‹ Histoire de Louis-Philippe d'Orléans et de l'OrléanismeChapitre 18 sur 48 · I.i; .NAl'OLKdX |)i: LA |'\|\. 7A · texte numérisé non relu

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\ro, M. Tliiers enlrait tambour bnllanl à la présidence (lu conseil des ministres. Le 22 février 1S50, en se proclamani, avec une tapageuse humilité, l'homme de la situation, il a commencé son premier cours de diplomatie. 11 fait échec à Fjouis-Philippe dans la question espagnole et le force à intervenir d'une manière directe ou indirecte en faveur des constitulionnels, .\ celte époque, M. Thiers, indomptable professeni' du principe : le roi règne et ne gouverne pas, s'a perçoit que les christinos de la Péninsule ne peuvent pas, à eux seuls, résister au mouvement légitimiste. De son autorité privée, il invite secrètement le général Bugeaud à se mettre à la tête d'un corps de volontaires recrutés dans l'armée française. Malgré le système de non-intervention, il va intervenir en Espagne, lorsque Louis-Philippe, qui ne veut pas avoiiconspiré pendant les plus belles années de sa vie pouidevenir, sous la protection de quelques théoriciens de faction, un monarque automate voué à une paresse éternelle, mais assez mal rétribuée, se jette dans les bras d'un ministère moins compromettant. Durant son semestre présidentiel du 22 février, M. Thiers n'a pas osé guerroyer contre la Suisse démagogique ou porter secours à l'Espagne révolutionnée. A sa seconde étape du 1" mars 1840, il va, après avoir tenté de mettre le feu à toutes les poudres, reculer devant la jiremière menace d'explosion. Étourdissant de fatuité, de bonhomie et d'indiscrétion, il récitait son espiit et babillait d'avance ses discours; puis, paradant à

-)i2 CHAPITRE III.

la têle des centres comme un petit fifre dans les habits d'un tambour-major, il ne cessait de promettre à son roi qu'il allait sauver le coche orléaniste. Par les pétulances de sa politique, il le précipite dans les fondrières du représentatif.

La question orientale s'agitait déjà entre les grandes puissances. Elle est pour Louis-Philippe une source d'embarras évidents et de craintes fondées. M. Thiers, qui, empruntant les paroles sacrées, eût été de force à dire à la France ainsi que Dieu, dans les prophéties' : (( Je vais faire venir l'Orient, qui est mon serviteur, » ne rassure pas complètement les terreurs royales. Un escamotage pinson moins habile de portefeuilles, deux ou trois savantes jongleries de tribune loujours prises au même sac, peuvent, dans de certains cas, enrégimenter une majorité indécise et la conduire, les yeux fermés et les mains ouvertes, au scrutin d'une loi de finances ou à la conclusion équivoque d'un armistice législatif. Mais, en présence des difficultés extérieures que l'ambition des uns et l'incurie des autres laissèrent grandir jusqu'au point d'être un cas de guerre européenne, que devait-on espérer du spirituel babil de ce Mirabeau bourgeois s'épuisant pour arriver aux grandes choses et ne réalisant pas même les petites? L'OrIcanisme se défiait des fantaisies de domination de M. Thiers; il avait peur surtout de ses bravades révolutionnaires et de ses complots oratoires. Son mépris audacieusement ou plaisamment affiché pour

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