TROISIÈME PARTIE
Lorsque lout le monde se fut assis, le pape, en habits pontificaux, monta au jubé, se plaça dans le fauteuil qui lui avait été préparé, bénit l'assemblée, et entonna l'hymne du Saint-Esprit. 11 est ii remarquer que dans les cérémonies du concile, on fit l'honneur insigne à l'église de ! jron d'adopter ses rites principaux. La musique était exclue; le plein-chant se chantait de mémoire, mais d'une manière si grave et si imposante, que tous les cœurs en tressaillaient. On posait ordinairement, derrière le premier autel, une relique de saint Jean que les comtes de Lyon baisaient les uns après les autres avec la plus grande vénération ; les célébrans étaient revêtus de belles aubes fines ornées de dentelles, mais les jeunes acolytes n'avaient que de simples surplis.
Quand l'hymne du Saint-Esprit fut terminée, le souverain pontife prononça un discours très pathétique sur les motifs de la célébration du concile. Il prit pour texte ces paroles de l'Évangile : « J'ai ardemment désiré de manger cette c< pàque avec vous » , paroles de conciliation , de fraternité et de charité chrétienne qui répandirent
clos , sa mort et sa canonisalion. — Histoire de la vie et du culte de saint Jinnave nture , cardinal , etc. , par un religieux. cordelier , niant, fol. n° I 350. Ce manuscrit du père Boule a été imprimé à Lyon, en 17*7, chez les frères Duplain , avec le plus grand luxe , papier fin , ttes , fleurons, portrait du saint, représentation de son tombeau , de ses reliques , de son calice , des meubles qui furent à son usage , et que le couvent des Cordeliers avait conservés.
une sorte d'onction divine sur tout le discours de Grégoire. 11 parla avec transport de la réunion des Grecs , des négdciations de la cour de Home avec ce peuple célèbre si long-temps séparé de l'église catholique, des mesures prises avec l'empereur Michel Paléologue pour éterniser le pacte religieux, et de l'arrivée prochaine de ses ambassadeurs. Ses larmes furent sur le point de couler quand il fit la description des malheurs de la Palestine, de ces régions sacrées arrosées du sang de Jésus-Christ , et dont le peu qui en restait à la chrétienté allait tomber sous la puissance des infidèles. Comme tous les pontifes qui avaient prévu les résultats futurs de la corruption du clergé romain , Grégoire insista principalement sur la nécessité de nombreuses réformes pour éviter de tristes scissions. Toute la péroraison de son discours se composa de conseils paternels aux riches prélats, aux abbés dissolus, aux chevaliers des ordres militaires et religieux qui s'éloignaient chaque jour davantage de l'esprit de leurs institutions; enfin il termina en indiquant une seconde session du concile pour le vendredi suivant, dix-huitième jour du mois de mai1.
La seconde session fut remarquable par une véritable lutte d'éloquence : le discours du pape dans la première avait pénétré profondément les âmes et excité l'admiration; le concours fui
1 Actes du concile de Lvon de L'année Il!7i.