‹ Histoire de LyonChapitre 99 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

• saient-ils, la coutume de ne recevoir que des « gentilshommes dans l'église de Lyon , n'est-elle

« pas un abus mondain introduit contre les ca- « nous et les anciens usages du christianisme? « Les apôtres étaient-ils nobles? et s'il faut abso- « lumen t avoir des armoiries pour être comte, « pourquoi n'en aurions-nous pas aussi bien que « nos seigneurs tonsures ? » C'est ainsi que le despotisme a de tout temps fait songer à des garanties qu'on n'aurait jamais osé réclamer sans ses aveugles imprudences. In instinct de liberté dirigeait malgré eux les Lyonnais; ils sentaient que sans égalité ils ne pouvaient êlre véritablement heureux et tranquilles.

Nous verrons qu'ils firent tout ce qu'ils purent pour s'ennoblir, que la bourgeoisie obtint des titres de noblesse sous Charles vin , mais que la révolution seule, en rendant ces titres ridicules, put donner aux citoyens les droits précieux qu'ils avaient cherché à conquérir dès le commencement du gouvernement consulaire.

Toutefois la députation des citoyens à Rome, quoiqu'elle fut sans résultat bien positif, exaspéra le chapitre : loin de céder^il devint plus absolu. L'abdication de Philippe , archevêque de Lyon, qui eut lieu à la même époque, donna un libre cours au despotisme des chanoines ; ils laissèrent le siège de Lyon vacant pendant trois ans, pour mieux abuser de leurs pouvoirs ; et, comme il arrive toujours en politique, des idées exagé-

rées firent naître les idées contraires avec la même

dose d'exagération.

Philippe de Savoie venait d'hériter de cet important comté par la mort du possesseur légitime. Il s'était hâté d'abandonner tous ses bénéfices ecclésiastiques et son archevêché, pour reprendre l'état laïque, plus conforme à son humeur et à son ambition , et pour épouser l'héritière du comte de Bourgogne. Ce fut ainsi que le siège de Lyon demeura vacant. En vain les besoins du diocèse réclamaient un successeur, les chanoines n'en voulaient pas du tout, ou bien tous voulaient être prélats. Les suffrages ne purent donc se concilier ni se réunir, de sorte que la nomination fut dévolue au pape avec toutes les lenteurs d'une élection ultramontaine. Le pontife nomma, de son autorité apostolique, l'évêque d'Auxerre; mais celui-ci n'ayant pas voulu accepter la nomination , et le pape étant venu à mourir peu de temps après , le diocèse de Lyon fut privé d'archevêque jusqu'à l'exaltation d'un nouveau chef de l'église '.

Les chanoines s'en réjouirent , parce qu'ils demeuraient seulement subordonnés à un prélat retenu dans une autre province : c'était Gérard de Beauvoir, évèque d'Aulun, qui par les droits réciproques de régale devint l'administrateur spirituel et temporel de l'église de Lyon. L'anarchie

: Années 1257 et (258.

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