TROISIÈME PARTIE. SOI
udanime dans la seconde1, quand on apprit que Bonaventure devait eu être l'orateur. In antre
moi il" exoitail l'intérêt général : on venait d'apprendre que les ambassadeurs grecs étaient arrivés à Rome, et qu'ils ne tarderaient point d( venir à Lvon avec les intentions les pins louables cl les plus glorieuses. Bonavcntnre s'apercevanl de l'effel que produisait celte nouvelle sur tous les pères du concile, en fit le sujet de Ion discours : «Lève-toi, sYcria-l-il d'après « les paroles du prophète Baruch, monte sur un « lieu élevé, tourne les yeux vers l'orient, ras-
semble et réunit tous tes enfans depuis l'orient « jusqu'à l'occident. » La verve entraînante du prédicateur excita un tel enthousiasme, que le pape crut devoir en profiter dans l'intérêt du trésor de l'église : il appela dans son appartenu ni réservé du palais archiépiscopal, un archevêque, un évêque et un abbé de chaque province; il obtint deux un décime sur les revenus des bénéfices de leurs diocèses pour six ans, à commencer à la Saint-Jean de cette année.
La troisième session fut célébrée le septième jour du mois de juin. L'archevêque de Lyon, Pierre de Tarentaise, en fit l'ouverture par un discours sur ces paroles d'isaïe : « Levez vos yeux, « et regardez autour de vous : tous ceux que vous « voyez ici sont venus pour vous. Vos fils vien- « dront \ous joindre de bien loin et de toute « part.» On s'occupa ensuite des réglemens sur
la discipline ecclésiastique, sur les élections et les nominations aux bénéfices, les prises de possession des canonicats , sur le genre et la forme des appels au saint-siége, enfin sur le salaire des avocats et des procureurs , car dans beaucoup de royaumes les lois canoniques étaient seules en vigueur. Le pape , incertain du jour où les ambassadeurs grecs pourraient arriver, congédia à la fin de la troisième session les dignitaires du concile jusqu'à nouvel ordre. Mais comme la grande multitude de prélats et de ceux qui étaient venus à leur suite rendait le séjour de Lyon tumultueux et incommode, le pontife leur permit de s'absenter de la ville et de pousser leurs promenades jusqu'à la distance de six lieues.
Le jour de la fête de Saint-Jean-Baptiste, qui arriva bientôt après , fut doublement remarquable : c'était celui où l'on célébrait avec des pompes magnifiques l'anniversaire du patron de la cathédrale; de plus, on apprit dans la matinée du même jour que les Grecs n'étaient qu'à quelques milles de la ville de Lyon.
L'ambassade de l'empereur Michel Paléologue se composait de Germain, ancien palriarche de Constantinople, et de Théophane, métropolitain de Nicée ; de George Àcropolite l'historien , grand logothète; du maître de la garde-robe Panarétus et du grand-interprète Berréothe. On assure que le célèbre cartophilax Jean Veccus s'y trouvait aussi. Les prélats du concile, le vice-chancelier