‹ Histoire de LyonChapitre 112 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

corps social est comme la fièvre dans le corps humain, elle ne peut durer; seulement il existe celle différence , la société ne peut mourir ; il faut un autre ordre de choses : les seigneurs eux-mêmes \ contribuèrent. Ils vendirent comme une faveur et un privilège aux habitans des villes et des bourgs , de leurs domaines seigneuriaux, un droit naturel à tous les hommes, le droit en vertu duquel les membres de chaque commune purent s'assembler, délibérer sur leurs propres affaires, se gouverner et veiller à leur sûreté. Ces seigneurs presque tous ruinés, ravis de trouver une ressource qui rétablissait leurs finances , et ne prévoyant pas assez l'affaiblissement qu'ils allaient apporter à leur autorité, vendirent à leurs sujets l'affranchissement de l'esclavage dont ils les avaient accablés \

D'autres seigneurs accordèrent aux vilains3 des franchises par philanthropie3. Comme la néces-

1 Thouret , Considérations sur l'Histoire de France , et les aut.urs cités plus haut. Une chose qui nous a toujours étonné , c'est que Montesquieu n'ait pas osé aborder franchement l'histoire des communes dans V Esprit des lois, après avoir parlé de la féodalité avec son génie ordinaire. Il est certain que des considérations vraies et fortes sur les communes étaient impossibles sous un gouvernement despotique; quand on connaît bien les droits municipaux , on fait peu de cas de la royauté légitime.

a Vdlani. « Vilain, villanus, vient de -villa, maison de campagne, ■ b-rme, et signifie les habitans de la campagne. Bourgeois, burgensis, « vient de burgum , burgus , bourg , ville ; il signifie les habitans des « bourgs et des villes. » TflOWN , Observations sur l'Histoire de France , extraites de Mably.

3 Voici une de ces chartes philanthropiques : «Guido dominus Bau»iaci

site avait, oblige les hommes à bâtir des villes pour y être en sûreté contre les brigandages de barons, et de se lier les uns aux autres pour s'entre-secourir dans leurs besoins, les seigneurs, afin de se conserver ces réunions d'hommes qui leur rapportaient beaucoup, cherchèrent à les rendre plus nombreuses par des concessions de privilèges municipaux; d'autres enfin furent obligés de céder le droit de commune , parce que les bourgeois le réclamaient les armes à la main. Lyon se trouva dans ce cas. On donna différens noms aux sociétés populaires qui en étaient le résultat, suivant le nombre des habitations, la manière dont elles étaient fortifiées, et l'étendue du sol qu'elles occupaient. De là sont venues les dénominations modernes de villes , de villages , de bourgs et de cités '.

La ville proprement dite était un assemblage de maisons à la campagne, comme sont à présent les villages qui portent ce nom quand les habitations ne sont pas séparées les unes des autres. Telle était Couzon , terre de l'église de Lyon , à

« miles el Raynaudns domieellus fratres, ad nniversorum notitiam volu-

« mus pervenire , quod nos consideratâ utililate noslrà , et lolius terne

« noslrœ, consideratâ etiam piâ intentione et expressâ volunlate no-

« bilis viri domini Raynandi patris nostri villam nostram Bansiaci

« castri (la ville de Baagé , près de Lyon) et hommes nunc et in pos-

« terum habitantes in eâ , i uni quibusdam terminis qui inl'erius txpo

« niintur, franrliinms , damus , cedimus el concedimoa perpétua liber-

« lali. » Guiciienon , Histoire de la Bresse ; Preuves, page 63. 1 Pillai burgus et cwitas.

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