‹ Histoire de LyonChapitre 102 sur 223 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Lyonnais dans un synode qu'il tint à Belleville1.

Les bourgeois songèrent alors à se faire deux protecteurs puissans, pour que l'un des deux vînt a leur secours quand l'autre ne pourrait s'occuper de leurs affaires. On trouve avec plaisir dans nos annales que saint Louis fut le premier défenseur royal de notre cité, quoique cette protection fut intéressée; on voit aussi que les droits du monarque sur Lyon sont émanés de la volonté des citoyens. Pour démontrer là un droit divin , il faudrait avoir une puissance de raisonnement surnaturelle, ^ous remarquerons dans la suiteque ces relations du souverain avec les Lyonnais ont été entièrement indépendantes jusqu'à Charles ix, dont le despotisme est généralement connu ; nous remarquerons aussi qu'à dater de cette époque désastreuse de la réforme et de la ligue, les rois de France ont possédé Lyon d'une manière plus ou moins absolue, et qu'enfin la révolution est venue modifier encore la situation des habitans de la cité, en faisant du peuple Français une nation compacte et formidable.

Toutefois, dans le treizième siècle, les Lyonnais déclarèrent à Gérard d'Autun, qu'ils ne voulaient point d'autres arbitres, dans leurs différens, que le roi de France et le légat du pape. Les chanoines virent avec raison , dans cette résolution des citoyens, une atteinte mortelle à leur propre au-

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lorité. Ils cherchèrent à traîner l'affaire en Ion* gueur et à reprendre une certaine influence sur les imaginations superstitieuses; niais les temps riaient changés : la guerre avait appris aux citoyens qu'ils pouvaient égorger un chanoine sans cire foudroyés par le ciel. D'un autre cote, la politique du roi de France ne se trouva point en défaut : la ville de Lyon était une acquisition trop utile et trop brillante, pour qu'il négligeât de s'en emparer sans livrer aucun combat. En vain les membres du chapitre disaient qu'avant de parler de compromis, il fallait qu'on rétablit les choses dans l'état où elles étaient avant le commencement des troubles; qu'on leur restituât bien rétablies les maisons du cloître de Saint-Jean dont on s'était emparé ; qu'on démolit toutes les fortifications qui avaient été faites ; qu'on détendit les chaînes qui barricadaient les rues; enfin qu'on leur remît les clés de la ville : Ives, abbé de Cluny , Jean de ïraves , chevalier du roi, et Henri Gandouilliers, bailli de Berri, arrivèrent à Lyon de la part du roi, et firent taire les chanoines. Ceuxci se bornèrent â des déclamations , à des récriminations vagues, que les bourgeois ne laissèrent pas sans réponse.

a Le démon, s'écriaient les chanoines, qui ne « cesse d'exercer sa malice en trompant ceux qui « ne se méfient pas de ses embûches, a tellement « embrasé les citoyens de cette ville4 du désir de « dominer , qu'ils ont voulu s'approprier notre

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