TROISIÈME PARTIE
« do niai ne et nous priver de la juridiction pater- « relie qui nous appartient depuis plusieurs siè- « clés. Ils ont la témérité de retenir les clés du « bourg et de nous chasser de leurs magasins ! « Pour nous braver, ils ont fortifié tous les alen- « tours de Saint-Nizier, creusant des fossés pro- « fonds, hérissant toutes les avenues de redoutes, « fermant les portes nouvellement construites. Au « lieu de se servir des cloches de leur paroisse « pour appeler le peuple à entendre les sermons « et la parole de Dieu, ils n'ont pas craint de les « ébranler pour convoquer leurs assemblées illi- « cites : les citoyens sont venus dans cette église a pour y tramer des complots et jurer une exé- « crable confédération. Ils ont nommé, de leur « propre autorité, douze chefs pour les gouver- « ner ; ils ont prêté serment de leur obéir, quoi- « qu'il ne leur soit pas permis de former un corps « de communauté. Semblables aux scribes et aux a pharisiens, en conspiration contre l'Eglise, ils « ont mis une armée sur pied, barricadé les ave- « nues, élevé un grand nombre de redoutes pour « lancer des flèches et des pierres sur ceux qui « voudraient passer contre leur volonté. Qui « n'a pas gémi parmi les ministres du Seigneur, « en voyant les maisons du cloître pillées , défi niolies , saccagées? Qui n'a pas versé des larmes « d'indignation, en voyant cette troupe de bri- « gands enlever blé, Ain, ustensiles, portes des « maisons, fenêtres , planches, et briser ce qu'ils
« ne pouvaient emporter? Enfin, méprisant Dieu « et le pouvoir de l'Église catholique , malgré « l'interdit général lancé contre la ville, ces mice sérables n'ont-ils pas l'ait célébrer l'office divin « dans l'église qui leur sert de repaire, par des tu personnes diffamées! Après de si horribles excès, « ils sont sortis de la ville, enseignes déployées, « allant au village de Cuire ; ils ont brûlé les « maisons du chapitre, percé la muraille de la « chapelle , dépouillé l'autel de ses ornemens, « enlevé les bestiaux des feudataires de l'église, « et se sont partagé les dépouilles qu'ils avaient ce arrachées aux habitans. Pour ne laisser aucun ce élément exempt de leur fureur, ils tiennent ence core sur la Saône , qui coule au milieu des ce domaines de l'église , des barques en forme de ce galères et des pirates qui pillent, volent, sacce cagent, sur les bords de cette rivière, tout ce ce qui appartient aux ecclésiastiques. »
Les bourgeois ne demeuraient pas sans se défendre contre ces récriminations : ce Le chapitre a ce vraiment raison de se plaindre, s'écriaient-ils en ce leur juste courroux! N'est-ce pas lui qui nous ce a provoqués? Ses gens pillards ont arrêté avant ce la guerre Nicolas Amadoris , dans la ville et près ce de sa maison, parce qu'il était riche et que les ce chanoines sont insatiables d'argent. N'ont-ils ce pas demandé une rançon exorbitante? N'ont-ils ce pas insulté et arrêté, pour le même motif, six « autres citoyens qui étalaient leurs marchan-