‹ Histoire de Lorraine. Tome sixièmeChapitre 14 sur 42 · EE · texte numérisé non relu

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principal promoteur des réunions de la noblesse, fut exilé à Bruyères , le 18 février 14740, et la cour reçut l’ordre d’enregistrer la déclaration. L'enregistrement eut lieu le 24 février, avec la mention que les magistrats ne cédaient que du trèsexprès commandement du roi; et ce dernier signa, en son: conseil des finances, le 5 mai suivant, um arrêt qui, interprétant quelques articles de la déclaration, donnait une demi-satisfaction aux plaintes des intéressés (1).

Cette affaire n'était pas terminée, lorsque le chancelier soumit au roi le projet d'un édit destiné à soulever de nouvelles clameurs. Léopold avait créé, au mois de juillet 1700, cinq cents offices de distillateurs et fabricateurs d’eau de vie, tant de vin que de lie de vin et marcs de raisins. Plus tard, le nombre des offices avait été porté à six cents, et quand un distillateur venait à mourir, on lui donnait un remplaçant, qui versait une petite somme dans le trésor ducal (2). C'était, du reste, une si faible source de revenu, que, depuis plusieurs années, on ne s'était pas occupé de tenir au complet le nombre des offices. M. de la Galaizière, s’imaginant avoir découvert un excellent moyen de se procurer de Pargent, sans augmenter la subvention, rédigea un édit qui taxait les marcs de raisins , et accordait, à titre de ferme, le privilége exclusif de distiller, fabriquer, vendre et distribuer les diverses espèces d’eau de vie (3). Le roi eut la faiblesse de revêtir ce projet de son approbation, au mois d'août 1739, et ne tarda pas à s’en repentir. Les propriétaires de vignes, qui avaient jusqu'alors joui de la faculté de faire distiller chez eux par les individus pourvus des offices, réclamèrent contre une ordonnance qui établissait un véritable monopole, et leurs doléances

(4) V. Rec. des ord., ibid., p. 164, 190 et 222 ; Durival, ibid., p. 168.

(2) V. Rec. des ord.,t.1,p 242 :

(3) Il parait que la taxe et la ferme auraient produit environ huit cent mille livres. :

trouvèrent de l'écho dans les compagnies souveraines. La cour et les deux châmbres des comptes refusèrent l'enregistrement et firent des remontrances, que l'on feignit d'écouter. On modifia l’édit; mais, comme il était encore beaucoup plus favorable aux traitants qu'aux vignerons, les murmures continuèrent, et le chancelier se résigna, bien malgré lui, à abandonner son ouvrage (1).

A côté de ces actes, qui faisaient regretter bien vivement aux Lorrains l'administration paternelle de Léopold, et inspiraient une violente répulsion sinon pour le roi de Pologne, au moins pour son ministre, il est doux de pouvoir rappeler la créatjon. d'institutions utiles. Le 21 mai 1739, Stanislas jeta les fondements de la mission royale. Les prêtres, au nombre de huit, devaient appartenir à la compagnie de Jésus, avoir un logement dans le noviciat des Jésuites

de Nancy, et parcourir la Lorraine et le Barrois, en donnant

successivement des missions dans les villes et dans les villages. Ils commencèrent par la capitale et prêchèrent à Nancy, pen-

dant un mois, dans l’été de l’année 1739. Stanislas avait fait verser dans le trésor royal de France six cent vingt-six mille livres, dont les intérêts étaient applicables à l'entretien de la mission, et, trouvant son œuvre incomplète, il remit au trésor une autre somme de quatre cent vingt-quatre mille livres, produisant une rente de vingt-un mille deux cents livres. { y eut désormais douze missionnaires et un supérieur, ‘et ils

furent chargés de distribuer annuellement douze mille livres

d’aumônes, et de faire douze missions : six dans lc diocèse de Toul, trois dans celui de Metz et trois dans les autres parties de la Lorraine et du Barrois. De plus, comme les missionnaires se trouvaient gènés dans le noviciat des Jésuites, le roi fit construire, pour les loger, un bâtiment vaste et de bon

(1) V. Durival, ibid., p, 469 et 170 ; l’ouv. de M. Noël, t. L, p. 242 et 243.

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