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TROISIÈME PARTIE

Le pape leur donna audience dans son palais provisoire, où tous les pères de l'église, avec leurs divers costumes, lui formaient un cortège imposant. Les Tartares, éblouis, étonnés, présentèrent au pontife les lettres du grand- kan. Grégoire les reçut avec bienveillance, et quoiqu'ils fussent dévoués aux flammes éternelles d'après les dogmes de l'église catholique, il les invita aux cérémonies de la quatrième session du concile.

Celle-ci eut lieu deux jours après r. Les Tartares furent placés dans l'église métropolitaine vis-à-vis du trône pontifical , aux pieds des patriarches. Les Grecs avaient leurs sièges à la droite du pape, après les cardinaux-évèques. On attendait avec impatience le récit que le pontife devait faire, en présence du concile , des événemens inouïs , si intéressans pour la chrétienté, qui s'étaient succédé avec tant de rapidité. La curiosité était excitée au dernier point ; toute l'assemblée prêtait une oreille attentive. Ce ne fut pas sans une vive émotion et sans des larmes d'attendrissement que Grégoire prononça son discours. « Jl fit un ta- « bleau ravissant des joies de l'église romaine re- « trouvant tous les fidèles réunis sous son éside « maternelle. Quelle félicité! quelle gloire! que « de motifs de consolation pour son ame déchi- « rée par les maux de la Palestine! 11 voyait sous « son pontificat la plus belle partie du monde

» Le 6 juillet 1274.

« revenir à cette obéissance si bien due aui suc- « cesseurs de l'apôtre saint Pierre, Jésus-Chrisl « n'n-l-il pas dit que sur cette base fpndamentale « et sacrée reposerait l'édifice imposant de son « église ? Aussi tout l'univers proclame cette vé- « rite : un instinct religieux l'ait accourir les peu- « pies idolâtres ou païens des confins les plus « reculés de la terre; l'empereur Paléologue lui- « même, ce prince si éclairé, touché de la mis< - « ricorde de Dieu et désabusé du schisme qui « entourait d'épaisses ténèbres les souverains ses « prédécesseurs, abandonne les affaires impor- « tantes de son empire pour ne s'occuper que « de la réconciliation. Non, ajoutait le pape, la « piété, la ferveur des prélats qu'il nous a ence voyés , ne peuvent être inspirées que par la « religion véritable : nul motif mondain , nulle « espérance d'avantages temporels ne sont ca- « pables de réchauffer ainsi les cœurs r. »

Après ce discours , le pape lut de nouveau, à haute voix, les lettres que l'empereur lui avait adressées. Pour les hommes pénétrans, il était facile de retrouver dans leur contenu le caractère tout à la fois rusé, fin, et néanmoins pusillanime de Michel. 11 faisait, à la vérité, une sorte de profession de foi conforme à celle des Latins sur les points discutés ; il reconnaissait l'église romaine

> ylcLcs du concile de Lyon , année Il'7'j ; Poullin de Lumina . Histoire chronologique*

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