou qui reconnaissait la justice des pré- tentions de son frère, lui abandonna le comté de Saintois
(Pagus ou Comitatus Segintensis), pays riche, fertile et renfermant quantité de villages ; il lui céda également le château de Xugney (Suniacum) (4), et ne se réserva aucun droit d’hommage sur les terres ainsi aliénées. Gérard, fier d’avoir obtenu la possession d’une petite principauté, ne ménagea plus rien. Il choisit pour sa résidence Vaudémont , bourg situé à l’une des extrémités de la haute montagne de Sion, et y fit construire une forteresse presque inexpugnable (2). Présumant que Henri IV, dont les embarras croissaient de jour en jour, serait peu en état de mettre ordre à ses entreprises , il fit des courses de tous les côtés, pillant les campagnes, attaquant les châteaux, quandils ne pouvaient lui résister, et tâchant de faire des prisonniers, afin d'en tirer de bonnes rançons. Il prit, entr'autres, Louis fils du comte de Bar et le tint longtemps dans une dure captivité. Ce ne-fut même qu’à force de prières et de présents que l’on parvint à obtenir la mise en liberté du jeune prince, qui mourut peu de temps après, sans doute par suite des mauvais traitements qu'il avait endurés. Gérard
(1) Dom Calmet (Hist., t. 1, col. 1112) croit que Suniacum était le chàteau de Savigny, voisin du village de Xugney. 7
(2) Le donjon de cette ancienne forteresse existe encore en partie ; il est de forme quadrangulaire ; le revêtement est formé de pierres de moyen appareil, et le massif des. murailles composé de couches de moëllons alternativement inclinées à droite et à gauche.
menaça les châteaux d'Epinal et de Deneuvre, possessions de l’évêque de Metz, mais ne put s'en emparer. Il se vengea de ces échecs en dépouillant beaucoup d'églises et plusieurs monastères , et il laissa partout des traces de l'espèce de fureur dont il était animé. Après ces expéditions dignes d’un chef de brigands, le comte de Vaudémont marcha au secours de la ville de Toul, pressée par le seigneur de Commercy; celui-ci, attaqué à l’improviste, se hâta de lever le siège et fut trop heureux de trouver son salut dans la fuite; enfin, ne sachant plus où porter ses armes, Gérard eut l’idée d’aller guerroyer contre Eudes [°", duc de Bourgogne (1). Il fut vaincu et fait prisonnier, avec une partie de ses soldats. Eudes le retint captif jusqu’en 1089, tant pour le punir de ses brigandages, que pour se venger de ce que Gérard d’Alsace avait autrefois enlevé à la Bourgogne le château de Xugney, qui appartenait alors au comte de Vaudémont. Thierry fit d'abord de vains efforts pour obtenir la liberté de son frère ; puis, sachant que Renaud comte de Toul accompagnait le ducde Bourgogne dans le combat où Gérard avait perdu la liberté, il le somma de le faire relâcher, et comme la chose n’était pas au pouvoir de Renaud, Thierry lui déclara la guerre et le molesta, jusqu’à ce que Eudes eut consenti à rendre son prisonnier; mais il fallut lui payer une grosse somme d'argent et lui céder Châtel-sur-Moselle, en échange de Xugney. Gérard revint à Vaudémont. Il était bien changé; l’âge et le long emprisonnement qu'il avait subi lui avaient inspiré la sage résolution de vivre en paix le reste de ses jours. Au-commencement du XI siècle, il fonda le prieuré de Belval et le donna à son frère Bertrice, abbé de Moyen-Moutier, à charge d’y entretenir six bénédictins. Le premier prieur fut un saint religieux de Moyen-Moutier, nommé Hugues, qui avait successivement introduit la réforme dans les prieurés de Léomont, de Xures,
(1) Jean de Bayon appelle ce due Hyacbertus ou Huicbertus.
de Romont et de Clermont, et avait contribué à la restauration de l’abbaye de Lure.
Gérard avait épousé Hadwide de Daehsbourg ou d'Egesheiïm, nièce de saint Léon IX, et en eut un fils appelé Hugues qui lui succéda, un autre fils nommé Odelric, et une fille mariée à Renaud E*, comte de Bar. Gérard mourut vers Pannée 1120 et fut inhumé, ainsi que sa femme , dans le prieuré de Belval (4).
Thierry n’essaya pas de profiter de la mort de son frère pour reprendre le comté de Vaudémont, et se contenta de demander le château de Xugney, qui lui fut restitué (2). Ce prince, malgré l’apathie qui lui était habituelle, fut obligé. plus d’une fois de prendre les armes pour réprimer les usurpations et les brigandages que l’on commettait de toutes parts. Beaucoup de nobles, croyant que le due n'oserait en venir aux extrémités , pillaient, ravageaient le plat-pays, et se faisaient réciproquement une guerre tellement acharnée que la Lorraine aurait été ruinée et serait devenue déserte, si Thierry n'était intervenu. En 1089, il parvint à rassembler uné armée et rendit la paix à une partie de ses états ; mais comprenant qu’il était impossible de mettre fin d’une manière définitive aux guerres privées, il exigea que l’on s’abstint à l'avenir de détruire les moissons, les vignes et les arbres fruitiers, d’incendier les maisons et de maltraiter les personnes inoffensives. Il se dirigea ensuite vers Epinal, dont le châtelain, Widric, était un des principaux perturbateurs de la paix publique ; Widric osa livrer bataille au duc de Lorraine, la perdit et fut contraint de se renfermer dans le château, qui fut aussitôt vigoureusement assiégé. La forteresse et la ville allaient tomber au pouvoir de Thierry, lorsque ce prince, ému de pitié pour les paysans qui avaient cherché un asile
(1) V. Jean de Bayon, lib. IL, c. 83.
(2) V. Chevrier, ibid., p. 92.
PR nm ee
— 300 — ho derrière les murs. d’Epinal et auraient tout souffert si la ville eût été prise d'assaut, lorsque ce.prince, disons-nous, se contentant d’avoir effrayé le châtelain, se retira dans le château
d’Arches, situé à deux lieues au midi d'Epinäl, et qu’il avait
fait construire, depuis deux ans, pour mettre fin aux courses que Widric faisait de ce côté (1).
Nous n’avons pas encore parlé de la part que prit Thierry à la querelle des investitures, quoique le commencement de l’af.
faire soit antérieure de beaucoup aux évènements que nous
venons de rapporter ; mais il nous a paru qu'il valait mieux retarder ce récit, afin de n'être pas obligé de lPinterrompre. Henri IV était, depuis quelque temps déjà, en fort mauvaise
‘intelligence avec saint Grégoire VII, qui lui reprochait de
communiquer avec des évêques frappés d’excommunication, de vendre les bénéfices ecclésiastiques et de mépriser les dé-
crets des conciles, lorsque les Saxons, révoltés par les crimes et la tyrannie de ce prince, tessérent de le reconnaître comme souverain et prirent les armes contre lui. Après. différentes:
hostilités et beaucoup de négociations, qu’il serait superflu de détailler, Henri rassembla les troupes de ses partisans et se disposa à faire la conquête de la Saxe. Parmi les princes qui lui amenèrent leurs contingents, figuraient Godefroy -le- Bossu, duc de la Basse-Lorraine, et le duc Thierry, à la tête d'une nombreuse cavalerie (2). Ce dernier montra, dit-on, tant de courage à la.bataille de Hohenbourg (an. 1075), dans laquelle les Saxons furent vaincus, qu’il reçut le surnom de
. vaillant (3). Il est possible toutefois que cette qualification n'ait
(1) On voit encore une partie du donjon, que était Pride comme celui
” … de Vaudémont.
(2) : Tune Bux Lotharios Thiedrieus cogit in arma,
Dux insignis, Eques in equéstria bella valentes Turmas de armis animisque vigentes. | Carmen de bello saxon.. lib. HI.
(3) V. Chevrier, ibid., p. 88 ct 89.
été ajoutée que bien plus tard au nom de Thierry. Dévoué des lors aux intérêts de Henri et associé à sa fortune, le duc de Lorraine se laissa entraîner dans le schisme. Le roi réunit à Worins, én 1076, un conciliabule composé d'une partie des évêques de la Germanie ; ces prélats, pour la plupart simoniaques et incontinents, gagnés, d’ailleurs, par les largesses et les flatteries de Henri, condamnèrent saint Grégoire VIE, eomme convaincu de plusieurs crimes, et le déclarérent déchu du souverain-pontificat. Les évêques lorrains assistaient tous à cette assemblée ; on y voyait Udon archevêque de Trèves, Thierry évêque de. Verdun, Pibon évêque de Toul , Hériman évêque de Metz. Les trois premiers prononcèrent la déposition du pape. Hériman ne voulut pas d'abord prendre part à celte monstrueuse condamnation ; puis, trompé par des- pièces fausses et vaincu par les sollicitations de Guillaume évêque d'Utrecht, une des créatures de Henri, il eut ka faiblesse de signer l’acte de déchéance; mais on croit qu'il ne souscrivit que par crainte pour sa vie. Il éprouva les plus vifs regrets de cet acte de faiblesse: et écrivit au pape pour solliciter son pardon. Grégoire VIE, de son côté, avait ré. pondu à la sentence du conciliabule de Worms par uñe déclaration d’excommunication prononcée contre le roi et ses adhérents, et la guerre commença bientôt en Lorraine. Le duc Thierry, les évêques de Toul et de Verdun soutinrent le parti des schismatiques ; Üdon de Trèves, qui était rentré en grâce auprès du pape, et l’évêque de Metz prirent vivement en main les intérêts de l'Eglise, malgré les menaces des archevêques Sige- - froy de Mayence et Hildolphe de Cologne. Hériman, qui avait toujours montré-un grand attachement pour la maison impériale, éprouvait quelque scrupule à combattre les partisans de Henri, et écrivit au papé pour lui demander comment il devrait répondre quand on lui objecterait que le souverain-pontife ne pouvait excommunier les rois, ni-délier les sujets de leur ser-
ment de fidélité. Ce fut alors que Grégoire VIT lui adressa
cette lettre célèbre dans laquelle il établit les principes de l'Eglise au sujet de l’excommunication des souverains. Hériman mit en liberté les nobles saxons dontle roi lui avait confié la garde et se prépara à repousser les attaques du duc de Lorraine. Ce prince vint, en effet, ravager les possessions de : l'évêché de Metz, et Henri aurait lui-même assiégé cette ville si l’état de ses affaires le lui eût permis. Hériman assista à la diète que la plupart des princes allemands tünrent à Tribur, pour délibérer sur les remèdes à apporter aux maux de l’empire, et reçut du pape de nombreuses marques-de confiance. En 1077, Henri IV, abandonné par beaucoup de ses partisans, se rendit en Italie, eut une entrevue avec Grégoire VII, dans le château de Canosse, et se réconcilia avec l'Eglise; mais peu de temps après, ayant refusé d'exécuter ce qu'il avait promis, il rompit de nouveau avec le souverain-pontife, et les troubles se renouvelèrent dans tout l'empire (1). L’archevèqué de Tréves mourut en 1078; il avait effacé ses premières fautes par la conduite qu’il tint sur la fin de sa vie, et même, aprés la diète de Tribur, il reçut des prélats et des seigneurs allemands l'honorable mission d'aller instruire le pape de ce qui s'était passé dans la diète (2). Henri IV n’eut pas plustôt appris le décès de Udon qu'il se rendit à Trèves, avec les évéques de Metz, de Toul et de Verdun, et malgré l'opposition du clergé, choisit pour archevêque un certain Egilbert, qui n'avait d'autre titre que son obéissance aveugle aux volontés du prince. L’évèque de Verdun approuva cette élection irrégulière, et les évèques de Metz et de Toul n’osèrent contredire le roi; mais le peuple les supplia avec tant d’instances de ne pas sacrer Egilbert, que Pibon et Hériman quittèrent secrètement la ville de Trèves et se retirèrent dans leurs diocèses.
(3) V. Voigt, Hist. du pape Grégoire VII et de son siècle, liv. VITE, IX et X. | : | (2) V. Calmet, Hist., t. 1, col. 1139.
Henri IV, furieux d’un pareil contretemps, proscrivit Hériman et le chassa de Metz; en sorte que lé vénérable prélat fut obligé d'aller demander un asile à l’évêque de Verdun (4), puis à l’évé que de Liège. Egilbert, quoiqu'il-ne pût d’abord parvenir à se faire sacrer, n’en continua pas moins à gouverner le diocèse de Trèves et en donna les meilleurs bénéfices à ses créatures. Un moine appelé Thierry, qui avait écrit contre saint Grégoire VII deux libelles infâmes, fut nommé abbé du monastère de Saint-Martin, dont il dilapida les biens et réduisit les religieux à l’indigence. L'abbaye d'Horréen fut livrée à Luitgarde, nièce d'Egilbert, et cette femme de mauvaises mœurs, et même accusée de se livrer à la magie, gouverna le monastère de manière à y détruire complètement la discipline (2). Enfin, les scandales donnés par Egilbert devinrent si grands, même après son sacre, que ses trois suffragants refusèrent de reconnaître plus longtemps son autorité.
Le schisme ne produisit pas de moindres maux dans les diocèses de Metz et de Verdun. Hériman, frappé d'anathème par les évêques attachés à Henri IV et à lantipape Guibert, fut contraint de quitter Metz une seconde fois, en 1085, et de se réfugier en Italie, auprès de la comtesse de Toscane, Mathilde, fille de Béatrix, sœur de la comtesse Sophie de Bar. Les ecclésiastiques les plus respectables partagèrent l'exil de leur évèque ; Richard, chanoine de la cathédrale, l’accompagna en Italie, et Lanzon, abbé de Saint-Vincent , partit pour Jérusalem. Deux intrus, Walon et Brunon, furent l’un après l’autre installés su@le siège de Metz, malgré la résistance des Messins, qui attaquèrent Brunon pendant qu’il officiait dans la cathédrale, massacrèrent ses gens jusqu’au pied des autels et forcèrent l’intrus à chercher son salut dans la fuite. Hériman, rétabli avec honneur, gouverna l’église de Metz
(1) V. Sigebert de Gemblours, ad an. 1078. .
(2) V. Hist. Trev., dans Calmet, Hist., t. I, preuv., col. 38.
jusqu’à sa mort arrivée en 1090 (1). Le clergé et le peuple, fermement attachés à l'orthodoxie, lui donnérent pour successeurs." Burcard , que l’on ne: vit pas à Metz, | et ensuite Poppon, archidiacre de l'église de Trèves, qui prit possession sans attendre l'autorisation ni l'investiture de l'empereur. Celui-ci fatUfité de la fermeté du nouvel évèque et lui opposa un sehismatique, nommé Adalbéron, : qui ne put pénétrer dans la ville, mais se fit sacrer et prit le titre d’évèque. Le duc de Lorraine, en ce moment attaché au parti impérial, continuait à faire la guerre aux Mes- sins. Hugues de Flavigny trace le plus triste tableau des malheurs qui accablaient alors les environs de Metz, et dit que les avenues de la cité étaient presque inabordables, et qu’on ne pouvait y arriver qu'en s’exposant à mille dangers. En 1093, Thierry, après s'être emparé de la ville de Vic, qui appartenait aux évêques de Metz, incendia l’église Saint- Martin, et le-pape Urbain IL, informé de la conduite de ce . prince, jeta un interdit sur le duché de Lorraine tout entier (2).
À Verdun, l’évêque Thierry, un instant réconcilié avec l'Eglise, était retombé dans le schisme.et s'était mis en communion ayec l'antipape Guibert. IL éprouva une vive résistance de la part des religieux de Saint-Mihiel, de Saint-Vanne et de Saint-Airy de Verdun. Sigefroy, abbé de Saint-Mihiel, élu en 1078, avait reçu l'investiture par la crosse et l'anneau des mains de la comtesse Sophie, qui jouissait de la vouerie
. du monastère; mais convaincu plus tard que cette inves-
titure était contraire aux canons, il seerendit à Rome avec Sophie, et tous deux demandérent au pape de les absoudre. L’évèque Thierry vit cette démarche de très-mauvais œil, et ayant - bientôt Li que les moines de Saint-Mihiel,
(1) V. Sigebert, ad an. 4085 ; ‘Hugues de Flaviguy , Ghronic., dans Labbe, Bibl. mss., t, 1, p. 239.
(2) V. us de ee dans Labbe, ibid. > P- 240.
qui ne pouvaient continuer à dépendre d'un prélat schismatique, voulaient se faire incorporer au. diocèse de Toul, il envoya dans ce monastère deux de ses partisans : Fulcrade, abbé de Saint-Paul, et Richer, doyen de la cathédrale. Ceux-ci apposérent sur l'autel le sceau de l’évêque, pour empêcher d'y célébrer le saint sacrifice ; les moines supportèrent l'affront en silence, mais les frères et les serviteurs de l’abbaye se jetèrent sur les députés de Thierry, les entraînèrent hors de l’église, les chargèrent de chaînes et les conduisirent à Bar-le-Duc, où la comtesse Sophie, qui était dévouée au souverain-pontife, les retint en prison. L’évêèque furieux envoya des soldats qui incendiérent l’abbaye de Saint-Mihiel et le bourg ; en sorte que les religieux furent obligés de se retirer pour la plupart
dans le prieuré de Laître-sous-Amance, fondé depuis peu (1). L'année suivante (4085), ce fut le tour de l’abbaye de Saint- Vanne. L'abbé Rodolphe, qui la gouvernait alors, était très-attaché au pape et voyait avec douleur l’endurcissement de l'évéque. Il essaya, mais en vain, de le ramener à l’orthodoxie, et n'ayant reçu que des outrages en retour de ses sages conseils, il partit avec la moitié de ses religieux et se réfugia dans le prieuré de Flavigny-sur-Moselle, qui appartenait au diocèse de Toul. Thierry fit amener devant lui les religieux qui étaient restés à Saint-Vanne, et les somma de reconnaître l’antipape Guibert comme pape légitime, et Henri IV comme empereur, les menaçant, en cas de refus, de les renvoyer ignominieusement. Un de ces religieux nommé Rufus, ayant refusé le premier de faire ce que l’on demandait de lui, fut dépouillé de ses vêtements, fustigé, promené en chemise dans les rues de Verdun, et enfin chassé avec mépris. Ces mauvais traitements forcèrent les religieux qui étaient encore à Saint-Vanne à fuir leur monastère, et ils s’établirent tous dans lPabbaye de Saint-Bénigne à Dijon, où ils attendirent en paix la fin de
(4) V. Hist. episc. vird., dans Calmet, ibid., t. E, preuv., col. 215. T. 1 3 20
. l'orage (1). Elle était plus. proche que l’on ne pensait ; en 1088, trois ans aprés la désolation de l’abbaye, l’évêque Thierry fut attaqué d’une maladie mortelle ; l’abbé Rodolphe, qui en fat instruit, envoya aussitôt à Verdun deux de ses religieux, pour exhorter le prélat à la pénitence et l’absoudre de ses fautes, en vertu d’un pouvoir spécial donné à l’abbé de Saint-Vanne. Lorsque les deux religieux arrivèrent, l’évêque avait perdu l'usage de la parole, mais il témoigna son repentir par des signes tellement peu équivoques qu'il reçut l’absolution (2). On élut, pour lui succéder, Richer, doyen du chapitre de Metz. Il était engagé dans le sehisme et ne put trouver aucun prélat qui consentit à le sacrer ; malgré ses liaisons avec l’empereur, il se hâta donc de rappeler les religieux de :- Saint-Vanne, et Rodolphe lui persuada de renoncer au schisme et de demander l'absolution des censures qu’il avait encourues. Richer suivit ce conseil, fut sacré, en 1095, par le légat du pape, et rétablit la paix dans son diocèse (3). |
On posséde peu de renseignements sur la conduite que le duc de Lorraine tint pendant tous ces troubles ; tantôt ami (4), tantôt ennemi des papes , il changea souvent de parti ; enfin, les sentiments de piété héréditaires dans sa famille prirent le dessus ; il abandonna les schismatiques et s’occupa de fondations religieuses ; non content d'augmenter la dotation du prieuré de Châtenoy, établi par la duchesse Hadwide, sa mère,
(1) V. Hugues de Flavigny, dans Labbe, ibid., p. 234 et suiv. (2) V. idem, ibid., p. 239. | — |
(5) V. idem, ibid., p. 240. |
(4) En 1079, Thierry fit offrir.à Grégoire VIL de négocier un accommodement entre l’Église et l'empire ; mais le pape n’accepla pas cette ouverture et fit observer à la comtesse Mathilde, qui lui avait communiqué la proposition de Thierry, que ce prince avait ravagé les domaines de l’église de Metz ; que l'évêque de cette ville avait excommunié le duc ; et que lui, Grégoire , avait déclaré ratifier l’excommunication » Si, dans un délai de vingt jours, Thierry ne donnait satisfaction au prélat. V. Grégoire VIT, Epist., lib. VI, 22, dans Labbe, Concilia, t. X, col. 213 et 214.
il construisit, dans les premières années du XIT° siècle, le prieuré Notre-Dame de Nancy et le soumit à l’abbaye de Molesme, à laquelle les religieux devaient payer, tous les ans, un marc d'argent (1). Thierry fit aussi des donations plus ou moins considérables aux abbayes de Bouzonville, de Saint- Epvyre, de Saint-Denys, de Bouxières et à l'église de Saint- Dié (2),
Sous.son règne, les pélerinages à Jérusalem, déjà si fré- , quents au X° siècle et dans la première moitié du X[°, devinrent plus communs encore. En 1038, Raimbert évèque de Verdun était parti pour la Palestine, mais il n'avait pu atteindre le terme de son voyage et était mort à Belgrade, d’où son corps fut rapporté à Verdun (3). Neuf ans plus tard, en 1047, vingt-quatre chanoines de la même ville prirent le chemin de l'Orient et ne reparurent jamais ; on crut qu'ils avaient péri sous les coups des Barbares (4). Pendant l’épiscopat de Pibon, un noble appelé Bencelin, qui fonda le prieuré de Landécourt, fit le voyage de Jérusalem et en revint heureusement (5). Nous avons mentionné plus haut le Du de Lanzon, abbé de Saint-Vincent de Metz.
Les récits de ceux qui avaient accompli ce périlleux trajet, | le tableau des souffrances qu’ils avaient endurées et de l’oppression que les Musulmans faisaient peser sur les Chrétiens, engendraient dans tous les cœurs le désir de délivrer le tom- . beau de Jésus-Christ. Nous laisserons à d’autres le soin de rappeler ce qui se rattache aa concile de Clermont et à la prédication de la première croisade. Thierry prit la croix et s'en-
(1) Ce monastère était situé dans la campagne, et Nancy n’était encore, à cette époque, qu’un château voisin d’une faible bourgade. V. le diplôme de fondation, dans Vignier, La véritable origine. des maisons d’Alsace, de Lorraine, etc., p. 112.
(2) V. Calmet, Hist., t. I, col. 1120 et 1121.
(5). V. Hugues de Flavigny, dans Labbe, Bibl. mss., t. 1, p. 186.
& V. Laurent de Liège, dans Calmet, ibid., t. I, preuv., col. 210.
(5) V. Calmet, ibid., t. E, col. 1184.
gagea à partir pour la Palestine ; quantité de Lorrains imitérent l'exemple de leur duc ; mais ce dernier, n'ayant pas tardé à s’apercevoir qu’il avait cédé un peu précipitamment à un mouvement d'enthousiasme, et que ses forces ne lui permettaient pas d'entreprendre une aussi longue route, pria l'évêque de Toul et le légat du pape, Richard évêque d’Albano, de le relever de son vœu ; ils y consentirent, mais l’obligèrent à envoyer à sa place en Palestine quatre chevaliers et un arbalétrier (4). Avant le départ de la grande armée des Croisés, la Lorraine fut sillonnée par plusieurs bandes d’aventuriers qui prenaient le chemin de l'Orient. Ils s'imaginèrent qu'avant d’aller combattre les Infidèles, il fallait d’abord exterminer les Juifs ; la plupart des villes situées entre la Meuse et le Rhin en renfermaient un bon nombre, et beaucoup s'étaient rendus odieux par l’usure à laquelle ils se livraient. Ces malheureux furent massacrés à Metz, à Verdun et dans d’autres villes, et lon ne réussit ni à prévenir ni à réprimer ces déplorables excés. |
La puissance des ducs de Lorraine était alors bien moindre qu'elle fut plus tard ; ils ne jouissaient d’une autorité réelle et incontestée que dans leurs propres domaines, et pour toutes les affaires un peu importantes, ils ne pouvaient, avant de prendre une décision, se dispenser de consalter la noblesse. En voici un exemple assez curieux. Un seigneur lorrain, nommé Thierry, et Hadwide son épouse avaient fondé, dans un désert au milieu des bois, l’abbaye de Chaumouzey, dont le vénérable Séhère fut le premier abbé. Après la mort du
fondateur; son frère Joscelin voulut reprendre le bien qui avait
été donné aux religieux, les vexa, dévasta les terres qu’ils avaient péniblement défrichées, et brüla même une église
(4) V. Benoit Picart, L'origine de la très illustre maison de Lorraine, p. 199. Meurisse {Ilistoire des évesques de Metz, p. 385) met au nombre des Croisés Raoul, frère de Folmar comte de Metz.
paroissiale récemment construite par les moines. Séhère s’en plaignit au duc de Lorraine, qui somma plusieurs fois Joscelin de respecter le monastère de Chaumouzey ; mais Joscelin ne s’inquiéta pas des avertissements de Thierry et continua à tenir la même conduite. Le duc le fit assigner, ainsi que Séhère, à comparaître devant les nobles assemblés à Vadigny sur le Madon ; l'abbé se présenta, et Joscelin n’étant pas venu, le duc invita les nobles à décider l'affaire ; toutefois, ceux-ci désirèrent auparavant interroger les officiers qui avaient assigné les parties, probablement afin d’examiner si la citation était régulière, et entendre les témoins de l'acte par lequel le domaine en litige avait été donné à l’abbaye. Ce fut seulement après ces préliminaires que les nobles déclarèrent la donation valable et chargérent le duc d’exécuter leur sentence. En conséquence, Thierry vint à Chaumouzey, quelques jours après, mit l’abbé en possession du domaine contesté, fit venir les serfs à la porte de l’église et leur enjoignit de prèter aux religieux serment d’obéissance et de fidélité (1).
Le duc Thierry ne paraît avoir fait aucune acquisition territoriale considérable ; il agrandit beaucoup la ville de Neufchâteau, en y construisant un faubourg ou pour mieux dire une ville nouvelle ; il y fit élever aussi une église en l'honneur de saint Nicolas. Neufchâteau. était dès lors une des villes les plus florissantes de la Lorraine, et ses habitants faisaient un commerce étendu (2). Thierry fut, comme son père, voué des principales abbayes ; ces lucratives fonctions l'obligérent quelquefois à prendre les armes pour défendre les monastères qu'il devait protéger ; il fut également contraint de faire des voyages dans le mème but; au commencement de l'année 1107, il se rendit à Langres, où se trouvait le souverain -
(1) V. Fundatio abbatiæ Calmosiacensis, ordinis sancti See dans a ibid., t. IE, preuv., col. xciij et xciv.
(2) V ds Notice, t. Il, col, 122.
poutife Pascal IE, afin d’arranger une difficulté grave survenue
entre les abbayes de Chaumouzey et de Remiremont (1). Il était alors âgé d'environ soixante-deux ans ; il en vécut encore huit ; en 1115, il sentit que ses forces diminuaient ét fit un testament, dans lequel il ordonnait à ses enfants de le faire enterrer « à l’us des nobles de France » (2): II mourut la mème année, et on ne sait dans quelle église il reçut la sépuliure ; on a prétendu, mais sans preuve, que son corps avait été déposé dans l'église du prieuré Notre-Dame de Nancy, dont il était le fondateur ; ; Dom Calmet croit qu’il a été inhumé, ainsi que .la duchesse Hadwide sa mère, dans le prieuré de Châtenoy. On voyait, dans le cloître de ce monastère, un tombeau placé sous une grande arcade, et sur lequel était un personnage couché, portant un bonnet orné d'une espèce de couronne à pointes, une robe longue et sans plis, serrée à la taille par une ceinture pendante, un manteau et une-escarcelle. Dom Calmet a fait graver ce tombeau (3); malheureusement, ses dessins sont si peu exacts que l’on ne peut guère s'y fier, et l'effigie qu'il donne pour celle du fils de Gérard a plutôt l’apparence de la statue d’une princesse.
Thierry avait désiré, en 1079, épouser la veuve du marquis -Petroni, et comme le consentement du pape Grégoire VI était indispensable, il l'avait fait demander par la comtesse Mathilde ; mais le souverain-pontife, n’ayant pas à se louer de Thierry, qui soutenait le parti de Henri IV, ne voulut pas que cette union s’accomplit (4). Le duc de Lorraine tourna ses vues d'un autre côté, et l’année suivante , il épousa
(1) V. Fundatio abbatiæ Calmos., dans Calinet, Hist., t. Il, preuts col. xcviij et suiv.
(2) V. Louis d’Haraucourt, Mémorial des grands gestes et faicts etc. » règne de Thierry.
(8) Hist., t. [IE planche I. |
(4) V. Grégoire VII, DIE lib. V1, 22, dans Labbe, Gone: ., t X, col. 215 et AN
Gertrude, fille de Robert-le-Frison, comte de Flandre. Cette princesse lui donna quatre fils : Simon L°', troisième duc héréditaire ; Thierry, seigneur de Bitche ; Gérard, qui, ayant eu en partage les domaines que sa famille possédait en Alsace, alla s'établir dans ce pays et n’eut plus de rapports avec la Lorraine ; et enfin Henri, évêque de Toul de 4127 à 1167. Thierry laissa aussi des filles ; l’une d’elles, nommée Hara, embrassa la vie religieuse dans le monastère de Bouxiéres, . dont elle devint abbesse ; une autre, appelée Fronica , entra dans l’abbaye de Remiremont (1). Dom Calmet mentionne encore, d’après Mussey, Mathide femme de Folmar, comte de Metz et de Lunéville ; et d’après Dufourny, une quatrième princesse, qui aurait épousé Bernard IL, seigneur de Brancion et d’Uxelles (2). | |
Celui des fils cadets de Thierry qui fit la plus brillante fortune fut Thierry, seigneur de Bitche. Son aïcul maternel Robert-le-Frison, comte de Flandre, était mort, en 4093, et avait eu pour successeurs Robert IE, qui prit part à la première croisade ; Baudouin VII, blessé mortellement au siège de Bures, en 4419, et Charles-le-Bon, assassiné à Bruges, au mois de mars 4127. Après la mort de ce dernier, les Klamands se divisèrent sur le choix d’un souverain. Guillaume Cliton, fils de Robert IIL duc de Normandie, et petit-fils de
. . Mahaut de Flandre, sœur de Robert-le-Frison, se mit sur les
rangs et eut d’abord quelques succès; mais Thierry d'Alsace, seigneur de Bitche, vint lui disputer la couronne; accueilli avec faveur par la majorité des Flamands, il eut néanmoins à soutenir une guerre sanglante contre son compétiteur. D'abord
(1) Chevrier (ibid., t. 1, p. 408) prétend que le duc Thierry n'eut pas de filles ; il lui aurait suffi, pour s'assurer du contraire, de jeter les Yeux sur quelques titres imprimés dans Calmet ; v. notamment un diplôme de 4115 (Hist., t. Il, preuv., col. celxiv et celxv), un autre de 1130 (ibid., col. ecxc) et un troisième de 4156 (ibid., col. cecxlix).
(2) V. Hist., 1. I, col. cliij et cliv.
battu, Thierry se renferma dans la ville d'Alost; Guillaume vint Passiéger et fut blessé mortellement d’un coup de flèche (an. 1128), laissant la Flandre à Thierry, qui régna glorieusement jusqu'en 1168. | |
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