TROISIÈME PARTIE. Ô
révolution, les tombeaux de Jacques Grolée, de Simon de Pavie, médecin de Louis xi, qui avait achevé' l'église à ses frais dans le quinzième siècle; de Symphorien Champier et de Lafare-Meyssonnier, médecins distingués de Lyon. In grand nombre de tableaux de bons maîtres attiraient l'attention des artistes; on en distinguait surtout deux de Jacques Stella , peintre lyonnais dont nous parlerons dans !a suite : l'un représentait les Anges adorant l'enfant Jésus au moment de sa naissance; l'autre, les Sept Sacremens, peints à la fresque, chef-d'œuvre de ce peintre, dont les religieux furent si satisfaits, qu'après en avoir payé le prix, ils accordèrent à Stella et à ses descendans le droit de sépulture dans le chœur de l'église , au bas des degrés du grand autel , et ils firent graver ses armes et son nom sur sa tombe1. Au milieu du dix-huitième siècle % les Cordeliers élevèrent le chœur de leur église en beau marbre de Sicile, avec le soubassement en marbre turquin; on ferma le sanctuaire avec une balustrade de marbre et des pilastres en cuivre, et il fut pavé de carreaux blancs et noirs. A la même
« les Apôtres autour du tombeau de la Vierge. Deux autres tableaux , « la Fraction du pain et le Sauveur devant Pilate, étaient de Critel ; mai3 « l'attention des artistes se portait sur un fameux tableau de Rubens , « représentant Jésus mourant sur la croix et Madeleine à ses pieds. Ce « précieux ouvrage excitait l'envie des étrangers. » Fortis , Voyage pittoresque et historique.
* Fortis , ibidem.
» En 1752.
époque, on construisit les deux chapelles à l'entrée du chœur, offrant les statues de saint Claude et de sainte Barbe , et Ton y plaça une grille de fer admirée des connaisseurs. On y continua1 les embellissemens du chœur, en y plaçant des statues neuves surmontées d'une boiserie ornée de sculptures, et l'on abattit3 dans l'église toutes les chapelles de confréries qu'on avait adossées aux piliers de la nef*'. Pour suffire à toutes ces dépenses , les Cordeliers avaient de grands revenus4 : dans l'intérieur de la ville, les petites boutiques construites le long de l'église du côté du soir, sur le dessin de l'architecte Perret, qui avait posé3 le cheval de bronze au milieu de la place de Bellecour, leur rapportaient beaucoup; le consulat leur avait aussi constitué6 une rente foncière de cinquante livres pour la cession du terrain de la salle du Concert. Ils avaient une belle bibliothèque. L'abbé Tricaud, chanoine d'Ainai, mort à Paris, avait légué la sienne7 par égale portion aux Jacobins, aux Célestins et aux Cordeliers. Ceux-ci recueillirent près de douze cents volumes. Enfin les Cordeliers étaient assez riches
'En 1756.
* En 1760.
5 La tribune fui construite en 1721.
4 En 1760, leur argenterie donnée au roi rapporta 9586 Inrrei.
5 En 1713.
e En 1724.
7 En 1741.