‹ Histoire de LyonChapitre 13 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

au commencement du quatorzième siècle, entre Philippe le Bel et l'archevêque de Lyon , par lequel celui-ci céda au roi la suzeraineté sur la > îlle, n'abolit point le privilège de battre monnaie; niais ['église n'en retirant que très peu de profit , les bourgeois éprouvant beaucoup de difficulté à faire passer dans les provinces environnantes une monnaie dont le cours était restreint; enfin la puissance du roi augmentant chaque jour, le clergé de Lyon frappa moins de pièces à l'effigie de l'archevêque. Ce qui porta le coup le plus funeste à l'atelier monétaire de l'église de Lyon , ce fut le parti que prit le roi Charles vi , de transférer en cette ville, au commencement du quinzième siècle, la fabrication de ses monnaies qui, de temps immémorial , s'opérait dans la ville de Mâcon. L'archevêque fit des démarches pour repousser cette nouveauté, il intenta même procès au parlement contre les directeurs de l'atelier royal, pour les forcer à suspendre leur entreprise. 11 ne put réussir dans ses prétentions. L'atelier monétaire fut établi au palais de Roanne : la rue que nous appelons aujourd'hui Trois-Maries, et qui a changé plusieurs fois de nom, s'appelait dans les derniers siècles rue Derrière-la- Monnaie1.

deniers produiraient pour le poids un marc, et des forts neufs en argent, dont onze sous huit deniers de ces forts donneraient en poids aussi un marc. En I2'JI , la livre viennoise ne différait de celle de Lyon que de sept et demi pour cent.

1 H. Cochard , Lettre sur les monnaies de païenne et de Lyon. Nous aurons occasion de citer plusieurs fois les travaux de ce savant

Enfin l'établissement qui terminait au bas de la colline le principal domaine temporel du chapitre dans la cité lyonnaise, était l'église de Saint- Paul, avoisinée d'un cloître. Ce séjour était remarquable à cause des exactions scandaleuses de ses ecclésiastiques : les rapines des curés contribuèrent beaucoup à exciter le courroux et la juste vengeance des bourgeois. On voyait même avant la révolution une chapelle de Saint-Laurent, contiguë à l'église de Saint-Paul, qui a été souvent témoin de querelles pour les enterremens. Or, comme les petites causes ont souvent produit de très grandes révolutions, l'historien ne doit point les négliger.

Le clergé , déjà riche et puissant par ses droits de souveraineté , possesseur de presque tous les domaines environnans, cherchait encore à se procurer des sommes énormes , dans l'intérieur de la ville 7 par toute sorte de moyens illicites. Les prêtres de Saint-Paul thésaurisaient en administrant les sacremens. Ils exigeaient d'une manière arbitraire des impôts excessifs pour les mariages, pour les sépultures, et pour les oblations de femmes allant à la messe au lever de leurs couches. Ils prétendaient avoir les lits des chefs de maison décédés, à moins que les héritiers ne rachetassent la couche du défunt à prix d'argent ;

modo ste et laborieux. M. Artaud a été l'un des auteurs contemporains qui nous ont été le plus utiles pour les temps anciens ; nous pouvons dire h nié1 me chose de M. Cochard pour le moyen âge.

Page 1