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TROISIÈME PARTIE

tionales, elle dissipait les ténèbres de la féodalité, en rassemblant des peuples de frères au confluent de deux rivières considérables, sur une terre privilégiée que la bourgeoisie rendait tous les jouis plus libre , et sur les confins de plusieurs royaumes. Depuis cette époque reculée, la situation commerciale de la ville de Lyon , qui avait attiré tant de nouveaux habitans, et les avait fondus avec les anciens, influa plus que jamais sur le caractère des uns et des autres : le négoce devint leur oc- ( upation principale, et une opulence lentement acquise fut le but de tous leurs travaux.

Les rois de France , qui avaient souvent besoin d'argent dans leurs expéditions féodales contre l'Angleterre , n'ignoraient pas l'état prospère des Lyonnais depuis l'émigration italienne. Lyon était d'ailleurs la clé du royaume du coté de l'empire, de la Savoie et du Daupbiné. Ils avaient donc sans cesse les yeux sur les dissensions des chanoines et des citoyens pour en profiter. Aussi Philippe le Bel, qui régnait alors, répondit avec empressement à l'appel des bourgeois provoqués par les deux archevêques Rodolphe de La Tourette et Béraud de Goth ; il leur accorda des lettres patentes1 par lesquelles il les plaçait sous sa sauvegarde.

En ^serlu de cette protection que les citoyens avaient demandée au roi, celui-ci établit un gai

1 Elles Boni datées de l'abbaye «lu Lw . près de Melon , l'an Il'.i'

diateur clans un endroit plus ou moins éloigné de la ville, jusqu'à ce qu'il put, sans blesser trop directement les droits supposés du chapitre sur le domaine temporel , le loger dans la ville même. L'ile Barbe en fut quelquefois le siège, puis Maçon , parce que le bailli de cette cité réunissait très souvent les deux fonctions. Philippe le Bel ordonna au gardiateur u de ne jamais souffrir « qu'aucun tort ni injure fussent faits à ses fidèles « et bien-aimés de Lyon , de les faire jouir en « même temps de leurs privilèges et franchises ». Il adressa aussi des lettres patentes au bailli de Mâcon et aux autres officiers du royaume, par lesquelles il leur déclarait « qu'il avait permis aux « citoyens de Lyon de lever un denier par livre « sur tout ce qui se vendrait ou s'achèterait dans « la ville et ses forsbourgs , pour être employé « aux réparations des murailles. »

Cette ardeur à soutenir la bourgeoisie montre combien Philippe le Bel avait besoin de subsides; étant toujours aux expédiens pour payer ses troupes, il s'inquiétait peu de heurter l'amour-propre du clergé. Celui-ci perdait chaque jour de son influence. Il lui fallut prodiguer beaucoup d'or et mettre en jeu les intrigues pontificales pour obtenir, quelques années plus tard, les lettres de Pontoise. Toutefois, les rapports de la cité lyonnaise avec les monarques français commencent déjà à se développer. Il est utile , pour bien débrouiller ses droits politiques, de définir scrupu-

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