‹ Histoire de Lorraine. Tome premierChapitre 9 sur 30 · EX VOT · texte numérisé non relu

EX VOT

(5) V. M. Beaulieu, ibid., p. 201.

tés, dans une inscription publiée par -Gruter (1). Ces inscrip- tions sont, il est vrai, postérieures à la conquête de la Gaule; “mais elles retracent les croyances primitives, et il. est impos- ‘sible de rencontrer des ruines de temples ou des inscriptions ‘ antérieures à l'invasion des Romains ; on sait que les Galls, les Kimris et les Belges, honorant leurs divinités dans des forêts et des lieux solitaires, ne se donnaient pas la peine . d'ériger des temples, et les seuls monuments vraiment contemporains qui rappellent le culte des habitants de la Gaule sont les menhirs, les dolmens et les crom-lecks. La Lorraine ést presque complètement privée de ceux qu’elle possédait autrefois. Daniel Specklin, architecte alsacien qui vivait au XVI° siècle, assure que de son temps on voyait. debout dans les Vosges plus de cent menbhirs, de douze à treize pieds de haut sur quatre pieds de diamètre. Aujourd’hui, on n’en connaît plus que cinq : sur un plateau qui domine le village d’Obersteigen ; dans la forêt de Fossart, à quatre kilomètres de Remiremont; sur la montagne Saint-Arnould, près de la même ville ; à Millery, dans le département de la Meuse, et à Goëtzenbrück, aux environs de Bitche. Certains cantons portent des dénominations qui rappellent l’existence de monuments de cette nature; tels sont les noms de Haute-borne, Haute-pierre, Pierre-fichée, Pierre-levée, Pierre-fitte, etc. Les dolmens sont plus rares encore que les menhirs ; plusieurs ont été renversés, il y a peu de temps, et ont complètement disparu ; il reste des débris de quelques autres (2). Des ves- . tiges du culte druidique se remarquent, dit-on, sur le Chazeté, montagne qui appartient à la chaîne fermant à l’est le vallon des Rouges-Eaux. Cette montagne est à peu de distance de son sommet ceinte d’une terrasse, à laquelle aboutissaient

(4) P. VI, n° 2. On a aussi découvert à Arlon (Orolaunum) une inscription du même genre. | (2) V. M. Beaulieu, ibid., t. IE, p. 187-192.

= 50 divérs chemins. Toute la partie de la montagne comprise entre le sommet et la terrasse est couverte d’un énorme amas de moëllons, disposés en talus et formant sur le plateau un cirque de figure elliptique. Sur ce plateau on rencontre les débris d’un dolmen et un bassin creusé dans le grès, et qui parait avoir servi à différentes cérémonies du culte druidique. D’autres traces du même culte se voient aussi sur la plus petite des deux montagnes appelées les Jumeaux (1). Au milieu de la forêt du Grand-Clos, prés de Baccarat, on a découvert les restes. d’un petit crom-leck, c’est-à-dire d’une enceinte sacrée ; on y arrive par deux longues avenues bordées de pierres amoncelées et alignées. Dans le crom-leck lui-même on a trouvé quelques bas-reliefs d’un travail grossier, et tellement frustes que l’on peut à peine entrevoir ce que le sculpteur a voulu figurer. Enfin, on voit une autre enceinte du même genre dans une forèt entre Bains et Epinal, et le peuple, qui la regarde comme l'ouvrage d’une puissance surnaturelle, lui donne le nom de Ténébran (2). Lesruines de Solimariaca ont fourni une assez grande quantité de -petits monuments qui ont rapport au culte des Belges ; nous voulons parler de pierres tombales appartenant à la période gauloise. Ces pierres, dont la hauteur est inégale, se terminent en cintre ou en triangle. Leurs proportions sont variables, et l’on observe, vers la base, un canal qui permettait d'introduire des liquides dans lauge contenant les cendres. La plupart de ces tombes sont ornées de bas-reliefs, qui représentent les défunts et qui annoncent; en même temps, l'enfance de l’art. Quelques uns des personnages qui y sont sculptés portent une bourse dans la main gauche ; tous sont vêtus du sagum à longues manches. Le sagum tombe jusqu'à mi-jambe, et semble composé de bandes d'étoffes de diverses

(4) V. Histoire de Saint-Dié, par M. Gravier, p. 7, 8et 11. (2) V. M. Beaulieu, ibid., p. 193. |

; 40 — couleurs cousues ensemble (1). Malgré leur grossièreté, ces basreliefs sont précieux pour l’antiquaire, parce qu’ils lui font connaître d’une manière positive quel était le vêtement des Belges, au moment de l'apparition des Romains. | Les Treviri se trouvèrent pour la première fois en rapport avec ceux-ci, lorsque les Gaulois, effrayés de l’approche d’une horde germanique commandée par Arioviste, implorérent le secours de César. C'était en l’année 58 avant l’ère chrétienne. Les Treviri se voyaient eux-mêmes menacés par d’autres Germains, des Suèves, qui se disposaient. à traverser le Rhin, pour appuyer le mouvement de leurs compatriotes ; mais la défaite d’Arioviste fit avorter ces projets d’invasion. L'année suivante, la plupart des nations belges, inquiètes de voir les Romains prolonger leur séjour dans la Gaule, se liguëérent pour repousser vers l'Italie des libérateurs aussi dangereux. Les Treviri, les Mediomatrici, et sans doute également les Leuci, se rappelant le service que les Romains venaient de leur rendre, refusèrent de prendre part à cette entreprise, qui pouvait avoir les suites les plus funestes pour le bien être de leur patrie. La neutralité de ces peuplades puissantes et valeureuses aurait suffi, probablement, pour assurer la victoire aux Romains ; elles allèrent encore plus loin à l'égard des futurs dominateurs de la Gaule, et les Treviri envoyèrent à César un corps de cavalerie auxiliaire. Ces auxiliaires marchaient , il est vrai, malgré eux contre leurs compatriotes, et lorsque l’armée romaine, surprise par les Gaulois dans les environs de Camaracum, parut un moment sur le point d’être accablée, les Treviri tournèrent bride et se reticérent sur leur territoire. César ne leur en témoigna toutefois aucun ressentiment, et pendant quelque temps encore les peuples de la Belgique orientale furent considérés comme de

(4) V. idem, ibid., t. 1, p. 469-172, t. IL, p. 195.

fidèles alliés des Romains (1). Mais, en l’année 34 avant Jésus- Christ, César pénétra tout à coup dans le pays des Treviri, avec quatre légions et huit cents chevaux. Son but était de mettre fin aux intrigues et aux menées d’un chef de cette peuplade, nommé Induciomarus. Cet homme, habile, entreprenant et passionné pour la liberté de sa patrie, apprenait avec désespoir que les Romains devenaient plus puissants de jour en jour. À son instigation, les Treviri cessèrent d'envoyer des députés à l’assemblée générale de la nation, méprisèrent les ordres que César leur faisait passer, et engagèrent les Germains à franchir le Rhin pour combattre l'ennemi commun. Néanmoins, ces dispositions étaient loin d’être générales chez les Treviri, et lorsqu'on fut informé de l’arrivée prochaine de César, Cingétorix, un des principaux chefs de ce peuple, et d’autres chefs moius influents vinrent s’aboucher avec le général romain et lui dévoilèrent lés projets d’Induciomarus, qui faisait des levées à la hâte, et avait envoyé dans les parties les plus inaccessibles de la forêt des Ardennes tout ce qu'il ne jugeait pas en état de porter les armes. Il n'osa pourtant pousser plus loin son entreprise, et adressa des députés à César pour protester de son désir sincère de maintenir la paix. Ses propositions furent acceptées ; mais , irrité des . efforts que faisait César pour augmenter l'influence de Cingétorix, il tâcha de soulever contre les envahisseurs plusieurs peuples de la Belgique. Il y réussit, négocia de nouveau pour obtenir l’aide des Germains, présida une assemblée des Belges, dans laquelle il fit déclarer ennemi public son rival Cingétorix, et commença la guerre contre les Romains. Il voulait, après avoir . détruit ou dispersé les troupes de Labiénus, qui campaient du côté de la Meuse, ravager le territoire des Remi, restés fidèles à César, et opérer ensuite sa jonction avec les Carnutes et les Senones. Mais Labiénus se tint enfermé dans

(1) V. César, de Bell gall., lib. IL, passim.

son camp, et, ayant reçu un renfort considérable de gaulois auxiliaires, il attaqua, surprit et tua Induciomarus. Cette défaite ne fit pas perdre courage aux Treviri ; ils. refusèrent d'assister à une assemblée que César avait convoquée à Lutèce, continuërent la guerre et se disposèrent à livrer une seconde bataille à Labiénus. Ce général, qui venait d’être joint par deux nouvelles légions, marcha lui-même contr'eux. Une rivière, assez difficile à traverser à cause de sa profondeur et de l’escarpement de ses bords, le séparait des Belges (1). Il se fortifia dans cette position, et attendit que la témérité des enñemis lui présentât une occasion de les attaquer avec avantage. Quelques jours après, il feignit une grande frayeur à l'approche d’une horde de Germaïins qui accourait au secours des Treviri, et il décampa pendant la nuit, en simulant une retraite précipitée. Les Belges, prévenus de son dessein, se mettent avec promptitude à la poursuite de Labiénus, passent la rivière qui séparait les deux camps, et s'engagent sur un terrain désavantageux où leur grand nombre devenait inutile. Le général romain s'arrête alors, attaque brusquement ses adversaires, les enfonce et les poursuit avec sa cavalerie. La défaite des Treviri fut complète, et leur découragement profond ; Labiénus en profita pour mettre à leur tête Cingétorix, qu’ils avaient proscrit; et deux légions furent placées sur le territoire trévirien , pour prévenir les tentatives d'insurrection (2). | La soumission de la Gaule semblait alors presque complète ; . toutefois, le feu de la révolte couvait sous la cendre, et les Gaulois n’attendaient qu'un moment favorable pour se soulever et recommencer la lutte. Ce soulèvement eut lieu l’année suivante (52 av. J.-C.) et fut presque universel, mais le

(4) Cette rivière doit être un des affluents occidentaux de la Moselle, comme la Sure ou l’Orne.

(2) V. César, de Bello gall., lib. V, 2-7 et 54-55, lib. VI, 2, 3, 7, 8, etc.

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récit de cette guerre appartient à l’histoire générale des Gaules ; il nous suffit de dire que les Mediomatrici prirent une part active à l'insurreetion, et envoyérent un contingent de cinq mille hommes à l’armée qui marcha au secours d'Alise, assiégée par César (1). |

Après la dissolution de la grande confédération des peuples gaulois (50 av. J.-C.), César ordonna à Labiénus d'aller camper avec deux légions sur le territoire des Treviri, qui n'avaient pas encore posé les armes, Le général romain les défit dans un combat de cavalerie, qui leur coûta beaucoup de monde, et les contraignit à se soumettre (2). Ce eombat est le dernier de ceux que les conquérants furent obligés de livrer pour assujettir la partie orientale de la Belgique. À partir de cette époque , les Treviri et les Mediomatrici cessèrent une lutte qui devenait trop inégale. César traita les vaincus avec une extrême douceur ; il songeait dès lors aux moyens de substituer son autorité à celle de l'aristocratie romaine ; la guerre était inévitable, et il ne voulait pas laisser derrière lui des peuples mécontents et prêts à se révolter. Dans cette vue, il fit entrer dans ses légions une foule de gaulois qui avaient pris l’habitude d’une vie errante et guerrière, et créa même une nouvelle légion entièrement composée de ses anciens ennemis.

La Gaule, fatiguée et affaiblie par la longue guerre qu'élle venait de soutenir, resta paisible pendant un certain nombre d'années ; elle eut même bientôt besoin du secours des Romains pour protéger sa: frontière du nord-est contre les entreprises des Germains, dont elle n'avait plus la force de repousser les incursions (3). Auguste modifia les grandes

(4) V. idem, ibid., lib. VII.

(2) V. Hirtius Pansa, de Bello gall., 45. :

(3) Trèves cest nommée sur une médaille de Vespasien COL. AVG. PATR. TREYER. Cette légende et deux passages de Tacite (Hist., lib. IV,

ni —

divisions territoriales de la Gaule. La Belgique comprit, outre les nations belges proprement dites, tous les peuples qui habitaient entre la Marne et la Seine, et entre la Saône et le Rhône supérieur. Mais il ne toucha pas aux limites des nations elles-mêmes. Le pays de chacun de ces petits peuples demeura ce qu’il était avant la conquête, et reçut le nom latin . de civitas (cité), que l’on employait également pour indiquer l’universalité de ses habitants, et qui plus tard désigna la capitale ou le chef-lieu du territoire. Au reste, la situation des diverses nations gauloises ne fut pas la même; elles furent traitées par les Romains avec plus ou moins de faveur, suivant leur importance et le rôle qu’elles avaient joué pendant la guerre. Les unes furent libres ou autonomes, d’autres furent fédérées, d’autres gratifiées du droit latin , d’autres enfin placées dans une position inférieure (1). Les Treviri, dont les Romains avaient eu occasion de reconnaître la puissance et le courage, reçurent le titre et les privilèges de peuple libre. Les Leuci furent mis sur la même ligne, et on peut croire que les Mediomatrici furent traités avec autant de bienveillance (2). Enfin, le droit de cité fut accordé à quantité d'individus. . |

La Gaule s’accoutuma peu à peu à la domination romaine, et la tranquillité dont on: jouissait consola de la perte de l’in-

dépendance. Huit légions gardaient les bords du Rhin et em- péchaient les incursions des Barbares ; dans l’intérieur, l’ordre était si parfait, que l’on n'avait nul besoin de troupes, et c'est à peine si dans les villes considérables on voyait des espè-

62 et 72) semblent prouver qu’une colonie romaine avait été placée dans la ville de Trèves ; mais cette colonie était, sans doute, bien peu nombreuse, puisqu'elle ne put empêcher les Treviri de s’insurger deux fois contre les Romains. | (1) V. M. Am. Thierry, ibid., t. III, p. 276 et 282. (2) V. Pline, lib. IV, 31. Cependant Pline ne joint pas l’épithète liberi au nom des Mediomatrici. ©

ces de gardes municipales, uniquement chargées de la police.

Il restait cependant encore un assez grand nombre de gaulois à qui le joug étranger était insupportable; les persécutions : dirigées contre le druidisme fournirent de nouveaux aliments

à cette haine et produisirent enfin une révolte ouverte. Cette

insurrection eut lieu, la 21° année de l’ère chrétienne, sous le

règne de Tibère, et s’étendit dans la plus grande partie de la

Gaule. Julius Florus de Trèves fut un des principaux moteurs

de la révolte. Cet homme, qui était citoyen romain, et que

-recommandaient les services et la noblesse de ses ancêtres,

séduisit en partie une aîle de cavalerie, levée dans le territoire

trévirien, arma les conjurés et ses clients, et il se dirigeait vers la forêt des Ardennes, pour y établir le théâtre de la guerre, lorsque deux généraux romains, Visellius et Caïus Silius, chacun à la tète d’une légion, l’empèchèrent d'exécuter ce dessein. En même temps, un de ses compatriotes, nommé

Julius Indus, le poursuivit avec d’autres troupes, l’atteignit et

dispersa ses partisans. Florus, poursuivi de près, se tua pour échapper à l’ennemi (1).

Cette défaite refroidit pour longtemps l’ardeur dé Gaulois, mais une nouvelle insurrection éctlata en l'année 68 de l'ère chrétienne. En prenant les armes, on ne parla d’abord que de la tyrannie de Néron ; néanmoins, la suite prouva que l'amour de l'indépendance n'avait pas peu contribué à fomenter la révolte, et ce fut un gaulois, Caïus Julius Vindex, gouverneur de la Celtique, qui donna le signal de l'insurrection. Quelques cités gauloises et belges, particulièrement celle de Treviri, restèrent fidèles à Néron. Aussi dès que Galba fut maître de l'empire, il les punit sévèrement, et Tacite rapporte que les Treviri furent une des nations les plus maltraitées. Ces rigueurs impolitiques causérent un vif mécontentement, et Vitellius, qui commandait les quatre légions de la Basse-

(1) V. Tacite, Ann., lib. AMI, 90 &t 91.

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Germanie, ayant été proclamé empereur par ses soldats, dans les premiers jours de l’année 69, les Treviri et beaucoup d’autres peuples gaulois embrassèrent son parti avec enthousiasme. Valens, un des lieutenants de Vitellius, qui marchait vers l'Italie avec une armée de quarante mille hommes, remonta la vallée de la Moselle et arriva à Metz. Ses soldats furent parfaitement accueillis, mais tout à coup, et sans qu’on ait su le motif de leur fureur, ils se jetérent sur les habitants pour les massacrer. Valens ne les apaisa pas sans difficulté, et lorsqu'ils consentirent à cesser le carnage, quatre mille per” sonnes avaient perdu la vie (4).

Après la défaite et la mort d’Othon, Vitellius renvoya dans le nord de la Gaule des cohortes bataves, qui avaient puissamment contribué au gain de la bataille de Bedriacum. Précisément à la même époque, un batave nommé Civilis , qui avait servi avec distinction dans les troupes romaines, formait le dessein dé délivrer sa patrie. Craignant que ses plans ne fussent déjoués s’il les manifestait trop tôt, il déclara qu’il ne s’armait que pour appuyer le parti de Vespasien, qui venait d’être proclamé empereur par les armées d'Orient. Il entraîna facilement dans son insurréction non seulement ses compatriotes, mais encore les Frisons et les cohortes bataves que Vitellius avait congédiées. Les Treviri, fortement attachés aux intérêts de ce dernier, se joignirent aux troupes romaines pour comprimer la révolte et firent des efforts pour empècher Civilis et les Germains, ses auxiliaires, de pénétrer sur leur territoire. Peu de temps après, ils changèrent de sentiment, à l'instigation de leurs compatriotes Classicus et Julius Tutor. Ces deux Belges, qui exerçaient des commandements militaires assez importants et jouissaient d’une grande réputation de bravoure et d’habileté, formèrent avec d’autres gaulois, et notamment avec Julius Sabinus de Langres, le dessein de

(4) V. idem, Hist., lib. 1, 63.

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secouer le joug des Romaios et de fonder un état indépendant. Les circonstanees étaient favorables pour l'exécution de ce projet, et l'insurrection fut d’abord couronnée d’un plein succès. Les débris des légions romaines qui occupaient la rive gauche du Rhin étaient livrés à l’indiscipline. Ils massacrèrent une partie de leurs chefs et prétérent serment à l'empire des Gaules. En 70, il y eut à Reims une assemblée de représentants des nations qui s'étaient insurgées ou penchaient en secret pour les Treviri et les Lingones. Tullius Valentinus, chef de la députation de Trèves, ne négligea rien pour entratner toute la Gaule dans la révolte; mais ses discours furent inutiles. On avait appris, en effet, que Vespasien triomphait, et que plusieurs légions s’avançaient à marches forcées vers la Belgique, pour remplacer celles qui avaient péri ou s'étaient rendues. Les Treviri n’en prirent pas moins le parti de résister, mais leurs chefs ne montrèrent ni activité, ni prévoyance. Les légions qui campaient devant Trèves, depuis leur défection, firent serment de fidélité à Vespasien et se retirèrent à Metz, en attendant qu’il leur fût possible de rejoindre les Romains. Tutor, qui devait garder la vallée du Rhin, tailla d’abord en pièces une cohorte que Sextilius Rufus, lieutenant de Pétilius Cérialis, avait détachée pour éclairer la route; mais lorsque Sextilius lui-même s’approcha, Tutor fut abandonné par une partie de ses soldats et se retira précipitâmment à Bingium, situé au confluent. de la Nahe et du Rhin. Il avait coupé le pont; ce qui n'empêcha pas Sextilius de battre complètement l’armée de Tutor. Pendant ce temps, Pétilius Cérialis était à . Mayence, avec des troupes nombreuses et éprouvées. Classicus et Civilis, ayant appris la vicioire de Sextilius, envoyèrent à Tullius Valentinus, qui commandait une petite armée chargée de couvrir Trèves, l’ordre d'éviter le combat avant qu’il eût été rejoint par leurs soldats. Valentinus était campé à Rigodulum, sur la Moselle; malgré la force de son camp, il fut attaqué et vaineu par Cérialis, qui entra dans Trèves le len-

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