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IMiilij)pc ci SCS ministres par le Iron d'une aiijnille.
Celte image de l'aplatissement de la France, que lord Palmerston exhibe à son pays comme le plus éclatant témoignage de sa politique nationale, laisse l'Orléanisme insensible ou indifférent. Tenu en suspicion ou abreuvé d'outrages, il ferme les yeux pour no pas voir et les oreilles pour ne pas entendre. Après s'ôfre cuirassé d'une philosophique insouciance, il ne prend pas plus la peine d'expliquer que de nier ces soufflets, qui auraient fait bondir d'une sainte et légitime fureur l'ancienne Royauté, la République el l'Empire. D'autres soins le préoccupaient; et il inaugurait ce que, dans son style soldatesque, un général orateur appelait : « une halte dans la boue. « Quand ses ambassadeurs lui annoncent qu'à Pétersbourg, à Vienne, à Berlin, à Madrid, à Rome ou même à Turin le poste ne .sera plus tenable, Louis-Philippe leur répond invariablement que la patience est la seule vertu de la diplomatie. La patience, ajoulait-il, est une monture fjui ne regimbe pas.
Après l'avoir si tristement mise en pratique pour lui, il l'impose aux autres; et le comte de Saint-Aulaire, à Vienne, se voit forcé de faire bonne contenance, lorsque la princesse de Metternich, en face de toute la cour, jette à l'Orléanisme un affront sanglant. Saint-Aulaire, homme d'esprit, de mœurs douces et d'une politesse qui a les traditions de l'ancien régime, représente la France auprès de l'empel'our d'Autriche, que gouverne le prince de Melfrr'
2yi CHAPITRE III.
nich, subissant lui-même l'influence de sa jeune femme. Un jour, dans une réception solennelle, le comte de Saint-Aulaire, jaloux d'être bien accueilli par la princesse, qui a toute l'orgueilleuse puissance de la beauté, se glisse auprès d'elle. Puis, en tâchani de la désarmer par une admiration expansive, il s'écrie : a Oh! princesse, quelle belle couronne de diamants vous portez sur votre tête, » Cette exclamation est à peine sortie de la bouche de Tambassadeur orléaniste, que madame de Metlernich, lui souriant el lui tendant la main avec une grâce féline, réplique : c< Vous pouvez, cher comte, assurer à votre roi qu(^ celle-là du moins n'a pas été volée. » Le mol fît forlune, et Sainl-Âulaire crut de son devoir d'en solliciter réparation du prince de Metternich. Le chancelier d'Autriche aimait à envelopper sa gravité de circonstance d'une teinte de spirituelle raillerie. Il ne put s'empêcher d'approuver les justes susceptibilités du plénipotentiaire français; mais, pour esquiver l'explication, il ajouta : «Monsieur le comte, la princesse est jeune, et ce n'est pas moi qui l'ai élevée. Prenezvous-en donc à sa mère, n
A Pétersbourg, c'était, à chaque réception, la même scène se renouvelant à chaque ambassadeur. On envoyait au czar des capitaines parvenus, des soldats de vieille race on des écrivains renommés, et le général AtthaliUjles maréchaux Mortier et Maison échouaient auprès de l'empereur Mcolas, ainsi que le duc de Mortemarl et le baron de Baranle. Bienveillant, com-
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mmiicatif, empressô même ù leur rgard, l'empereur poussait l'affabilité jusqu'à la coquetterie; mais il lui répugnait de près comme de loin d'entendre parler de Louis-Philippe. Lorsqu'au cercle de la cour il passait devant le corps diplomatique : c< Monsieur l'ambassadeur de la Grande-Bretagne, comment se porte le roi, mon frère?» demandait-il. La réponse donnée, il adressait la môme question en termes à peu près identiques aux ministres des diverses cours. Si l'ambassadeur de France était un dignitaire de l'Empire itu de la Restauration, le czar ne procédait plus avec sa courtoisie majestueusement fraternelle. Sans s'occuper du roi-citoyen ou de sa famille, il s'informait à quelle heure avait été tiré le premier coup de canon à Auslerlit/, à Friedland ou à la Moskowa. Il demandait avec une sollicitude croissante des détails sur l'exil de Charles X ou sur l'assassinat du prince de (londé, |tuis il s'enquérait des corps d'armée commandés par le maréchal ambassadeur. Quand M. de tarante se trouva chargé de ces fonctions si pénibles jiou)' un cQHir vraiment patriote de Juillet, le thème du czar se modifia, selon les aptitud(is de l'envoyé. Une double question fut stéréotypée sur les lèvres impériales : u Baron de Baranle, comment se porte l'excellente madame de Baranle?... (ju'y a-l-il de nouveau à Paris en fait de littérature;? »
Celle altitude désolait Louis-Philippe, parce qu'elle l'excluait virtuellement de la famille des rois et qu'un exemple venu de si haut légitimait tous les affronts.
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liGS petites cours ne se les épargnniont pns. Seulement les chancelleries ne s'écartèrent jamais de ces règles (le politesse el de discrétion qu'elles tiennent à honneur de mêler à la conduite des affaires les plus délicates elles plus hasardeuses. Elles semblèrent laisser au souverain le droit personnel de moquerie. Aussi, dès le 28 octobre 1 S o 3, le duc de Broglie, ministre des affaires étrangères, donne-t-il au maréchal Maison les instructions suivantes :
« Lu situation de l'ambassade de France en Russie devenait d'autant plus délicate que, dans ce pays, les hautes classes modèlent exactement leur altitude et leurs impressions politiques sur celles du souverain. Le représentant du roi se trouvait partout exposé à des difficultés et à des écueils qu'ailleurs il n'eût rencontrés qu'à la cour. Je ne vous rappellerai pas les épreuves qu'a eues à subir votre prédécesseur. Vous savez que, par un raffinement singulier, l'empereur Nicolas, en comblant M. le duc de Trévise d'égards et de prévenances évidemment accordés à sa réputation militaire, en même temps qu'il s'abstenait avec affectation de lui adresser une seule parole relative à son caractère diplomatique, s'est attaché à faire ressortir la froideur de l'accueil réservé à l'ambassadeur du roi des Français.
f( Nous avons lieu de penser, mon«;ieur le maréchal, que vous n'aurez point à subir une réception sembl.ihle. Nous trouvons à cet égard une garantie non équivoque dans les assurances (ont à fait sponlnn/'es qn.f le