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TROISIÈME PARTIE

de l'église romaine, accompagnés de tous leurs officiers et de ceui de la maison du pape, des notai ies apostoliques et d'une foule innombrable de peuple , allèrent au devant des Grecs. Les Lyonnais axaient de tout temps sympathisé avec cette nation dont ils étaient en quelque sorte originaires; mais leurs transports étaient plus vrais, plus francs que la conduite des Hellènes dans cette affaire, et en général dans toute leur politique.

Le cortège qui reçut ces derniers les conduisit, au milieu de mille cris d'allégresse , au palais archiépiscopal , où le pontife les attendait entouré de ses quinze cardinaux. Il les reçut debout , et leur donna le baiser de paix avec toutes les marques de la tendresse la plus cordiale. Les Grecs exprimèrent à leur tour, d'une manière emphatique, le vif regret qu'ils éprouvaient de ne pouvoir déposer aux pieds de Sa Sainteté les offrandes précieuses qu'ils avaient embarquées : une tempête violente à l'entrée du golfe Adriatique les avait privés de ce plaisir ; soiries magnifiques, chasubles et paremens superbes, parfums de la riche Arabie, images tissues à fond d'or et brodées de perles , les flots avaient tout englouti; mais la faveur du Ciel avait conservé les choses nécessaires. Ils présentèrent les lettres de Michel Paléologue et de son fds Andronic, scellées de leurs bulles et de leurs sceaux d'or, avec les lettres apostoliques des évêques grecs

signées par trente-huit métropolitains. Une lettre

spéciale des empereurs1 donnait à Grégoire le lilrc de premier et de souverain pontife, de pape Œcuménique et de père commun de tous les fidèles. Ils ajoutèrent qu'ils venaient témoigner une obéissance parfaite à l'église romaine, et s'unir à cette bonne mère par les liens d'une même foi. Enfin , pour démontrer la sincérité de leur mission , ils voulurent, quatre ou cinq jours après, célébrer avec les catholiques romains la fête de saint Pierre et de saint Paul.

On les conduisit donc, avec tout l'appareil qu'exigeait une circonstance aussi fortunée, dans la cathédrale de Saint-Jean. Le pape y célébra la messe pontificalement, en présence de tous les prélats du concile. On lut l'épitre en latin et en grec ; l'évangile fut chanté en latin par le cardinal Oltobon de Fiesque , et puis en grec par un diacre grec revêtu du costume religieux de sa nation. Le cardinal Bonaventure monta ensuite en chaire; ses yeux et son visage étincelaient d'une joie céleste; mais le travail, les veilles prolongées, les conférences multipliées avaient profondément altéré sa physionomie : de noirs pressentimens faisaient déjà craindre pour ses jours. On prévoyait la lin douloureuse et prochaine du docleur si doux , si simple , si modeste , et en même temps si persuasif de la morale évangélique. Il

1 Michel avait associé son (ils Andronic au irônc.

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