‹ Histoire de Louis XIChapitre 8 sur 11 · SUITE DU RÈGNE DE LOUIS XL · texte numérisé non relu

SUITE DU RÈGNE DE LOUIS XL

Etal de langaear du roi. — Projet de pacification gibërale. — Ré*^ Toite et mort du comte d^ Armagnac— Affaires do Boassilion. — Bizarreries du caraclère de Louis XL — Bulle d^excommunication-lancde contre le duc. — Projets ambitieux de ce prince.— Alliance du roi avec les villes ansëatiques d^Aliema|[ne. ^ Querelles ihéologiques. — Complot contre les jours du roi. — Feinte réconciliation du roi et du connétable. — Ligue entré Edouard et Charles le Téméraire.—» Cruautés du sire de Hagenbach. — Trailé du roi .avec les iSuisses. — ^Prétentions du roi d'Angleterre.

— Faveurs accordées aux premiers imprimeurs. — Mort de Henri IV, roi de Castille.—- Reprise de Perpignan: — Traité avec les princes de FEmpire. — Négociations avec le duc de Bourgor gne. — Intrigues du roi avec les ministres anglais. — Débarquement d'Edouard en France. — Trêve de neuf ans avec 1! Anglfttarnu

— Séjour des Anglais à Amiens. — Entrevue des rois, de France et d'Angleterre. — MLécontentement des seigneurs anglais.*»» Artifices de Louis contre le connétable, -^ Di0érens traités de Louis XL — Projets du roi et de Cbarles le Téméraire contre Saint-Pol. — Arrestation du connétable.— -Son procès.— Sa mort.

— Conquête de la Lorraine par le duc de Bourgogne. — Guerre des Suisses contre le comte de Romont. — Efforts de Lonis XI' pour détourner le duc Charles de la guerre contre les Smsses.T^- Députation.des Suisses au duc de Bourgogne. -^ Duplicité de Louis XI. — Massacre de la garnison de Gran son. — Bataille de Granson. — ^Défaile des Bourguignons. — Butin ù&t par les Suisses

à Granson. — Défection des alliés du duc de Bourgogne. — N^ godations de Louis avec le roi René. — Sombre désespoir de Charles le Téméraire. — Ses préparatifs pour udc nouvelle.

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guerre. — Dispositions des Suisses. — Bataille de Moral. — Déroute de Tarmee de Charles.-^-Camage -après la bataille dtf/Lorat, — Bolitique do roi. — Sîe'ge de Nancy. — Trahison de. Campo Basso.— Consternation des Bourguignons.—- Bataille de Nancy.— Mort de Charles, duc de Bourgogne. — Opinion de Comines sur ce prince. — Liite'raturc de cette époque.

État de XL était impossible que Fagitation perpétuelle du fr\ de Louis XI ^ qui fatiguait tant le monde, ne finit pas par le fatiguer lui-même. Le c^rps le mieux constitué ne peut résister long-temps aux mouvemens d'un esprit toujours en fermentation. Les nerfs du roi s'irritèrent , son

sang s'altéra; on prétendit même qu'il tombât quelquefois dans des attaques d'épilepsie; et, dans le cours de l'année i473, portant un regard inquiet sur la destinée future de la France, il songea aux moyens de la préserver des orages d'une minorité , et d'assurer la tranquillité du règne de son fils , en l'unissant par un mari^ avantageux avec une maison puissante» .,

Rien ne dissipe plus promptement les chimères de l'ambition que la pensée d'une. mort peu éloignée. Le roi , dès ce moment , s'c^ccopa plus de l'affermissement que de l'èxtensipn de sa puissance. Le fiel de son caractère ne t'adoucit pas ; on ne le vit pas moins haineux ,. moins

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tnéfiant^ moins jaloux; il devint même plus sombre et plus soupçonneux. Mais, décidé à éviter, autant qu'il le pourrait, la guerre, il chercha , plus sincèrement qu'il ne l'avait fait jusqu'alors, à se réconcilier avec les princes dont il avait si long-temps provoqué les re^«sentimens et troublé le repos.

En conséquence, il écrivit au duc de Bre- Projet de tagne que la mort du duc de Guienne devait ifonVnJterminer définitivement toutes leurs querelles , "'** et, après lui avoir payé une somme de soixante mille livres pour obtenir de lui une prolongation de trêve , il le pria d'envoyer des députés chargés de ses pouvoirs à un congrès qu'il se proposait de rassembler à Clermont en Beauvaisis, afin d'y régler les limites de leurs États et d'y travailler de concert à la oonclusion d'une paix générale.

Louis voulait comprendre dans ce traité tous les princes de l'Europe, à Teiceptioa pourtant du duc d'Alençon et du comte d*Armagnac, qu'il détestait comme les alïnis les plus fidèles, les agens les plus' actifs du duc de Bourgogne.

Le bourreau de Louis, le prévôt Tristan, ar- R^^oUeet réta le duc d'Alençon; et, par d'autres moyens "omit'* non moins violens , il accomplit sa vengeance ^'^^' contre le comte d'Armagnac. Celui-ci n'était

pas 9 à beaucoup près, exempt de reproches. Il n'eût peut-être excité aucune pitié s'il eût succombé sous la rigueur des lois; mais ce fut par un crime qu'on punit les siens^ Il a:vait manqué souvent à sa foi , délit commun alors. Il avait même porté l'audace jusqu'au point de se rendre maître de la personne de Pierre de Bourbon ^ sire de Beau jeu , gouverneur de Guienne. Balzac fut chargé de l'attaquer/ et il l'assiégea dans Leytoure^ où il s'était renfermé. Le comte offrit de capituler^ mais avec une hauteur plus faite pour aigrir que pour calmer les esprits. Tandis qu'on négociait, les assiégeans s'introduisirent dans la place, qu'ils dévastèrent. Au milieu du tumulte, le comte fut assassiné par un nommé Gorgien ^ que le roi récompensa en lui donnant une place parmi les archers de sa garde.

Les amis du malheureux comte, le seigneur de Toulignac et le jeune d'Albret, furent arrêtés, emprisonnés et décapités.

AfTaires C'étaient alors les contrées du midi qui de- *^1mon!^ venaient le théâtre de la guerre. Le roi d'Aragon s'empara de Perpignan par surprise. Louis chargea Philippe de Savoie de pénétrer dan» le Roussillon et de reprendre cette place. Lb monarque aragonais était âgé de soixante-seize ans, mais il avait conservé le feu de sa jeur

nesse. Tous les efforts tentés pour le forcer à se rendre échouèrent.

Dans ce moment ou-^pprit la conclusion de la ttéve générale dans laquelle lès Âràgonais se trouvaient compris; et comme on sut en même temps que Ferdinand^ roi dé Sicile^ s'approchait de Perpignan pour attaquer les Français, ceux-ci, cherchant une ressource dernière dans un excès d'audace , assaillirent la ville de tous côtés, et lui livrèrent un assaut général. Malgré la résistance opiniâtre qu'on leur opposa, ils pénétrèrent dans la place; mais le vieux roi d'Aragon, ayant rallié ses troupes ébranlées , fondit sur eux et les culbuta dans les fossés. Du Lau, un de leurs chefs , demeura prisonnier ; l'armée royale vaincue leva le siège, et se retira après ayoir éprouvé une grande perte.

Le désappointement du roi, en apprenant cet échec, fut aggravé par la découverte d'une intrigue tramée contre lui par le duc de Calabre , fils du roi René , toujours séduit par l'espérance d'épouser l'héritière de Bourgogne. Au reste, cette contrariété dura peu et cessa par la mort subite de ce prince. On l'attribua généralement au poison , et Louis XI fut encore soupçonné de ce crime.

Il était né un second fils au roi. Cette

ractére de année terfnina les jours de cet enfant , et Louis ' en manifesta son chagrin d'une manière bizarre, mais habituelle à cet esprit étrange. On eût dit qu'en détruisant quelque producticm de la nature ^ il croyait se venger de la ruine des siennes; et^ comme c'était dans la forêt de Loches qu'il avait appris cette triste nouvelle , il en fit abattre la plus grande partie^

Jamais on ne montra autant de puérilité ni de minutie dans la superstition. Ce prince avait coutume de né jamais garder ni l'habit qu'il portait 9 ni le cheval qu'il montait, à Tinstant où 'on l'informait d'un événement funeste. Etrange aberration d'idées qui attache une pen^e de bonheur ou de malheur aux choses matérielles les plus dissemblables. C'est ainsi que dans tous les temps, le vol d'un corbeaa vers l'orient ou l'occident fut interprété comme un bon ou mauvais présage , erreur absurde que rien ne justifie , et qui prouvé seulement l'inconcevable faiblesse de l'esprit humain.

Bulle Louis XI, malgré sa haine contre le duc de

mu*nic™ Bourgogne , essaya de se réconcilier avec lui.

tion lan- j^^ noucc du Dapc fut chargé de cette réooB-

cee contre Jr JT tJ

le duc. ciliation. Il échoua, et dans sa colère lança une bulle d'excommunication contre Cbaries. Louis XI , se saisissant comme d'une arme nouvelle de cette bulle pontificale, lafitetfre-

gistrer au Parlement.Tout espoir de paix ayant disparu, le roi envoya en Champagne La Trémouille avec un nombreux corpsd'armée pour s'opposer aux entreprises du duc de Bourgogne sur la Lorraine.

L'ambition de ce prince turbulent prenait Projei»

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