‹ Histoire de LyonChapitre 9 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

cha un asyle à Lyon, soumis alors au chapitre.

Cependant ou lit dans le grand Recueil des historiens de France, qu'il se rendit au monastère de Saint-Rerlhin , dans la ville de Saint-Omer. Ce qui confirme d'un autre côté la vérité de l'assertion des historiens lyonnais, c'est que des lettres adressées aux grands du royaume de France les invitaient à se saisir de Thomas , ci-devant archevêque, traître au roi et fugitif à mauvais desseins. La cour papale elle-même, alors établie à Sens, rtait indécise : Beckel était pauvre, malheureux, persécuté, le pape craignait de se compromettre. Ce n'était que dans une ville neutre que Thomas pouvait lutter contre ces circonstances foudroyantes. De Lyon , où les chanoines l'avaient accueilli d'une manière splendide ', il vint apprendre dans la solitude et la misère à être le consolateur des pauvres. Le roi de France se détermina à lui donner des secours en pain et en vivres ; il fut recommandé au supérieur de l'abbaye de Pontigny, sur les confins de la Bourgogne et de la Champagne, pour vivre dans ce couvent comme simple moine. Le malheur rallumant tout-à-coup son indignation , il lança contre le roi d'Angleterre2 à Vézelai près d'Auxerre, une courageuse excommunication avec le plus grand appareil , au son des cloches et à la lueur des cierges. Les persécu-

• Eu 116:,.

- r.u Ilfifi.

lions redoublèrent; L'abbé de Pontigny n'eut pas non te de l'abandonner. Thomas revint à Lyon. Guichard, alors archevêque, et le doven Olivier, s entretenant un jour avec le primat d'Angleterre sur la place Saint-Jean, lui montrèrent la nouvelle église qu'ils faisaient construire au sommet de la montagne de Fourvières. Ils lui dirent en souriant que leur dessein était de la faire consacrer sous le litre du premier martyr qui aurait la gloire de verser son sang pour Jésus-Christ et son église; que ce serait sous son nom même qu'ils en feraient la dédicace, s'il avait un jour ce bonheur. Ce qui fut exécuté quelques années plus laid.

En effet, Thomas, ennuyé de sa vie errante et de l'humiliation qu'il éprouvait à manger le pain des étrangers, réduit le plus souvent à vivre des aumônes des prêtres et du peuple, se retira à Sens, dans une pauvre hôtellerie, jusqu'au moment où, trompé par une paix simulée, il revint en Angleterre. Un sort déplorable l'attendait : il mourut au pied de l'autel de sa cathédrale, assassiné par quatre courtisans1.

Ce ne fut que vingt ans après", lorsque le pape Alexandre m l'eut canonisé, que le chapitre de Lyon consacra en son honneur l'église paroissiale de Fourvières. On associa la sainte Vierge au

1 l.«- 1''.) décembre II7o.

a Dans Pannée 1190.

Page 1