TROISIÈME PARTIE
bienheureux martyr. \ en juger par les tableaux de reconnaissance, c'est elle seule qui, de nos jours, opère tant de miracles, console tant d'affligés, et renvoie bien rétablis les malades 1rs plus désespérés. Aussi, avant rétablissement d'un dépôl de mendicité, voyait-on un peuple de mendians exciter la commisération des fidèles : toutes les misères humaines étaient étalées sur la route du pèlerinage.
Cependant à la fin du douzième siècle, la sainte \ ierge n'avait qu'une chapelle. Toute l'église paroissiale qui la joignait fut mise sous l'invocation de Thomas de Cantorbéry, aussitôt que la nouvelle de sa canonisation fut arrivée dans le cloître de Saint -Just. Son nom était en grande vénération parmi les chanoines. A la fin du quatorzième siècle1, on trouve un acte capitulaire par lequel le chapitre ordonne le rétablissement de la maison de Cantorbéry qui était située dans le cloître, vis-à-vis de la grande église, et dont le mur venait de tomber. L'église de Lyon conservait dans ses archives une lettre écrite ' à l'archevêque et à l'église de Cantorbéry, pour les prier d'avoir quelque soin de la maison et du domaine de Quincieu donnés anciennement à saint Thomas, durant son exil. Elle conservait de plus le procès verbal d'une délibération faite cinq ans après3,
■ En 1382.
-En UII.
" En 1 »I6.
par laquelle il est dit que les longues guerres de la France el de L'Angleterre ayant interrompu tout commerce entre les deux royaumes, et ne permettant plus aux Anglais de conserver les terres qu'ils avaient en Fiance , le chapitre donne à Guillaume de Saléon, pour toute sa vie, la terre de Quincieu avec ses dépendances, « dont il avait « autrefois fait présent au bienheureux Thomas, « archevêque de Cantorbéry, pour l'aider à sou- « tenir sa dignité durant le temps de son exil à « Lyon. »
Un autre acte r nous apprend que Louis xi , étant à Lyon, fit don à la chapelle de Notre-Dame de Fourvières et à l'église paroissiale de Saint-Thomas de Canlorbérv, des rentes et gardes deSaint-Svm-
phorien-le-Chàleau et de la ferme de la chàtellenie de Charlieu, pour acquitter la fondation qu'il fesait d'une messe qui serait célébrée chaque jour à la chapelle de Notre - Dame. Durant les siècles heureux du consulat de Lyon, les autorités municipales allaient une fois l'année, en procession solennelle, visiter la même église. Les pauvres de la Charité ont conservé cet usage. Les chrétiens y accourent encore de trente lieues à la ronde : aussi les messes y coûtent cher, et un très grand nombre de prêtres y trouvent une existence aisée. L'antiquité profane se trouve représentée dans ce lieu sacré, par plusieurs soubassemens qui ont
1 \)o l'innée I î 76.