‹ Histoire de LyonChapitre 145 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

pour vraie, sainte, catholique et orthodoxe; il faisait même le serment de ne jamais s'en séparer. Mais les prélats de son empire, organes plus véridiques des opinions religieuses de la nation grecque, avaient aussi écrit au souverain pontife : ils ne donnaient à Grégoire que la qualité de grand et excellent patriarche du siège apostolique ; la lettre n'était point souscrite de leur nom , mais de celui de leur siège , comme : le mctropolitain dEphèse> le métropolitain d'Hè'raclee, et ainsi des autres. Cependant ils terminaient en annonçant une résolution qui produisit un vif enthousiasme dans tous les membres du concile.

lis disaient : « Nous avons prié notre patriarche « de se conformer aux actes de la réunion. 11 est « si attaché à sa primauté, que toutes nos instances n'ont pu lui faire changer de sentiment. Nous lui avons ordonné, et l'empereur avec u nous, de se retirer dans une solitude jusqu'à « la décision du concile. Si, lorsque le pacte de i la réunion sera signé et ratifié, nous pouvons a engager le patriarche à y souscrire, il reprenu dra le gouvernement de notre église; si, au « contraire , il persiste dans son opiniâtreté, nous « le déposerons et en élirons un autre à sa place ^ qui reconnaisse, Souverain Pontife de Rome, 0 votre suprématie, et demeure uni avec vous « dans une même foi. »

La lecture de ces dernières paroles était à peine

achevée , que des acclamations unanimes partirent de tous les points de la cathédrale. Le peuple lyonnais, qui attendait sur la place Saint-Jean les résultats de cette session mémorable , répondit par des cris de joie multipliés; on prétend même que de cette époque dataient les réjouissances annuelles sous la feuillée de la place de la Platière et sur la rive voisine de la Saône ; le curé de la paroisse ouvrait toujours la danse avec l'abbesse du monastère de Saint-Pierre. Quoi qu'il en soit, on plaça de suite aux deux extrémités du grand autel de la cathédrale , les croix des deux églises réunies. Le pape levait les yeux au ciel, répandait des larmes en abondance, et exprimait par mille gestes différens la vive satisfaction qu'il éprouvait. Tous les prélats de l'Occident se précipitaient à l'envi du côté des Grecs pour fraterniser avec eux ; on se serrait , on s'embrassait , on oubliait tous les anciens ressentimens. Qu'elle serait sublime la politique ecclésiastique , si toujours franche et amie de la concorde, elle réunissait ainsi de temps en temps, dans un coin du globe, tous les peuples de l'univers , pour les habituer à se chérir et à ne former qu'une seule famille T ! Hélas! les livres suivans* démontreront malheu-

1 Nous démontrerons les nombreux avantages de l'unité spirituelle réunie, pour le bonheur des peuples, à l'unité de principes politiques, dans notre prochain ouvrage , intitulé Parallèle du christianisme dans son état primitif avec les gouverncmens représentatifs td-, que nous les voyons établis.

0 Voyez dans la suite de cette histoire la partie qui traite des Chro-

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