‹ Histoire de LyonChapitre 139 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

((lie malgré la vaste étendue de l'église de Saint- Jean, on fut Obligé* de congédier les prieurs et les abbés non mitres avec les autres petits prélats, excepte ceux qui avaient été convoqués par des lettres particulières.

Le fauteuil du pape était placé clans le jubé qui séparait le chœur de la nef principale. De là son coup d'œil pontifical pouvait planer sur toute l'assemblée. Au dessous de lui, dans le milieu de la nef, étaient, sur deux sièges plus élevés que les autres, les patriarches latins de Conslantinople et d'Àntioche. A droite de ces prélats étaient les cardinaux-évèques , à gauche les cardinaux-prêtres. On* voyait de chaque coté les autres pères sans distinction , suivant la promptitude qu'ils mettaient à se rendre au concile. En face du jubé étaient les deux grands-maîtres des hospitaliers et des templiers, les ambassadeurs des rois et les députés des chapitres.

Au milieu de cette nombreuse assemblée, presque tous les regards se portaient sur Bonaventure; on se le montrait avec empressement, et l'on était dans l'admiration. « Ce saint et savant « cardinal avait travaillé sans relâche à l'extinca lion du schisme, à laquelle il avait eu certainece ment beaucoup de part, et l'on ne doit pas « craindre de dire, après deux grands papes, qu'il « fut lame et l'oracle du concile durant les quatre « premières sessions, qui durèrent environ deux ■ mois. Saint Bonaventure , par sa profonde doc-

« trine et par sa grande réputation, entraînait « sans peine les suffrages de l'assemblée toutes « les fois qu'il était question d'opiner ou sur le « dogme , ou sur la discipline. Celait lui qui « proposait ou qui préparait les matières qu'il « fallait discuter; c'était lui qui présidait aux con- « grégations particulières ou préparatoires, et qui « y donnait le ton , autant par la force de son « travail que par la vigueur de son génie. 11 réu- « nissait le talent précieux alors de concilier toute « la subtilité de l'école avec toute la piété des « saints pères. 11 avait aussi une aimable modeste tie, qui faisait son caractère de distinction. La « charité, guidée par la prudence, présida tou- « jours à toutes ses conférences avec les 'Grecs; « elle lui donnait une grande influence sur leurs « esprits. Enfin Bonaventure portait sur son front « cet air de sainteté et de candeur qui se fait si « bien sentir : aussi cette foule de grands hommes « qui composaient le concile , le mit à sa tète par « une acclamation unanime, et le reconnut pour « chef et pour maître '. »

1 Colonia , Histoire littéraire de la ville de Lyon , lom. u ; Delandinc, Bibliothèque de Lyon, tom. m ; Vie de saint Bonaventure, cardinal , évèque d" Albano , surnommé le docteur évangélique , patron de la ville de Lyon, manuscrit, fol. n° I3i9. Cette vie manuscrite eut pour auteur Jean Fay, cordelier. Elle est divisée en chapitres qui offrent de grands détails sur la naissance et le noviciat de saint Bonaventurc , ses études à Paris sous le célèbre Alexandre de Haies ; son généralal , ses écrits, son voyage à Home , les réglemens de son ordre, «on cardinalat , ses travaux au concile de Lyon , ses vertus , ses mira-

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