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TROISIÈME PARTIE

Pierre de Taren taise, surnomme Bourguignon, n'était pas un homme sans célébrité : des son enfance, il s'était fait recevoir dans l'ordre de Saint-Dominique, où il avait montré de grands talens ; l'université de Paris l'avait ensuite nomme son mailie des sentences. Devenu docteur, il avait passé par toutes les charges de son ordre jusqu'à celle de général, et il en était revêtu lorsqu'il fut nommé à l'archevêché de Lyon par Grégoire, nomination qui lui fut un premier pas vers le trône pontifical1. 11 dut par conséquent recevoir avec plaisir son bienfaiteur : aussi le laissa-t-il régner en souverain dans la cité.

Le roi de France, Philippe le Hardi, ajouta encore aux honneurs que le prélat lyonnais prodiguait au pape : il n'attendit point que le concile fut ouvert pour venir à Lyon lui offrir ses hommages. Ils eurent ensemble de longues conférences dont la cour de Rome profita ; car une lettre de Grégoire1 nous apprend que le roi lui

1 Pi tiv de Tarentaise n'occupa le siège de la ville de Lyon que deux années. Grégoire x l'éleva au cardinalat, et lui donna l'évèché d'Ostie, avant même qu'il eût élé consacré pour celui de Lyon ; il fut ensuite élevé sur la chaire de saint Pierre , sous le nom d'Innocent v. Il mouîut (luis la même année. Aymar, (ils d'Artaud iv, seigneur de Roussillon et frère d'Amédée, évoque de Valence et de Die , parent des comtes de Savoie , de Bourgogne et de Genève , autrefois moine de Cluny et très connu de Grégoire x , fut élu en I27i , immédiatement après la promotion de Pierre de Tarentaise au cardinalat. Grégoire, ayant confirme cette élection , le créa conservateur de la paiv dans le second concile écuménique de Lyon.

* Datée de Lyon du 1 1 des calendes de décembre 1273.

céda pour toujours le comtat Venaissin. Mais d'un autre côté le monarque français s'assurait un commencement de possession de la ville de Lyon; il faisait signer par le pape l'acte important passé depuis quelques mois entre Philippe et Pierre de ïarenlaise, et que voici : a Pierre, « par la miséricorde de Dieu , archevêque élu de « la première lyonnaise, qu'il soit notoire à tous « que comme nous nous disposions à offrir à Phi- « lippe , par la grâce de Dieu roi des Français , « la fidélité qui lui est due, ledit seigneur roi « nous a fait signifier qu'il ne nous était pas « permis de prendre l'administration des biens « temporels de cet archevêché , situés à l'occi- « dent de la Saône, sans auparavant lui avoir « prêté serment de fidélité ; à quoi nous avons « répondu que notre prochain prédécesseur, Phi- « lippe de Savoie, autrefois élu archevêque de « Lyon, et nos autres prédécesseurs, avaient « joui du temporel avant d'avoir fait serment de « fidélité aux excellens rois de France, et nous « avons produit des témoins qui ont été exami- « nés. Mais comme il nous a été dit qu'il ne « convenait pas de disputer de son droit par té- « moins avec ledit seigneur roi , nous lui avons « prêté le serment de fidélité1. »

Après le départ du roi de France, Grégoire x

1 Donné le vendredi après la l'cle de sainl André , ap6lre , l'an de nuire Seigneur I272.

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