‹ Histoire de LyonChapitre 104 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« dises à la foire? Seigneurs chanoines, vous vous • plaignez de nos barricades, de nos tours, de « nos redoutes ! Qui nous a donné l'exemple de « pareilles fortifications? Voyez sur la colline vos « créneaux: et vos meurtrières : votre église de « Saint-.ïust et le cloître ne ressemblent- ils pas <c à des repaires de vautours. Nous n'avons fait « que vous imiter. Combien de fois d'ailleurs vos « officiers avides ne nous ont- ils pas attaqués ? « et ces vingt mille serfs qui couvraient la mon- « tagne, qu'en vouliez- vous faire? Sans la tour ( du pont de la Saône, nos marchandises ornece raient maintenant vos chapelles , comme les « moissons de nos métairies engraissent vos vas- « saux. Ne rougissez -vous pas de vous plaindre « du pillage de Cuire, vous qui, malgré la trêve « jurée de part et d'autre, malgré la défense exce presse du roi de France et celle de son bailli, « avez coupé les arbres de nos vergers , les vice gnes de nos coteaux, enlevé nos bestiaux et ce brûlé nos maisons de campagne sur les terres ce du roi? N'est-il pas reconnu que le doyen, les ce chanoines et les autres ecclésiastiques de leee glise de Saint-Jean, les chanoines et les clercs ce de Saint-Just cachent dans leurs maisons une « troupe de scélérats qui commettent toute sorte « de crimes, outragent les citoyens, les dépouilcc lent, les pillent, les égorgent? »

Au milieu de ces accusations réciproques , ceux qui étaient chargés par le pape et par le roi de

France d'être les médiateurs, cherchèrent à tenir une balance égale entre les deux partis; ils leur montrèrent une ordonnance conçue en ces termes:

« Louis, pour la grâce de Dieu, roi des France eais, et Rodolphe, par la miséricorde du même « Dieu, évêque d'Albane , légat du saint-siége « apostolique , à tous ceux qui ces lettres \er- « ront, salut. Nous qui voulons, avec l'aide de « Dieu, procurer le bien des uns et des autres, « après une mure délibération , voulons et ortf donnons qu'il y ait dès à présent une paix ferme « et stable entre les parties belligérantes : ceux « qui ont été arrêtés seront mis en liberté; les ci- « toyens rendront à l'Eglise le cloître de Sainl- « Jean et ses dépendances ; les ponts , fossés , « chaînes , barres , murs , portes , éebafauds et « autres nouveautés semblables , inventées par « les citoyens pour se fortifier, seront enlevées « à leurs frais; et, parce que l'on dit que le vé- « n érable père en Jésus-Christ, Gérard, évèque « d'Autun, qui exerce la juridiction dans la ville « et dans le diocèse de Lvon durant la ^acance « de ce siège, a fulminé, en faveur du chapitre, « des sentences d'interdit et d'excommunication « contre les citoyens , nous voulons et ordon- « nous que de telles sentences soient révoquées. « Nous nous réservons d'ailleurs un plein pou- « voir de connaître , examiner et décider sur « tous les autres points qui demandent une dis- « cussion plus ample, pour prononcer déliniti-

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