TROISIÈME PARTIE
lions seules de leurs magistratures montrent qu'ils voulurent ressusciter, en hommes encore un peu barbares, les anciennes municipalités romaines. Ce fui par conséquent le désir de recouvrer leur antique liberté et les franchises de la ville de Lyon, qui lit prendre à nos citoyens la résolution de se créer, de leur propre autorité, des magistrats municipaux, afin de s'opposer aux violences de leurs supérieurs ecclésiastiques qui les opprimaient ; ils suivirent en cela l'exemple de Brutus, qui, à la suite d'un attentat horrible, substitua des consuls choisis par le peuple aux rois qui avaient gouverné Rome avec une autorité absolue : les crimes du pouvoir sont toujours accompagnés de réactions salutaires, et l'injustice fait naître l'indépendance.
« Quand les seigneurs ecclésiastiques ou laïques , a dit un auteur moderne1, après avoir apesanti « impunément le joug féodal sur les habilans des « campagnes, faibles, isolés et privés de tout « moyen de résister avec succès, tentèrent d'as- <'. sujeltir de même les habitans des cités que pro- « tégeait encore un reste de droit municipal, les « hommes qui se souvenaient que leurs pères « avaient \écu libres sous la protection des rois, « repoussèrent avec plus ou moins de vivacité, u ou même de Molence, les agressions usurpa- « triées des seigneurs ; et lorsqu'opprimés par
• Raynouard , Droit municipal .
« des vexations toujours plus insupportables, ils « furent réduits au désespoir salutaire de tout « tenter, de tout oser pour rejeter le joug de l'in- « justice et de l'opprobre , qu'eurent «ils à faire? « que firent-ils? ils se comptèrent , ils se réunirent, « ils se promirent mutuels secours contre la ty- « raunie locale. » C'est là l'histoire des premières lueurs du gouvernement consulaire de la ville de Lyon.
Comme de toutes les souverainetés , la monarchie sans contre-poids est la plus absolue et la plus insupportable; de tous les gouvernemens , le consulaire doit être considéré comme le plus doux et le plus utile aux communautés. 11 donne de la vie et du mouvement aux populations ; les passions y ont presque toujours un but favorable quand on peut éviter la corruption. Il est agréable de se voir sous la conduite de personnes d'un mérite distingué , et qui sont également intéressées au bien de la société. Elles ne sont pas assez élevées pour exciter la jalousie, leurs places sont à la portée de tout le monde; la vertu et le talent y sont les seuls moyens de succès. Quand on fait des magistrats municipaux dans une commune bien organisée, on les regarde comme des pères : le droit d'élection de chaque citoyen est une image de la liberté primitive qui existait avant qu'un petit nombre de privilégiés se fussent constitués maîtres de l'humanité* tout entière. Les citoyens, sans exception, pouvant parvenir aux places honorables