‹ Histoire de LyonChapitre 168 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

guer le peuple ; il refusa le serment exigé par le gardiateur du roi, d'après les clauses du traité de Ponioise ; il arma tous les habitais, et fit en-

livr dans la ville les soldats qu'il avait levés sur ses propies terres1. En vain le pape Clément y, toujours dévoué à Philippe, écrivit aux citoyens lyonnais une lettre pleine de tendresse, les suppliant de prévenir les maux de la guerre , de donner au roi toute satisfaction, et de ne point attirer sur eux une tempête dangereuse : le sort avait décidé que le clergé lyonnais, après avoir forcé les citoyens a choisir le roi de France pour protecteur, donnerait à celui-ci ce qu'on appelle droit de conquête, droit qui dure ordinairement tant que les peuples sont assez faibles pour le tolérer , ou tant que les princes le rendent tolérai )le.

La guerre de Flandre venait de se terminer de la manière la plus heureuse pour Philippe, par la victoire de Mons. Courroucé de la conduite du prélat de Lyon , il promet de se venger comme il l'avait fait, quelques années auparavant, sur le pontife Boniface vin. Son triomphe encore récent lui donnait un ascendant immense sur les princes qui pouvaient secourir l'archevêque. Il traite avec Amé de Savoie , avec les maisons de Bourgogne et de Beaujeu ; il obtient d'eux que, bien loin de donner des secours au prélat révolté, ils fourni-

# • Année 1309.

rontdes troupes pour le combattre; il met ensuite Louis le Mutin, roi de Navarre, son fils aîné, à la tête de l'armée de Flandre pour marcher sur Lyon. Tous les citoyens de cette ville courageuse se préparent au combat; mais que pouvaient de simples bourgeois contre des troupes rendues invincibles par une grande victoire et par une campagne difficile?

Pierre de Savoie se retira dans la forteresse de Saint-Just, avec les notables de la cité. Les pennons se postèrent sur les murailles. Cependant les plus sages ou les plus timides parmi les chanoines du chapitre , ne voyaient pas approcher la guerre avec sang-froid : leurs richesses , leurs dignités , leurs baronnies se trouvaient compromises; l'official se servit dans cette occasion de l'apologue ingénieux du Pot de for et du Pot de terre, pour faire entrevoir au prélat les risques effroyables qu'il courait. Rien ne fut capable d'empêcher l'archevêque de hâter sa ruine, et de compromettre l'indépendance des Lyonnais. Pour surcroît de malheur, le comte de Savoie vint -se joindre à Louis le Hutin avec sa nombreuse armée : on ne pouvait plus espérer de diversion utile. Le prélat se voyant abandonné de tous ses alliés, demanda une trêve; mais il s'était trop aventuré pour obtenir ensuite une honorable capitulation. Louis fut inflexible; il voulut que l'archevêque se remît entre ses mains pour^être conduit à Paris, où le roi lui infligerait la punition

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