TROISIÈME PARTIE
habitai) s. Nous verrons dans la suite de cette histoire les branches de commerce qui lui durent un aH édat. La police des arts et métiers se faisait a\ee une perfection inouïe, pour des siècles moins éclairés que le notre. Le consulat nommait des maîtres désignes par l'opinion publique pour concourir à l'élection des magistrats municipaux. Les plus anciens syndicats en offrent la preuve. Le clergé voulut plusieurs fois troubler les élections populaires, en poussant les ouvriers vers la démagogie : par exemple, dans le quinzième siècle1, les artisans encouragés par le juge ordinaire de l'archevêque, contestèrent aux membres du gouvernement consulaire le droit de choisir les maîtres de métiers ; et, sous prétexte de quelques statuts qu'ils s'étaient faits, ils entreprirent de se mettre en jurande et de s'assembler sans la permission du consulat. Celui-ci l'emporta sur les projets de discorde des chanoines, et put à la même époque faire fleurir le genre de négoce qui place la ville de Lyon a ki tète de toutes les cités industrielles. En effet , la fabrique des étoffes d'or, argent et soie , commença à s'établir dans la ville de Lyon sous le règne de Louis xi. Par des lettres patentes spéciales2, ce roi ordonne «que les ou- « vriers qui viendront à Lyon pour travailler aux « draps d'or et de soie , soient exempts de tout
» Dans l'année I »S0.
- Du 24 novembre I iC6.
258 HISTOIRE DE LYOX.
« impôt pendant douze ans ». Les conseillers de \ ille donnèrent les sommes nécessaires pour dresser les premiers métiers, et fournir à l'entretien des ouvriers. Lorsque le roi Louis xn et Anne de Bretagne, son épouse, séjournèrent à Lyon, ils se réunirent au consulat pour encourager la fabrication des soiries. François Ier, dans un voyage qu'il fit dans nos contrées, se convainquit par lui-même des avantages que cette manufacture apportait au royaume, et à la ville de Lyon en particulier; pour en augmenter les produits et attirer à Lyon les ouvriers de velours génois, il leur accorda de grands privilèges d'après les sollicitations du consulat r.
Nous avions donc raison de dire que le gouvernement électif ou consulaire était la cause principale de la prospérité immense de Lyon. Malgré toutes les vicissitudes qu'il a subies, on
1 Pour compléter ce qui concerne le commerce de Lyon dans ses rapports avec le consulat , nous ferons observer que les anciennes foires de Champagne et de Brie , que le foi Philippe de Valois avait rétablies en 1349, étant tombées en désuétude, Charles, fils de France, régent pendant la démence de son père Charles vi , par des lettres patentes du î) février HI9, créa deux foires dans la ville de Lyon à l'instar de celles de Champagne. Ftant parvenu sur le trône sous le nom de Charles vu , il en créa trois par son édit du mois de février 14 ko. Louis m , par un relit du mois de mars 1462 , porta ces foires au nombre de quatre. Ces foires , après bien des traverses , furent en quelque sorte créées de nouveau par édit de Charles vin du mois de juin 1494. Depuis ce temps, qui est le temps de la véritable institution des fameuses foires de Lyon, où tous les produits des provinces de France étaient étalés à cause de la grande liberté ele commerce que le consulal donnait aux négociai)-; les rois de France les confirmèrent jusqu'en 1717. T. a première de ces foires