‹ Histoire de LyonChapitre 151 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

taient son nom1, de leurs mœurs , de leurs usages % est assez remarquable3. Cet épisode nous servira de repos avant de passer aux détails minutieux de

la politique qui fit passer la ville de Lyon sous la domination des rois de France.

Sur la fin du quinzième siècle, Pierre de Bourbon , qui résida long-temps dans la cite lyon-

1 Mémoires pour servir à l'histoire de la province de Saint-Bonaventure, manu^rit, fol. n° 13:27. « Cet écrit volumineux offre le gou- « vernemenl Bpirituel de l'ordre de Sainl-Bonaventure, dans la province « portant le nom de ce saint, et où la ville de Lyon était comprise. On « \ trouve l'établissement de l'ordre, ses privilèges, les bulles données « par les papes en sa faveur , la distinction qui s'établit entre les con- « ventuels et les observantins , les donations faites à ces religieux , les « objets des chapitres généraux de l'ordre , les listes des couvens de « l'Observance et des conventuels , les immunités , dons et faveurs qui « leur furent accordés par les monarques français. On y lit encore le « procès du père Quinton , relatif à l'envahissement du monastère de « Lvon , la vie de saint François , l'origine de son vêtement, la vie des « théologiens , prédicateurs et écrivains de l'ordre , et la liste de ses « provinciaux depuis 1210 jusqu'en 17 il. » Delandine, Bibliothèque de Lyon , tom. m.

2 Registre des nobles courriers de la confrérie de Saint-Bonaventure de Lyon, manuscrit, fol. n° I3il. « Sitôt après la mort de a saint Bonaventure , on établit une confrérie pour célébrer sa fête avec « solennité. Cette association avait perdu de son éclat, lorsque , le « 6 juin 1591 , les échevins, la cour des monnaies et autres citoyens « notables, délibérèrent d'élire chaque année quatre courriers dans les « familles nobles de la ville , deux du côté du Rhône , deux du côté de « la Saône , pour rendre les honneurs accoutumés au reliquaire qui « renfermait le chef de saint Bonaventure, donner de la pompe à l'oc- « tave de la fête de ce saint , le tout religieusement , sans bal ni « danse , pour oter toute occasion aux hérétiques d'en médire se- « Ion leur coutume. »

3 Inventaire général des titres de l'ordre des frères mineurs dans la province de S ai nt-Bonaventure , manuscrit, fol. n° I34â.

naise, et qui était régent du royaume en l'absence du roi Charités Vin son beau-frère, bonora les reliques de saint Bonaventure d'une dévotion toute particulière. Le cardinal de Bourbon, son frère, venait de faire sacrer la nouvelle église sous le nom du saint cardinal'. Pierre de Bourbon fit couvrir d'argent la cbàsse où l'on avait mis son corps. Il inspira les mêmes sentimens de vénération à sa femme Anne de France, fille de Louis xi : celle-ci2 fit séparer la tête de Bonaventure, et la plaça dans une cbâsse précieuse couronnée d'une mitre qu'elle avait elle-même enrichie de ses plus belles pierreries. Ces deux magnifiques monumens de la piété du prince et de la princesse furent, cette même année , portés dans une procession solennelle; au retour de celle-ci, un cordelier prédicateur fit sur la vie de saint Bonaventure un discours qui produisit un effet étonnant. Tous les citoyens lyonnais croyaient avoir été préservés d'une peste terrible par les reliques du saint cardinal. Cette persuasion , le discours éloquent du cordelier, firent adopter Bonaventure pour patron , avec une acclamation unanime, par les liabilans de la cité. Les magistrats autorisèrent cette adoption. Depuis, la fête de l'illustre protecteur se célèbre tous les ans , dans Lyon , avec une grande pompe et durant huit jours. Malheureu-

1 La nouvelle église fut sacrée en 1*84 par l'évéque dTtique, qui se trouvait alors à Lyon.

» Dans l'année 1499.

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