TROISIÈME PARTIE. T>I
appartenu ou au théâtre construit par Auguste,
ou 0ii forum élevé par Tordre de Trajan ; les annales du moyen âge parlent des attaques courageuses des bourgeois qui se fortifièrent dans l'église de Notre-Dame pour assiéger avec plus de succès la citadelle des chanoines; l'histoire moderne raconte la bénédiction d'un pape ' donnée de la terrasse voisine a tous les habitans de Lyon; enfin les amateurs de paysages accourent en foule au même endroit pour jouir d'un des plus beaux panoramas de l'univers.
Dans le treizième siècle , le chapitre de Saint- Just avait d'autres propriétés sur le sommet de la colline de Fourvières; il suffit d'avoir fait connaître les trois principales. Au bas de la colline on remarquait les jardins , les vignes et les maisons de plaisance des chanoines, depuis la porte de Bourgneuf jusqu'à celle de Saint -George. On voyait aussi le cloître de Saint-Jean et sa triple église, le palais de Roanne et l'église collégiale de Saint-Paul, avec la chapelle de Saint-Laurent. Ces propriétés, placées sur la rive droite de la
1 En avril lo()f>, lorsque Pie vu eut officié clans l'église de Fourvières , qui venait d'être rendue à son ancienne destination , le souverain pontife fut porté par MM. Cailles dans la maison que ces deux prêtres possédaient non loin de Fourvières. Cette circonstance donna lieu à une mauvaise plaisanterie où l'on jouait sur les noms du Saint-Père et des deux ecclésiastiques qui le portaient. Ce fut de la terrasse de cette maison que le successeur de saint Pierre donna sa bénédiction à la ville de Lyon, {f^oyez à la fin de cet ouvrage Y Histoire de Lyon pendant. ht iri'o/ntion française.)
Saône et jointes ;i celles du sommet de la montagne , formaient en quelque sorte la ville ^les chanoines, depuis que les juifs, au milieu de l'enthousiasme fanatique excité par les croisades, avaient été (liasses de leur synagogue. La ville des bourgeois offrait un aspect bien plus pauvre; elle se I minait au bas de la colline de Saint-Sébastien : pour y arriverai fallait traverser le l'ontde-pierre muni de trois tours féodales.
Le chapitre de la cathédrale, avec les débris des monumens romains , acheva les grandes réparations du cloître de Saint-Jean commencé sous Leydrade; et ce cloître, voisin de la place des foires, devint une espèce de cour de justice pour les bourgeois délinquans et les filles publiques. A la même époque, l'archevêque fit construire de ses propres deniers une grande partie de l'abside de la cathédrale; car la façade magnifique que nous admirons de nos jours est beaucoup plus moderne. Dans ce treizième siècle , les trois églises de Saint-Jean , Saint-Etienne et Sainte-Croix , furent réunies tout-à-fait pour représenter le m\stère de la très sainte Trinité. Leurs offices divers se célébraient au son d'une seule cloche , comme les trois opérations des trois Personnes divines s'exécutaient dans l'unité de Dieu. On établit dans la première église neuf dignités pour rappeler les neuf chœurs des anges, douze chapelains perpétuels en mémoire des douze apôtres qui ont pour chef Jésus -Christ, quatre custodes pour repré-