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la maison do Hanovre, grelféc sur Cobourg. Sans savoir s'il conviendra au duc de Bordeaux de briguer une banale faveur qui se prodigue au palais Buckinghani avec trop peu de discernemenl, lord Aberdeen el M. de Uolian-Cbabot établissent leur négociation sur une hypothèse, qui ne se réalisa pas. Le duc de Bordeaux fit semblant d'ignorer qu'il y eût à Londres ou à Windsor une reine de la Grande-Bretagne. La haute noblesse franc^aise ne s'en aperçut pas plus que lui.
Sir Robert Peel el lord Aberdeen voulaient amener Louis-Philippe à résipiscence. Le cabinet britannique riait des inquiétudes et des craintes inspirées par le duc de Bordeaux, et le Foreign-Office demandait un acte. L'Orléanisme y souscrivit par procureur l'ondé, et alors le ministre de la reine Victoria notitia la déclaration suivante au comte de Rohan-Chabot : «Maintenant je vous dirai que, livré à moi-même, et si l'on était indifférent à Paris, je voudrais que, s'il le désire, la reine reçût le jeune prince; il me semble que nous ne pouvons pas faire moins pour le petit-fils de Charles X, qui revient en Angleterre avec son simple titre de prince exilé, que nous ne nous sommes crus obligés de le faire pour un aventurier comme Espartero. Cette réception serait évidemment scriclly pHrale, une simple présentation, sans dîner, etc.; mais si vous m'en exprimez le désir, je le répète, je déconseillerai même celle simple prévenance de noire cour. )^ Léopold de Belgique servit encore d'intermédiaire. Comme L()uis-Philip|)e aura toujours la niallicurnise
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chance de démasquer ses batteries, plutôt par des lettres officieuses que par des négociations officielles, c'est aux minutes de sa correspondance intime, jetées à tous les vents des révolutions, qu'il faut demander le secret de ses terreurs. Le i novembre 1845, il écrit au roi des Belges : « Je crois que dans les grandes affaires politiques il n'y a qu'une base, c'est la vérité. Le duc de Bordeaux va en Angleterre, pas comme visilor ahandoned and intercUiny, mais comme pretender, cela est certain. Dès lors il faut qu'il ne soit pas reçu par la reine. Il est impossible de prévoir quel serait le résultat d'une réception. Si ce n'était que quelque coup de tête de quelques carlistes sur les côtes de la France, la tranquillité actuelle serait troublée, et l'impression des plus nuisibles. Le voyage de Nemours devient, outre cela, impossible. Le public en France dirait qu'il a été envoyé en Ânglelerre pour empêcher la réception du duc de Bordeaux, mais sans réussir. Pour résumer, je dois donc franchement dire qu'on doit poser le cas de la manière la plus conclusive, que le duc de Bordeaux ne doit pas être reçu par la reine. Qu'on mette le plus de formes dans celte décision que l'on voudra, cela on le pourra, pourvu qu'on ne cède pas sur le fait. » Les tribulations du père de famille et du roi se manifestent avec la même âpreté. Huit jours après, le \'2 novembre, sa reconnaissance éclate en verbeuses démonstrations. Il adresse de Saint-Cloud la lettre suivante à son a très-cher frère et excellent ami. »
LE NAPOLÉON DE LA PAIX. :Vj\
c( C'est au moment d'entrer au conseil que je reçois votre bonne lettre d'hier, et je m'empresse de vous remercier de vos bons efforts auprès de la reine Victoria pour l'entretenir dans les bonnes dispositions qu'elle avait manifestées à Eu, relativement à la réception du duc de Bordeaux. Elle y a most nobly permted, et lord Aberdeen nous ayant donné l'assurance qu'il en donnerait le conseil officiel à la reine, nous n'avons plus d'inquiétude sur ce point, puisqu'on a exigé que nous le demandions, et qu'à présent c'esl un engagement pris avec nous. Il est incontestable que la réception par la reine d'Angleterre ne serait pas un acte de pure et simple courtoisie, mais un acte politique, et qui en aurait toute la portée. Au surplus, mon cher frère, veuillez faire parvenir à la reine Victoria combien je suis touché, ainsi que toute ma famille, des sentiments qu'elle nous a manifestés sur ce point, et de la ténacité qu'elle y a mise. Veuillez aussi, si vous en avez l'occasion, faire savoir à lord Aberdeen ce que j'ai déjà bien chargé Nemours de lui exprimer, combien j'apprécie, ainsi que mon gouvernement, ses procédés envers nous tous dans cette circonstance. »
Perfide sans art et hypocrite sans talenl, Louis- Philippe a fait fermer à son roi légitime les portos de Windsor, auxquelles ce roi ne daignera pas frapper. L'Orléanisme respecte loutesles majestés à l'exception de la majesté de l'exil. Dans ses lettres privées, qui mainlenant sont sa condamnation, il s'applaudit d'un
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succès, inutile à la Franco, frivole aux yeux de la raison publique, et que le cabinet de Sainl-.lanies ne tardera pas à faire payer. Les prières qui ménagent ce succès ne sont pas restées un mystère. Louis-l'liili})pe a sans cesse besoin d'auditeurs et de confidents. Sa douleur lui échappe comme son plaisir; et la haute aristocratie du Royaume-Uni apprend bientôt qu'elle doit dégager son renom d'hospitalité de toutes les réticences des Cobourg et des d'Orléans. Min de complaire à cette double lignée de souverains (le pacotille, la reine Victoria veut, autant qu'il est en elle, faire peser une nouvelle proscription sur la tête d'un proscrit, aussi digne d'avoir des amis que des ennemis. Les lords anglais environnent ce proscrit de tous leurs hommages. Il est pour eux le représentant des vieilles races, le premier gentilhomme du monde, le prince que les révolutions peuvent tenir éloigné du trône, mais qui partout et toujours aura droit au respect. L'aristocratie anglaise lui prépare, lui offre dans ses châteaux une fastueuse réception. Pendant ce temps, Louis-Philippe se trouvait exposé à d'autres déboires plus personnels. Ainsi qu'à tous les parvenus à la couronne, il lui aurait été doux de voir les vieilles familles de la Monarchie faire cortège à sa puissance et l'entourer de leur prestige historique. La noblesse avait repoussé ses avances et dédaigné ses cajoleries'; mais à peine l'arrivée à Londres du
' Durant ses dix-liuit aiincL'S de règne. rOiléaiiisme n'a provoqué Jans la noblesse (jue de très-rares défeclioiis; un due de Montninrenr\