TROISIÈME PARTIE
senter les quatre évangélistes , sept chevaliers propres à défendre et à éclairer les droits de l'église, à l'imitation des sept branches du chandelier du temple de Salomon , enfin un nombre de chanoines égal à celui des disciples. A leur avènement, ceux-ci juraient sur les saints Évangiles de faire l'aumône, d'exercer l'hospitalité, de n'aller dans les rues que deux à deux , et de ne jamais entrer dans aucune maison déshonnête: : nous verrons jusqu'à quel point ils remplissaient leurs promesses.
Non loin du cloître de Saint-Jean se trouvait le palais de Roanne , cédé aux archevêques par les comtes de Forez. Il était le siège du trésor, car la monnaie se fabriquait alors dans le château de Réchevelin, au dessous du pont de La
' Delandine , Manuscrits de la Bibliothèque de Lyon, tome m. — Miscellanea historica in Lugd. , 2 vol. in-folio, manuscrits de la Bibliothèque , n° 1256. — Clari dignitalibus Lugdunenses , 2 vol. infolio , manuscrits de la Bibliothèque , n° 1253. « L'ouvrage de Pierre <« Bullioud , dit l'abbé Pernelti , est un recueil de recherches, de dates « de personnalités qui ne sont point à la vérité assez digérées , mais qui « ne sont pas moins intéressantes.» Cet ouvrage est en latin ; il comprend la vie des Lyonnais recommandables par leurs dignités sous les Druides, les Romains, les rois de Bourgogne et les rois de France. Il est très utile de le consulter pour se former une idée parfaite du gouvernement théocratique des archevêques. L'abbé Sudan, qui avait la patience de copier tout l'inventaire et tous les actes consulaires des archives municipales, ainsi que plusieurs livres imprimés sur l'histoire de Lyon , se plaisait surtout à mettre dans ses manuscrits des volumes entiers de Pierre Bullioud , dont nous avons amplement profité. Nous nous plaisons à rendre ici cette justice à la mémoire du laborieux abbé Sudan : ses travaux surpassent presque ceux de Mcnestrier ; mais il n'en existe que quelques pages imprimées, et il faut six mois pour apprendre à lire son écriture.
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Guillotière. La ville de Vienne et celle de Lyon battaient presque toutes les monnaies dont on se servait alors dans les marchés publics de nos contrées; mais la première conserva plus long-temps ce privilège, parce qu'elle fut enclavée dans le royaume de France beaucoup plus tard. INous avons vu dans le volume précédent l'époque où les archevêques obtinrent des empereurs le droit de battre monnaie. Vingt-huit sous lyonnais formaient alors le marc pur d'argent. La qualification de monnaie forte, donnée à la monnaie de Lyon , vint sans doute de ce que son poids était basé sur le poids de marc ou des marchands, adopté par Charlemagne , dont la livre composée de douze onces, comme celle des Romains, était néanmoins plus forte d'un neuvième : cette différence avait fait introduire la dénomination de forte , pour distinguer les monnaies nouvelles de celles qui avaient conservé l'usage du poids romain. Ces détails sont utiles pour comprendre la valeur des propriétés à cette époque et dans les siècles suivans. Ce qui annonçait une grande prospérité dans le chapitre au temps féodal qui nous occupe, c'est qu'au treizième siècle la monnaie forte de Lyon était supérieure à l'ancienne d'un dixième, et d'une valeur double de celle de Vienne \ Le traité intervenu
» En I27i, l'archevêque Aimai" de Roussillon et le chapitre de son église autorisent une fabrication de monnaies avec la légende prima sedes GalLiarum , savoir : des sous d'argent dont les seize sous quatre deniers feraient un marc; des oboles, dont lea vingt-qualre sous huit