TROISIÈME PARTIE. 2.SÎ
peul le considérer comme l'ame de la cité. Suivant qu'il a régné avec plus on moins d'indépendance, la ville de Lyon a présenté un aspect
florissant ou a langui dans une espèce de nullité politique, 11 n'est pas inutile de le présenter rapidement depuis son origine jusqu'à nos jours, avec imites ses modifications : c'est le plan que nous avons adopté pour l'histoire particulière de tous les monumens et de toutes les institutions, placée ><>us forme d'épisode dans l'histoire générale. La commune lyonnaise s'est fait distinguer, dans ses commencemens , tout à la fois par son énergie terrible dans le combat, et par sa modération après la victoire. Elle n'a jamais pris les armes la première; les combats qu'elle a soutenus n'ont jamais eu le caractère de révolte , puisqu'elle ne défendait que ses droits. Il est même étonnant qu'après toutes les insultes des chanoines et de
était celle des Rois : elle commençait le lundi après l'Epiphanie. La deuxième était celle de Pâques ; elle commençait le lendemain du dimanche de Quasimodo ; la troisième, celle d'Août, commençait le quatrième jour de ce mois. Enfui la dernière foire de l'année était celle de Tous- - tinte; elle commençait le treizième jour du mois de novembre. Elles duraient toutes quinze jours, les dimanches et les fêtes non compris. Les privilèges dont jouissaient les foires de Lyon étaient très considérables : (rangers qui \ trafiquaient avaient la faculté de tester comme les régnicoles, étaient exempts du droit d'aubaine , etc. ; il y avait des privilèges particuliers pour les Suisses et les Allemands des villes impériales. Lei foires étaient franches ; les marchandises entrant et sortant de li ville de Lyon à l'époque des foires, furent déclarées exemples de ton> aides , impôts, subsides et autres charges; il suffisait qu'elles fassent marquées des armes du consulat de Lyon, pour qu'on les respectât à toutes les frontières, etc.
leurs officiers , le peuple lyonnais ne se soit pas porté à des excès plus graves. Cette générosité se montrera clans toutes les guerres de la commune de Lyon. Son associa lion volontaire avec les rois de France est remarquable, parce que dès lors cette commune eut souvent à supporter les caprices d'un allié trop puissant. Louis rx, son premier protecteur, respecta ses franchises : on sait que ce prince, loin de restreindre l'exercice des droits municipaux, les soutenait ouvertement. 11 fut imité en cela par la plupart de ses successeurs. Philippe le Bel, Philippe de Valois et autres ne se mêlèrent des affaires de la commune lyonnaise que pour fortifier le parti des bourgeois contre celui des chanoines. Charles v ne toucha en rien aux magistratures populaires de Lyon ; bien loin de là, il fut le père des communes, et montra comment un roi, en ne faisant qu'un avec le peuple, en se considérant comme roi-citoyen, mérite le titre de sage. Les habitudes bourgeoises de Louis xi lui rendaient le séjour de Lyon très agréable ; il courtisait les belles lyonnaises, et se gardait bien de diminuer l'autorité du consulat : que serait devenu ce roi qui faisait tomber les têtes des grands, s'il n'eût pas été l'ami des communes? Charles vin institua la noblesse des membres du gouvernement municipal de Lyon : c'était proclamer l'égalité politique, que de mettre de simples marchands au niveau des hauts seigneurs. François icr et Henri u , par plusieurs ordonnances,