‹ Histoire de Louis-Philippe d'Orléans et de l'OrléanismeChapitre 37 sur 48 · I.A FIN D'HM: l'SURl'ATlOiN. il · texte numérisé non relu

I.A FIN D'HM: l'SURl'ATlOiN. il

iiœuvre. Teste est un vieux conspirateur libéral, un avocat madré qui connaît, par une longue expérience, toutes les ressources de la chicane. Il ne s'effraye pas comme le général Cubières de l'appareil de la justice. Son sang-froid, son énergie et ses subtilités de basoche le servent admirablement devant cette hante cour où il siégeait la veille au milieu de ses pairs. Enfin, écrasé sous l'évidence des preuves, il cherche à se dérober k une flétrissure légale en se réfugiant dans le suicide. N'ayant pu réussir à commettre ce dernier forfait, il est condamné à trois ans de prison et à la dégradation civique. Ses coaccusés sont tous frappés de celte dernière peine.

Trente jours s'écoulent, et, le 18 août 1847, Paris et l'Europe entière sont saisis d'épouvante au récil d'un crime encore plus étrange. Le duc dePraslin, chevalier d'honneur de la duchesse d'Orléans, a, durant la nuit, égorgé sa femme, la mère de ses huit enfants. En France, où l'esprit de famille a survécu à la perle de toutes les traditions, cette nouvelle retentit comme un coup de tonnerre. Une foule immense assiège l'hôtel, témoin de ce lugubre drame; puis, avec i.ne fiévreuse avidité, elle en recueille les navrantes péripéties, elle en commente les détails les plus intimes. La duchesse de Praslin, fille du maréchal Sébastiani, s était arrangée un roman d amour dans le mariage. Le duc de Praslin n'y vit qu'une chaîne devenue plus

sWria-t-il tout abasourdi, que me clinntez-vous là? est-ce que nous avons tous fait autre cho^c Hopuis plus de quarante-cinq ans? »

',7i CHAPITRE IV.

lourde par In monolonie du bonheur. Ln présence d'une jeune institutrice vint troubler ce ménage. Le duc de Praslin, enivré d'adultère et fou d'ennui, résolut de se débarrasser de sa femme à coups de poignard. La lutte avait été aussi longue qu'affreuse, car le corps de la duchesse est couvert de plus de trente blessures, et celui de l'assassin porte des traces visibles de la résistance qu'il éprouva dans l'accomplissement de son crime.

Ce meurire inexplicable était patent, La justice ne daigna même pas s'arrêter aux dénégations et aux équivoques réponses de l'assassin. La Cour des pairs est chargée de procéder, mais alors un empoisonnement volontaire, selon les uns, imposé par l'autorité el subi parla prostration, racontent les autres, accrut les soupçons et redoubla les angoisses. Le peuple refuse d'ajouter foi au suicide. Il imagine d'absurdes hypothèses; il croit à des relations coupablesqui n'existèrent jamais. Le litre de chevalier d'honneur de la duchesse Hélène d'Orléans fut une occasion de calomnie contre cWe. On alla plus loin; l'assassin se dérobait ou était soustrait à la vindicte publique. Il se rencontra des multitudes de gens bien informés, sachant de source très-sûre et révélant à tous que le duc de Praslin vivait dans le palais des Tuileries. L'idée de rattacher le mystérieux forfait à la dynastie régnante était si bien enracinée dans les esprits, qu'aujourd'hui encore il ne manque pas de robustes crédulités pour affirmer que ro[ homme n été vu et reconnu lanlôl en Angleterre,

Page 1