‹ Histoire de Louis-Philippe, roi des FrançaisChapitre 27 sur 55 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Seconda Restuurution. — Rëaclions sanglantes; violences des alliés — Lutte entre le ministère Talleyrand et le pavillon Marsan. — Proscriptions. — Licenciement de l'année. — Exigences des alliés. — Démission de Talleyrand et de Fouehé. — Composition du ministère Richelieu. — Ultimatum de la Sainte-Alliance. — Intrigues du pavillon Marsan. — La Chambre introuvable; Terreur blanche. — Opposition modérée du due d'Orléans à la Chambre des Pairs. — Mémoires adressés par le prince au congrès de Vienne ; réflexions a ce sujet. — Conduite prudente du duc vis à-vis de la branche aînée. — Intrigues diplomatiques en faveur du duc d'Orléans. — Paroles de l'empereur Alexandre sur ce prince. — Entrevue de Louis XVIII el du duc d'Orléans. — Le duc assiste à l'ouverture de la Chambre des Pairs; il est nommé membre du troisième bureau. — Rédaction de l'adresse. — Le due d'Orléans à la tribune; sensalinn produite par son discours. — Colère de la cour. — Le roi relire l'ordonnance qui autorise les princes a siéger a la chambre des pairs. — Le duc d'Orléans est en butte aux attaques des royalistes ; sa proclamation aux Français — Il se relire en Angleterre. — Système de persécutions; vengeances de la Restauration. — Arrestation, jugement et exécution de Labedoyère et du maréchal New — Evasion de M. de Lavalelle. — Loi d'amnistie ; proposition de M. de Labourdonnaye. — Union des partis contre le despotisme du gouvernement. — Lois d'exception. — Mariage du duc de Bcrry. — Caractère hautain de ce dernier; anecdote. — Le duc d'Orléans monte sa maison, et repart pour aller chercher sa famille. — Le roi refuse au duc d'Orléans le titre d'Altesse Royale. — Délîances de Louis XVIII ; anecdote. — Retour à l'absolutisme. — Loi électorale. — Ordonnance du S septembre. — Rôle actif île la Presse. — Conspirations de Grenoble; — des palriolesde 1816; — de ['Épingle noire, du Péturd-Bcrry. — Execution des quatre sergents de la Rochelle.

\|)iis l'étonnant épisode des Cent-Jours, la cour, l'émigration, le parti royaliste, revinrenl à Paris sans être corrigés par cette nouvelle et cruelle leçon. Le comte d'Artois allait plus que jamais entraîner Louis XVIII dans des mesures impopulaires. Les réactions violentes commencèrent à éclater dans le midi , notamment à Marseille, à Nîmes, où l'on avait arbore le drapeau blanc dans un mouvement

insurrectionnel : et les massacres qui signalèrent le retour de la branche aînée dos Bourbons trouvèrent des apologistes sans nombre dans une cour oublieuse du passé. Les premières et les plus illustres victimes de ees fureurs populaires lurent le maréchal Brune, assassiné à Avignon, le général Ramel a Toulouse, le général Lagarde à Nîmes. Tout un corps de mameluks fut égorgé à Marseille, et Masséna n'échappa que par miracle aux coups des assassins. Le gouver- ' nement lui-même, obéissant à la funeste influence du pavillon Marsan, ne tarda pas à prendre part à ces atrocités, qu'il appelait de justes représailles. D'un côté , les exigences et l'esprit d'envahissement du parti de Monsieur, de l'autre, l'occupation étrangère, dont l'insolence se traduisait partout en actes arbitraires et en violences inhumaines : telle était la situation de la France, accablée de réquisitions et d'emprunts.

Louis XVIII, homme de tact et de sens, avait promis d'ajouter à la Charte toutes les garanties suffisantes pour en assurer l'exécution, et proclamé le maintien du gouvernement représentatif (28 juin 1815); alors on s'occupa de créer une autorité régulatrice. La convocation d'une nouvelle Chambre suivit la dissolution de celle de 1814. Le ministère de Talleyrand, Touché, Pasquier, Jaucourt, Gouvion-Saint-Cyr, était loin de s'associer à un système de réactions aussi passionné, et sa modération irritait le parti royaliste, au point que les efforts des agents du gouvernement, dans la formation des collèges électoraux, se brisaient contre une résistance ouverte. Les ministres y répondirent par la révocation immédiate des pouvoirs des commissaires extraordinaires. Cette mesure augmenta la colère des royalistes, et leur opposition devint si hostile, que Talleyrand eut un moment la pensée de demander au roi l'éloignement de son frère.

Cependant , Fouché avait ordre de dresser une liste de proscription contre les principaux auteurs de l'interrègne, pour satisfaire à la fois les ressentiments des alliés et du pavillon Marsan. 11 proposa plusieurs listes au château des Tuileries, et la liste définitive contint 57 noms : 58 individus devaient sortir de Paris, et 19 passer devant des conseils de guerre compétents (24 juillet), Talleyrand, ennemi de rancunes aussi odieuses qu'impolitiques, ne cessait de prêcher l'oubli du passé et reconstituait une pairie héréditaire, en éliminant la plupart des hommes qui axaient siégé dans les Cont-Jours. Bientôt

l'armée française fut dissoute, à la demande impérieuse des alliés, qui voulurent s'immiscer dans sa réorganisation. Là ne se bornèrent pas leurs exigences et leurs fureurs, contre lesquelles la capitulation aurait dû nous protéger. Une contribution exorbitante, dont cent millions furent payés sans retard, le pillage de nos musées, de nos monuments publics, témoignèrent de leur mauvaise foi et de leur Vandalisme. Enfin, ils présentèrent leur ultimatum, et M. de Talley— rand, après l'avoir rejeté , offrit sa démission; exemple que suivirent ses collègues. Fouché avait déjà donné la sienne. Antipathique plus que tous les autres au roi, à Monsieur et à la Sainte-Alliance, car il était régicide, — il avait compris que la place n'était pas tenable pour lui. Envoyé à Dresde en qualité de ministre, il fut ensuite frappé de bannissement comme votant. La loi du 6 janvier 1816 l'obligea de quitter Dresde. Il se rendit à Prague, puisa Lintz, et de là à Trieste, où il mourut le 25 décembre 1820.

Le duc de Richelieu fut chargé de composer le nouveau cabinet sous sa présidence; M. Decazes , dont la fortune fut si fabuleuse, eut le ministère de la police; M. de Richelieu n'avait accepté la direction des affaires que dans la pensée d'un appui franc et direct de la Russie. En effet, la Sainte-Alliance diminua les ligueurs de son ultimatum, qui fut arrêté de la manière suivante:

1° Les limites de la France, telles qu'elles étaient en 1790, depuis la mer du Nord jusqu'à la Méditerranée.

2° La cession par la France aux alliés des places de Landau , Sarrelouis, Pbilippeville et Marieiibourg, avec les rayons et territoires spécifiés dans le projet de traité proposé le 20 septembre parles 4 cabinets.

5° Démolition des fortifications d'Huningue.

4° Renonciation aux droits sur la principauté de Monaco, en échange de la possession d'Avignon, du comtat Venaissin. du comté de Montbelliardetdetoutautreterritoire enclavé dans les limites françaises, assurées à la France.

5° Une indemnité de 700 millions.

6° L'occupation, pendant cinq ans, de dix-sept forteresses, et l'entretien de cent cinquante mille hommes.

Cependant, outre les 700 millions stipulés dans ce traité du "20 octobre 1815, chaque puissance réclama des indemnités parti-

eulièrcs, dont le chiffre s'élevait à l,55o millions! Ce n'est pas sans indignation que Louis XVIII subissait les conséquences d'une restauration par les baïonnettes étrangères; mais, impuissant contre la loi du vainqueur, il attendait avec patience le jour où, délivré de ses dangereux auxiliaires, il pourrait donner à son gouvernement une direction plus adroite, plus modérée, et conquérir ainsi quelque popularité. Quoique formé sous l'influence des royalistes et de la cour, le ministère ne tarda pas à rencontrer des inimitiés au pavillon Marsan, ainsi qu'à la Chambre, dont la majorité était l'œuvre du parti royaliste. Cette Chambre, convoquée pour le 24 septembre, fut prorogée jusqu'au 7 octobre, quand on parla de changer le ministère.

La Chambre de 1815, dite introuvable, imita par son système de terreur, appelée la Terreur blanche, les fureurs de la Convention Nationale. La majorité, créée, nous le répétons, par les intrigues des comités royalistes, obéissait à une impulsion inintelligente; un dévouement aveugle aux idées rétrogrades du comte d'Artois avait été le seul titre nécessaire a l'élection des députés; et leur zèle, en effet, pour le trône et l'autel, devint du fanatisme et du délire. L'Opposition, qui formait la minorité, était divisée en deux fractions et comptait dans

Rovcr-Collard.

ses rangs des hommes expérimentés; elle avait pour chefs Royer- Collard, de Serres, Becquev, Pasquier. La Chambre haute était, à peu pics, entièrement renouvelée par la création de qualre-vingt-

douze pairs et l'épuration du 24 juillet. Le roi avait autorisé les membres de la famille royale et les princes du sang à y siéger. Monsieur en profita pour augmenter la puissance de son parti. Le duc d'Orléans y prit cetteattitude prudente, ce rôle d'opposition modérée, le seul qui convint à son caractère et à ses intérêts. Pendant les Cent- Jours, ce prince ne s'écarta pas un instant, à Londres, de la plus grande réserve, notamment dans ses relations avec lord Holland et les membres de l'opposition anglaise. Il avait conservé l'amitié du prince deGalles, devenu régent, et, se bornant à observer les événements, il s'était résolu fermement à rester neutre. Habile dans l'appréciation des faits, le due adressa au congrès de Vienne deux Mémoires , où il déduisait logiquement les causes de la chute des Bourbons en 1814. Fut-il mù, en cette occasion, par des sentiments ambitieux? on ne peut le croire, puisqu'il repoussa les propositions que les chefs des patriotes français lui firent dans les derniers jours de juillet. Il céda peut-être inconsidérément au désir d'exprimer hautement son opinion, car sa franchise pouvait lui être fatale; mais à coup sûr, avec une arrière-pensée, il n'eût pas eu l'imprudence de se compromettre par un acte public. Sa position vis-à-vis de la branche aînée devait toujours être délicate et difficile, malgré les apparences d'une réconciliation commandée par l'intérêt des deux familles. De part et d'autre, il était de bonne politique de jeter un voile sur le passé et de se faire des concessions mutuelles. Le due d'Orléans ne manqua jamais à ces engagements tacites, dont dépendait le succès de ses espérances légitimes. Par exemple, lors du retour de Louis XVIII à Paris, les journaux anglais annoncèrent que, dans les Cent-Jours, Son Altesse Sérénissime avait refusé de servir avec les émigrés sur le continent contre Napoléon ; le prince n'hésita pas à désavouer un acte de patriotisme dont il n'avait pas eu l'initiative, puisque Louis XVIII avait défendu à tous les princes de sa famille de tourner leurs armes contre la France. Cependant, si le duc d'Orléans n'eût compris combien il convenait peu à sa gloire d'accepter une couronne des mains de l'étranger, il aurait pu, sans être accusé d'usurpation, obéir au vœu non-seulement des alliés, mais de la Chambre des représentants, après le désastre de Waterloo. En effet, Louché avait écrit à son collègue du congrès de Vienne de sonder la diplomatie sur la candidature du duc d'Orléans. M. de Tal-

DE LODIS-PHILIPPE. 529

leyrand partageai! les vues de Fouché sur la branche cadette; el l'empereur Alexandre s'exprima franchement à ce sujet, en plein congrès : « Ne serait— il pas dans l'intérêt de l'Europe, dit— il, que la couronne de

Franco fût placée sur la tète du due d'Orléans? «Cette proposition fut comme un trait de lumière: car la nullité politique des Bourbons aines était incontestable, et l'on redoutait leur retour à l'ancien régime, dont ils avaient conservé tous les préjugés. Le congrès penchait déjà pour le due d'Orléans, quand lord Clancarty, s'élevanl avec vivacité contre ce projet, lit ressortir le danger de porter un coup aussi rude au principe de la légitimité; et il fut d'autant plus écouté qu'il s'agissait moins du bonbeur d'une nation, que d'une question où les rois étaient juges et parties. En habile courtisan, M. de Talleyrand instruisit secrètement Louis XVIII de celte petite conspiration diplomatique, dont il n'avait pas dépendu de lui d'assurer le succès. Fouché fit de nouvelles et pressantes démarches auprès des alliés. II s'en ouvrit au duc de Wellington. « Les qualités personnelles du duc d'Orléans, disait-il. les souvenirs de Jemmapes, la possibilité de faire un traite qui concilierait tous les intérêts, ce nom de Bourbon, qui pourrait servir au dehors, sans qu'on le prononçât au dedans; tous ces motifs el d'autres encore offrenl dans le dernier choix une perspective de repos et de sécurité, même a ceux qui ne pourraient v voir le présage du bonheur. » MM. de Valence et Flaugergues se joignirent au duc d'Otrante. « Le principe pour le maintien duquel les alliés se sont armés, répondit Wellington, souffrirait également de l'élévation au trône de la branche cadette; M. le due d'Orléans ne serait qu'un usurpateur de bonne maison; d'ailleurs, ce prince s'en est lui-même expliqué; il n'accepterait la couronne que pour la restituer à son auguste el légitime propriétaire. » Loin de se rebuter. Fouché çcrivil à M. deMetternich une lettre, dans laquelle, tout en déclarant qu'il fallait en revenir à Napoléon, il ne cachait pas que le duc d'Orléans lui paraissait êtreleseul prince a qui la France put. en toute sécurité, confier ses destinées. Dans une autre occasion, M. Fleurv de Chaboulon. parlant encore au nom du ministre de la police, disait a M. Verner, agenl de M. de Metternich : « Les alliés tiennent moins à rendre la couronne à Louis XY11I qu'à Pôter a Napoléon. Le duc d'Orléans ne conviendrait-il pas à la nation? il a servi jadis dans les armées républicaines: il a été partisan de la révolution;

son père a voté la mort de Louis XVI. — Le duc d'Orléans, répliqua V,. Verner, offrirait sans doute a la nation la pluparl desgaranties qu'elle désire : mais son élévation au trône, loin d'anéantir les troubles, les multiplierait. Il aurait contre lui les partisans de Louis \\ 111, ,|,. Napoléon etde la régence. » Ceci était logique et rationnel. Le duc d'Orléans, qui avait si longtemps vécu dans l'exil, nepossédail pas encore les sympathies de la nation, dont il était complètement inconnu. Son parti n'était donc pas assez puissant pour lutter victorieusement contre des prétentions, dont les unes s'appuyaient surleprin- (.j1)(,(|(, [a légitimité, les autres sur le prestige de la gloire el du génie. Il fallait bien qu'Alexandre eût senti la force de ces raisons pour qu'il ne soutint pas davantage la candidature du duc d'Orléans, lui qui disait pointant à Lafayette :

« Les Bourbons sont incorrigés et incorrigibles. Il n'\ en a qu un. le duc d'Orléans, qui ait des idées libérales: mais pour les autres. n'en espérez jamais rien. » De retour d'Angleterre le 29 juillet 1*15.

Louis-Philippe cl avec Louis M III une longue entrevue, où il se défendit chaleureusement de toute pensée d'usurpation, après les

Ont-Jours : « Mon cousin, lui répondif le roi, unis êtes le plus rapproché du trône après Berry; vous avez plus de chances par le

droit que par l'usurpation. Je crois ainsi autant a votre bon esprit qu'à votre bon cœur; je suis tranquille. » Bientôt le duc reçut la confirmation de son immense apanage, sur lequel on avait mis le séquestre pendant les (".eut-Jours, et repartit pour l'Angleterre dans le courant d'août. 11 y resta jusqu'en septembre, époque à laquelle il fut appelé par une lettre du roi à venir assister à l'ouverture de la session des deux Chambres. 11 quitta immédiatement la campagne qu'il habitait près de Londres, sans prendre le temps d'emmener sa famille, arriva le 3o septembre, puis, dans la séance d'ouverture, il prêta solennellement sermenl de fidélité au roi et d'obéir à la Charte constitutionnelle et aux lois du royaume 7 octobre . Nommé membre du troisième bureau de la Chambre des Pairs, on va voir dans quelle occasion il jeta en France le premier germe de sa popularité. Comme a la Chambre des Députés, la passion présidait aux discussions de la Chambre haute, où devaient s'agiter des questions odieuses. La loi des suspects, adoptée sur la proposition de M. Deeazes, fut le prélude d'une foule de mesures dictées par la haine et la peur. Jaloux de s'associer à l'esprit de réaction de la Chambre élective, les nobles pairs oublièrent toute dignité, tout sentiment d'humanité, pour provoquer le châtiment des délits politiques, et allèrent jusqu'à insérer dans le projet d'adresse a Sa Majesté ces paroles révoltantes: « Sans ravir au trône les bienfaits de la clémence, nous oserons lui recommander les droits de la justice; nous oserons solliciter humblement de son équité la rétribution nécessaire des récompenses et des peines, et l'épuration des administrations publiques. » La lecture de ce paragraphe souleva, dans la séance du 13 octobre, une discussion très— orageuse entre les hommes de rancune et les hommes modères. MM. de Barbé-Marbois. de Tracy, Lanjuinais, le duc de Broglie, le repoussèrent avec indignation. Des amendements partiels, tendant a le modifier, furent présentés sans succès, et la haine allait prévaloir, quand le duc d'Orléans, s'élançanl a la tribune, s'écria avec un accent d'autorité inexprimable : » Cml ce que je viens d'entendre achève de me confirmer dans l'opinion qu'il convient île proposer a la Chambre un parti plus décisif que les amendements qui lui sont soumis jusqu'à présent. Je propose» donc

la suppression totale du paragraphe. Laissons au roi le soin de prendre constitution nellement 1rs précautions nécessaires au maintien de l'ordre public et ne formons pas des demandes dont la malveillance ferait peut-être des armes pour troubler la tranquillité de l'État. Notre qualité de juges éventuels de ceux envers lesquels on recommande plus de justice que de clémence, nous impose un silence absolu à leur égard. Toute énonciation antérieure d'opinions me parait une véritable prévarication dans l'exercice de nos fonctions judiciaires, en nous rendant tout à la fois accusateurs et juges! » Ce langage noble et hardi, qui rappelait tout le monde au sentiment «les convenances, remua profondément l'imposant aréopage ; le duc de Richelieu notamment y applaudit, et la question préalable lui adoptée à l'unanimité.

La cour et surtout les comités royalistes s'irritèrent de l'opposition du due d'Orléans. Le roi s'inquiéta de ce commencement de popularité, et retira l'ordonnance qui autorisait les princes a siéger à la Chambre des Pairs. Ils ne durent plus y paraître qu'avec une permission personnelle et délivrée pour chaque séance. Cette mesure ne laissait pas.de doute sur les tendances despotiques du gouvernement; cependant le duc d'Orléans n'en lut que le prétexte; car Louis XVIII redoutait moins l'opposition ouverte mais réservée de son cousin à la Chambre haute, que la sourde influence du comte d'Artois contre le ministère et contre l'action royale, qu'il cherchait sans cesse à paralyser. Toutefois, il n'en fallut pas davantage pour créer des embarras au due d'Orléans. Placé entre des récriminations injustes et une popularité naissante, il fut en butte aux attaques des royalistes, et soupçonné de vouloir rallier les mécontents autour de lui. A la cour, on alla jusqu'à l'accuser tout haut de conspirer contre le trône. L'imputation était si grave, que de Londres, où il était retourné, le prince se crut obligé d'adresser aux Français la proclamation suivante, publiée à Paris en 1810:

« Français! l'on me force à rompre le silence que je m'étais imposé; et puisqu'on ose mêler mon nom à des vomx coupables cl a de perfides insinuations, mon honneur me dicte, a la face de l'Europe entière, une protestation solennelle que me prescrivent mes devoirs.

« Français! on vous trompe, on vous égare. Mais qu'ils se trompent surtout, ceux d'entre vous qui s'arrogent le droit de se choi-

sir un maître, et qui, dans leur pensée, outragent par de séditieuses espérances un prince, le |>lus fidèle sujet du roi de France Louis XVIII !

« Le principe irrévocable de la légitimité est aujourd'hui la seule garantie de la paix en France et en Europe; les révolutions n'en ont fait que mieux sentir la force et l'importance : consacré par une ligue guerrière et par un congrès pacifique de tous les souverains, ce principe deviendra la règle invariable des règnes et des successions.

« Oui, Français, je serais fier de vous gouverner, niais seulement si j'étais assez malheureux pour que l'extinction d'une branche illustre eût marqué ma place au trône ; ce serait seulement alors que je ferais connaître aussi des intentions peut-être éloignées de celles que l'on me suppose, ou que l'on voudrait me suggérer.

« Français! je ne m'adresse qu'à quelques hommes égarés. Revenez à vous-mêmes, et proclamez-vous fidèles sujets de Louis X^ III et de ses héritiers naturels, avec un de mis princes et de vos concitoyens.

« Signé Loiis-Philippe, duc d'ORLÉAXs. »

Le duc d'Orléans s'était donc retiré en Angleterre, au mois d'octobre 1815, autant pour se soustraire à la haine de ses ennemis que pour modérer les espérances prématurées des quelques partisans qui jetaient déjà les yeux sur lui pour l'avenir. « On se plut à répandre le bruit, dit un auteur, que cet exil n'était pas volontaire, qu'il lui avait fallu obéir a une lettre close, et qu'ainsi le premier prince du sang, frappé d'une première lettre de cachet, axait été réduit à l'impuissance de nuire par l'emploi d'une arme dont l'autorité royale avait su se ressaisir. Il est probable cependant que le duc d'Orléans s'était rendu de son plein gré en Angleterre, puisque de son plein gré il revint des le commencement de 1 8 1 7 . Ce qu'il y a de certain, au moins, c'est que, s'il eut quelque complaisance en s'éloignant cette dernière fois, il ne voulut plus en avoir de pareilles. On assure que le roi Louis XV11I voulait l'engager, quelque temps âpre-, a un nouveau vovage ; le prince s'y refusa et déclara avec fermeté qu'il ne s'expatrierait plus, et que, si l'on en pensait autrement, il était prêt a se défendre devant les tribunaux, mais qu'il ne se

T.-.l HISTOIRE

soumettrait <ju'a un jugementlégaP. On se garda biend'en provoquer un, et l'affaire en resta la . »

Cependant la Chambre des Pairs, poursuivant son système de terreur, votait la loi sur les cris séditieux et les cours prévôtalcs. A celte institution se joignirent les conseils de guerre, autre juridiction non moins fatale aux accusés, et qui, toujours choisis par le ministre de la guerre parmi les serviteurs les plus zélés, s'acquittèrent de leur sanglante mission avec fanatisme. Réduites à leurs simples pouvoirs civils, les cours royales étaient sans importance politique, à côté de ces deux juridictions exceptionnelles. La persécution atteignit toutes les institutions judiciaires, et s'étendit aux ministères publics, aux officiers de police judiciaire. Ceux qu'on soupçonna d'avoir mal pensé dans les Cent— Jours furent forcés de donner leur démission; on raya des avocats du tableau, l'on contraignit des avoués à vendre leurs offices. La cour avait bâte de se venger des partisans de l'Empire et des généraux dont la fidélité au grand homme était le seul crime, mais un crime irrémissible. La capitulation de Paris semblait devoir les mettre à l'abri des poursuites. Il n'en fut rien, et le sang d'illustres victimes suffit à peine pour assouvir la haine des royalistes. Labédoyère, à qui l'on avait offert tous les moyens de fuir, fut arrêté, condamné par un conseil de guerre et fusillé. Tout le monde connaît l'histoire touchante et romanesque de M. de Lavalette, averti également de se soustraire aux poursuites. M. de Lavalette, comptant sur la foi des traités, se laissa jeter en prison. 11 passa en cour d'assises, et, condamné à mort, il fut sauvé par le dévouement de sa femme. La nouvelle de celle évasion miraculeuse, due à l'amour conjugal, loin d'attendrir les royalistes, les mit au comble de la fureur. Dans les salons du faubourg Saint-Germain , à la cour, à la Chambre des Députés, ce m' fut qu'un cri de rage, el l'on accusa les ministres de complicité. Le procès du maréchal Ney fut la plus impopulaire de toutes les rigueurs de la Restauration. Lejugement inique de la cour des Pairs rappelle les horribles excès de la Convention. Madame la maréchale Nej multiplia les démarches auprès du duc de Wellington et des ambassadeurs étrangers pour qu'ils intercédassent en faveur de sou mari. Dans une lettre touchante, elle Supplia le duc d'Orléans, alors a Tw ickenham, d'intéresser le régent

d'Angleterre au sbrl de l'infortuné maréchal. Le prince, (jiii ne pouvait protesterque par une muette indignation contre le procès du héros de la Moscowa, n'hésita pas à se rendre à la prière de madame Ney. Il écrivit au régent dans les termes les plus cfialeureux; mais ses géné-= reux efforts échouèrent. La Restauration avait soif de ce sang qui lanl de lois avait coulé pour la patrie sur les champs de bataille; 159 voix prononcèrent la mort. Jamais exécution d'arrêt ne fut plus prompte. La cour n'était pas tranquille tant que le maréchal vivait. Il y eut, dit-on, des royalistes, des officiers qui revêtirent l'uniforme des vétérans pour se taire les geôliers el les bourreaux d'une victime sacrifiée à des ressentiments implacables. A neuf heures du malin, le brave des braves tombait criblé de halles derrière le jardin du Luxembourg 7 décembre .

Cet assassinat juridique de l'une des plus grandes gloires de l'Empire sera une honte éternelle pour la Restauration.

Par compensation, Louis XVIU élève a la pairie le prince allemand de Hohenlohe el le crée maréchal de France, ainsi que Wellington, qu'il décore en outre du collier de l'ordre du Saint-Esprit. Sur ces entrefaites, la loi d'amnistie donna l'essora toutes les exagérations, c'est-à-dire qu'elle devait être une loi de proscription en masse et la confiscation déguisée. Le ministère, auquel répugnaient de pareilles doctrines, entendait confirmer purement l'ordonnance du L2'l juillet.

Twfi HISTOIRE

Instruite de ces dispositions bienveillantes, la majorité de la Chambre des Députés chargea M. de Labourdonnaye de prendre l'initiative à eet égard. Dans la séance du 17 novembre, on lut en effet le projet de loi qui proclamait une amnistie pleine et entière pour ceux qui, directement ou indirectement, avaient participé à la conspiration du 20 mars, tant pour les faits antérieurs de rébellion qui s'y rapportaient, (pie pour ceux qui avaient eu lieu jusqu'au 8 juillet, jour de l'entrée du roi à Paris.

Etaient exceptés :

1° 19 généraux, qui devaient être livrés à des tribunaux militaires, composés d'émigrés et de chouans; — 2" 58 citoyens devant être traduits devant les tribunaux compétents, et condamnés, selon la nature des faits, à la peine de mort ou à la déportation ; — 5° les régicides qui axaient accepté des places de l'usurpateur, ou en siégeant dans les deux Chambres, ou en signant l'acte additionnel; — 4" Napoléon et sa famille, illégalement bannis a perpétuité, et d'avance condamnés a mort s'ils remettaient le pied sur le territoire français; — 5° enfin tous ceux contre lesquels on se réservait de commencer des poursuites avant la promulgation de la loi.

Les revenus des biens appartenant aux contumaces étaient séquestrés, déposés a la caisse d'amortissement, et ne pouvaient être remis à leurs familles qu'après les délais fixés pour la mort présumée des absents, et sous la déduction des frais de gestion et de réparation dûment constatés. Ce projet comprenait plus de onze cents individus, tous les dignitaires de l'Empire, tous les généraux, tous les préfets, tous les régicides signataires de l'acte additionnel ! La proposition de M. de Labourdonnaye fut prise en considération; ce fut le lendemain de la mort de Ney que M. de Richelieu présenta le projet d'amnistie, préparé par le ministère; plus modéré que le précédent, il fut longuement discuté et finit par être adopté.

Le pavillon .Marsan poursuivait le cours de ses vengeances dans Ions les rangs, dans toutes les classes de la société. L'Académie ellemême ne put échapper a sa haine; Merlin, Sieyès, Monge, Carnot, David le grand peintre, Arnaud et Etienne, en furent éliminés. Des lors, constitutionnels, républicains, bonapartistes, séparés la veille par les principes, réunirent leurs elforts pour faire au gouvernement une opposition redoutable. M. Deca/.cs, ministre de la po-

lice, fort de deux lois d'exception : celle des prévenus, l'autre sur les cris, séditieux, — exerçait une active surveillance sur la presse, dont M. Villemain ;i\;iit la direction. De là naissaient une foule d'actes arbitraires. Un simple ordre de bureau suffisait pour faire arrêter des généraux, des hommes de lettres, des journalistes. Des visites domiciliaires, des poursuites avaient lieu sous le plus léger prétexte; tristes représailles de quelques mesures semblables prises dans les Cent-Jours. Le ministre de la guerre, Clarke, dressait jusqu'à douze catégories de suspects dans son département seulement. A cette époque, on vota la loi qui consacrait un deuil public le ï21 janvier, anniversaire de la mort de Louis XVI.

Les fêles du mariage du duc de Berry mirent une trêve à ces désolantes persécutions. Cet événement lit cesser le deuil de la cour. Bientôt après, les dîners de famille devinrent plus fréquents : tous les princes, sans distinction d'altesses royales ou d'altesses sérénissiuKs. y furent invités. La jeune princesse prit dans une vive amitié sa tante, madame la duchesse d'Orléans, et celte intimité affaiblit les préventions qui existaient contre le due d'Orléans; préventions, du reste, (pie ce dernier s'efforçait de détruire par sa conduite. Cependant le prince n'avait pas toujours eu à se louer du dinde Berry, dont l'orgueil et la brusquerie se révélaient même avec ses égaux; les blessures de l'ainour-propre sont les plus profondes et les plus difficiles a guérir, ci a cet endroit, Louis-Philippe, s'il n'eût été au-dessus de ces petitesses d'esprit, aurait pu conserver le ressentiment d'une humiliation toute gratuite de la part du fils du comte d'Artois. Un jour, — ils étaient bien jeunes Ions deux. — un jour (pie le duc d'Orléans, alors duc de Chartres seulement, visitait le comte de Provence et le duc de Berry, celui-ci s'offensa de n'être traité par lui que de monsieur. « Vous êtes familier, monsieur le duc de Chartres, lui dil-il d'un ton hautain. Il me semble que vous pourriez bien m'appeler monseigneur. » Le due, surpris d'une aussi brusque apostrophe, était toutdécontenancé, quand le comte de Provence vint a son secours : « Pourquoi, dit-il au duc de Berry, exigez-vous que le duc de Chartres vous qualifie de monseigneur? il serait plus naturel qu'il vous appelât mon cousin. » Nous le répétons, le noble cœur du duc d'Orléans était étranger à toute rancune; et, sensible aux prévenances de la branche aînée, il y répondait par les démon-

strations les plus grandes de ses sentiments pour elle. Son exquise affabilité lui conciliai! tout le monde. Louis XVIII seul conservait le souvenir des opinions libérales de son cousin, et s'il dissimulait quelquefois ses antipathies, c'était par vénération pour madame la duchesse douairière d'Orléans, qui avait une haute réputation de vertu et servait toujours d'intermédiaire bienveillant entre le roi et son fils. A son premier retour, vers la tin de 1810, le duc d'Orléans, qui avait encore laissé sa famille en Angleterre, ne voulut ni monter sa maison ni nommer aux places d'honneur avant son installation définitive en France. Il ne s'occupa que de former un conseil de contentieux, une intendance de ses domaines et de ses finances. Le chef de te conseil fut le président llenrion de Pansey, auquel furent adjoints M. Bord de Bretizel et le président Amy. Le prince repartit pour aller chercher sa famille et revint le 15 février 1817. Il reçut successivement du roi la décoration de grand-croix de la Légion d'honneur et celle de grand croix de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis, sans pouvoir jamais en obtenir le titre d'Altesse Royale, malgré le rapprochement causé par le mariage du duc de Berry; tant étaient vivaces les rancunes de Louis XVIII. Fille de roi, la princesse Amélie jouissait de ce titre; h' prince son époux ne portait que celui d'Altesse Sérénissime. Louis XVIII repoussa toujours les sollicitations île son cousin, sous prétexte qu'il le considérait comme de son sang, mais non de sa famille: « Il est déjà assez prés du trône, disait-il, je me garderai bien de l'en rapprocher davantage. » Le roi avait en effet trop de pénétration pour ne pas craindre la popularité du duc d'Orléans; cl il ne s'en cachait pas en petit comité. Discutant un jour avec le duc de La Chaire sur les droits qu'avaient à la succession du trône de Fiance les branches d'Espagne et d'Orléans, il s'anima de manière a prouver qu'il n'était pas indifférent a la solution de la question. Selon le duc de La Châtre, la renonciation de Philippe Y privait sa postérité d'un héritage abandonné solennellement ; d'ailleurs, a joutait -il, d'après la loi fondamentale de l'Etat, tant de fois mise en avant contre Bonaparte, il fallait être Français pour régner en France; or. le roi d'Espagne était Espagnol de toutes les façons. Le roi ne se rendit pas à l'argument et soutint que la descendance de Philippe V était française. « lue dame, qui assistait a cette thèse, raconte un auteur, aurait pu singulièrement nuire ,i un haut per-

son nage en choisissant ce moment pour rappeler un propos qu'elle lui avait entendu tenir. C'était un maréchal de France, l'un des majors— généraux de la partie, qui avait dit devant elleque.s'il s'agissait de décider celte question pendant le temps de son service, il ne balancerait pas. après le décès du dernier roi, d'ouvrir la grande fenêtre du balcon de la salle des Maréchaux, et de proclamer le prince d'Orléans roi de France. » Dans une autre occasion, Louis XVI11 exprima plus nettement encore ses ressentiments contre son cousin : « J'aime à croire, dit-il. que le repentir du duc d'Orléans est sincère; mais ses principes politiques n'ont jamais été les nôtres; nos hommes n'ont jamais éié les siens: enfin, il y a entre nous des antipathies qui m'ont toujours donné peu de penchant a le rapprocher intimement de ma personne et à lui confier de grands intérêts. »

La discussion du budget avait fait prévoir un changement de ministère, et démontré l'impossibilité d'établir avec la Chambre élective un véritable système administratif et politique. La majorité mettait à combattre les idées du gouvernement un acharnement inconcevable. La Chèze-Murel proposa de restituer au clergé la tenue dès registres de l'état— civil ; d'autres demandèrent le rétablissement du droit d'aînesse, l'abolition du divorce; on parla de ramener les grandes propriétés ecclésiastiques, de confier l'éducation publique aux prêtres; bref, la Chambre de IS1,V> n'avait en vue que la concentration des forces du gouvernement dans les mains des aristocraties locales, et l'accroissement de l'influence du clergé. C'était, comme on le voit, un retour à l'absolutisme le plus complet. Sur ces entrefaites, Villèle etCorbière enlevèrent, à la Chambre, le vote de la loi électorale, qui établissait l'élection a deux degrés.. Le roi fit casser la loi par la Chambre des Pairs; mais la Chambre des Députés persista dans ses prétentions. A la clôture de la session i mai 1810 . elle avail décrété qu'on ne procéderait a aucune élection tant qu'elle ne serait pas dissoute. M. Decazes décida Louis XYJII a relever le défi, et le 5 septembre parut l'ordonnance qui cassait la Chambre élective.

L'Opposition grandissait dans des proportions inquiétantes | r la

cour. Cependant le libéralisme, encore sans direction précise, soutenait contre les ultras une lutte mal organisée et par conséquent peu dangereuse. La presse était la seule arme don! il put disposer, et ses diatribes servaient de prétextes a de nouvelles persécutions. Babœuf,

:u<> HISTOIRE

lils du fameux Gracchus, fut condamné à ta déportation avec plusieurs

rédacteurs du Nain tricolore. Dans la nuit du 4 au o avril 181(5, un

ancien professeur, nommé Didier, réunit cinq à six cents paysans dans les montagnes du Dauphiné, et marche avec eux sur Grenoble, au cri de Vive l'Empereur! Cette insurrection, sévèrement réprimée, ne fut pas sans effrayer la cour, qui ne réussit .pas à en découvrir les chefs véritables, car l'un des rapports du général Donadieu disait: » qu'un personnage secret, dont on ne pouvait encore connaître le nom, et à (iui la bande réunie rendait un grand respect, paraissait être l'âme du mouvement. » Le 27 juillet suivant, un corroyeur, un maître d'écriture et un ciseleur, Pleignier, Carbonneau et Tolleron, subissaient en place de Grève le supplice des parricides, pour avoir tenté de faire sauter le château des Tuileries en introduisant dix-huit à vingt barils de poudre dans l'aqueduc qui aboutit au bas du Pont- Royal. C'est ce qu'on appela la conspiration des patriotes de 1810. Vint plus tard la révolte des environs de Lyon, où deux cent cinquante paysans furent victimes des odieuses provocations de la police royaliste; caries autoritéslaissèrentexécutérlecomplot.dont elles étaient prévenues. Puis enfin éclatèrent successivement les conspirations de ['Épingle noire, du Pétard-Berry, du colonel Caron à Colmar, et celles qui coûtèrent la vie a Berton, Caffé et autres à Poitiers, — et aux quatre héroïques sergents de La Rochelle, Bories, Raoul, Contiens et Pommier, exécutés ensemble à Paris.

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