TROISIÈME PARTIE
tifes en refusant de partager avec eux Leurs trésors; peut-être des usuriers abominables avaient? ils excité la juste indignation des honnêtes; gens qui les confondaient avec les juifs : le caractère probe de Grégoire x ferait ajouter foi à cette dernière opinion. Toutefois, dans le concile de Lyon « il fut ordonné à toutes les communautés de « les chasser de leur district; défense à tout pro- « priétaire de leur louer des maisons sous peine « d'excommunication majeure encourue par le « seul fait. Ces infâmes usuriers, après leur mort, « seront privés de la sépulture ecclésiastique; ils « ne participeront point aux sacremens sur leur « lit de souffrance; dans aucun cas ils ne rece- « vront l'absolution : les flammes éternelles se- « ront la seule récompense de leurs crimes. »
Les moines eurent ensuite leur tour1. On supprima les nouveaux ordres des religieux mendians qui inondaient la chrétienté : le saint-siége ne les avait jamais approuvés. Depuis leur établissement à l'époque du concile de Latran% ils ne cessaient de mettre à contribution la crédulité populaire, tarissaient la source des richesses de la cour de Rome , et enrôlaient parmi eux toute sorte de vagabonds. Quant à ceux qui avaient surpris ou extorqué des approbations pontificales , il leur fut défendu d'accroître le nombre de leurs novices ;
1 Sixième el dernière session , le 17 juillet I^7i. * Dans l'année 1215.
on leur ôta les pouvoirs de prêcher, de confesser et de donner la sépulture aux étrangers. À l'égard des Carmes et des ermites de Saint-Augustin, qui suivaient à peu près la même règle, il fut dit qu'ils resteraient dans l'état où ils étaient actuellement, jusqu'à ce qu'il en eût été autrement ordonné1. On adopta pour ordres privilégiés les moines de Saint-François, et surtout les Dominicains, qui avaient bien mérité de la cour romaine en torturant les hérétiques. Depuis, la très sainte inquisition les a toujours eus pour agens dévoués. Ces réformes des monastères avaient été annoncées depuis long-temps par Grégoire; le bruit même avait couru dans le monde chrétien que tous les ordres religieux seraient supprimés à cause de l'insubordination de plusieurs d'entre eux : aussi un très grand nombre de supérieurs étaient accourus à Lyon pour conjurer l'orage. On y remarquait surtout le fondateur de l'ordre des Céleslins, qui devint dans la suite célèbre par son exaltation sur la chaire de saint Pierre. 11 avait obtenu pour son ordre en particulier la confirmation de son institut, quelque temps avant la célébration du concile , par une bulle expresse du pape. Celui-ci lui continua ses faveurs; depuis, les Célestins ont brillé dans les annales monastiques. Quelques années après le concile de Lyon , ils héritèrent d'une partie des dépouillas des Templiers,
1 Poullin de Luraina.