TROISIÈME PARTIE
Ifeur imposer un souverain spirituel par des rai* sons puremenl humaines.
kussi 1< -s prélats grecs déclarèrent-ils positivement « que les Latins étaient, non seulement de « nom, mais de fait, hérétiques, et qu'ils les me- 9 prisaient comme la plus vile portion de l'es- « pèee humaine1, la plus barbare et la plus igno- ( rante* ». Quelques-uns plus modérés avouaient « qu'ils croyaient possible de concilier les deux « propositions qui oeeasionaient le schisme, et a de réduire la procession du Saint-Esprit et du Père par le 1* ils 7 ou du Père et du Fils, à un « sens catholique et orthodoxe3 ».
Au milieu de toutes ces difficultés, la suprématie du pape paraissait plus facile à concevoir, mais plus pénible à confesser4. Michel Paléologue, pour triompher de tant d'obstacles , représentait aux moines et aux prélats « qu'il sacrifierait son « empire et sa vie plutôt que de céder le moindre « article de foi orthodoxe ou d'indépendance nationale ; qu'il n'y avait aucun inconvénient à « ce que les prélats grecs considérassent Févêque « de Home comme le premier des patriarches, et
0 fissenl mention du pape dans les prières pu- « bliques, pourvu qu'il n'accordât aucun secours
1 Gibbon , I/tstoirc de (a décadence de V Empire romain.
* Poultia de Lamina, Histoire chronol. de la ville de Lyon.
5 Yeccoi el Paehymére. Voyez aussi daus les Actes des conciles
1 bistoii e 'lu concile de Nicée.
• Gibbon, Histoire de la décadence.
« aux Italiens, ennemis naturels des habitons de « Constantinople; que d'ailleurs l'Évangile faisait 9 une loi de prier pour son prochain, et que, « d'après ce précepte divin , on priait chaque jour « pour des personnes qui n'étaient pas élevées à « une dignité aussi éminente que le souverain « pontife de l'Occident; que c'était une terreur « imaginaire que celle qu'avaient fait naître les « appellations à la cour de Rome. Quand bien « même le clergé de Constantinople consentirait « à ce qu'il fut permis d'en appeler au tribunal « du pape , quel serait le chrétien grec assez fou a pour traverser les mers et aller demander jusce tice en Italie? Qu'on ne devait pas craindre de « rapprocher dans un but religieux des hommes « que le climat avait séparés dans leurs inté- « rets politiques; qu'il fallait enfin songer avant « tout à se mettre à l'abri des entreprises de tant « de princes aventuriers que les croisades et les « mœurs chevaleresques de l'Occident rendaient « toujours prêts à se précipiter sur les posses- « sions des autres1. »
Ces moyens de persuasion ne réussirent pas
1 Veccus , chap. 12 , 15 et 24 ; Pachymère , liv. v et vu ; Actes du concile de Lyon dans l'année 1274 ; Fleury, Histoire ecclésiastique , tom. xviu , p. IBI à 199 pour tout ce qui concerne le concile de Lvou ; Dupin , Bibliothèque ecclésiastique , tom. x , pag. 135 ; Gibbon, Histoire de la décadence, tom. xn , chap. 62 , pag. 187 ; Lebeau , IJistoire du Bas-Empire ; C.olonia , Histoire littéraire ; Poullin de Lumina , Histoire chron. , etc. — Parmi ces auteurs, chose remarquable, c'est que Pachymère ne parle pas du concile de Lyon.