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TROISIÈME PARTIE

ne larda pas à oaitre. Les comtes de Lyon obtinrent de Gérard tout ce qui pouvait favoriser leurs prétentions. Les citoyens, qui ne s'étaient mis en état de défense que pour empêcher celte tyrannie, voyant que la cour de Rome ne pouvait les protéger, coururent aux armes. Dans leur aveuglement et dans la joie qu'ils éprouvaient d'être souverains, les membres du chapitre ne regardèrent encore cette première levée de boucliers que comme une émeute populaire, qui se dissiperait aisément quand on aurait fait pendre les plus hardis mutins.

Mais chaque insulte, chaque persécution avait ajouté à l'énergie du caractère des citoyens. Méprisant des ecclésiastiques qui ne s'occupaient que des intérêts de leur orgueil et de leur ambition, qui inquiétaient d'honnêtes citadins dans leur négoce, les pillaient avec l'effronterie des voleurs de grande route, et même débauchaient leurs filles ou leurs femmes, ils poussent le cri de guerre, et appellent à leur secours les nobles de Bresse et de Savoie. La ville était fortifiée sur tous les points ; les clés sont déposées entre des mains sûres. Les plus intrépides s'emparent de la tour principale du pont de la Saône, pour empècher les officiers des chanoines de faire une irruption dans les magasins du confluent. Bientôt après, marchant en bataillons serrés, les pannonceaux de la ville déployés, ils se précipitent vers le cloître de Saint-Jean, qui avait été si souvent le

siège de scènes scandaleuses, l'assiègent, le prennent, et forcent les membres du chapitre à se retirer en désordre par L'escalier escarpé qui communiquait avec le cloître de Sainl-Just. A cette époque, l'art de la guerre ressemblait assez à un véritable brigandage : on savait vaincre parce que les citoyens voulaient être libres, et qu'ils étaient courageux; on ne savait pas profiter de la victoire, parce que les vainqueurs perdaient des journées entières à piller. L'armée de la cité donna le temps aux chanoines de se barricader dans la forteresse de Saint-Just, et d'assembler leurs vassaux. Ceux-ci étaient des seigneurs puissans, ils formèrent une armée de vingt mille hommes.

Les Lyonnais s'aperçurent bientôt des résullats de leur imprudence, mais ils ne furent point découragés; ils mirent plus de soin dans leurs préparatifs et plus d'activité dans leurs moyens d'attaque. Presque sous les yeux des troupes ennemies, ils construisirent un fort au milieu de la montée du Gourguillon , dans l'endroit où était naguère le couvent du Verbe-Incarné r. Ils élèvent en même temps des redoutes près de la chapelle de Fourvières , avec les pierres tumulaires des chanoines; ils placent sur toutes les hauteurs voisines des peinions communiquant entre eux par des signaux, et disposés à lutter avec bravoure

1 Avnnt la révolution.

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