‹ Histoire de LyonChapitre 101 sur 223 · TROISIÈME PARTIE. 2\S · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. 2\S

contre les soldats de l'église. Tous les citoyens s'excitent mutuellement au combat : ils se représentent les excès, les injures, le despotisme de leurs seigneurs tonsurés; ils parlent de leurs franchises et des privilèges donnés par les papes; ceux qui ont été persécutés ou torturés, montrent les traces des chaînes sacerdotales et les odieuses blessures; les négocians ruinés parlent des exactions de l'église , des vols qu'on leur fait chaque jour, même pour les enterremens; enfin les griefs sont exposés avec éloquence. Le courage des bourgeois en est stimulé : il devient bientôt comme une flamme immense qui ne demande que des châteaux et des cloitres pour les dévorer.

Cependant les troupes assemblées par les chanoines étaient assez nombreuses pour résister à T impétuosité des bourgeois. Déjà ceux-ci montaient en très grand nombre à Saint-.Tust , dans le dessein de donner un assaut à la forteresse où le chapitre s'était retiré : les vassaux de l'église sortent tout-à-coup; ils reçoivent les assaillans, les combattent avec tout l'avantage que leur donnait la position du terrain ; ils les forcent à se retirer en désordre et chassent les pennons du fort qui venait d'être construit au Gourguillon. Ce premier échec, bien loin d'abattre les Lyonnais, ne lit qu'augmenter leur fureur. Ils appellent à leur secours llumbcrt, seigneur de Lalour , qui leur amène un renfort de cavalerie et beaucoup de gens a pied. Les citoyens marchent sous sa

conduite: ils reprennent le fort de La Madeleine, et s'avancent droit à la forteresse de Saint -Just pour essayer de la surprendre; mais l'armée des chanoines était rangée en bataille sur les hauteurs. Un combat devint inévitable. La victoire fut long-temps disputée; plusieurs chanoines périrent. Enfin les Lyonnais, désespérant de forcer cette armée, se retranchèrent dans leurs redoutes de Fourvières, que les soldats du clergé n'avaient pas eu le temps de renverser, et firent le blocus de Saint-Just.

Tandis qu'il tiennent ainsi les chanoines assiégés dans leur forteresse, Gérard, évèque d'Àutun et administrateur du diocèse de Lyon depuis la démission de Philippe de Savoie , est averti par des émissaires du clergé de l'état où se trouve le chapitre. Au commencement des troubles , il était venu à Lyon , mais il s'était retiré presqu'aussitôt à Belleville, en Beaujolais, dans la crainte qu'on n'attentât à sa personne. Voyant les choses poussées au point où on les voyait , il offrit sa médiation : elle ne pouvait qu'être agréable au peuple, parce que Humbert de Latour, frère du sénéchal de Gérard, avait pris parti pour les Lyonnais. 11 obtint des bourgeois une trêve de vingt - huit jours. Lorsqu'il fut question de traiter de l'accommodement définitif, les uns et les autres ne voulurent se départir d'aucune de leurs prétentions; les esprits s'aigrirent , et lévèque d'Autun ne fit qu'augmenter le mal , en excommuniant les

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