TROISIÈME PARTIE
reusement que cette reunion fraternelle n'a existé qu'une seule fois, pour être suivie bientôt après de tous les crimes, de tous les forfaits qui ont enfin amené la réforme et les guerres de religion.
Toutefois , après les premiers transports , George Acropolite, grand logothète, sortit de sa place et s'avança au milieu de l'assemblée ; là il fit sur 1 autel , au nom de l'empereur, le serment par lequel il abjurait le schisme, acceptait du fond de son cœur la profession de foi de l'église de Rome, et reconnaissait la suprématie du pontife. On en dressa sur-le-champ l'acte solennel que Germain et Théophane signèrent au nom de toutes les églises de la Grèce. Dès qu'ils se furent placés au rang des pères du concile, sur des sièges plus élevés, le pape se leva debout, ôta sa mitre, et entonna l'hymne des louanges, qui fut continué par l'assemblée. La foule innombrable s'écoula ensuite toute radieuse dans les divers quartiers de la cité.
Cependant la maladie grave du cardinal Bonaventure, devenue plus dangereuse après la quatrième session du concile, fit succéder la tristesse et le deuil à la joie publique. Sa fin , qui arrivait
niques lyonnaises à V époque de la reforme et de la ligue. Nous avons rassemblé aussi les matériaux de plusieurs lettres lyonnaises qui serviront de complément politique, littéraire et scientifique à l'Histoire de Lyon, et où l'on verra que la malheureuse politique sacerdotale n'a pas joué un très beau rù!e dans les temps modernes.
r,/2 HISTOIRE DE LYON.
à grands pas, annonçait d'avance que l'union des deux églises ne survivrait pas à celui qui \ a\ait si ardemment contribué. Ce fut sous l'influence des réflexions les plus lugubres que s'ouvrit la cinquième session du concile'. Bonaventure n'y était pas, les passions des hommes y montrèrent déjà leur empiie. L'attention préoccupée des spectaieurs ne fut agréablement distraite qu'un seul instant par une cérémonie brillante. En attendant l'arrivée du pontife retenu auprès du cardinal agonisant , trois des ambassadeurs tartares reçurent le sacrement de baptême en présence de tout le concile. La magnificence de l'église romaine, et les vertus qu'Us supposaient à ses ministres, les avaient sans doute convertis. Pour mieux flatter encore leur imagination durant les prières accoutumées, on les para avec de superbes habits d'écarlate dont le pape leur fit présent en entrant dans la cathédrale. 11 était facile de remarquer sur sa figure combien son cœur était déchiré; aussi toute la session fut employée, pour le distraire, en discussions, en réglemens, en débats ecclésiastiques, qui mollirent dans leurs plus petits détails les mœurs et les coutumes de celle époque; par conséquent, nous ne devons point les passer sous silence.
En vain, depuis plusieurs siècles, les conciles étaient convoqués pour réformer les abus : la
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