TROISIEME PARTIE
du consulat, chacun fait des efforts pour y arriver.
Dans une ville essentiellement commerçante, le moindre privilège étant impossible , l'émulation est
plus grande, la probité et la capacité réunies ne restent jamais sans récompense. Gouvernement admirable, qui convenait à merveille dans les siècles de féodalité , où les rapports sociaux étaient bornés , et où il fallait se réunir pour combattre sans cesse , mais qui convient encore mieux dans des siècles éclairés, où les peuples ne doivent former avec le temps qu'une seule grande communauté composée de plusieurs familles.
Le gouvernement consulaire n'est pas seulement le plus doux des gouvernemens et le plus favorable aux progrès de l'esprit humain, il est encore le plus utile, parce que ceux qui l'exercent d'après la volonté du peuple connaissent les besoins des particuliers, et sont intéressés au bonheur d'une communauté dont ils sont membres comme les autres. Il est plusieurs choses qu'il faut examiner dans ce gouvernement, considéré d'une manière spéciale, avant de parler des événemens dont il fut accompagné à Lyon. D'abord l'origine de son nom , son institution presque spontanée, ses attributions remarquables, ses rapports avec la féodalité et la royauté, doivent nous occuper avant tout; nous venons ensuite, dans un tableau chronologique, les vicissitudes qu'il a subies, suivant le caractère plus ou moins despote des souverains, et suivant les diverses si-
tuàtions politiques où se sont trouvés les Français. Les souvenirs de la république romaine , conservés d'une manière vague par les peuples de l'Occident, furent l'origine du nom que la plupart de ceux-ci donnèrent à leurs institutions municipales. Le consulat avait eu quelque chose de si respectable chez les Romains, à cause des motifs et des résultats merveilleux de son établissement, que les empereurs, après s'être rendus maîtres de la république , bien loin de supprimer les deux magistrats annuels qui se vantaient d'être au dessus des rois, se tirent un titre d'honneur de partager leur dignité. C'était par les noms des consuls que les Romains distinguaient la suite des années dans leur histoire, et divisaient les époques remarquables dans leurs inscriptions. Lorsque l'église eut des archives et des actes publics, les consulats furent toujours mentionnés; les barbares eux-mêmes les notaient comme on le voit dans le code bourguignon. Le nom fut donc tout trouvé pour désigner les gouvernemens populaires, lorsque les communes s'établirent. Les attributions eurent aussi quelque chose de semblable à celles de l'ancien consulat. Voici commen t . Pendant que Rome avait ses consuls pour gouverner la république, les autres villes soumises à cette maîtresse du monde avaient leurs duuimirs. Il exista peu de villes dans l'Occident, et principalement dans les Gaules, qui n'eussent pas de semblables magistrats pour la direction des affaires